JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Minimum vital à maîtriser pour l’EAF (écrit et oral)

Le minimum vital pour affronter l’EAF

Voir aussi : http://lectures.actives.free.fr/Espace_outils/francais/methodologie-bac/4_heures_devant_sa_copie.htm

 

Remarque Beaucoup de ces notions ont été vues au collège (même si vous ne vous en souvenez pas).

 

Les genres littéraires

 

On classe la littérature et les textes littéraires en plusieurs grandes catégories. Les textes que vous étudiez en classe appartiennent à ces catégories. On ne (se) pose pas les mêmes questions sur un texte poétique ou sur un texte théâtral.

Chaque genre peut se diviser en sous-genre. Ces catégories qui permettent de penser la littérature ne sont pas des tiroirs étanches. Un texte peut relever de plusieurs genres, comme les contes  philosophiques ou les fables, qui appartiennent à la fois aux genres narratifs et à la littérature d’idées (que l’on  appelle aussi argumentative).
Un genre se définit à la fois par sa forme : vous reconnaissez immédiatement un poème, ou une pièce de théâtre, ou le début d’un roman, ou encore un article de dictionnaire, mais aussi par sa fonction (raconter, expliquer, argumenter, décrire etc…). Ces fonctions sont caractérisées par le type de discours employé dans le texte. Un texte peut relever de plusieurs typologies (argumentative et narrative, par exemple, comme le roman de Camus, La Peste).

Votre programme repose sur la distinction de 4 grands genres qui ont déterminé des objets d’étude (c’est-à-dire littéralement des « objets littéraires que l’on étudie » :

  1. Le roman, la nouvelle = genre narratif (but : raconter une histoire, plaire, instruire, faire réfléchir)
  2. La poésie = genre poétique (plaire, émouvoir, convaincre)
  3. Le théâtre = genre dramatique (plaire, instruire, faire réfléchir, raconter) : comédies, tragédies, tragicomédies, théâtre de l’absurde etc.
  4. La littérature d’idées = littérature argumentative (essai, documentaires, articles de journaux…) ou encore « les genres de l’argumentation »

 

Les types de discours

Un roman, c’est une sorte de discours (littéralement, le texte « dit quelque chose »). Une pièce de théâtre aussi. Discourir, c’est dire ou écrire sur un sujet quel qu’il soit. On peut classer les discours en fonction de leur but dans le langage et la communication. Tout le monde utilise les discours écrits ou oraux. En fonction du but que l’on veut atteindre on choisit tel ou tel discours. Un texte peut relever d’un ou plusieurs discours à la fois.

Attention : dans les questions ou consignes, il ne faut pas confondre ce terme avec son emploi en grammaire « discours direct, indirect, indirect libre ou narrativisé ».

Si votre examinateur vous demande : « quel(s) type(s) de discours l’auteur emploie-t-il pour convaincre son lecteur ?« , vérifiez ce qui vous est demandé en fonction du texte. Si le texte est manifestement argumentatif, il faudra qualifier et caractériser ce discours en relevant et classant tous les arguments employés par l’auteur. Si le texte est romanesque et contient une alternance de récit et de dialogues, il faudra alors analyser les différents discours en présence (discours direct, indirect, indirect libre et narrativisé) et leurs effets sur le lecteur.
 

Narratif : pour raconter

Argumentatif : pour convaincre ou persuader ou délibérer

Explicatif : pour expliquer (un fonctionnement, une position, une idée)

Descriptif : pour décrire

Informatif : pour donner une information.

 

Les registres

 

Dans les textes littéraires des sentiments, des émotions sont exprimés par l’auteur et ou les personnages. Chaque registre utilise des procédés qui lui sont propres.

 

  1. L’épique : utilisé quand le texte rend compte d’un combat, d’une lutte. Textes évoquant l’héroïsme, la chevalerie, les conquêtes, les grands voyages au péril de la vie… Le registre épique valorise l’action du héros, sa stature morale.
  2. Le lyrique : utilisé pour épancher les sentiments et les émotions à la première personne. Ton intime. Le personnage ou l’auteur utilise la nature, l’idée de Dieu ou de puissances surnaturelles pour décrire ses états d’âme.
  3. Le tragique : quand l’homme ne peut échapper à son destin, à la fatalité.
  4. Le pathétique : pour témoigner et faire ressentir la pitié, la compassion, l’attendrissement. Faire comprendre les souffrances d’un personnage ou d’un auteur.
  5. Le comique (ironie, satire) : pour faire rire, mais aussi pour critiquer ou se moquer.
  6. Le polémique : pour provoquer des débats. Le registre polémique s’attaque aux valeurs ou aux institutions qu’il condamne.
  7. Le didactique : pour instruire, éduquer, édifier.

Ne pas confondre avec le registre de langue (soutenu, courant, vulgaire, familier, argotique etc.)

Voir aussi ici : http://www.etudes-litteraires.com/registres.php

 

Les figures de style (ou procédés d’écriture)

Deux mises en garde :

1) Ne commencez jamais par chercher les figures (ou procédés) de style (ou d’écriture) dans un texte.

Procédez à une lecture SENSIBLE du texte :

– qu’est-ce que je ressens quand je lis ce texte ?

– qu’est-ce que je vois ?

– qu’est-ce que j’entends ?

– qu’est-ce que je pense ?

– ce texte me fait-il penser à une situation que j’ai déjà vécue, connue ou que j’aimerais vivre (ou non) ?

– ce texte me rappelle-t-il un autre texte, film ?

Ce sont les premières questions à se poser. Quand vous avez répondu à ces questions, vous pouvez commencer à chercher dans le texte d’où viennent vos impressions, sensations, réflexions. Elles sont en effet créées, produites, par la rencontre de ce que vous êtes et des moyens que l’écrivain a choisi pour communiquer avec vous, son lecteur… Les fameuses figures de style.

Veut-il vous impressionner ? il choisira l’hyperbole…

Veut-il vous effrayer ? il choisira des images terrifiantes, proposées à votre esprit par la comparaison, la métaphore etc…

Il se peut même que l’auteur ne cherche pas à produire un effet particulier, mais que cet effet existe dans votre esprit : vérifiez alors s’il vient du texte, de sa construction, du vocabulaire, des images mises en oeuvre ou de votre imagination…

2) Relever les procédés de style dans un texte n’est pas faire l’analyse du texte. Quand vous relevez les figures de style, vous ne faites que décrire le texte (il y a une métaphore). Si vous n’analysez pas la figure et si vous ne lui donnez pas un sens, votre relevé ne sert à rien…

Revenons à nos figures de style…

Qu’est-ce que c’est ? La figure de style ou le procédé de style ou d’écriture est une manière particulière de dire les choses pour mieux faire sentir des oppositions et des contrastes, des idées importantes, des sensations et des sentiments, pour susciter des images mentales, pour partager avec le lecteur un imaginaire.

Les figures de style sont l’équivalent des différentes couleurs que le peintre utilise pour faire un tableau. Elles apportent des NUANCES. Pour la définition précise de chaque figure, se reporter à votre manuel (index à la fin). Elles constituent le style personnel d’un auteur, et donne au texte son caractère unique.

Pour les exemples, reportez-vous à votre manuel, ou au site http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/figures-de-style.php

  • Les figures d’insistance (effet produit : insistent sur une idée ou un thème)

–          la répétition d’un terme au début d’un vers ou d’une phrase  (l’anaphore)

–          le parallélisme (Nu je suis né, nu je mourrai  = Adj + GV / Adj + GV)

–          le chiasme

–          l’accumulation (énumération et gradation)

–          l’hyperbole

 

  • Les figures d’opposition (effet produit : oppose deux énoncés de sens contraire)

–          l’antithèse : « je vis, je meurs »

–          l’oxymore : « une pâleur éblouissante », « le soleil noir de la mélancolie »

 

  • Les figures de substitution (effet produit : remplacent un mot ou une idée par une autre pour ajouter une nuance)

–          l’euphémisme (« il s’est endormi pour toujours », pour dire « il est mort »)

–          la litote (« Elle n’était pas peu embarrassée » pour dire qu’elle est très embarrassée)

–          la périphrase (le pays du soleil levant = le Japon)

–          l’antiphrase (« Ah ! bravo » quand quelqu’un casse quelque chose)

 

  • Les figures de sens : (effet produit : on attribue à un élément les caractéristiques d’un autre élément pour renforcer le sens, créer une image, une photo mentale.)

–          la comparaison (« il est fort comme un lion »)

–          la métaphore (c’est un lion ce type !)

–          la métonymie (sers-moi un verre)

–          la synecdoque( « il faut que je trouve un toît » = une maison )

 

Les grandes notions d’histoire littéraire

Reprenez votre frise chronologique. Situez les auteurs, les textes et les contextes.

–          L’humanisme (XVIème siècle)

–          Le baroque (XVI-XVIIème siècle) / La préciosité

–          Le classicisme (XVIIème siècle)

–          Les Lumières (XVIIIème siècle)

–          Le romantisme (fin XVIIIème-début XIXème siècle°

–          Le réalisme (1850 – 1890)

–          Le naturalisme (1880-1890

–          Le symbolisme (1886 – 1910)

–          Le surréalisme (1920)

–          L’engagement et l’absurde (milieu XXème)

–          Le nouveau roman (1950)

–          L’existentialisme et les écrivains catholiques (deux mouvements d’idées opposés)

Le XIXème et le XXème siècle comportent de nombreux mouvements littéraires, c’est à dire manière d’envisager l’art et la littérature, les fonctions de l’art et la place de l’artiste dans le monde. Chaque mouvement se fait une idée différente de la place de l’art dans la société et de son rôle. Il impose des modèles que les artistes suivent ou non. Les dates données sont indicatives, un mouvement ne naît pas le 1er janvier d’une année pour s’éteindre le 31 décembre 10 ans plus tard !

 

Et la grammaire dans tout ça ?

 

Les notions de base en grammaire sont INDISPENSABLES pour analyser un texte ou pour écrire soi-même un texte.

Il faut savoir reconnaître les classes de mots (nature) : verbes, noms, adjectifs, adverbes, pronoms, déterminant, prépositions, conjonctions… et leurs fonctions dans le langage (les adjectifs caractérisent et déterminent, les verbes indiquent une action, un état, une perception, une opinion, une pensée, les noms désignent etc.).

 

Il faut connaître les différentes fonctions des mots ou groupes de mots et propositions :

–          Sujet : fait ou subit l’action ou l’état exprimés par le verbe. Il est important d’identifier cette fonction… soyez attentifs aux images mentales suscitées par les phrases que vous lisez.

–          Complément : complète. Sans lui les phrases perdent la moitié de leur sens.

–          Attribut : attribue, donne une qualité supplémentaire à un sujet ou à un objet par l’intermédiaire d’un verbe attributif (être, paraître, sembler, devenir, passer pour, avoir l’air, demeurer…)

–          Verbe : c’est la base de tout : il est l’action du sujet, l’état dans lequel il se trouve, le sentiment qu’il ressent…

Les adjectifs, les adverbes interviennent pour modifier le sens d’une phrase (« c’est un grand homme » ou « c’est un homme grand ? » ; « malheureusement, il est tombé » ou « il est tombé malheureusement » ?)… Soyez attentifs à leur place dans la phrase.

Pour les verbes : il faut reconnaître les verbes d’action, de pensée, d’état, de sentiment, de parole…

La phrase complexe, avec ses subordonnées et ses compléments circonstanciels qui s’enchaînent et se superposent, traduit une pensée plus complexe que celle exprimée par la phrase simple, souvent descriptive. Comparez « Il tombe » à « il tombe parce que le terrain est glissant du fait des pluies abondantes des derniers jours ».

Le sujet fait ou subit l’action. Comparez : « Julien était battu par son père » et « Son père battait Julien tous les jours » : qui est mis en valeur dans chacune de ces phrases ? Sur qui insiste-t-on ?

Les discours rapportés : le discours direct est plus vivant, dans un roman, que le discours indirect. Mais le discours indirect libre permet au lecteur d’entrer dans la pensée du personnage… Comparez : Gervaise dit : « je ne peux plus te supporter, Lantier » / « Gervaise dit à Lantier qu’elle ne pouvait plus le supporter » / « Gervaise se disait qu’elle ne le supportait plus, Lantier ». Qu’est-ce qui vous paraît le plus vivant ? le plus direct ? Le mieux rendre compte des sentiments de Gervaise ?

On attend de vous que vous soyez capable d’examiner et d’expliquer ces faits de langue quand vous expliquez un texte.

 

Derniers conseils

A ceux qui se demandent à quoi vont servir toutes ces années de grammaire, je conseille de lire :

La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna

Les Chevaliers du subjonctifs, Erik Orsenna

L’écho des cavernes, Pierre Davy, Syros, (Hilarant…)

 

Ayez le réflexe dans toutes les matières de repérer :

–          le verbe de la consigne (tiens, de la grammaire…) : il vous dit exactement ce que vous devez faire ;

–          la construction de la consigne : vous dit dans quel ordre vous devez faire les choses. Il faut apprendre les méthodes données par cœur, jusqu’à ce qu’elles deviennent des réflexes…

La méthode générale pour expliquer et analyser  est la même partout :

1)     j’observe

2)     je décris

3)     J’analyse, je décompose

4)     j’explique

5)     je donne mon opinion (si on me la demande) sans utiliser « je » : choisir des tournures impersonnelles, des phrases déclaratives, des tournures à la 3ème personne du singulier, « on », « nous »…

Exemple :

Je suis personnellement convaincue que certaines formes d’art peuvent influencer, enrichir, et, plus rarement, faire changer du tout au tout notre vision de l’Homme. C’est ce que je m’attacherai à démontrer.

Choisir plutôt :

Certaines formes d’art peuvent influencer, enrichir, et, plus rarement, faire changer du tout ou tout notre vision de l’homme. C’est ce que nous allons démontrer.