Jeudi dernier, j’étais à Querétaro et j’ai parlé aux profs qui assistaient à mon atelier de l’importance de travailler le rythme isosyllabique de la langue française. Et aujourd’hui, en écoutant la chanson « Quand j’étais minot » de Massilia Sound System, je me suis dit qu’il y avait là de quoi travailler et le rythme et l’interculturel et la grammaire et la narration et la comparaison et la cause et la conséquence et le lexique et… j’en passe.
Voilà les paroles (en italiques, les couplets qui peuvent choquer des âmes sensibles):
Moi quand j’étais minot, j’avais pas de persil. Maintenant je suis grand, j’en ai jusqu’au nombril.
Moi quand j’étais petit, il n’était pas bien long. Maintenant j’ai grandi, on dirait un bâton.
Moi quand j’étais minot, je volais des bonbons. Maintenant je suis grand, j’attaque des fourgons.
Moi quand j’étais petit, je jouais au mécano. Maintenant j’ai grandi, je vole des autos.
Moi quand j’étais minot, j’aimais bien colorier. Maintenant je suis grand, je fais des faux billets.
Moi quand j’étais petit, j’aimais bien les Légos. Maintenant j’ai grandi, j’amasse les lingots.
Moi quand j’étais minot, je jouais à la poupée. Maintenant je suis grand, j’en ai qu’il faut gonfler.
Moi quand j’étais petit, je jouais aux dominos. Maintenant j’ai grandi, je joue au casino.
Moi quand j’étais minot, je regardais Nounours. Maintenant je suis grand, je regarde la Bourse.
Moi quand j’étais petit, je regardais Mannix. Maintenant j’ai grandi, je fais des films X.
Moi quand j’étais minot, je fumais en cachette. Maintenant je suis grand, je deale des barrettes.
Moi quand j’étais petit, j’aimais bien le vélo. Maintenant j’ai grandi, je vends de l’E.P.O.
Moi quand j’étais minot, j’ai chopé la rougeole. Maintenant je suis grand, j’ai guinté la vérole.
Moi quand j’étais petit, j’ai eu la varicelle. Maintenant j’ai grandi et j’ai le viet qui pèle.
Moi quand j’étais minot, tout le temps je mentais. Maintenant je suis grand, je passe à la télé.
Moi quand j’étais petit, je trichais tout le temps. Maintenant j’ai grandi et je suis Président.

Notez le très classique alexandrin 6 + 6 qui structure toute la chanson…
On peut faire écouter le texte, discuter les références (inter)culturelles, puis compléter le texte à partir du canevas suivant:
« Moi quand j’étais minot + 6 syllabes. Maintenant je suis grand, + 6 syllabes. »
« Moi quand j’étais petit, + 6 syllabes. Maintenant j’ai grandi + 6 syllabes. »
On fait finalement lire les productions des apprenants, en portant une attention particulière au rythme ta-ta-ta-ta-ta-ta / ta-ta-ta-ta-ta-ta.