JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Entraînement brevet 3

(Corrigé disponible sur demande)

Entraînement au brevet n°3

3e-pourquoi j’ai mangé mon père_eva_typebrevet_2

Texte : Le feu, réalité prodigieuse ou danger mortel ?

Depuis « Mais quel bavard ! Et quel disputailleur ! » jusqu’à « si même il est encore temps, arrête » (p.12-13)

Les réponses doivent être rédigées et justifiées

I-                 Questions (15 pts) – ne pas dépasser 1 h 15

1)     Le portrait de l’oncle Vania

a)     Ligne 1 à 9 : à quel animal l’oncle Vania est-il comparé ? Pourquoi ?

b)     Ligne 10 à 15 : Quel est le temps employé dans ce paragraphe  ? pourquoi ?

c)     Ligne 34-35 : « Arrête ! arrête, Edouard, arrête avant qu’il soit trop tard, si même il est encore temps, arrête… » : Quel est le mode du verbe souligné ? Quelle indication donne-t-il au lecteur sur la personnalité de Vania ?

d)     Quelle est la nature des mots soulignés dans le texte (ligne   à   ) : bleuies ; pauvres ; pleines de rancunes ; apaisé ?

e)     Indiquez la nature  de « joyeusement » et « mutuellement » et expliquez la formation des mots.

2)     Les relations entre Vania et Père (1 pt par question)

a)     quel lien de parenté unit Vania et Père ? Quel est le prénom de Père ?

b)     A quelle espèce et sous-espèce vivantes appartiennent-ils ?

c)     relevez une comparaison dans la ligne 20 ; comment est-elle construite ?

d)     Quel effet produit sur le lecteur l’énumération des trois verbes « disputaient, criaient, hurlaient » ligne   ?

e)     Relevez le champ lexical du désaccord (une douzaine de termes)

3)     Les débuts d’un conflit (1 pt par question)

a)     quel est le motif de la première dispute entre Vania et Père ?

b)     Qu’est-ce que « cette chose tortillante et rouge » ?

c)     Expliquez la métaphore sur laquelle repose cette phrase : « Elle semblait meurtrie mais furieusement vorace et je regardais père l’alimenter » (l.22-23)

d)     Oncle Vania pressent un danger ? lequel ?

e)     Vania et son entourage se comprennent-ils ? justifiez votre réponse.

Il n’y a pas de dictée : l’orthographe est donc évaluée sur 5 sur toute cette partie du travail

(-0,5 pt par faute grammaticale / – 0,25 par faute lexicale).

II- Réécriture (5 pts)

Réécrivez le passage l.32 à 36 (en caractères gras dans le texte) en remplaçant : « ne t’ai-je pas… » par « ne vous ai-je pas ».

III- Rédaction

Racontez un événement montrant les différents aspects du progrès scientifique ou technologique. Vous pourrez vous inspirer de l’actualité ou de questions de société actuellement débattues (protection de l’intimité sur internet, mères porteuses etc…). Votre texte (narratif, explicatif et argumentatif comportera au moins 30 lignes).

Vous rendrez avec votre travail une fiche de critères d’évaluation élaborée et complétée par vos soins.


Texte (Entraînement brevet n°3)

Quel bavard ! Et quel disputailleur !

A peine d’abord s’il nous saluait, hochait la tête pour tante Laure. Il étendait vers la flambée ses pauvres mains bleuies de froid, et sans attendre passait à l’attaque. C’était à père qu’il s’en prenait, tête baissée, comme un rhinocéros, dont son index accusateur aurait pu figurer la corne. Père le laissait charger, dans un torrent d’accusations pleines de rancunes. Puis quand l’oncle un peu apaisé avait mangé deux ou trois œufs d’æpyornis et quelques caroubes, père se lançait dans la bagarre. Il démolissait joyeusement les arguments de l’oncle Vania, ou au contraire le laissait bouche bée en reprenant allégrement à son compte quelques-unes de ces énormités.

Au fond, j’en suis certains, ils étaient profondément attachés l’un à l’autre. Même s’ils avaient passé toute leur vie en violentes discordes. Comment eût-il pu en être autrement ? Ils étaient tous les deux d’honnêtes pithécanthropes aux principes inébranlables ; ils vivaient strictement en accord avec leurs croyances. Mes ces principes s’opposaient, absolument, sur tous les points. Chacun suivait sa propre voie, persuadé que l’autre commettait une tragique erreur sur la direction que devait prendre, pour évoluer, l’espèce anthropoïde. Néanmoins leurs rapports personnels, s’ils ne souffraient d’aucune entrave, n’en subissaient non plus aucun dommage. Ils se disputaient, criaient, hurlaient, mais n’en venaient jamais aux mains. Et quoique en général l’oncle Vania nous quittât fou de rage, il ne restait jamais longtemps sans revenir.

La première dispute dont je me souvienne, entre ces frères si différents d’aspect et de comportement, s’était produite à propos du feu. Il faisait froid. J’étais accroupi à distance respectueuse de cette chose tortillante et rouge, toute nouvelle pour nous. Elle me semblait meurtrie mais furieusement vorace, et je regardais père l’alimenter avec une nonchalance splendide, mais circonspecte. Les femmes, assises toutes en tas, s’épouillaient mutuellement en jacassant. Ma mère, comme toujours, était un peu à l’écart. Elle mâchait la bouillie pour les bébés sevrés, et regardait père et son feu d’un air de sombre méditation. Et tout d’un coup l’oncle Vania fut parmi nous, silhouette énorme et menaçante. Il parlait d’une voix d’outre-tombe.

– T’y voilà donc, Edouard ! Grondait-il. J’aurais dû le deviner, que tôt ou tard nous en viendrions là. J’espérais, il faut croire, qu’il y aurait une limite à tes folies. Imbécile que j’étais : je n’ai qu’à tourner le dos une minute, pour te retrouver jusqu’au cou dans quelque ineptie nouvelle. Et maintenant cela ! Cria-t-il. Edouard, écouter moi bien. Ne t’ai je pas mille fois averti, adjuré, supplié, en qualité de frère aîné, de t’arrêter à temps sur ta lancée calamiteuse, de réfléchir, de t’amender, et de changer de vie avant qu’elle ne t’amène tout droit, avec toute ta famille, vers un désastre irréversible ! Cette fois, c’est avec une insistance dix fois multipliée que je te crie : Arrête ! Arrête, Edouard, arrête avant qu’il soit trop tard, si même il est encore temps, arrête…

©Roy Lewis.- Pourquoi j’ai mangé mon père, éd. Pocket (trad. par Vercors et Rita Barisse), 1960

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Argumentation – cours

Quelques modèles de paragraphes argumentatifs simples

Pour s’entraîner :

– recopiez l’affirmation en caractère gras

– démontrez qu’elle est juste ou au contraire controversable.

– comparez ce que vous avez écrit à la proposition de corrigé.

– interrogez-vous : avez-vous utilisé des exemples concrets ? précis ? avez-vous utilisé des connecteurs logiques ? quelles relations logiques avez-vous mis en évidence dans le paragraphe ?

a) Dans une société qui ne fait pas sa juste place à la jeunesse, il est normal que certains veuillent tout casser.

 

Dans une société qui ne fait pas sa juste place à la jeunesse, il est normal que certains veuillent tout casser. En effet, les adultes défendent souvent leurs idées par la violence comme le montrent les nombreuses guerres ou révolutions sanglantes. Encore récemment [ajouter exemple précis] . Les jeunes prennent modèles sur eux : la révolte leur apparaissant comme le seul moyen de se faire entendre.

 

b) Si les jeunes cassent tout, il est normal que la société leur refuse la place qu’ils réclament.

 

Si les jeunes cassent tout, il est normal que la société leur refuse la place qu’ils réclament. De fait, les problèmes ne se règlent pas par la violence, sans quoi les problèmes des lycées par exemple seraient résolus depuis longtemps. Ces jeunes réclament un droit à la parole, mais ne s’en servent pas quand ils sont violents. Par conséquent, à quoi bon le leur donner, s’il leur est inutile ?

 

c) Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée.

 

Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée. Un enfant est une personne innocente, à qui l’adulte doit montrer l’exemple. On ne doit pas s’attaquer à plus petit que soi : l’enfant n’a pas les moyens de se défendre. Les crimes contre les enfants sont indignes d’un être humain, il ne peut plus être considéré comme tel. Marc Dutrou, pédophile belge responsable de nombreux meurtres, en tuant des enfants (y compris les siens) a renié son humanité, l’enfant qu’il a été. Il est devenu comme une bête sauvage qui n’obéit qu’à son instinct. Il est donc juste que la société veuille éliminer cet individu.

ou

Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée. Un enfant est une personne innocente, à qui l’adulte doit montrer l’exemple. On ne doit pas s’attaquer à plus petit que soi : l’enfant n’a pas les moyens de se défendre. Les crimes contre les enfants sont indignes d’un être humain, il ne peut plus être considéré comme tel et il est donc compréhensible que la société veuille éliminer cet individu. Toutefois, ce n’est pas parce que l’homme se comporte de manière inhumaine qu’il n’est plus un homme. En effet, on ne peut confondre la personne et ses actes. Par conséquent, la société qui justifie la peine de mort se comporte comme l’homme dont elle réprouve le comportement et se déshumanise elle aussi. Elle doit donc se montrer capable à la fois de se protéger des individus dangereux sans s’identifier à eux sans quoi elle ne dépasse pas une conception primitive  de l’humanité et justifie la loi, injuste, du Talion « oeil pour oeil, dent pour dent ».


 

d) Rien ne peut justifier qu’une société puisse décider de mettre à mort l’un des siens. En effet, pour punir celui qui a tué, la société se rend elle-même coupable de meurtre et elle ne joue plus alors son rôle éducateur. S’il s’agit de « faire payer », mieux vaut condamner le coupable à vie, car un meurtre sur la conscience et la prison sont plus difficiles à supporter que la mort, qui ne dure qu’un instant. Par ailleurs, il ne manque pas d’exemples de criminels repentis, tout près de nous dans le temps, Jacques Fresch en est la preuve.

NOTIONS A CONNAÎTRE

La logique d’une argumentation

  1. THEME ET THESE

 

Le thème est le sujet débattu dans le texte, exprimé soit par une notion (ex. ; la liberté), soit par une question (ex.  qu’est-ce que la liberté ?).

La thèse est l’opinion soutenue sur un thème et s’opposant à d’autres thèses possibles (ex. : la liberté consiste à pouvoir faire ce que l’on veut, thèse qui s’oppose à : la liberté doit s’arrêter là où commence celle des autres). Elle n’est pas forcément exprimée par une phrase du texte; il faut alors savoir la déduire. C’est une idée principale, générale, un principe que l’on va ensuite défendre (ou attaquer, ou nuancer).

2. ARGUMENTS ET EXEMPLES

L’argument est la preuve utilisée pour soutenir une thèse (argument persuasif) ou pour infirmer une thèse adverse (argument polémique). Une thèse a besoin d’arguments pour être acceptée, alors qu’un argument doit sembler évident par lui-même. La thèse est un but, l’argument est le moyen d’amener à ce but.

Les exemples viennent illustrer les arguments. Ils ont plusieurs fonctions possibles :

• rendre l’argument plus clair grâce à un cas concret ;

• prouver l’argument par une réalité incontestable et vérifiable;

•séduire le destinataire en frappant son imagination.

3. LES TYPES DE RAISONNEMENTS

Le raisonnement déductif

Chaque argument découle des précédents. On va du général au particulier. Le syllogisme est la forme la plus pure de la déduction, qui fait découler une conclusion de deux propositions générales, appelées prémisses.

Ex. : Tous les hommes sont mortels [prémisse majeure] ;or, Socrate est un homme [prémisse mineure] ; donc Socrate est mortel [conclusion].

Toute déduction peut être reformulée sous forme de syllogisme. En général, le raisonnement déductif n’exprime qu’une seule prémisse, l’autre étant évidente et restant sous-entendue.

Le raisonnement inductif

Au contraire de la déduction, l’induction part d’exemples particuliers pour en déduire une loi générale.

Ex. : Tous les hommes ayant vécu avant nous sont morts, donc tous les hommes sont mortels.

Le raisonnement concessif

Cette forme de raisonnement accorde une part de vérité à la thèse adverse afin de mieux en marquer les limites. L’auteur, qui semble ainsi moins partisan et plus objectif, peut ensuite présenter son propre point de vue avec plus de force. La concession s’appuie sur des connecteurs tels que certes, sans doute, s’il est vrai que, bien que, et s’achève souvent par un connecteur d’opposition tel que mais, cependant, pourtant…

• Le raisonnement par analogie

Ce raisonnement permet de rapprocher le thème traité d’une réalité simple, indiscutable, et procède par amalgame. On sait que A implique B, or A ressemble à A’ et B ressemble à B’, donc A’ implique B’.

Ex. : Athènes et Sparte ont triomphé des tyrans d’Asie parce qu’elles étaient des cités démocratiques; or la République française est une démocratie comme Athènes et Sparte; donc elle doit triompher des monarchies européennes.

(D’après un discours de Robespierre).

Ce raisonnement, bien que simplificateur, frappe l’imagination. Il est souvent utilisé dans la polémique pour déprécier un adversaire en l’associant à un modèle historique négatif.

4. LES TYPES D’ARGUMENTS

L’argument a fortiori

Cet argument examine un cas extrême et conclut à plus forte raison dans les autres cas.

Ex. : Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? Racine, Andromaque, 1667.

= Puisque je t’aimais alors que tu étais inconstant, à plus forte raison t’aurais-je aimé si tu avais été fidèle.

L’argument a contrario

Appelé également argument par l’absurde, il montre que si la thèse n’était pas vraie cela entraînerait des conséquences absurdes. En polémique, l’argument a contrario montre que la thèse adverse entraîne des conséquences absurdes ou moralement inacceptables.

L’argument d’autorité

Cet argument consiste à montrer qu’une personne digne de confiance est du même avis. Invoquer des travaux scientifiques, citer une personnalité célèbre, constituent des arguments d’autorité.

L’argument ad hominem

Argument qui consiste à s’en prendre, non aux idées de l’adversaire, mais à sa personne même, en la discréditant. Ridiculiser l’adversaire constitue un argument ad hominem. C’est la manière la plus faible, le dernier moyen à utiliser pour argumenter contre quelqu’un.

5. LE PARADOXE

Le paradoxe est une thèse contraire aux idées courantes. Parce qu’il est original, le paradoxe a une force de séduction que n’a pas le lieu commun et frappe davantage l’imagination.

Ex. : Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau. Paul Valéry

La contradiction n’est qu’apparente puisque le mot peau désigne ici, au sens figuré, la sensualité et est un élément extérieur de l’homme (or l’idée de surface s’oppose à la profondeur).

FICHE argumentation 4e_3e

la logique d’une argumentation

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Argumenter contre ou avec Montesquieu : correction

3è7 – 12/04/11 Correction paragraphe argumentatif

Thèse de Montesquieu : les hommes exercent sur les femmes un empire tyrannique lié à leur force naturelle alors que les femmes ont l’empire de la douceur.

Il y a deux idées à discuter :

  • 1/ les hommes sont naturellement forts et tyranniques (qu’est-ce que c’est que cette « force », cette tyrannie, comment s’exercent-elles ?)
  • 2/ les femmes sont naturellement douces et bonnes.
  • Discussion : On peut dire que cette représentation des hommes et des femmes est explicable au temps de Montesquieu (exemples). Il est même un peu provocant de la part de Montesquieu de vouloir flatter les femmes, parce que justement elles n’ont, au XVIIIème, aucun droit.
  • Mais ensuite il faut rappeler que ce sont là des stéréotypes :Vous avez ensuite deux solutions :– soit vous trouvez que ça n’a pas changé (exemple) ;

    – soit vous trouvez que ça a quand même changé (exemple) ;

  • Pour conclure vous pouvez faire des propositions : ce qui devrait changer.

Critères de réussite :

  1. utiliser des connecteurs logiques ;
  2. organiser les idées de la plus simple à la plus complexe ;
  3. utiliser un vocabulaire précis ;
  4. utiliser des exemples précis et valables.
  5. Faire des paragraphes équilibrés
  6. Conduire un raisonnement logique

Eviter :

  • d’affirmer son opinion tout de suite.
    => Méthode pour affirmer son opinion sans dire « Je suis d’accord » ou « Je ne suis pas d’accord ».
    1. Rappeler la thèse : « Montesquieu affirme que les hommes ont un empire tyrannique sur les femmes mais que celles-ci ont celui de la douceur ».

    2. Enchaîner : « En effet, au XVIIIème siècle la femme est une éternelle mineure : elle dépend d’abord de son père, puis de son mari, ou de ses frères (etc.) » => Si on écrit « en effet », c’est que l’on est d’accord ; pas besoin donc de dire « je suis d’accord avec… ».

    3. Si on n’est pas d’accord : rappeler d’abord la thèse et démontrer que l’auteur a raison de son point de vue. Puis utiliser des connecteurs d’opposition pour le contredire ou nuancer sa pensée : « En revanche, toutefois, cependant, mais… » puis démontrer sa propre idée, sans écrire en conclusion « voilà pourquoi je ne suis pas d’accord ».

  • « On » : trop vague…

Utiliser :

– « nous » plutôt que « je ».

– Le point pour séparer une idée d’une autre.

Etre le plus objectif possible.
Penser aux arguments qui peuvent s’opposer aux nôtres. Se mettre à la place de ceux qui ne pensent pas comme nous et essayer d’imaginer ce qu’ils diraient.

Orthographe

Opinion –

Les accords

Les terminaisons en é / er / ait … (déjà travaillées). Une seule solution : s’entraîner avec des exercices autocorrectifs.

Vocabulaire :

imposition : uniquement le fait de devoir un impôt (pas le fait de s’imposer à quelqu’un ou dans une situation)

La thèse est que... (et non signifie)

Un auteur soutient la thèse que…

un extrait de texte ou un passage (pas un « bout de texte »)

3e_correc paragraphe argumenté1


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