JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Orphée, Gustave Moreau

Commentaire du tableau (extrait de L’Ecume des lettres, Hachette)

LE SYMBOLISME_moreau

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Voyageur contemplant une mer de nuages

(Extrait des fiches « L’écume des Lettres »)

Histoire des arts_romantisme_mer de nuages

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En quoi la versification contribue-t-elle au tragique de la scène ?

Il me semble tout d’abord que cette question est plutôt une question d’entretien, pour le cas où vous auriez oublié de montrer que vous avez vu que l’extrait du Cid ou d’Horace que vous étudiez est en vers.

Certes la versification est importante, mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout de théâtre et secondairement en vers, car c’est la norme, la règle au XVIIème siècle. La raison en remonte à la naissance des genres que retrace Aristote, mais cela fait l’objet d’un autre article.

Considérons le vers de l’un des quatre textes de votre liste  : Horace (de Pierre Corneille).

Cohérence ou discordance entre versification et syntaxe

(d’après source : http://jlf.pagesperso-orange.fr/vers.htm)

Le texte de théâtre versifié respecte et combine deux systèmes de code : celui du vers classique et celui des règles de composition de la langue (syntaxe) et en particulier de la phrase (notion qui d’ailleurs n’existe pas au XVIIème siècle : on parle de « période« ). Ces deux niveaux de « mise en forme » des idées (le vers / la période) « peuvent se renforcer mutuellement, par exemple lorsque l’hémistiche (ou le vers entier) correspond exactement à un groupe syntaxique ou à une phrase. »

C’est de cette cohérence, entre le vers et la phrase que va naître l’efficacité de la sentence proférée comme par exemple dans Cinna : « En me rendant heureux  / vous me rendez infâme ». La fin de la phrase correspond strictement à la fin du vers, un alexandrin classique composé de deux hémistiches (2 fois 6 syllabes), ou encore « Les faveurs du tyran / emportent tes promesses ». Mais le poète -car le dramaturge est ici poète- peut choisir de bousculer ces rythmes réguliers, caractéristiques de l’esthétique classique  pour mieux rendre par exemple, un sentiment exprimé par le personnage.
Ainsi dans cette réplique violente de Camille adressée à Horace :

Donne moi donc, /  barbare,  /un coeur comme le tien,

L’apposition de « barbare » renforce l’insulte adressée à son frère en rompant le rythme de l’hémistiche  : 3/3/6.

L’enjambement est un autre procédé qui peut concourir, en touchant à la cohérence phrase / vers, à renforcer l’expression d’un sentiment ou mieux traduire une situation dynamique :

Horace se présente devant Camille encore animé du combat qu’il vient de livrer : il exige d’elle le respect de sa victoire contre l’homme qu’elle aime. La rage violente qui va s’emparer de lui (hybris) quand sa sœur va le défier se traduit dans le rythme saccagé et saccadé, de sa parole, voulu par Corneille :

Ma soeur,/voici le bras /qui venge /nos deux frères, (2/4/3/3)

Le bras qui rompt /le cours de nos Destins contraires, (4/2/6)

Qui nous rend maîtres d’Albe ; enfin voici le bras (6/6)

Qui seul fait aujourd’hui le sort de deux Etats ;(6/6)

Vois ces marques d’honneur, ces témoins de ma gloire, (6/6)

Et rends ce que tu dois à l’heur de ma victoire.(6/6)

Au fur et à mesure qu’augmente en Horace l’orgueil de sa victoire et sa certitude d’avoir bien agi, le rythme se stabilise en devenant de plus en plus régulier. On notera parallèlement, la reprise de « ce bras », à trois reprises. La métonymie accentue la force d’Horace en désignant toute la personne par une seule partie, mais aussi provoque ces ruptures semblables au souffle entrecoupé qui suit un combat. Il faut ici imaginer Horace arriver en courant, portant les trois épées des Curiaces assassinés. Du point de vue grammatical, cette reprise provoque une rupture de cohérence entre le vers et la phrase et oblige à un enjambement a priori refusé par les règles de la poésie classique (le bras => qui seul fait aujourd’hui). Il ne s’agit pas d’un manque de maîtrise du vers de la part de Corneille, mais bien au contraire d’un jeu avec la règle, jeu qu’il s’autorise pour mieux servir son propos : nous montrer un Horace impétueux et combatif, sûr de son droit, de sa force, de sa victoire qui va malgré tout se heurter à une Camille impassiblement tragique, acceptant son sort en dépit des avertissements de son frère.

On peut sans extrapoler observer les seuls enjambements que l’on trouve dans le discours de Camille et se demander s’ils ont un intérêt par rapport à ce qu’elle souhaite exprimer de douleur, de désespoir et de colères inépuisables, expulsés en un seul souffle, ce que permet la syntaxe, mais pas l’alexandrin classique :

« Tu ne revois en moi qu’une Amante offensée,

Qui comme une Furie attachée à tes pars,

Te veut incessamment reprocher son trépas »

ou encore :

« Et toi, bientôt souiller par quelque lâcheté

Cette gloire si chère à ta brutalité. »

et aussi

« Puissent tous ses voisins ensemble conjurés

Saper ses fondements encore mal assurés ! »

et enfin

« Que cent Peuples unis des bouts de l’Univers

Passent pour la détruire, et les monts, et les mers ! »

Il faut évidemment lier ces effets de versification à l’interprétation sur scène et se demander ce que le metteur en scène ou l’acteur peut faire de ces procédés pour traduire, dans sa diction, dans son jeu, tout ce qu’il comprend et perçoit du personnage à faire vivre.

 

Pour la versification en général

– votre manuel p.478

– ce site : http://jlf.pagesperso-orange.fr/vers.htm

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Sujet de bac blanc_ Léonard de Vinci

Ce document contient :

L’Or de Cendrars

Canada

et le frontispice de Michel Strogoff (histoire des arts)

A imprimer par vos soins.

Bac blanc_personnage roman aventures_140203_V2

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Amschapsands et Darvands_Lecture analytique

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