Embrouille à minuit

octobre 5th, 2009

Je n ‘aurai  pas du accepter cette boite que la soeur de ce jeune chinois m ‘a donnée car depuis il ne m’ arrive que des ennuis .De plus ces gars me font peur avec leurs couteaux,la bande s appelle « Roxy »? elle me traque sans cesse et depuis j ai des problèmes avec ma famille,car ils ont agressé ma sœur.Que dois je faire ? Malheureusement je ne peux rien dire car ils me tueraient surement!!

Petite histoire vraie.

janvier 17th, 2008

                                    Quand les profs passent à l’acte

Il était une fois dans une classe relais du 93, des élèves en évaluations.

M. Adoul le professeur de mathématiques et M. Guèdje le professeur de Français les surveillaient
M. Adoul acceptait le tutoiement. Il se prétendait proche des jeunes. Il portait un magnifique pull-over orange que les élèves disaient admirer.
M. Guèdje bataillait ferme pour obtenir le vouvoiement, il l’avait obtenu, mais n’avait pas réussi à ce qu’on l’appelât « Monsieur » Guèdje, on l’appelait M. Michel.
Julia était assise au fond de la classe, seule à une table de deux, elle travaillait à son évaluation.
Elle déplia sa jambe et la posa sur la chaise d’à côté.
Aussitôt M. Guèdje lui demanda de  la retirer.
«  Mais non monsieur, dit Julia, j’ai mal à la cheville.
– Retire-la s’il te plait reprit M Guèdje.
–  Je vous jure, je me suis fait mal en E.P.S., insista la jeune.
–  S’il te plait retire ta jambe, on se tient bien en classe ! »
La jambe de Julia commença à se replier quand M. Adoul la pointa violemment du doigt et lui parla fort : « Retire cette jambe Julia, ou ça va mal aller ! »
La jeune retendit aussitôt sa jambe sur la chaise et dit : « Comment tu me parles toi !? »
Le professeur de mathématiques se leva droit et cria :
« Retire cette jambe ou je vais m’énerver !
–    Vas-y énerve-toi qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ! Répondit violemment Julia. »
M. Adoul écarta les doigts de la main, puis referma son poing en crispant sa mâchoire.
« Arrête tout de suite ou ça va mal finir !! Hurla-t-il. »
Les autres élèves de la classe regardaient le spectacle.
Le professeur énervé avança en direction de Julia en agitant son index.
C’est alors que M. Guèdje tapota sur la jambe de Julia : « Allez enlève-là et termine ton évaluation.
– Il faut qu’il se calme l’autre dit-elle en retirant sa jambe. »
M. Adoul reprit sa respiration et retourna à son bureau.
Quelques instants plus tard, une élève assise au premier rang sortit soudainement sa trousse à maquillage et commença à se poudrer le nez.
Avant que M. Guèdje ait pu lui demander de s’arrêter, M. Adoul lui demandait la marque de son fond de teint.

Allons enfants

mai 2nd, 2007

Lorsque j’étais en CM1 il y a de ça quelques années, ma matière préférée était l’Histoire. Tout particulièrement la période de
La Révolution.

Dans les manuels, il y avait comme document le premier couplet de
La Marseillaise ainsi que son refrain.

Je me fis un plaisir d’expliciter les paroles en les mettant en relation avec le contexte historique, afin de donner sens au texte.

J’indique que cela se passait quand François Fillon était ministre de l’éducation, et qu’il était dans l’air du temps que l’hymne national revienne au programme de l’école.

Je proposai donc à mes élèves de la chanter. Je m’attendais à quelques réticences, mais je me trompais, ils étaient d’accord.

Comme la dernière fois que je l’avais chantée c’était à l’armée et qu’on se devait de le faire debout au garde-à-vous, je demandai à mes élèves de se lever. Ils le firent sans rechigner.

Je commençai à chanter seul, ils reprirent tous tout de suite en chœur, ils la connaissaient !

Pire, les gars la chantaient la main sur le cœur. Je n’avais rien demandé, déjà que de les faire se lever c’était limite…

Une classe de fils d’immigrés, dans un coin pourri du 93 qui chantent
La Marseillaise debout la main sur le coeur, c’est le rêve de qui ça ?

Fillon, Sarkozy, Royal, Robespierre ?

C’est après que j’ai compris, ils se croyaient tous au Stade de France, cinq minutes avant le coup d’envoi d’un match de foot. Ils se prenaient pour Zidane, Henry et les autres …

Enfin une explication rationnelle !

Franchement,
La Marseillaise ça se chante bien classe. C’est tonique et souvent les élèves mettent la gomme sur le : « Marchons !Marchons ! »

Vive
La République Vive

la France Vive le Foot

Evaluer n’est pas une mince affaire

avril 24th, 2007

Je pense que l’une des choses les plus difficiles de notre métier est d’évaluer les élèves.

Comment évalue-t-on, lettres, notes, pourcentages, tous à la fois ?

Quand évalue-t-on, après chaque séquence, en fin de trimestre pour le carnet, en permanence ?

Evalue-t-on la même chose pour chaque élève, ou fait-on des groupes ?

Evalue-t-on toutes les matières, EPS, arts plastiques, sciences ; je pense que oui ?

Personnellement les compétences m’aident à identifier ce que les élèves doivent savoir et être capables de faire. A moi ensuite de le traduire en quelque chose de lisible pour eux.

Dans mes rêves, je suis partisan de l’autoévaluation, l’élève demandant à être évaluer sur une compétence dès qu’il sent qu’il la maîtrise. Mais ce système demande une organisation que je n’ai pas encore trouvée.

Je travaille avec des élèves qui ont été longtemps déscolarisés, et je suis étonné de voir comme ils sont attachés à ce que je leur mette une note, sont-ils formatés malgré eux ?? En tout cas il leur faut quelque chose pour se repérer.

La première semaine de son CP, mon fils est revenu avec un dix-sept sur vingt, je crois qu’il ne savait pas encore compter jusqu’à dix-sept.

Pas facile d’évaluer, de savoir où en sont les élèves, et que ça ait du sens pour eux.

De toute façon ce métier n’est pas simple.

Ca ne sert à rien de se faire mal

avril 12th, 2007

Qui croirait qu’en faisant dix-huit heures par semaine, ou vingt-sept pour le premier degré, on finit lessiver ?

Bien sur que les vacances sont nécessaires pour se requinquer.

Ce métier est tellement prenant, intéressant, fatiguant qu’il est aisé de s’y oublier, de ne plus vivre que pour ça.

On peut y laisser sa santé et se faire mal.

Or il faut être en forme pour faire classe, il faut savoir se ressourcer, pour repartir du bon pied et pouvoir prendre un peu de hauteur.

Parfois je suis tellement fatigué, j’ai tellement le nez dans le guidon que je n’ai plus la force de faire des choses pour moi. Et là il y a un danger, il faut savoir faire le vide, laisser de côté les élèves, les collègues et les projets.

Chacun son truc le sport, la musique, le cinéma, le théâtre, mais il faut savoir décrocher.

Père et prof

mars 15th, 2007

Les punitions infligées à mon fils m’agacent.
Que faire, aller rappeler à l’inspection que c’est interdit ?
Aller faire du raffut à l’école en disant que je suis du métier ?
Non, je crois que mon fils est bavard et turbulent et je vais plutôt aller me renseigner sur son comportement.
Mais quarante lignes par soir, ça fait beaucoup en CE1, c’est une heure d’écriture, et puis c’est récurent ces punitions.
Ça prouve bien que ça ne sert à rien.
De toute façon je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas aider mon fils que d’aller mettre la pression à son enseignante.
Enfin il faut qu’elle se calme quand même.
Elle donne des tonnes de devoirs, est-ce qu’elle les corrige au moins? Sait-elle que depuis 1956 on ne doit pas donner de devoirs écrits ?
En tout cas je me garde bien de la remettre en cause devant mon fils.
Je ne parle qu’en qualité de père, jamais en qualité de confrère de son institutrice.
Et puis je ne suis pas à l’aise, ça me fatigue de faire faire des tonnes de devoirs à mon fils le soir, et ça me fatigue de corriger ceux de mes élèves, surtout que je ne sais pas quoi faire de ceux qui ne les font pas (c’est toujours ceux qui en auraient le plus besoin).
Enfin, mon fils se prend des lignes à foison et veut quand même acheter des chocolats à sa maîtresse, c’est qu’elle est bien quelque part.

Société de machines

mars 5th, 2007

Je suis actuellement en classe relais, mes élèves ont entre seize et dix-huit ans. Le travail sur l’orientation se doit d’être important. Nous visitons régulièrement des lycées, des CFA, des forums de métiers, la chambre de commerce et d’industrie, etc …

Je suis frappé de la place laissée aux entreprises.

Ainsi lors de portes ouvertes dans un lycée professionnel, je fus étonné de voir la présence d’enseignes de la grande distribution, venues préciser le profil attendu pour les futurs employés.

Ça y est, on y est l’école fabrique de travailleurs !

L’Education Nationale doit-elle fabriquer et fournir des salariés aux entreprises ?

Evidemment, tout le monde espère trouver un métier qui lui permettra une vie décente, mais le but premier de l’école n’est-il pas de former des citoyens éclairés ? Des citoyens ayant les moyens de comprendre le monde qui les entoure ?

Quelle place les enseignements généraux et la culture ont-ils dans les CAP et les CFA ?

L’Histoire,
la Philosophie, Picasso et Mozart appartiennent à tout le monde, à ceux qui font l’IUFM comme à ceux qui font plomberie.

La culture, c’est ce qui permet à l’homme de se grandir, de progresser et de se tenir debout. Sans elle on s’ennuie, et quand on s’ennuie on fume on boit, on consomme.

Pour revenir à l’école, j’aimerais bien entendre les candidats à l’élection présidentielle nous parler de leurs vues sur l’éducation, sur les objectifs de l’école.

Je ne me présenta pas à l’élection, mais je fais quand même une proposition : que l’on mette des ciné-clubs et des bibliothèques dans les cités, mais avec un encadrement de professionnels pour que les jeunes (et les vieux) puissent faire le petit effort nécessaire pour appréhender et accéder à cette culture.

J’ai bien dit des professionnels du cinéma ou de la littérature, genre des cinéphiles ou des hommes de lettres, pas des militaires.

On ne peut pas tout savoir

février 24th, 2007

La honte, il paraît que j’ai une orthographe pauvre selon les dires d’une commentatrice de mon blog. Comme je n’ai eu en tout que cinq commentaires, ça fait vingt pour-cent d’insatisfaits.

Dès que j’écris devant quelqu’un, je chancelle, je me mets la pression tout seul, je n suis plus sur de mon orthographe, c’est dommageable pour un instituteur qui souvent est au tableau.

J’avoue sans honte que sur mon bureau il y avait toujours un dictionnaire et un « Bescherelle » que je n’hésitais pas à consulter, surtout le « Bescherelle » quand je faisais le passé simple.

J’exagère un peu. Bien qu’un instituteur se doive d’écrire sans faute, je pense qu’un enseignant ne peut pas tout savoir. Combien de fois ai-je entendu avec un ton réprobateur : « Tu ne connais pas ça toi qui est prof ? »

On ne peut pas tout savoir…

Par contre ce que j’essaie de toujours savoir c’est trouver l’information, trouver la réponse à la question posée.

C’est fou le nombre de connaissances  que j’ai acquises en préparant mes cours, c’est d’ailleurs une des choses les plus merveilleuse de notre métier : apprendre pour apprendre.

Maintenant c’est moi qui rigole avec ceux qui me titillaient naguère. Je leur sors ma science et leur dit : « Ca c’est niveau CM1 ».

Je vais quand même relire mes textes.

Rites

février 14th, 2007

J’ai eu le droit à une journée de formation à l’inspection académique. Fabrice Hervieu-Wane, journaliste, est venu nous parler de son livre : « Une boussole pour la vie », qui traite de l’importance d’avoir des rites de passage. J’en ai lu quelques chapitres et y ai trouvé un certain intérêt. Je me suis essayé à vous écrire quelques lignes qui reprennent les idées directrices du livre et de l’intervention de l’auteur, celui-ci ne nous propose que des pistes de réflexion et en aucun cas des solutions.

 » Depuis toujours, les humains ont mis en place des rites de passage. Le champ symbolique étant aujourd’hui déserté, les adolescents se le réapproprient à leur manière : piercing, tatouage, scarification, appartenance à un groupe, etc… Codifiés et organisés par les aînés, le rite permet le passage à l’âge adulte. Il est une expérience faisant appel à l’endurance, à la résistance à la douleur et au dépassement de soi. Il permet ainsi à l’individu de se faire une image positive de lui-même, et d’être reconnu par la collectivité. »

Plusieurs exemples de rites ont été cités : sauvetage en mer, construction d’école dans le désert Mauritanien. Tout cela n’est efficace, que si le rite est codifié et accompagné d’un protocole. Le rite peut avoir lieu à plusieurs niveaux : la famille, l’école, la société. Il faut une institution qui les prenne en charge, laquelle … ? De toute façon les jeunes se les inventeront toujours leurs rites, alors aux adultes de reprendre leur place d’éducateur et d’exemples ! Pas comme nos hommes politiques ou grands patrons qui ne s’appliquent pas à eux-mêmes ce qu’ils proposent aux autres. Ils n’arriveront jamais à nous mater.

« Entre douze et vingt-cinq ans, on a surtout besoin d’identité et de cohésion. Seuls les rites reconnus de tous ouvrent une représentation acceptable de soi-même. »

« Les rites renforcent la cohésion des participants dans le présent, et plus tard les sentiments d’appartenance collective et de dépendance à un ordre moral supérieur qui sauvent les individus du chaos et du désordre. »

HERVIEU-WANE, Fabrice, Une boussole pour la vie, Les nouveaux rites de passage (essai), Albin Michel, broché.

Punitions

janvier 28th, 2007

En primaire, tous les jours je punissais les mêmes élèves.

Tous les jours ils étaient adossés contre le mur plutôt que d’aller jouer pendant la récréation.

Tous les jours à presque toutes les récréations.

La seule chose dont j’étais sûr , c’est que ça ne servait à rien. Oui à rien du tout puisque tous les jours les élèves refaisaient des bêtises et que je les re-punissais, et que donc, la punition de la veille ne les avait pas empêcher de recommencer leurs bêtises.

Ben, non là tous les jours ça n’allait et je les punissais et je continuais de les punir.

La punition a pour but de sanctionner mais aussi de faire en sorte que les élèves ne recommencent pas.

Bon j’ai vite arrêté et j’ai essayé de trouver autre chose pour régler les problèmes. Il y avait urgence, ça n’avait pas de sens pour les élèves et en plus pendant la récréation, j’étais obligé de les surveiller plutôt que d’aller boire mon café, personne n’était bien.

Il n’y a aucun remord à donner des sanctions, elles sont parfois nécessaires et peuvent aider les enfants à mieux repérer les limites. Mais en aucun cas elles ne sont là pour faire jouir l’enseignant ou le venger des méchants élèves.

Les enseignants qui ont le plus d’autorité sont ceux qui généralement crient le moins et punissent peu.