Comme quoi …
1 commentaire(s) Publié le 23 décembre 2006 par fred dans TémoignageDans ma banlieue, dans ma ZEP le jour de l’Aïd est un jour férié, la majorité des élèves est absente. Du coup je reçois avec joie des gâteaux orientaux au miel, aux amandes, etc…
Par contre à Noël, rien, pas un chocolat, en dix ans je n’en ai reçu qu’une boite.
Dans ma classe de CM1, je n’avais que des enfants issus de l’immigration, même celui qui avait un prénom français, avait un père d’origine magrébine. Le seul qui était « français de souche » (on ne sait plus comment dire) était un antillais.
Bref, tout ça ajouté à une certaine pensée altermondialisteanticapitaliste et j’allais faire le minimum pour noël, mettre deux trois boules, quelques décorations et on n’en parlait plus.
Mais, un jour je passe devant la classe d’une collègue débutante de CE1, et je vois qu’elle avait acheté une dizaine de calendriers de l’Aven. Quelle mémère me suis dit-je, c’est ringard son truc.
Seulement l’image des calendriers adossés à la fenêtre restait dans mon esprit comme quelque chose d’agréable et de coloré.
Et comme par hasard, au conseil suivant, les élèves de ma classe proposèrent de fêter noël, d’acheter un vrai sapin, deux calendriers de l’Aven (on était vingt-sept) et que chacun ramène une boule ou une guirlande.
Ce fut terriblement sapin, on eu un vrai sympa dans la classe, payé par
la coopérative. Je tins dès lors une liste où je notais les tours de chacun pour ouvrir le calendrier, je peux vous assurer que je n’avais pas intérêt à me tromper. Les élèves s’étaient mis d’accord (je ne sais plus comment d’ailleurs) pour désigner ceux qui en auraient deux, et surtout ceux qui ouvriraient les derniers chocolats.
Quand on a dix ans c’est toujours quelque chose d’ouvrir ces beaux calendriers.
Alors que la société fête de toutes parts noël, que les rues sont belles, nos élèves même issus de cultures étrangères, ont peut être envi de participer Ã
la fête. Et de toute façon, on ne va pas laisser noël aux marchands.
Cette année j’ai des élèves de seize ans, il y a toujours un sapin et ils l’ont décoré. Il faut juste qu’ils arrêtent de fumer les épines.
Je me passerais bien de corriger.
