JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Valeur des temps – tableau pour se repérer

SEQUENCE 2 : Un siècle, une vie. – Une soupe aux herbes sauvages, E.Carles

Grammaire : La valeur des temps

Objectifs :

  • Savoir et comprendre ce que signifie « valeur d’un temps »
  • Reconnaître les différentes valeurs pour les temps de l’indicatif les plus utilisés : présent, imparfait, passé simple, passé composé et plus-que-parfait, futur…

Définition (à savoir)

Valeur :En grammaire et pour expliquer un texte, « valeur » signifie « Nuance de sens que prend un mot dans la phrase examinée»

Valeur des temps et des modes

Il y a plusieurs notions (idées) à repérer.

La valeur varie en fonction du temps verbal utilisé, des compléments circonstanciels de temps, du contexte, du sens du verbe.
Quand on indique la valeur d’un temps, on apporte les précisions suivantes sur l’Action**, le fait*, le sentiment*, l’état* exprimé par le verbe. Pour tous ces mots* on emploiera le mot « Action* ».

Sur l’axe du temps Nature de l’action* Manière dont se fait l’action* (mode)
Action* située dans le passé

Action* située dans le présent

– en train de s’accomplir

Action* située dans le futur

Faits hors du temps : vérité générale ou durable

Antériorité de l’action* par rapport à une autre

Postériorité de l’action* par rapport à une autre

Simultanéité de l’action* avec une autre

Successivité des Actions

Action* délimitée dans le temps

– début et fin

– début

– fin

Action* non délimitée dans le temps

Action* achevée

Action* inachevée

Action* à un moment déterminé

Action* à un moment indéterminé

Action* unique

Action* répétitive par habitude

Action* répétitive par nature (tousser par exemple)

Action* certaine

Action* incertaine :

– irréelle

– possible

– probable

Action* soumise à une condition

Ordre

prière

souhait

obligation

Condition, hypothèse

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Révisions 3è- Les temps du passé

GRAMMAIRE – Révisions – 3è

Les temps du passé

Mais quel froid ! Le traîneau était une voiture ouverte, sans toit, et chacun se protégeait comme il pouvait. Pour les jambes et le corps ça allait encore, nous avions des couvertures et des briques chaudes mais pour les oreilles et pour le nez, malgré nos écharpes et nos bonnets, on souffrait le martyre. Je me demande si ce n’est pas ce froid coupant qui nous poussait à bavarder comme des pies. (….) Le voyage dura toute la journée. Partis de Guillestre à 11 heures du matin, nous arrivâmes à Abriès à la nuit tombée. Avant de partir de Val-des-Prés j’avais écrit à une de mes anciennes amies de lycée. Cette camarade avait joué de malchance, elle avait essayé pendant des années d’obtenir son brevet, elle avait abandonné et était retournée vivre avec ses parents à la Monta. J’attachais beaucoup d’importance à cette lettre, car je ne connaissais personne dans ce village et je savais que la chambre qui m’était allouée par l’administration ne serait ni chauffée, ni préparée. Yvonne Richard, avec laquelle j’avais partagé bien des moments, aurait certainement paré au plus pressé.

TRAVAIL SUR LES VERBES SOULIGNES

  1. Dans un tableau indiquez l’infinitif, la personne, le nombre, le temps, le mode, la voix des verbes soulignés.
  2. Identifiez les verbes d’actions, les verbes d’état.
  3. Nommez les actions en mettant le verbe à l’infinitif(ex : « se protéger du froid ») et placez-les sur un axe chronologique, les unes par rapport aux autres.
  4. En vous aidant du tableau joint, construisez la VALEUR du verbe.
  5. Question de brevet : réécrire le texte en commençant au présent : « Le traîneau est une voiture ouverte… ». (Remarque : le texte est disponible sur le site, vous pouvez partir de la version dactylographiée et faire le travail sur l’ordinateur).

(voir tableau valeur des temps pour vous aider)

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Séquence 1 : la rentrée

Les registres de langue

« Je fus entièrement dépaysé »

Pendant les deux premiers mois, je fus entièrement dépaysé, et malgré l’intérêt de tant de nouveautés, il m’arrivait de regretter ma chère école du chemin des Chartreux, dont Paul me donnait chaque soir des nouvelles.

Tout d’abord, dans cette caserne secondaire, je n’étais plus le fils de Joseph, le petit garçon que tous les maîtres tutoyaient, et qui jouait le jeudi ou le dimanche dans la cour déserte de l’école. Maintenant, j’étais à l’étranger, chez les autres.

Je n’avais plus « ma classe » et « mon pupitre ». Nous changions sans cesse de local, et les pupitres n’étaient pas à nous, car ils servaient aussi à d’autres dont nous ne savions pas grand chose, sauf parfois le nom, qui surgissait (à raison d’une lettre par semaine) profondément gravé au couteau dans l’épaisse table de bois dur.

Au lieu d’un maître, j’avais cinq ou six professeurs, qui n’étaient pas seulement les miens, car ils enseignaient aussi dans d’autres classes ; non seulement ils ne m’appelaient pas Marcel, mais ils oubliaient parfois mon nom ! Enfin, ce n’était pas eux qui nous surveillaient pendant les récréations. On ne voyait guère que leur buste dans leur chaire, comme des centaures qui sont toujours à cheval, ou comme les caissières des grands magasins.

Enfin, j’étais cerné par un grand nombre de personnages, tous différents les uns des autres, mais coalisés contre moi pour me pousser sur le chemin de la science. S’ajoutant à nos professeurs et à notre maître d’étude, il y avait d’abord les « pions », qui assuraient la police des récréations, surveillaient le réfectoire, « faisaient l’étude » du jeudi matin, et dirigeaient les « mouvements ».

Marcel Pagnol, Le temps des secrets (1960)

La ponctuation

Pavane de la virgule

« Quant à Moi ! », dit la Virgule,

J’articule et je module ;

Minuscule, mais je régule

Les mots qui s’emportaient !

J’ai la forme d’une péninsule,

A mon signe, la phrase bascule.
Avec grâce, je granule

Le moindre petit opuscule.


Quant au Point !

Cette tête de mule

Qui se prétend mon cousin !

Voyez comme il se coagule,

On dirait une pustule,

Au mieux : un grain de sarrasin.

Andrée Chédid, Grammaire en fête, Ed. Folle Avoine

Ponctuations

– Ce n’est pas pour me vanter,
Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.

– C’est possible, dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.

– Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cessez vos conciliabules.
Ou, tous deux, je vous remplace !

Maurice Carême

C’est la leçon de récitation… Je regarde la main de la maîtresse, son porte-plume qui descend le long de la liste de noms… hésite… si elle pouvait aller plus bas jusqu’à la lettre T ?…. Elle y arrive, sa main s’arrête, elle lève la tête, ses yeux me cherchent, elle m’appelle…

J’aime sentir cette peur légère, cette excitation… je sais très bien le texte par coeur, je ne risque pas de me tromper, d’oublier un seul mot, mais il faut surtout que je parle sur le ton juste… voilà, c’est parti… ne pas faire trop monter, trop descendre ma voix, ne pas la forcer, ne pas la faire vibrer, ça me ferait honte… dans le silence, ma voix résonne, les mots se détachent très nets, exactement comme ils doivent être, ils me portent, je me fonds avec eux, mon sentiment de satisfaction… Aucune actrice n’a pu en éprouver de plus intense.

Nathalie Sarraute, Enfance

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