JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Ecrire et publier un journal sur le temps de la classe

Journal en classe

Projet pour une classe de 6ème


L’idée : structurer les apprentissages de lecture et d’écriture autour d’un seul outil : le journal de la classe.

Cadre : le cours de français

L’objectif :

– assurer la continuité des apprentissages d’une matière à l’autre. Le support du journal permet d’intégrer les connaissances des autres disciplines à travers des articles faisant appel à des genres littéraires différents.

– Faire du cours de français le creuset où les apprentissages se rassemblent pour faire prendre conscience de l’importance de la langue et de sa bonne connaissance.

La méthode : 2 ou 3 heures sur 5 en travail de groupe autour du journal ce qui n’exclue pas les évaluations individuelles. Travail de lecture, de recherche de renseignements, d’écriture ou de réécriture.

Chaque groupe travaille sur une thématique (rubrique) différente.
Les groupes tournent (changent de thématique toutes les 6 semaines).

Les 2 ou 3 heures restantes sont consacrées à l’étude de la langue : grammaire, orthographe, vocabulaire ou programme de lecture 6ème.

L’évaluation par compétences permet d’évaluer les élèves individuellement + pédagogie différenciée.

Le contenu du journal s’articule autour de plusieurs rubriques qui permettent d’exploiter tous les types de textes :

– vie du collège

– vie d’Annonay (Sports, culture…)

– qu’as-tu appris à l’école ? Un ou plusieurs articles rapportant ce que les élèves ont découvert dans les différentes matières. Ce qui est nouveau, qui les a étonnés, qu’ils aimeraient voir développer…

– hommes célèbres (on peut les choisir en fonction des différents sujets abordés dans les autres disciplines : auteurs étudiés en français, mais aussi Pythagore en maths, Pasteur en SVT etc…)

– inventions et découvertes (idem : lien avec les autres disciplines)

– la musique (lien avec le cours de musique)

– vu à la télé et au cinéma (écriture de petits compte-rendus, sur une émission, un film…)

– lu pour vous (compte-rendus de lecture, travail avec le CDI)

– contes, récits, nouvelles, mini-BD (publication d’un conte ou d’une nouvelle –ou de plusieurs- écrits par les élèves. Choix par la « rédaction en chef » et comité de lecture).

– mots pour rire, mots pour découvrir (blagues sympathiques, jeux de mots, sketches, mots étranges…)

– mots pour jouer : mots croisés, mots fléchés, devinettes etc…

– le coin des poètes : publication de poèmes écrits par les élèves

– insertion de dessins : faits par les élèves (illustration) ou dessin d’humour…

Fréquence de parution : toutes les 6 ou 8 semaines

Sélection des compétences évaluables par le biais de ce travail (2 h /semaine sur 5)

OBJECTIFS GENERAUX : OG

OG1 Savoir lire correctement

OG2 Ecrire lisiblement et proprement

OG3 Savoir recopier un texte sans fautes, recopier le tableau

OG4 Appliquer les consignes écrites

OG5 Appliquer les consignes orales

OG6 Connaître l’ordre alphabétique

OG8 Travailler en temps limité

OG9 Travailler seul

OG10 Travailler en groupe

OG12 Savoir corriger sa rédaction

OG13 Coller ses photocopies

OG14 Avoir un classeur bien tenu, savoir tenir un dossier

OBJECTIFS A RESPECTER POUR SUIVRE NORMALEMENT LE COURS : O

O1 Lever la main avant de parler

O2 Ecouter chacun et ne pas couper la parole

O3 Faire le travail demandé à la maison (exercices, recherches…)

ETUDE DE TEXTES / LECTURE : L

L1 Savoir lire et comprendre un texte

L2 Lire un texte en autonomie

L3 Extraire des informations d’un texte

L4 Savoir trouver des citations utiles dans un texte

L5 Reconnaître une situation de communication

L6 Savoir identifier les types de textes (narr., info., arg, …)

L7 Connaître le rôle des types de textes

L8 Savoir définir un cadre spatio-temporel

L12 Distinguer récit et dialogue

L13 Savoir dater un texte

L15 Savoir nommer les étapes du schéma narr./connaître les définitions

L16 Repérer la structure d’un film

L17 Comprendre un film (ou un extrait)

L18 Savoir lire une image fixe

L20 Savoir ce qu’est un conte (définition)

L22 Comprendre une époque

L25 Lire une œuvre intégrale

L26 Connaître les bases du latin

L27 Connaître la civilisation latine

SAVOIR SE DOCUMENTER : Doc

Doc1 Savoir utiliser le dictionnaire

Doc2 Savoir chercher une information

Doc3 Trouver des éléments biographiques

Doc4 Savoir organiser ses recherches

Doc5 Savoir illustrer

Doc6 Savoir faire in exposé (oral/écrit)

Doc7 Savoir faire des recherches sans imprimer 10 pages d’Internet !

SAVOIR S’EXPRIMER A L’ECRIT ET A L’ORAL : E

E1 Mettre en page un texte

E2 Savoir donner un titre

E3 Faire des paragraphes/sauter des lignes

E4 Savoir rédiger des phrases courtes et simples

E5 Rédiger en respectant les règles de base du français

E7 Ecrire de façon cohérente

E8 Rédiger un récit en suivant les étapes du schéma narratif

E9 Rédiger un conte (complet)

E10 Savoir inclure des citations bien choisies

E11 Savoir rédiger une parodie

E12 Utiliser des synonymes pour éviter les répétitions

E13 Employer le bon registre de langue

E14 Savoir ponctuer un récit

E15 Savoir ponctuer un dialogue

E20 Rédiger une courte description

E21 Rédiger un texte original, faire preuve d’imagination

E22 Rédiger un texte informatif

E24 Savoir reformuler en créant des phrases personnelles ; varier le vocabulaire

ORAL

E28 Savoir justifier son opinion

E29 Savoir résumer un texte lu

VOCABULAIRE : Voc

Voc1 Comprendre un mot d’après son contexte

Voc2 Comprendre et décrypter un article du dictionnaire

Voc15 Connaître les registres de langue

Voc16 Utiliser les registres de langue

TOUTES LES COMPETENCES DE GRAMMAIRE ET D’ORTHOGRAPHE

Différentes références pour s’aider :

http://www.crdp.ac-creteil.fr/cddp93/JOUR_SCOL/ACCL_JOUR.htm

http://www.clemi.org/medias_scolaires/FAQ/FAQclg.htm

http://www.ambafrance-ma.org/institut/rabat/ntic-scolaire/cyber_journal/

http://www.omarlecheri.net/pedago/index.htm

Après le projet, 1er bilan… le 3 février 2008

Conditions matérielles :

– J’ai la classe 2 h de suite le lundi : ces deux heures sont (en général) consacrées au journal. Les 3 autres heures sont consacrées au programme proprement dit : étude des contes au premier trimestre (avec écriture) ; du théâtre et de la poésie au second ; des textes fondateurs au troisième. J’ajoute que ce n’est pas moi qui décide de cette répartition : nous avons un projet transversal en français qui nous oblige à aligner nos progressions (groupes de soutien pour 2 groupes de 12 élèves qui peuvent rejoindre le groupe classe à la fin de chaque trimestre).

– La classe comporte 24 élèves, mais je ne les ai pas tous : 5 élèves sont en soutien de français (6 h par semaine avec un autre enseignant de français) ; je ne les vois qu’en vie de classe. A la fin du 1er trimestre, 2 sont revenus avec nous, 1 nous a quittés. C’est compliqué pour les élèves, comme pour nous.

– Je dispose de manière aléatoire d’une salle réseau sur-occupée.

– Le CDI est réservé tous les lundis de 9 h à 11 h pour le journal ; nous n’avons que 7 postes informatiques.

Premier constat, c’est très intéressant…

mais quel boulot, voire quel bazar !!!

J’ai lu avant de me lancer le récit de plusieurs expériences, et j’ai même la chance d’avoir dans mon entourage proche un instituteur qui pratique le journal de classe avec ses CM depuis longtemps.
Mais l’expérience des autres n’est pas d’une grande aide quand il faut affronter soi-même la difficulté.

Tout d’abord, la surprise des élèves.
Mes 6èmes se retrouvent dans cette classe-journal, comme d’autres sont dans la classe-cinéma, de manière tout à fait aléatoire.

Il n’y a pas de choix des parents, ni de choix des enfants au moment de l’inscription.
Les classes sont faites en juin, et distribuées au petit bonheur entre les enseignants.

Le seul élément de choix a été pour moi de décider que ferait le journal la classe dont je serai professeur principal. En effet, nous avons 1 h de vie de classe inscrite dans l’EDT hebdomadaire des élèves. Je me suis dit que cette heure pourrait me donner un peu d’air en cas de problèmes d’organisation.
En réalité, il y a tellement de problèmes autres à régler en 6ème pendant le 1er trimestre, que jusqu’à présent, je n’ai pas osé « prendre » cette heure interdisciplinaire, générale, aux élèves.

Si je le pouvais, je n’inscrirai dans cette classe-journal que les élèves motivés par ce projet. (Idem pour la classe-cinéma… mais c’est une classe PAC –ex- et je n’en suis pas responsable. Ca ne dépend donc pas de moi).
De plus, ces deux classes étant les seules qui fonctionnent sur un principe de pédagogie de projet sur 8 classes de 6ème, nous aurions d’énormes problèmes au moment des inscriptions si les parents avaient le choix et savaient à l’avance qu’elles existent.

Ensuite, les compétences très hétérogènes des 6èmes :

Les élèves arrivent de CM2 dans un « état d’autonomie » extrêmement variable. Quelques uns ont déjà réalisé un journal scolaire et on peut (un peu !) s’appuyer sur eux.
En réalité, les élèves arrivent avec un désir de nouveauté, et dans un état d’attente, ce qui est plutôt positif.
Mais la mise en place du journal m’a obligée à différer la mise en place d’outils utilisés par mes collègues des classes voisines. Par exemple le classeur, qui reste –malgré mes demandes- résolument cloisonné en activités de LECTURE / ECRITURE / OUTILS DE LANGUE / DIVERS ….  une horreur à gérer dans un premier temps, vu que nous utilisions tout le temps et en navette toutes ces parties. J’ai dû lutter contre les élèves pour ne pas avoir ces quatre parties dans le classeur. Elles avaient été indiquées avec la liste des fournitures sur les feuilles d’inscription !

Il m’a semblé que je devais mettre en place une organisation qui permettent aux élèves de voir rapidement un produit (presque) fini…

« Faire un journal » c’est bien abstrait pour nombre d’entre eux… il me semblait que le plaisir d’être publié amènerait de l’eau à mon moulin pour que les élèves soient plus efficaces, plus autonomes, en sachant où ils allaient.

J’ai donc pris les choses à rebours (était-ce un tort, et la source des difficultés d’aujourd’hui ?). Au lieu d’évoquer le cadre du journal, sa forme, ses lecteurs et donc son esthétique, j’ai engagé les élèves directement sur le contenu, sur l’écriture d’articles.

2ème constat : le temps, mon ennemi favori !

Le projet était clair dans ma tête.
Je l’ai présenté aux élèves (voir ci-dessus).
J’ai expliqué les compétences que nous allions acquérir et utiliser (en langage d’élève, « ce que nous allions apprendre et ce que nous allions apprendre à faire »)… et hop ! sitôt passées les évaluations de 6èmes et le test de Repérage Orthographique Collectif que nous utilisons dans l’établissement, j’ai ouvert ma séquence 1 : « Comment un journal est organisé » (voir ci-après).

J’ai réparti la classe en plusieurs groupes et chaque groupe a choisi un sujet, sur lequel il a mené des recherches. Cette période du travail tombait en même temps que l’initiation au CDI et j’ai reçu, et reçoit encore, le soutien actif, critique, pertinent et solide de ma collègue documentaliste.

Nous avons corrigé les articles plus ou moins collectivement.

Certains élèves avançaient très vite, voyaient bien où l’on allait. D’autres les plus nombreux étaient complètement perdus. Quid des leçons de grammaire avec exercices appliqués ? Quid des dictées attendues ? …

Pour tout dire, moi aussi, j’étais un peu perdue, ne sachant pas très bien où j’allais.

Toutefois, cette période fut riche d’enseignements pour moi. J’ai pu découvrir mes élèves à travers des exercices tour à tour collectif ou personnels. J’ai vu tout de suite qui avait des difficultés d’organisation, de communication, de relations…

Cette première séquence s’est conclue par la réécriture INDIVIDUELLE , EN TEMPS LIMITE ET AVEC DOCUMENTS de l’article déjà écrit en groupe.
Cette expérience m’a donné toute satisfaction et je voudrais appliquer cette méthode de manière systématique, pour tous les écrits « formels » (rédactions avec exigences particulières, écriture d’articles) car les élèves ont TOUS quelque chose à écrire dans le 2ème temps (individuel). En effet, les élèves rapides, qui écrivent facilement, ou ont beaucoup d’idées sont un peu frustrés de travailler en groupe : ils ne peuvent pas donner toute leur mesure. Cependant les plus lents bénéficient du travail de groupe en terme d’organisation et d’accumulation de connaissances. Quand chacun se retrouve devant sa feuille, il est enrichi de ce que les autres ont apporté, et même les élèves faibles à l’écrit peuvent produire quelque chose.

Je regrette simplement de ne pas avoir le temps de faire cela à chaque fois. Je pense que cela vient d’une mauvaise gestion du temps de ma part. Je me laisse traîner en longueur quand les élèves me réclament plus de temps que je n’en avais prévu initialement. Ainsi un travail de groupe prévu sur 3 séances en prend facilement 4 ou 5 et du coup, je n’ai plus le temps pour ce temps d’évaluation individuelle qui me paraît pourtant crucial. Je reviendrai sur cette question.

La 2ème séquence relevait du bilan et de la mise au point : nous avons fait le point sur les conditions d’un bon article (rien d’autre que le rappel qu’un texte doit être clair, concis, précis, dans une langue correcte, et convenablement disposé). Voir document ci-dessous.

Le premier numéro n’a pas pu paraître dans les temps que je m’étais fixés : irréalistes sans doute ! (je voulais un n° avant les vacances de Toussaint… pas sérieux !).

Nous avons appelé ce numéro le « n°0 – maquette » et nous avons décidé, avec les élèves, de le perfectionner pour notre vrai numéro 1 (ci-joint).

Je passe sur les problèmes techniques à l’arrivée. Problèmes énormes sur le réseau informatique du collège ; fausses manipulations des élèves qui ont écrasé des nouveaux fichiers avec des anciens… l’impression du journal fut une course contre la montre épouvantable.
Le montage des articles me prend à chaque n° au moins 3 heures, car c’est à ce moment-là que je m’aperçois de ce qu’il manque ou de ce qui ne va pas !

Janvier 2008 : nous voilà arrivés au n°2 du journal !


Avant les vacances de Noël, nous avons défini en classe le « chemin de fer » du journal, qui est affiché en classe.

Nous avons choisi rubriques et articles.
Nous avons également réparti les tâches.

Le montage a été fait cette fois sur feuille A3, d’après une maquette. Un groupe d’élèves qui en avaient fini avec leurs articles a collé les articles imprimés aux bons endroits, et je fais le montage chez moi, à partir des articles numérisés récupérés sur ma clé USB.

En dehors de mon temps de travail… évidemment. Un problème à résoudre pour le n° 3 !

Je viens d’ailleurs de constater que les élèves n’ont pas fait le travail que j’avais demandé. Je joins à ce récit d’aventures journalistiques le n°2 dans son état actuel, avec tout ce qui manque en couleurs, et que j’avais demandé aux élèves pour jeudi dernier !

Les questions et les leçons (provisoires) que je tire de l’expérience :

Au premier février, quelques élèves (2 ou 3) ne « sont » toujours pas dans le projet. Ils ne savent jamais où ils en sont. Ils sont capables de rester une heure devant l’ordinateur à ne rien faire, ou dans le meilleur des cas à empirer leurs articles. Ces élèves ne tiennent guère compte de mes consignes ; ils ont du mal à terminer et à tenir le calendrier.

Une grosse moitié d’élèves semble prendre la chose avec docilité : ça ou autre chose… Ils ne sont pas de mauvaise grâce, mais il faut tout leur dire. Ils n’ont pas d’autonomie. Ce journal n’est pas le leur, mais une idée du prof, et comme ils sont polis et gentils…

Pour ceux qui restent, 1/3 environ… ils se montrent plutôt motivés. Une d’entre elle m’a demandé l’autre jour si ils avaient le « droit » de mettre des blagues dans le journal… ce qui prouve qu’elle commence à percevoir la liberté possible… j’ai dit oui, évidemment…

Une élève m’a amené une blague illustrée sous forme de bande dessinée : je vais l’insérer dans le numéro à paraître.
Une élève a écrit un conte que j’ai ajouté aussi.

– le problème essentiel est de bâtir un projet en juin (c’est nécessaire, voire obligatoire, ne serait-ce que pour avoir l’appui de l’administration et les autorisations) et de faire ensuite en sorte que les élèves s’approprie un projet qui ne vient pas d’eux.
J’avoue manquer d’habileté et de savoir-faire !

– quasiment tous les élèves éprouvent des difficultés à transférer ce que nous faisons en expression écrite, par exemple dans les articles qu’ils rédigent. Quand nous étudions comment un article est fait sur un sujet, ils n’arrivent pas ensuite à faire à l’écrit ce qu’ils ont repéré dans l’activité de lecture –ne serait-ce que du point de vue de la forme. J’arrive presque à obtenir maintenant que chaque article soit accompagné d’un lexique… c’est tout.

– Enfin, les sujets retenus sont très académiques et peu imaginatifs et j’avoue que je suis un peu déçue par leur imaginaire, que je croyais plus libres. Ils me sortent des sujets tout droits venus des pubs qu’ils reçoivent dans la boîte aux lettres au moment de Noël, ou vue à la télé. Ainsi, un article sur Les Simpson(s) devient un copié-collé du site internet. En même temps, l’élève qui a proposé ce sujet est un élève en grande difficulté et c’est déjà pas mal qu’il propose quelque chose.

– les élèves ont eu rapidement l’idée de faire des enquêtes et de solliciter leurs lecteurs (le journal est vendu dans le collège et dans les familles), mais ils n’ont reçu aucune réponse à leur enquête sur les jeux vidéos : ils sont très déçus.

– en fait, eux comme nous, menons ce travail dans l’indifférence quasi-générale, tant de leurs camarades des autres classes (qui leur ont dit que leur journal était « chiant » -sic-) que de la part de mes collègues –leurs professeurs- qui n’ont même pas acheté le premier exemplaire, à l’exception de 2.

Je comptais naïvement sur mes collègues pour susciter des sujets en relation avec les disciplines qu’ils enseignent (du genre « histoire de l’ordinateur », en techno ou personnages extraordinaires de l’antiquité, en histoire…) mais je suis obligée de convenir que chacun s’en tient à son programme, et ne prend pas le risque de s’en écarter…

Du coup, mon idée de départ qui consistait à faire coller le journal aux contenus de la 6ème pour les rendre plus vivants, plus intéressants et surtout leur donner une continuité, n’était peut-être pas si bonne. Je ne sais pas encore.

è la vente est un souci : gestion de l’argent (c’est moi). Des élèves se sont fait voler des exemplaires. Il faut un adulte avec eux, mais je ne peux pas être là tout le temps… c’est compliqué. En même temps, ça me paraissait important que le journal soit vendu : quand on a dépensé 0,50 €, on ne jette pas de suite le document ; ça donne de la valeur au travail de l’élève. Ca m’a permis de calculer avec eux le coût réel du journal… et de voir d’ailleurs qu’on ne faisait aucun bénéfice !

PERSPECTIVES (provisoires)…

pour le n° 3, je m’y prends un peu différemment…

Des sujets un peu plus intéressants commencent à émerger : par exemple, ce dossier sur la pauvreté ; ou cette enquête sur le braconnage et la chasse en Ardèche…

1. Le chemin de fer est fixé avec 1 semaine de marge pour la parution, en cas de problème technique.

2. Les recherches doivent se faire d’abord sur les documents papiers, si nécessaire sur ordinateur et uniquement avec autorisation.

3. L’article doit être remis par le groupe, écrit à la main pour être corrigé et tapé ensuite (uniquement s’il a été corrigé). Suit une impression de l’article (1 exemplaire par personne du groupe) qui est classé dans la partie « Journal » du classeur. Evaluation d’expression écrite collective, puis si possible individuelle… (comme pour la 1ère fois, voir supra).

4. Sauf en salle réseau pour taper son article entièrement corrigé, un élève ne passe pas plus de 20-25 mn sur un ordinateur. Il doit avoir une trace écrite de ses recherches. Pas d’impression de copié-collé.

5. Tous travaux libres et non prévus initialement peuvent être rendus et sont systématiquement valorisés à partir du moment où ils sont corrigés en fonction des consignes de correction.

6. Les délais doivent être impérativement respectés : ainsi un article qui était prévu ne paraîtra pas dans le prochain numéro, car il n’a pas été correctement corrigé.

7. Les élèves doivent amener au collège des revues, des documents qu’ils collectent à l’extérieur afin de les utiliser comme sources documentaires (on n’en a pas assez au collège, et je ne peux pas tout amener !).

8. La mise en forme est faite sur maquette-papier. Je n’ai pas encore de solution pour m’éviter la mise en forme à la maison, et je le regrette. Mais les 6èmes sont vraiment trop jeunes et trop maladroits pour maîtriser ça (sans compter les problèmes logiciels que je vais rencontrer…).

PERSPECTIVES rentrée 2009

Commencer par la lecture d’une variété de journaux pour faire d’abord émerger par les élèves :

– contenu et organisation du journal

– destinataires

Je serai très intéressée par toutes les observations que vous pourrez faire sur ce travail.
Je sais que certains sont très expérimentés.

Bien que je sois plutôt contente de l’expérience, j’ai du mal à en mesurer la valeur, la pertinence, et l’intérêt pédagogiques. Est-ce que mes élèves apprennent quelque chose ? et quoi ? Je leur ai posé la question (bilans écrits)… j’attends la réponse…

J’aimerais arriver à ne plus être débordée par les papiers que cette forme de travail génère (impression des différentes versions des articles – écriture / correction / réécriture / recorrection… les élèves ne numérotent pas forcément leurs versions, oublient de me rendre la précédente, ne rendent pas tous le jour dit… c’est le bazar…).

Je reprendrai ce bilan pour le compléter au printemps, après le n° 4, quand ma propre expérience aura crû !

Commentaires mars 2010

L’expérience se poursuit cette année encore.
Je n’ai pas pu impliquer de manière satisfaisante la classe de 6è : le manque d’autonomie d’un trop grand nombre d’élèves, la faiblesse des acquisitions des compétences et connaissances de 2/3 d’entre eux, les difficultés à lire les consignes et à les suivre (ne serait-ce que pour enregistrer un document sur le blog ou sur le réseau pédagogique) ont rapidement compliqué le fonctionnement.

Ce cadre peu conventionnel d’apprentissage semble ne pas convenir à des élèves peu structurés qui attendent surtout de l’enseignant qu’il parle pendant qu’ils écoutent (ou pas, plus probablement).

Je reste pourtant persuadée que précisément ce cadre du journal convient tout à fait à des élèves très faibles en production d’écrit et en lecture. Le problème est de gérer cela dans une classe trop nombreuse, car il faut vraiment accompagner ces élèves de bout en bout au début.

Il serait plus pertinent si le blog était utilisé dans les autres disciplines (ce qui permettrait aussi de valider le B2i) par la publication de travaux écrits produits dans les différentes matières.

A partir de maintenant, je divise le jeudi la classe en 2 : 1 groupe travaillera sur le journal pendant 1 h alors que l’autre fera des exercices. En 2ème heure on permute. Pour ne pas me laisser submerger par le travail, je corrige les exercices faits par le 1er groupe la fois suivante.

En 5ème en revanche, le journal fonctionne très bien.
Le problème est de traiter les contenus de programme, alors que les centres d’intérêt des élèves sont ailleurs (et hors programme). Or je reste persuadée que la motivation pour un sujet est essentielle pour déclencher lecture et écriture. Il y a donc un conflit entre la nécessité de « faire le programme » (qui n’intéresse pas forcément les élèves) et suivre leurs centres d’intérêt. Pédagogiquement c’est intéressant : comment aller vers le moyen-âge par exemple, alors que l’élève veut écrire sur les jeux vidéos ?  Belle invitation à examiner l’héritage médiéval dans notre société contemporaine…. Je deviens coutumière de ce genre d’acrobaties intellectuelles : mais comme le but est de créer du lien et de donner du sens, tout va bien. Encore une fois, ce qui fait essentiellement défaut, c’est LE TEMPS !

Le journal est par ailleurs soutenu cette année par un projet interdisciplinaire (histoire-français) qui donne comme fil conducteur le thème du voyage.

Le travail des élèves reste consultable sur :

http://www.weblettres.net/blogs/?w=LEBOUSTROPHEDO

Parmi les problèmes toujours non résolus :

– le temps consacré à la lecture des journaux est trop court selon moi (mais comment faire plus) ;

– la mise en forme du journal est encore faite par mes soins : c’est beaucoup de travail. Je voudrais la faire en classe car elle pose amène à travailler sur des points intéressants et formateurs : choix des informations, titres accrocheurs, organisation d’un texte, vocabulaire à choisir et expliquer, orthographe. Mais en classe complète, ça prend beaucoup trop de temps.

– l’orthographe : rien à faire, je « récupère » des articles truffés d’erreurs et de coquilles, impubliables. Le déficit d’orthographe est évident de même que la difficulté pour les élèves à corriger leurs erreurs (je ne parle même pas de les voir). Il y a là un problème de maturité, certes, mais pas uniquement. Le temps de « nettoyage » des articles est considérable.

– une collègue de maths implique ses élèves sur des énigmes.

– le journal se vend assez bien dans le collège : il faut environ 3 ans pour qu’il se popularise.

– les acheteurs ne le trouvent pas assez cher (!) compte-tenu du travail qu’il représente.

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