Obsolètes ou novateurs ?

L’objectif de ce blog est de réfléchir et discuter sur la pédagogie de l’écrit, cette invention inégalable de l’humanité.
Les questions principales sont les questions de l’outil et de la place de l’enseignant, et enfin ce que peuvent nous apporter internet et les nouvelles technologies.

Pour moi, d’un point de vue pédagogique, il s’agissait de trouver un outil efficace, qui dépasse les débats autour de « tout vient de l’apprenant, tout vient du formateur » et sur l’opposition pédagogie de groupe/ pédagogie individualisée.
L’écrit et son apprentissage sont, quelques soient les écoles, pédagogiques, centraux.
J’ai été, initialement, formé aux journaux de bord tels qu’ils se pratiquent par exemple au Centre Lecture.

Un peu d’histoire :
Les journaux de bord sont issus des journaux de classe que Célestin Freinet a lancé en 1925 en France.
Mais c’est plutot sur le sujet à Janusz Korczak et son Journal national d’enfants en Pologne que je pense pour définir les journaux de bord modernes.
Les journaux de classses sont aujourd’hui toujours utilisés dans la pédagogie Freinet.

L’outil que je propose et sur lequel je vous invite à réfléchir et à échanger est sensiblement différent de ces modèles originaux. Mon utilisation personnelle de cet outil et sa pratique systématique depuis de nombreuses années avec des apprenants adultes, m’ont conduit � « construire » une pédagogie spécifique accompagnant celui-ci, avec comme enjeu l’appropriation et la maîtrise de l’écrit par la pratique, pour le rendre famillier.

« Mon » journal de bord est centré sur l’écrit libre avec comme seule contrainte le temps et son caractère systématique.

Concrètement, il s’agit :
– De faire produire aux apprenants un texte libre en plus ou moins trente minutes à chaque scéance (manuscrit, sans contraintes orthographiques paralysantes).
– De le rendre à la scéance suivante sous la forme d’un journal de bord (la métaphore prend tout son sens si l’on considère que l’on est tous sur le même « bateau », apprenant et enseignant), qui respecte les standards de la presse contemporaine pour la présentation (bien entendu l’orthographe est corrigée).
– De le lire en groupe, en oralisant et discutant chaque texte après une lecture silencieuse de l’ensemble. Étape essentielle, elle conditionne la réussite des objectifs. Ce doit être un moment de valorisation des écrits et en même temps un apport de connaissances de l’enseignant.
C’est aussi un apprentissage du débat où la place de l’enseignant doit être claire.
Il est là entre autre pour réguler et faciliter le débat, pour écouter, pour transmettre, pour permettre la transmission interne du groupe et imposer le respect.
– Et enfin de publier les textes de ceux qui le désirent sur Internet, sous la forme de blog par exemple. Étape valorisante mais surtout introduisant un lectorat différent de celui du groupe et de l’enseignant, modifiant par conséquent le travail de l’apprenant.

Quelques constatations personnelles :
Dans la plupart des cas, il y a appropiation de l’écrit, une meilleure pratique de la communication orale, des messages qui ne seraient pas « sortis » autrement (l’écrit seul impose la réflexion avant de communiquer). La communication évolue à l’intérieur du groupe vers le respect, la tolérance, et une entraide en découle, y compris dans les autres enseignements.
Enfin il y a une prise de conscience que le dialogue, l’écrit, la lecture, et l’importance du mot sont fondamentaux et peuvent être une forme de libération et de construction personnelles.

Il est donc question d’utiliser le journal de bord � des fins d’apprentissage de l’écrit, mais il « facilite » aussi l’avènement d’autres notions comme la liberté, la valorisation, la citoyenneté, le respect, le transversalité, le travail individuel, le travail de groupe, l’évaluation informelle multiple, l’auto-évaluation…

Le Journal de bord n’est donc pas le journal d’école de Freinet, qui reste interne � l’école et qui n’est pas forcément systématique, et où les objectifs divergent notamment sur la conception du journal édité et la place de l’enseignant. Il n’est pas non plus celui de Janusz Korczak, mais le blog est à rapprocher de la diffusion de son journal à travers toute la Pologne.
Pour exemple, vous pouvez consulter mon blog/journal de bord.
Ludovic Bourely

Formateur en enseignent général (Français, expression et communication, éducation socioculturelle, Histoire/Géographie, au CFPPA Montpellier Agropolis jusqu’en 2007, j’interviens aujourd’hui ponctuellement au CFPPA Nîmes-Rodilhan et à l’ANPASE.

Formation initiale en philosophie, puis formation de formateur (Robert Caron)

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