Créer des lignes du temps

20 04 2012

Au cours de mes recherches intensives sur la Toile, je ne résiste pas non plus à l’envie de partager l’une de mes nombreuses découvertes: le site pédagogique québécois La ligne du temps.

Faute de temps, je vous épargne une longue description et vous encourage à aller découvrir de quoi il retourne. Je vous dirai simplement trois  choses:

Un, cette application me semble très intéressante pour fabriquer du matériel, et notamment des corpus pour jouer à Timeline, jeu auquel j’ai déjà consacré un billet (je suis pressée et ne donnerai pas de lien, mais il suffit de faire une recherche sur le blogue avec la case prévue à cet effet).

Deux, l’application est gratuite et il n’y a rien à installer sur votre ordi, il suffit de créer un compte utilisateur. « La ligne du temps » a été développée à des fins pédagogiques.

Trois, elle n’est pas très intuitive car il s’agit d’une version béta mais avec un peu de patience et à peine quelques minutes d’exploration vous devriez venir à bout des doutes techniques. Si j’en ai l’occasion, je vous offrirai un de ces jours des lignes du temps toutes prêtes, pour l’instant, allez voir cela de près tout seuls, comme des grands…




Des contes à foison sur Contes.biz

18 04 2012

Soline, en cherchant une belle formule pour commencer un conte, est tombée sur un site avec plein de contes courts très sympathiques. Elle s’est empressée de partager sa trouvaille avec moi, merci ma très chère!

Il s’agit du site Contes.biz

Pour travailler avec ces contes en classe, vous avez de nombresues possibilités, dont par exemple celles que j’ai déjà évoquées dans un billet précédent, « La littérature par le jeu en classe de langue » et celles que je mentionne dans plusieurs de mes billets classés sous le tag Raconter. Ne ratez pas par exemple la découverte de Conte-moi.

Et, au fait, la formule pour commencer le conte qu’elle a trouvée, c’est « Que mon conte soit beau et qu’il se déroule comme un long fil ! ».

Pour les formulettes d’introduction, allez voir le superbe site qui leur y est consacré, « Les formulettes des conteurs« . Parmi mes préférées:

  • Une fois il y avait et une fois il n’y avait pas. Qui ? je ne m’en souviens plus! Quand ? J’ai oublié! Mais quoi qu’il arrive , il était une fois, parce qu’une fois, ça suffit bien.
  • J’ai planté un conte en terre, il a éclos et poussé comme une igname. J’ai été le vendre au village, le village s’appelait Lomoan. Dans ce village, vivait un homme…
  • L’ histoire que je vais raconter ne m’appartient pas. Elle appartient à celui ou celle qui la raconte et à ceux et celles qui l’ écoutent, à l’instant même où elle se raconte. Partageons cette histoire, puis elle continuera son voyage grâce à nos bouches et nos oreilles …. (formulette créée et proposée par la conteuse Caroline Castelli)
  • Turlututu, chapeau pointu, j’étais sous la table et j’ai tout entendu.
  • Je vais vous conter une fable. C’est un mensonge mais tout n’y est pas faux.



Les différentes versions de Brin de jasette

6 04 2012

Brin de jasette est un jeu très apprécié lors des soirées jeux organisées dans le cadre du projet « La ludothèque québécoise ». La règle de base: « Les joueurs lancent le dé afin de déterminer celui qui choisit la catégorie à discuter. Le joueur qui obtient le nombre le plus élevé choisit une carte d’une catégorie et lit une question à haute voix pour que tous les joueurs y répondent à tour de rôle. » Simplissime encore, mais efficace pour délier les langues, les questions étant savamment dosées du banal au plus osé.

C’est pourquoi je n’ai pas hésité à enrichir ma collection de deux nouvelles versions qui me permettront d’élargir le cercle de joueurs: Brin de jasette Famille et Brin de jasette Entre copines. J’avais le choix: il existe des versions Junior, Twist, Vie de star, Couples, Édition spéciale…

Ce n’est pas pour rien que le site officiel du jeu inclut une rubrique « Brin de jasette en salle de classe« , où vous pourrez trouver davantage d’arguments pour inclure ce jeu dans votre trousse ludopédagogique. Outre un mécanisme de jeu propice aux échanges oraux, j’en porte témoignage,  il inclut un matériel simple mais attrayant, compact et résistant. Pour y jouer en langue étrangère, je dirais néanmoins qu’il faut attendre au moins la fin du niveau A2, si ce n’est le B1: autrement, les joueurs auront tellement envie de parler qu’ils passeront facilement à la langue maternelle ou se sentiront frustrés de ne pas pouvoir s’exprimer aussi librement qu’ils le souhaiteraient…

Le site propose aussi la possibilité de jouer en ligne, et les production écrites des internautes fournissent un excellent corpus langagier dont le potentiel en classe de FLE n’est pas négligeable.




Dixit

6 04 2012

Très beau jeu de plateau qui m’a séduite par la qualité du graphisme, Dixit est un jeu de Jean-Louis Roubira édité par Libellud. Il a obtenu entre autres   le prix 2010 Spiel des Jahres décerné par Kritikerpeis.

Le principe de jeu est original: le meneur (le conteur) énonce une phrase inspirée de l’une des 6 images disponibles; les autres participants doivent essayer d’identifier la carte correspondante, puis votent. Si tous les joueurs identifient la carte ou aucun d’entre eux ne réussit, tous les joueurs sauf le conteur gagnent deux points. Par contre, si seuls certains joueurs réussissent, le conteur et les joueurs ayant deviné remportent trois points. On remporte aussi des points si son image a été choisie…

Un niveau A2 devrait suffire…

J’ai joué une partie en famille, il y a quelques mois, et j’avour que je n’ai pas été enthousiasmée (c’est un avis personnel et d’autres pourraient me contredire à juste titre). Par contre, je continue de trouver que les images sont particulièrement belles et j’utiliserai sans doute ce corpus pour un jeu narratif lorsque l’occasion s’en présentera.




Générateurs d’histoires

6 04 2012

Depuis novembre 2011, ma pile de jeux à commenter attend sagement à côté de mon ordi et ma vie de tourbillon m’empêche de vous en parler. Je profite d’une très courte accalmie pour tâcher de mettre un peu d’ordre dans mon bureau et vous faire profiter au passage de mes découvertes.

Commençons donc par deux petites boîtes très compactes mais au contenu prometteur: il s’agit des cubes générateurs d’histoires édités par Rory’s. J’ai chez moi la boîte originale des Story Cubes, de couleur orange, et la boîte bleue, celle de Story Cubes Actions. J’apprends sur le site qu’il existe une application pour iPhone* et qu’une version agrandie est en préparation. Il existe aussi une boîte verte, Story Cubes Voyages, que je compte bien ajouter à ma collection dans les semaines à venir.

rory story cubes

Chaque boîte (très jolie boîte colorée, aimantée) contient 9 dés ou cubes de belle facture, avec 6 images différentes, soit au total 54 images. Dans la version originale, vous avez des objets (un cadenas, un croissant de lune, une horloge…) et des symboles (un signe d’interrogation, un bulle de dialogue, une flèche…). Le principe du jeu est très simple: vous lancez les dés, puis vous imaginez une histoire à partir des 9 images désignées par le sort.

Le site de Story Cubes en anglais propose des pistes pour l’exploitation en classe et quelques pistes spécifiques pour l’exploitation en classe de langue. C’est un matériel simple, compact, résistant, joliment fait… qui coûte dans les 12 euros ou les 15 dollars américains. Pas les moyens? Inspirez-vous en pour fabriquer vos propres dés ou faire fabriquer des dés aux apprenants, à aprtir d’un corpus d’images choisi en fonction de vos propres objectifs. Pour des gabarits, consultez le billet que j’y ai consacré, ainsi que les autres billets du tag « Dé ».

La version Actions est particulièrement utile pour travailler le récit mais aussi les conjugaisons…

À combiner sans modération avec des pistes d’exploitation suggérées ailleurs sur ce blogue (il suffit de cliquer sur le mot clé « Raconter »).

* J’ai testé l’app pour iPhone. Simple, sympathique, pas chère (24 pesos ou moins de deux dollars ou 1 euro et demi). Utile pour ne pas avoir à glisser la boîte dans le sac avant de partir. Je vais l’utiliser en classe dès demain (en famille, les filles se sont bien amusées à inventer des histoires sans fin, queue ni tête). Je regrette cependant qu’il ne soit pas possible de changer la face d’un dé au choix et que seuls les neuf dés de la version classique soient offerts…




Conte-moi: un riche corpus de contes francophones

30 03 2012

Merci, encore, à l’équipe de Francparler, qui déniche toujours des ressources fabuleuses. Cette fois-ci, c’est le site Conte-moi, que Francparler décrit ainsi: « Nouvelle version du site « Conte-moi » : près de 100 contes collectés dans différents pays de la francophonie, enregistrés en français et en langue locale. Pour permettre une exploitation de chacun de ces contes, des fiches pédagogiques ont été rédigées par des enseignants du pays de collecte correspondant. »

Il y a une centaine de contes d’Algérie, France, Haîti, Sénégal, Mali, Maroc et Mauritanie, lus à haute voix. Ils durent de 3 à 5 minutes et sont accompagnés de fiches pédagogiques. On peut les télécharger gratuitement, y compris sur un IPhone. Parmi les onglets proposés, il y a « Conte-moi la lecture« , présenté par les auteurs du site ainsi:

« Une plateforme interactive pour travailler la lecture littéraire avec vos élèves

  • 50 contes sélectionnés pour leur qualité propre
  • Des contes audio à télécharger pour les écouter hors connexion
  • Des fiches pédagogiques pour travailler la lecture littéraire autour d’un conte
  • Des fiches de lecture en réseau pour étudier des groupements de texte
  • Des questionnaires interactifs pour étudier les contes en ligne
  • Un outil pour commenter les travaux de vos élèves »

Bref, une mine de ressources à utiliser en toute liberté, éventuellement avec des jeux (vous pouvez cliquer sur le tag « raconter » de ce blogue pour glaner quelques idées).




La fabrique aux souvenirs

24 02 2012

En parcourant le site de la FIPF (Fédéartion Internationale des Professeurs de Français), je tombe sur une rubrique qui gagnerait à coup sûr à être étoffée: « Mutualisation des expériences« . Trois fiches, oui, vous avez bien lu, seulement trois fiches sont proposées. L’une d’entre elles ne m’a pas emballée car peu dévelopée et peu originale (allez les voir toutes les trois, vous saurez vite de quoi je parle) mais les deux autres sont fort sympathiques et notamment « La fabrique aux souvenirs » qui, sans être d’une originalité folle (mais, après tout, pourquoi faudrait-il être toujours original?) est intéressante, bien expliquée et a priori pertinente, avec des liens utiles…

Il faudra que je leur envoie deux ou trois contributions (cela ferait doubler le corpus, ha ha) mais… pourquoi pas vous? Allez, vous avez sûrement une activité ou une séquence que vous appréciez tout particulièrement et que vous pourriez partager avec les collègues du monde entier… N’oublions pas que nous aussi, on est des acteurs sociaux (et associatifs)!

 




« Ouvrir les oreilles des enfants » à travers des histoires mimées

25 10 2011

Jacqueline, que je remercie encore, me fait découvrir un site belge très intéressant, Linguacluster. Il n’y a pas un million de ressources dessus mais celles qui y figurent sont drôles et/ou intéressantes et, surtout, originales (même si je ne les ai pas encore testées « en vrai », je dirais qu’elles semblent aussi très efficaces).

Voyez surtout Jouer des histoires, apprendre des langues, qui inclut 11 histoires pour l’enseignement des langues par les gestes aux enfants de 4 à 11 ans (cela devrait aussi marcher pour les plus grands, ou inspirer des adaptations). Les histoires sont disponibles en allemand, français et néerlandais.

« La situation et le vocabulaire s’orientent vers l’univers du quotidien et du vécu ainsi que vers les intérêts des enfants. Cela facilite non seulement la compréhension, mais aussi les possibilités d’application de l’appris. Avec de petits trucs (rêve, déguisement,…), des choses d’ordre fantastique et étrange sont naturellement tout aussi représentables. Le jeu commun d’une histoire dure de cinq à dix minutes. [...] Ni une connaissance active, ni une connaissance passive de la langue cible ne sont pré requises pour les enfants. L’enseignant doit seulement maîtriser la langue cible pour être capable de jouer l’histoire sans barrière. »

Les titres: « Lundi, c’est école, mardi, c’est école, mais dimanche… »; « Le rêve de Karim »; « Lucien fait des crêpes »; « Si j’étais une mouche »; « On dirait que », « À la ferme »; « un super anniversaire! »; « Où se cache le petit chat? »; « Saint-Nicolas! »; « La leçon de natation »; « Le souper ».

Un excellent travail avec la gestuelle en perspective, qui permet de développer les compétences heuristiques, de sensibiliser à l’interculturel, de redonner confiance dans les capacités propres de réception puis d’expression… Le tout accompagné de conseils pédagogiques facilitant la prise en main, et même de séquences audio et vidéo. J’ai envie d’avoir des enfants en classe pour tester cela sans délai! Profitez-en à ma place si vous en avez la chance…

 




Souvenirs d’enfance

27 09 2011

Pour préparer/compléter/remplacer le travail proposé dans mon billet précédent, vous pouvez aussi piocher quelques souvenirs sur le site Quand j’étais petit

Par exemple:

« Quand j’étais petit, je me regardais dans le miroir et je clignais des yeux le plus rapidement possible pour essayer de me voir avec les yeux fermés »

 

« Quand j’étais petit, je croyais que mon cœur était en forme de cœur »

« Quand j’étais petite, je croyais que quand on parlait de « sex appeal », on parlait de « sexe à piles »… et je cherchais vraiment à mettre une image sur cette expression. »

« Quand j’étais petite, je croyais que si j’avalais les noyaux des cerises, un arbre me pousserait dans le ventre… et que les branches sortiraient par mes oreilles . »

« Quand j’étais petit, je croyais que les étrangers pensaient tout en français et devaient donc tout traduire dans leur langue maternelle »




Moi quand j’étais petit

27 09 2011

Jeudi dernier, j’étais à Querétaro et j’ai parlé aux profs qui assistaient à mon atelier de l’importance de travailler le rythme isosyllabique de la langue française. Et aujourd’hui, en écoutant la chanson « Quand j’étais minot » de Massilia Sound System, je me suis dit qu’il y avait là de quoi travailler et le rythme et l’interculturel et la grammaire et la narration et la comparaison et la cause et la conséquence et le lexique et… j’en passe.

Voilà les paroles (en italiques, les couplets qui peuvent choquer des âmes sensibles):

Moi quand j’étais minot, j’avais pas de persil. Maintenant je suis grand, j’en ai jusqu’au nombril.

Moi quand j’étais petit, il n’était pas bien long. Maintenant j’ai grandi, on dirait un bâton.

Moi quand j’étais minot, je volais des bonbons. Maintenant je suis grand, j’attaque des fourgons.

Moi quand j’étais petit, je jouais au mécano. Maintenant j’ai grandi, je vole des autos.

Moi quand j’étais minot, j’aimais bien colorier. Maintenant je suis grand, je fais des faux billets.

Moi quand j’étais petit, j’aimais bien les Légos. Maintenant j’ai grandi, j’amasse les lingots.

Moi quand j’étais minot, je jouais à la poupée. Maintenant je suis grand, j’en ai qu’il faut gonfler.

Moi quand j’étais petit, je jouais aux dominos. Maintenant j’ai grandi, je joue au casino.

Moi quand j’étais minot, je regardais Nounours. Maintenant je suis grand, je regarde la Bourse.

Moi quand j’étais petit, je regardais Mannix. Maintenant j’ai grandi, je fais des films X.

Moi quand j’étais minot, je fumais en cachette. Maintenant je suis grand, je deale des barrettes.

Moi quand j’étais petit, j’aimais bien le vélo. Maintenant j’ai grandi, je vends de l’E.P.O.

Moi quand j’étais minot, j’ai chopé la rougeole. Maintenant je suis grand, j’ai guinté la vérole.

Moi quand j’étais petit, j’ai eu la varicelle. Maintenant j’ai grandi et j’ai le viet qui pèle.

Moi quand j’étais minot, tout le temps je mentais. Maintenant je suis grand, je passe à la télé.

Moi quand j’étais petit, je trichais tout le temps. Maintenant j’ai grandi et je suis Président.

Notez le très classique alexandrin 6 + 6 qui structure toute la chanson…

On peut faire écouter le texte, discuter les références (inter)culturelles, puis compléter le texte à partir du canevas suivant:

« Moi quand j’étais minot + 6 syllabes. Maintenant je suis grand, + 6 syllabes. »

« Moi quand j’étais petit, + 6 syllabes. Maintenant j’ai grandi + 6 syllabes. »

On fait finalement lire les productions des apprenants, en portant une attention particulière au rythme ta-ta-ta-ta-ta-ta / ta-ta-ta-ta-ta-ta.