La femme est l’avenir de l’homme ?

30 04 2007

Après une longue absence involontaire et nécessaire, je suis de retour en plein milieu des deux tours …
Et parce que ce blog parle avant tout d’éducation et de mots, il me semble nécessaire de parler de ce qui, à cet instant, est le plus important pour l’éducation : le second tour des élections présidentielles, sous ces deux angles.
D’autres ont déjà analysé les programmes éducatifs et pédagogiques des deux candidats au deuxième tour des élections présidentielles.
Tout a été dit ?
Je ne le pense pas.
Si les deux candidats affichent une volonté de faire de l’éducation une priorité, les méthodes sont elles, diamétralement opposées, notamment sur l’idéologie pédagogique qui les sous-tend.
Le programme et les déclarations de Sarkozy sont dans la droite ligne de l’actuel Ministre de l’Éducation.
Nombre d’enseignants ont dénoncé, ou constaté le retour au « très loin en arrière » des décisions unilatérales en matière pédagogique du Ministre De Robien soutenu par le numéro deux du gouvernement Nicolas Sarkozy.
J’ai déjà dénoncé dans de précédents articles cette politique, sur la lecture et l’écriture en particulier.
Les nouveaux décrets sur les leçons de vocabulaire vont toujours dans le même sens. Les cinq années du gouvernement sortant sont à mon humble avis les pires pour l’école depuis des temps immémoriaux. L’incompétence en la matière ne peut relever que du crétinisme ou de la mauvaise foi.
L’éviction de nos plus grands pédagogues du débat éducatif, comme cela a été le cas pour Philippe Meirieu, l’arrêt ou la grande diminution des aides aux associations promouvant et faisant de la recherche pour une école nouvelle ou pour tout simplement améliorer pas à pas les pratiques , (le cas de L’AFL est symptomatique) n’en est qu’une preuve supplémentaire.
On ne construira pas l’école de demain, avec des méthodes d’avant-avant hier !
L’éducation est le plus grand enjeu d’une élection présidentielle, tout en dépend de près ou de loin, l’économie, l’emploi, la sécurité, l’environnement, la recherche …
Notre pays, comme le reste de la planète, appartient à ceux qui viendront après nous. Il convient donc de leur donner les moyens de construire la société qu’ils souhaiteront. Cela passe par l’éducation, par l’absolue nécessité de former de futurs citoyens responsables et libres de leur choix.
Cet affichage de volonté de faire de l’éducation une priorité peut sembler être une évolution positive. Pour ma part, je préférerais que ce ne soit pas une priorité pour le candidat Sarkozy …
Ses dérapages sur l’éducation en disent long, « le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de trois ans ?!, les rafles aux sorties des écoles, le « j’inclinerais à penser qu’on naît pédophile » ou suicidaire, et j’en passe …
C’est aussi une certaine idée de la nation, où travail, famille, patrie remplacent liberté, égalité, fraternité et nous renvoie aux plus sombres heures de notre histoire …
C’est  » l’École des Fliques » de Vian …, Les bons élèves, in Les fourmis, Le Terrain Vague, 1968.
Ce sont les valeurs de la France de Vichy, pas celle de la République.
On ne verra plus de dérapages entre les deux tours, il se modèle une nouvelle image …
Malgré une campagne machiste, où son adversaire était toujours dans la situation où elle devait prouver sa compétence, une première pour un candidat de ce parti, parce qu’elle est une femme, il changera de discours, il a déjà commencé…
Une campagne où la question de la compétence de Nicolas Sarkozy n’a jamais été posée …
En tout cas pas dans les médias, et cela devient inquiétant car ceux qui ont voulu la poser ont rencontré certaines difficultés … comme Serge Portelli, membre du syndicat de la magistrature, et son Livre Ruptures, qui, au dernier moment, n’a pas été publié …
Je le mets à disposition ici.
Cela mène naturellement aux mots.
La sémantique de Nicolas Sarkozy est violente, pour quelqu’un qui veut imposer des leçons de vocabulaire à l’école, il ne semble pas trop insister sur le sens des mots et leurs pouvoirs …
La sémantique de Ségolène Royal est douce.
Je vous laisse comparer, en lisant les programmes, et en écoutant les discours …
Mais les mots aujourd’hui, ce sont aussi ceux que l’on entend et ceux qui restent inaudibles faute de leur présence dans les grands médias, et cela pose deux questions, la liberté d’expression et l’indépendance des grands médias.
Les exemples inquiétants ne manquent pas : la difficulté d’organisation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, la non-diffusion de certains reportages ou vidéos, comme celui-ci(http://www.marianne2007.info/Un-documentaire-inedit-decrypte-le-discours-de-Nicolas-Sarkozy_a1073.html) , ou celle là , les mots employés à l’encontre d’Azouz Begag (couverture médiatique très minimale), ou encore les rumeurs (qui sont en passant une malheureuse preuve du pouvoir des mots) persistantes sur internet et dans les cercles fermés parisiens, notamment sur la main courante pour violence conjugale de Cécilia Sarkozy (cette rumeur est tellement présente sur internet, que je ne sens pas coupable de me poser des questions et de vous en faire part, tant que les médias ne l’auront pas confirmé ou définitivement invalidée, même si en tant que rumeur, je m’interdis d’y croire, la question sur les médias qu’elle soulève est sans réponse …), cela peut en dire long sur une compétence de Nicolas Sarkozy : sa capacité à peser sur les médias, sur les mots autorisés et les mots interdits …
Ce documentaire (http://www.marianne2007.info/Un-documentaire-inedit-decrypte-le-discours-de-Nicolas-Sarkozy_a1073.html) est très instructif sur la sémantique de Nicolas Sarkozy …, je ne vais donc pas en rajouter.
Je vous laisse juger.
On pourrait m’attaquer en me plaçant dans les « agités » du « TSS » (tout sauf sarkozy), je ne fais que constater ce qui se passe pour l’éducation depuis cinq ans et que c’est en cohérence avec le programme éducatif de Sarkozy, et je vous invite à en juger vous-même, et je me pose des questions qu’il me semble légitime par rapport aux mots et donc aux médias, et c’est tout.
Quant à Ségolène Royal, sur l’éducation, il semble qu’on peut voir se dessiner des possibilités nouvelles, où tous ceux qui sont autour de l’enfant, vont pouvoir peut-être travailler ensemble …
Une nécessité depuis longtemps cernée mais qui n’arrive qu’infiniment peu à s’inscrire dans la réalité …
Si il ne s’agissait donc que choisir par rapport à l’éducation, le vote Royal serait déjà indiscutable.
Mais puisqu’il s’agit aussi de mots et de valeurs qui les sous-tendent aussi importante que la liberté, l’humanisme et bien d’autres à ne pas négliger, le vote Royal devient alors vital pour notre République. Même si pour certains il ne s’agira que d’un principe de précaution.
Il y va enfin de choisir entre une France qui donnerai le signe de la pacification, et celle de la violence (répression, pouvoir absolu ?, état policier ?, guerre civile larvée ?, …)
Et peut-être que ce n’est pas un hasard, qu’une femme porte la première et un homme la seconde …
Alors la chanson pourrait n’être plus utopique, la femme serait l’avenir de l’homme et ce serait historique …

Ludovic Bourely