Sarkozy désavoué

10 06 2009

Finalement, cette élection, c’est presque 90 % des inscrits qui n’ont pas voté pour les listes UMP. Si ce n’est pas une belle raclée pour le Président, cela y ressemble. La presse, surtout la télévision, n’a parlé que de victoire. Un scandale de plus …

Revenons à l’éducation, d’abord un rendez-vous : le 13 juin, manifestation nationale unitaire (au taureau à 10 h à Nîmes) et un rassemblement le 17 juin à 14 h devant l’Inspection d’Académie du Gard.

Je voulais vous parler aujourd’hui du livre le plus important, à la fois sur l’éducation, sur la crise actuelle, et sur la marche du monde en général, depuis très longtemps : « L’éducation peut-elle être encore au coeur d’un projet de société ? » de Philippe Meirieu et Pierre Frackowiak.
Ce n’est pas une nouveauté, il a un an, mais il est d’une actualité brûlante …

Malheureusement les circonstances actuelles, ( j’ai le cerveau qui a un peu grillé, et je tente une reconversion dans le livre après plus d’un an de recherches infructueuses d’un poste dans la formation), ne me permettent pas d’écrire quelquechose de convenable sur cet ouvrage indispensable. Je ne peux donc dans l’immédiat que fortement conseiller à ceux qui ne l’aurait pas encore lu de s’y jeter dessus …

À très très bientôt,

Ludovic Bourely




COMMUNIQUE DE L’APPEL DES 100 MAÎTRES

13 02 2009

De la maternelle à l’université : solidarité !

La sécheresse des décisions ministérielles dans l’Education favorise la propagation de l’incendie qui touche désormais tous les niveaux et tous les personnels d’enseignement, de la maternelle à l’université.

La Conférence des Présidents d’Université (réunie le 11/2/09) tire des bilans similaires à ceux exprimés depuis des mois dans le primaire en affirmant que : […] négociation et concertation ne peuvent être engagées que si un climat de confiance est restauré », ce qui suppose « le rétablissement des postes supprimés,  une augmentation pluriannuelle du nombre des emplois et la refonte du  modèle d’allocations des moyens » ainsi qu’une « gestion mieux maîtrisée du temps des réformes », au point de réclamer à Xavier Darcos de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement.

Au Ministre qui, en réponse, estime que la formation des IUFM correspond à se préparer au métier sur « un simulateur de vol » (RMC le 12/2/09), rappelons que ce qu’il propose à la place revient à sauter de l’avion sans parachute !

A l’heure où lycéens, étudiants et enseignants-chercheurs font converger leurs revendications et leurs cortèges, nous, maître(sse)s d’école, devons plus que jamais rappeler notre ferme opposition aux sévices publics que subit l’Education nationale en général, et l’école primaire en particulier,
qu’il s’agisse des suppressions d’emplois, de celle des IUFM, de la diminution du temps scolaire, du démantèlement des RASED, de la précarisation qui s’étend chez les personnels ou de la mise en place chaotique des programmes et de l’aide personnalisée.

C’est sur la base de ce qui existait avant l’arrivée de ce gouvernement, que nous pensons utile de travailler avec un nouveau ministre à des améliorations pour une autre politique éducative s’intéressant notamment aux rythmes scolaires, aux contenus, aux emplois, à la formation ou aux élèves en grande difficulté.

Nous ne laisserons pas les attaques se faire en notre nom. Et rien ne se fera de bien sans l’adhésion des professionnels de l’éducation.

vendredi 13 février 2009

Pour l’appel des 100 maîtres

Sylvain Grandserre  –  Porte-parole
http://www.darcos-demission.org/

 

À LIRE : Formation des professeurs : parents d’élèves, si vous saviez…




Pédagogie ?

5 02 2009

Ce soir Nicolas Sarkozy va faire de la « pédagogie » pendant 1h30 à la télévision …

Évidement comme nous sommes trop bêtes pour comprendre sa politique, et que nous étions au moins deux millions et demi dans les rues le 29 Janvier, Monsieur le Président va endosser son habit de grand Professeur pour que les imbéciles que nous sommes comprennent que sa politique va tout arranger et que c’est pour notre plus grand bien qu’il compte appliquer ses « réformes » …

Parce qu’évidement le mot  « pédagogie » depuis un certain temps a changé de sens ( comme le mot « réforme » il va sans dire) : cela n’est plus comme l’affirme Le Robert «  La science de l’éducation des enfants et de la formation intellectuelle des adultes « , mais expliquer à ces imbéciles de citoyens qui manifestent que toutes les « réformes » politiques sont de formidables « cadeaux » pour le plus grand bien de tous.

Ce vol qualifié du sens d’un des grands mots de notre langue est intolérable, que l’on se le dise bien : il nous est interdit de l’utiliser dans l’éducation où il est devenu synonyme de toutes les soit-disantes dérives de notre école républicaine, c’est devenu un mot politique synonyme de « vous êtes des crétins, il faut que l’on vous explique ce qui est bon pour vous ».

 

Personnellement, je pense qu’il y avait déjà un mot pour ça : démagogie.

Donc ce soir comme Lofi, et bien d’autres je ne serai pas devant ma télévision. De toute façon, demain dans la presse nous aurons un résumé largement suffisant.

Ludovic Bourely




Occupation …

3 02 2009

Un petit exemple d’occupation avec une réunion/débat où les syndicats d’enseignants, les politiques et la presse étaient invités. Parce que l’action commence par l’information …
http://telemiroir.kewego.fr/video/iLyROoafJKOe.html

Ludovic Bourely



Darcos, l’Attila de l’éducation ?

31 01 2009

Il semble maintenant évident que là où passeront les réformes Darcos, plus rien ne repoussera !

On pouvait s’attendre au pire, il a été largement dépassé.

Je ne vais pas répéter ce que d’autres ont dit mieux que je ne saurais le faire.

Globalement sur l’ensemble des réformes, ces deux textes essentiels :

http://meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

http://educpol.over-blog.com/article-27229568.html

Sur les évaluations de CM2 :

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/12/106-evaluer-tellement-plus-facile-qu-aider-a-apprendre

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/17/107-ca-veut-dire-quoi-evaluer

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/19/108-ca-veut-dire-quoi-evaluer-suite-sans-fin

Ainsi que ce texte de l’excellent Sylvain Grandserre dont l’ouvrage, Ecole : Droit de réponses : Lettres d’un jeune maître d’école, reste d’une actualité brûlante.

http://www.meirieu.com/FORUM/grandserre_triangle_des_bermudes.pdf

Avec ces évaluations, les enseignants ne peuvent se battre seul. 

Je lance un appel aux parents d’élèves pour les réquisitionner et faire en sorte qu’elles n’arrivent jamais aux Inspections.

Si je me décide aujourd’hui à reprendre le cours de mon blog (j’hibernais et il a fallu que l’on me réveille, du coup je suis un peu grognon), c’est que j’aimerais revenir sur un point du débat qui me semble essentiel.

En 1934 ce cher Guizot, premier véritable ministre de l’instruction publique, fit un choix dont les conséquences furent lourdes et longues : il choisit la pédagogie Lassallienne du XVII ème siècle dont les principaux fondements sont l’autorité du maître tout puissant, l’apprentissage par répétition, l’apprentissage de l’obéissance, de la morale et j’en passe …

Pédagogie du savoir où l’enseignant sait tout, l’apprenant rien, du modèle (le maître), de l’autorité (la discipline comme raison d’être), de l’effort (critère essentiel d’évaluation), de l’individualisme (aucun débat, aucune relation entre les élèves, aucun travail de groupe) et de la sanction (l’erreur est simplement sanctionné, c’est une « faute », jamais un moyen d’apprendre), de la répétition comme seul moyen d’apprendre.

C’est cet esprit lassallien qui revient dans les nouveaux programmes et les réformes Darcos.

Il a fallu attendre la fin des années 60 pour que l’institution commence à vraiment réfléchir sur l’acte d’éduquer, malgré Rousseau, Pestalozzi, Owen,  Dewey, Cousinet, Freinet, Korczak, Decroly, Oury, Montessori …

C’est ce bon en avant, qui n’a cessé de progresser depuis quarante ans, qui est en train d’être remis en cause.

Quelques exemples avec les nouveaux programmes :

 

La morale : « L’instruction civique et l’enseignement de la morale permettent à chaque élève de mieux s’intégrer à la collectivité de la classe et de l’école au moment où son caractère et son indépendance s’affirment. » 

 

Les évaluations CM2 ne ressemblent-elles pas à la pédagogie de la sanction ? Évaluation sommative où tout est juste ou tout est faux : 0 ou 1 …

Le retour de la répétition, du par coeur …

 « L’élève est capable de :
– dire de mémoire, de façon expressive une dizaine de poèmes et de textes en prose », « Une attention permanente est portée à l’orthographe. La pratique régulière de la copie, de la dictée sous toutes ses formes « , « Un travail régulier de récitation (mémorisation et diction) est conduit sur des textes en prose et des poèmes. » et « C’est en proposant aux élèves un enseignement structuré et explicite, orienté vers l’acquisition des savoirs de base, et en leur offrant des entraînements systématiques » 

 

L’effort remis au goût du jour comme une valeur transcendantale … « montrer une certaine persévérance dans toutes les activités »

 

L’autorité du Maître comme une de ses compétences principale …

 

L’individualisme avec certainement des classements d’établissements en fonction des résultats et la suppression de la carte scolaire …

 

C’est le retour des lassalliens qui vont préparer nos enfants à entrer dans le XVIIIème siècle. 

Mince ! 

Mais nous sommes déjà rentré dans le XXIème ?!

Il va falloir offrir un calendrier à Darcos !

Il ne faut pas se faire d’illusions, soit Darcos est le pire des incompétents, ce dont je doute, soit il y a une volonté de détruire définitivement l’école publique républicaine, qui, si elle avait quelques défauts, restait bien trop performante et n’incitait pas assez les parents à se tourner vers le privé.

L’école est en vente … s’il en reste quelque chose après le passage de Darcos !

À moins que l’objectif de Xavier soit d’être sanctifié par Sa Grandeur Le Tout Puissant Sarkozy comme le fut Jean-Baptiste …

 

Ludovic Bourely




Premier bilan définitif sur les retenus de Vincennes transférés à Nîmes.

23 07 2008

Un mois plus tard, et en attendant le communiqué de presse commun du RESF du Gard, de la Cimade, et de la Fraternité, quelques mots sur le bilan définitif …

Ils étaient 100 (pas 102, mais cela a été très flou sur les chiffres depuis le début), 7 ont été expulsés, 93 libér.. Mis dehors avec les simples vêtements qu’ils avaient sur eux!

Devant ce scandale humanitaire, le Réseau a décidé exceptionnellement de payer les billets de retour vers Paris. Une souscription nationale, aujourd’hui close, a suppléé l’incohérence, la discrimination et le mépris de l’État. Les cinq avocats escortés de la Préfecture de Paris, uniquement envoyés pour sauver la face devant les médias, ont couté certainement beaucoup plus que les billets de trains !

Les dizaines de milliers d’euros que l’opération a coûté en font aussi un scandale financier. Il faudra d’ailleurs un jour finir par savoir quel est le coût global de la politique d’immigration en France. Il semble qu’une estimation entre 2 et 4 milliards d’euros par an soit envisageable mais il nous manque une véritable étude économique …

Je publierai ici le communiqué de presse dans quelques jours, qui vous donnera plus de détails.

Je devrai aussi, je l’espère, pouvoir vous donner des nouvelles positives sur l’affaire Scotty.

Ludovic Bourely




Incendie de Vincennes : à quoi joue l’UMP et l’État sur ce drame humain ?

23 06 2008

RESFCe matin à 7 h 30 arrivaient à Nîmes 102 retenus en provenance de « feu » le CRA de Vincennes.
Un TGV spécial rempli de Gendarmes (2 par retenu) pour transporter (est-ce le bon terme ?) une centaine de personnes qui un jour se sont retrouvées sans papiers et avaient atterri arbitrairement au CRA de Vincennes.
Je suis donc parti rejoindre devant le CRA les militants RESF, nous savions que certains retenus sortiraient aujourd’hui.
Je suis parti rempli d’interrogations sur ce drame, le moins qu’on puisse dire est que la confusion régnait dans les médias : avant tout, dans quel état étaient-ils et quelles avaient été leur condition de transfert, et puis ces chiffres contradictoires sur les « disparus », ces informations changeantes sur les circonstances  de l’événement, ces accusations ubuesques de l’UMP sur la responsabilité du RESF …
Huit retenus ont été libérés cet après-midi … Libérés … Foutus dehors dans les faits.
Huit parisiens laissés devant le Centre de Rétention de Nîmes, bien caché loin du centre ville, avec simplement les vêtements qu’ils avaient sur eux … à Vincennes.
Certains ce matin sont arrivés pieds nus, d’autres les vêtements noircis par l’incendie.
Puis sont venus les témoignages des « libérés », bien sûr le traumatisme de la mort d’un des retenus quelques jours plus tôt, déjà avec quelques révélations, tous le décrivaient comme visiblement très malade…
Puis le déroulement d’une journée anormale … Alors que le moindre petit incident est réglé dans la minute grâce à la vidéo-surveillance, alors que trois jours avant, l’incendie d’un matelas avait été réglé plus que prestement. Comment se fait-il que cette fois-ci il ait fallu plus de vingt minutes avant la moindre intervention alors que tout le monde savait ce qui était en train de se passer. A-t-on volontairement laissé faire ? Cela a-t-il un rapport avec les compte rendus de l’audit, demandé par la Cimade à l’Inspection du Travail, qui devaient arriver le 12 juillet et qui auraient pu contraindre à la fermeture de ce centre ? L’impossibilité totale pour les retenus de s’enfuir, d’où sont venus les chiffres de ce matin, 50 « évadés » ! ??Alors encore plus de questions finalement …Les accusations ce matin de l’UMP sur une responsabilité du RESF puis l’ouverture d’une enquête qui commence avec le fait que la manifestation devant le Centre de Vincennes n’avait pas été déclarée en Préfecture (???) , manipulation de l’opinion publique sur le plus gros cafouillage du Ministère Hortefeux ? Volonté délibérée de commencer une chasse aux militants du Réseau ? Commencerions-nous à trop déranger ? Cet incendie et la propagande qui a suivi n’est pas sans rappeler certains événements historiques.
Mais revenons à l’humain, huit sont sortis aujourd’hui sans argent, sans solutions pour rentrer à Paris, sans un seul papier, perdus …Nous avons obtenu pour l’instant un hébergement pour la nuit, et des papiers de sortie du CRA, mais demain ? Leur retour à Paris ?
Et puis dès demain les plus de quatre-vingt-dix autres vont commencer à sortir …
Leur « transfert » s’étant fait illégalement : absence des dossiers par exemple … ils devraient sortir rapidement.Ceux qui sont sortis aujourd’hui étaient intégrés, avaient un travail, un logement, une vie de famille, payaient des impôts …
Puis la machine infernale s’est mise en route, jusqu’à leur transport comme du bétail à Nîmes, puis leur abandon pur et simple devant le Centre de Rétention …
Quel pays est devenu la France ?
Et à quoi joue l’UMP et l’État avec leurs ridicules accusations sur le Réseau ?
Ludovic Bourely




Et l’éducation ?

3 06 2008

Occupé ces derniers mois à lutter inlassablement contre les expulsions d’élèves étrangers de nos classes, en particulier le petit Scotty, tout mon temps est consacré notamment au Réseau Éducation Sans Frontières, et je n’écris plus sur l’actualité de l’éducation …
Même si ce sujet est aussi et surtout un sujet d’actualité de l’éducation … C’est promis d’ailleurs, je vous toucherai un mot du dernier livre de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, La chasse aux enfants.
Mais il y en a d’autres et ce que je dénonçais il y a quelques temps déjà lors du rapport Bentolila (1,2) se met en place, et de manière plus grave que ce que je redoutais …
D’autres l’analysent infiniment mieux que moi, je leur laisse donc la parole …

http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2008/06/02/79-quand-le-pouvoir-confond-conditions-necessaires-et-conditions-suffisantes

Cherche-ton obstinément à tuer l’école ?

Un document de Jean Paul Julliand :

Le lundi, c’est violet !

Ludovic Bourely




Mais où est donc Ornicar ?

27 02 2008

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RESF Laissez les grandir ici !

Un modeste support pour la « fausse nouvelle » grammaire de Sarkozy ?
Sur ce sujet cet excellent article d’Eveline Charmeux :

Crédits : Modèle photo Ornicar : Anissa Thompson

Et toujours la pétition

Ludovic Bourely




La femme est l’avenir de l’homme ?

30 04 2007

Après une longue absence involontaire et nécessaire, je suis de retour en plein milieu des deux tours …
Et parce que ce blog parle avant tout d’éducation et de mots, il me semble nécessaire de parler de ce qui, à cet instant, est le plus important pour l’éducation : le second tour des élections présidentielles, sous ces deux angles.
D’autres ont déjà analysé les programmes éducatifs et pédagogiques des deux candidats au deuxième tour des élections présidentielles.
Tout a été dit ?
Je ne le pense pas.
Si les deux candidats affichent une volonté de faire de l’éducation une priorité, les méthodes sont elles, diamétralement opposées, notamment sur l’idéologie pédagogique qui les sous-tend.
Le programme et les déclarations de Sarkozy sont dans la droite ligne de l’actuel Ministre de l’Éducation.
Nombre d’enseignants ont dénoncé, ou constaté le retour au « très loin en arrière » des décisions unilatérales en matière pédagogique du Ministre De Robien soutenu par le numéro deux du gouvernement Nicolas Sarkozy.
J’ai déjà dénoncé dans de précédents articles cette politique, sur la lecture et l’écriture en particulier.
Les nouveaux décrets sur les leçons de vocabulaire vont toujours dans le même sens. Les cinq années du gouvernement sortant sont à mon humble avis les pires pour l’école depuis des temps immémoriaux. L’incompétence en la matière ne peut relever que du crétinisme ou de la mauvaise foi.
L’éviction de nos plus grands pédagogues du débat éducatif, comme cela a été le cas pour Philippe Meirieu, l’arrêt ou la grande diminution des aides aux associations promouvant et faisant de la recherche pour une école nouvelle ou pour tout simplement améliorer pas à pas les pratiques , (le cas de L’AFL est symptomatique) n’en est qu’une preuve supplémentaire.
On ne construira pas l’école de demain, avec des méthodes d’avant-avant hier !
L’éducation est le plus grand enjeu d’une élection présidentielle, tout en dépend de près ou de loin, l’économie, l’emploi, la sécurité, l’environnement, la recherche …
Notre pays, comme le reste de la planète, appartient à ceux qui viendront après nous. Il convient donc de leur donner les moyens de construire la société qu’ils souhaiteront. Cela passe par l’éducation, par l’absolue nécessité de former de futurs citoyens responsables et libres de leur choix.
Cet affichage de volonté de faire de l’éducation une priorité peut sembler être une évolution positive. Pour ma part, je préférerais que ce ne soit pas une priorité pour le candidat Sarkozy …
Ses dérapages sur l’éducation en disent long, « le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de trois ans ?!, les rafles aux sorties des écoles, le « j’inclinerais à penser qu’on naît pédophile » ou suicidaire, et j’en passe …
C’est aussi une certaine idée de la nation, où travail, famille, patrie remplacent liberté, égalité, fraternité et nous renvoie aux plus sombres heures de notre histoire …
C’est  » l’École des Fliques » de Vian …, Les bons élèves, in Les fourmis, Le Terrain Vague, 1968.
Ce sont les valeurs de la France de Vichy, pas celle de la République.
On ne verra plus de dérapages entre les deux tours, il se modèle une nouvelle image …
Malgré une campagne machiste, où son adversaire était toujours dans la situation où elle devait prouver sa compétence, une première pour un candidat de ce parti, parce qu’elle est une femme, il changera de discours, il a déjà commencé…
Une campagne où la question de la compétence de Nicolas Sarkozy n’a jamais été posée …
En tout cas pas dans les médias, et cela devient inquiétant car ceux qui ont voulu la poser ont rencontré certaines difficultés … comme Serge Portelli, membre du syndicat de la magistrature, et son Livre Ruptures, qui, au dernier moment, n’a pas été publié …
Je le mets à disposition ici.
Cela mène naturellement aux mots.
La sémantique de Nicolas Sarkozy est violente, pour quelqu’un qui veut imposer des leçons de vocabulaire à l’école, il ne semble pas trop insister sur le sens des mots et leurs pouvoirs …
La sémantique de Ségolène Royal est douce.
Je vous laisse comparer, en lisant les programmes, et en écoutant les discours …
Mais les mots aujourd’hui, ce sont aussi ceux que l’on entend et ceux qui restent inaudibles faute de leur présence dans les grands médias, et cela pose deux questions, la liberté d’expression et l’indépendance des grands médias.
Les exemples inquiétants ne manquent pas : la difficulté d’organisation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, la non-diffusion de certains reportages ou vidéos, comme celui-ci(http://www.marianne2007.info/Un-documentaire-inedit-decrypte-le-discours-de-Nicolas-Sarkozy_a1073.html) , ou celle là , les mots employés à l’encontre d’Azouz Begag (couverture médiatique très minimale), ou encore les rumeurs (qui sont en passant une malheureuse preuve du pouvoir des mots) persistantes sur internet et dans les cercles fermés parisiens, notamment sur la main courante pour violence conjugale de Cécilia Sarkozy (cette rumeur est tellement présente sur internet, que je ne sens pas coupable de me poser des questions et de vous en faire part, tant que les médias ne l’auront pas confirmé ou définitivement invalidée, même si en tant que rumeur, je m’interdis d’y croire, la question sur les médias qu’elle soulève est sans réponse …), cela peut en dire long sur une compétence de Nicolas Sarkozy : sa capacité à peser sur les médias, sur les mots autorisés et les mots interdits …
Ce documentaire (http://www.marianne2007.info/Un-documentaire-inedit-decrypte-le-discours-de-Nicolas-Sarkozy_a1073.html) est très instructif sur la sémantique de Nicolas Sarkozy …, je ne vais donc pas en rajouter.
Je vous laisse juger.
On pourrait m’attaquer en me plaçant dans les « agités » du « TSS » (tout sauf sarkozy), je ne fais que constater ce qui se passe pour l’éducation depuis cinq ans et que c’est en cohérence avec le programme éducatif de Sarkozy, et je vous invite à en juger vous-même, et je me pose des questions qu’il me semble légitime par rapport aux mots et donc aux médias, et c’est tout.
Quant à Ségolène Royal, sur l’éducation, il semble qu’on peut voir se dessiner des possibilités nouvelles, où tous ceux qui sont autour de l’enfant, vont pouvoir peut-être travailler ensemble …
Une nécessité depuis longtemps cernée mais qui n’arrive qu’infiniment peu à s’inscrire dans la réalité …
Si il ne s’agissait donc que choisir par rapport à l’éducation, le vote Royal serait déjà indiscutable.
Mais puisqu’il s’agit aussi de mots et de valeurs qui les sous-tendent aussi importante que la liberté, l’humanisme et bien d’autres à ne pas négliger, le vote Royal devient alors vital pour notre République. Même si pour certains il ne s’agira que d’un principe de précaution.
Il y va enfin de choisir entre une France qui donnerai le signe de la pacification, et celle de la violence (répression, pouvoir absolu ?, état policier ?, guerre civile larvée ?, …)
Et peut-être que ce n’est pas un hasard, qu’une femme porte la première et un homme la seconde …
Alors la chanson pourrait n’être plus utopique, la femme serait l’avenir de l’homme et ce serait historique …

Ludovic Bourely




Interview de Jean-Pierre Thomasset

23 01 2007

De retour après un peu de silence … Avec une interview.
J’ai parlé dans d’autres textes du caractère polymorphe de l’outil journal de bord.
Je l’utilise en fonction de mes objectifs dont le principal est l’écriture elle-même.
Néanmoins, il peut être utilisé différemment, et pour d’autres objectifs.
J’ai proposé à Jean-Pierre Thomasset, avec qui je collabore d’utiliser cet outil dans une de ses formations. Il a accepté de nous parler de cette expérience.

Jean-Pierre Thomasset est Psychologue clinicien, Psychanalyste, Formateur à l’ANPASE et à l’AFORE, Directeur de l’Institut d’Études et de Recherches pour la Clinique de la Place. Il est auteur notamment de :
_ Accueil et éveil du jeune enfant, Privat, 1993
_ Le jeune enfant et l’architecte, ENCOLL, 1991
_ Contribution au Dictionnaire de Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, PUF 2000
_ La lutte des places, in Revue Spirale n°29, ERES
_ Contrer le réel hors cure, in L’insistance du réel, ERES, 2006
_ Auteur de livres pour enfant.

Comment analysez-vous le fait que les stagiaires acceptent de se soumettre à ce temps d’écriture ?

Offrir à des stagiaires de mettre en oeuvre la technique du journal de formation pose trois séries de questions :
Premièrement, le fait de proposer aux stagiaires en fin de journée un temps pour écrire constitue de fait une perte de jouissance.
_ Soit ils sont privés d’un temps de formation.
_ Soit la formation aurait pu se terminer plus tôt.
Deuxièmement, l’obligation d’en passer par la forme écrite, les assujettit aux lois du langage, et à la perte que constitue le fait d’avoir choisi les mots.
Troisièmement, ils se sentent tenus de produire un texte de qualité, qui parle d’eux-même avec le risque d’une blessure narcissique en cas de ratage ou d’échec.
Il importe donc qu’ils puissent repérer l’intérêt qu’il y a à passer par cette série de pertes.
_ La mise en forme de type professionnel valorise leur texte et lui donne un statut.
_Ils éprouvent la capacité de faire trace de quelque chose qui leur est personnel. Ils sont parfois étonnés eux-même de leur production.
_Ils se sentent enrichis par le texte des autres.
_ La peine que prend le formateur pour qu’un document de qualité leur soit rendu dès le lendemain matin et puisse servir de base à la discussion contribue aussi à valoriser leur écrit.

Quel intérêt voyez-vous à l’utilisation de cet outil pour le formateur ?

Premièrement, un certain nombre de questions ou de réactions n’auraient jamais émergé sans cet outil. Deux exemples :
_Plusieurs ont pu dire l’écart entre ce qu’ils ont repéré dans la formation et leur propre pratique, amenant à ce qu’un des stagiaires a appelé une auto-flagellation.
_ La difficulté qu’ils vont rencontrer à mettre en oeuvre sur le terrain ce que leur aura apporté la formation.
Deuxièmement, le formateur peut repérer ce qui a été reçu et peut ajuster la suite de son intervention en prenant en compte de ce qui lui est restitué

Voyez-vous un intérêt plus large à utiliser cet outil ?

Au-delà des enjeux pour la formation elle-même, l’intérêt d’une telle démarche est de confronter des sujets à l’acte d’écrire au travers d’un écrit dit « libre ».
Dans un contexte où il leur est enjoint de produire des écrits formatés, cette démarche peut permettre des retrouvailles avec l’acte d’écrire où ils sont engagés en tant que sujets.(Comme dans une lettre d’amour)
L’intérêt aussi de leur permettre l’épreuve de ce type d’écriture et de leur transmettre l’outil lui -même pour qu’ils puissent l’utiliser à leur tour dans leurs propres pratiques.
Je peux témoigner, inaugurant cette pratique pour la première fois, que je l’ai mise en oeuvre à reculons et en traînant les pieds. Je peux attester aujourd’hui qu’elle est du plus haut intérêt.

Propos recueillis par moi-même
Ludovic Bourely




Voeux ?

5 01 2007

Acheter en ligneJ’ai parlé dans d’autres textes du caractère « artificiel », ou du moins formel du point de vue de l’écrit des cartes de voeux. J’y opposais l’écrit libre. Cela ne signifie pas que la contrainte ne peut pas être une merveilleuse créatrice littéraire. Ce n’est pas Georges Perec qui m’aurait contredit, lui dont on publie aujourd’hui les voeux qu’il a envoyés entre 1970 et 1982. Des voeux Oulipiens donc, qui prouvent à la fois la force, la subtilité et la faculté d’adaptation de l’écrit. Et sa potentialité bien sûr. De toute façon, la carte de voeux n’est-elle pas l’exercice de style annuel de nombres d’entre nous ?
Ne serions-nous pas Oulipiens comme Mr Jourdain une fois par an ?
Je n’ai pas besoin cette année, de souhaiter que l’on parle plus d’éducation. La campagne électorale met le sujet sous le feux de l’actualité, j’espère juste que la qualité sera au rendez-vous…
Je souhaite donc à mes lecteurs ce qu’ils désirent … et je vous donne un petit lien

Si l’écrit de communication a décliné pendant quelques décennies, Internet change la donne. Sa démocratisation, (pas tout à fait finie malheureusement), redonne du pouvoir à l’écrit.
Une petite vidéo, pas totalement inintéressante malgré la source, sur la question.

Ludovic Bourely




Tout le monde devrait écrire

21 12 2006

tout le monde devrait écrire » Une pensée riche ou fine ne peut trouver une forme adéquate en dehors de l’écriture. »
« Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l’épreuve de l’écriture me paraît cruciale. »
« Le plus beau de l’écriture, c’est une tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c’est l’usage d’une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces. »

Tout le monde devrait écrire. Georges Picard, José Corti, 2006.

Je suis perplexe …
Ma santé qui m’éloigne depuis quelques semaines de mes apprenants doit y être pour quelque chose …
Mais pas seulement …
Comment continuer à écrire sur l’écriture après avoir lu l’essai de Georges Picard ?
Tout le monde devrait lire « tout le monde devrait écrire ».
Je sais, il y mieux comme introduction, mais je n’en ai pas d’autres.
L’essai de Georges Picard est une oeuvre trop riche, pour ne pas paraître banal en essayant d’en parler, qui plus est avec une rage de dent.
En nous livrant sa vision de la littérature, de l’écriture, de la lecture, de l’édition, de la critique, il se livre lui-même, dans le doute puissant et révélateur des grands esprits. Jamais il ne cède à la facilité. Essai autobiographique ? Non, essai borgésien, où l’intime se mêle à la philosophie. Un essai de grand lecteur. Mais là encore Georges Picard me reprocherait la comparaison, et la critique admirative. Trop facile…
Perplexe aussi parce qu’après ce premier jugement, on pourrait croire que j’épouse parfaitement les idées et les arguments de cet essai.
Ce n’est pas toujours le cas, notamment sur le pouvoir de l’éducation à changer les choses dans le domaine de l’écrit, (je suis peut-être naïf ou déraisonnablement optimiste, peut m’importe), et pourtant la modestie de l’auteur et l’invitation à la réflexion contre le dogmatisme, rendent cet essai particulièrement stimulant.
Encore une citation :
« …, l’écriture acharnée qui force à réfléchir reste l’une des armes les plus solides contre la sauvagerie ou l’impuissance. Chacun avec ses moyens propres peut facilement s’en emparer. »
Pour finir, le travail que je fais ici avec mes modestes moyens, et le travail sur l’écriture que je fais avec mes « apprenants/écrivants », se trouvent en même temps validés, dépassés, invalidés, enrichis …
Je ne sais plus, je suis perplexe.
Est-ce encore une fois là que l’on peut voir le pouvoir de l’écrit ?…

Ludovic Bourely