JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

5e-Grammaire : la proposition subordonnée conjonctive

Remarque :

Avant d’aborder ce cours, il faut savoir :

> Ce qu’est une phrase simple, une phrase complexe, une proposition.
> Etre capable de repérer comment plusieurs propositions sont reliées entre elles : par juxtaposition, par coordination, ou par subordination.

Il y a deux manières de subordonner une proposition à une autre :

– en utilisant une conjonction de subordination (la proposition subordonnées est conjonctive)

– en utilisant un pronom relatif (la proposition subordonnée est relative).

Quand on sait reconnaître les subordonnées conjonctives et relatives, on peut essayer d’identifier leur fonction grammaticale dans la phrase.

LA PROPOSITION SUBORDONNEE CONJONCTIVE

Travail à partir de phrases extraites de Gargantua, Rabelais

Phrases à étudier :

  1. Il employait son temps de telle sorte qu’il s’éveillait habituellement entre huit et neuf heures.

  2. Ses précepteurs disaient que se peigner, se laver et se nettoyer autrement c’était perdre son temps en ce monde.

  3. Ponocrates lui faisait observer qu’il ne devait en engouffrer tant juste au sortir du lit.

  4. Gargantua répondit que ses premiers maîtres l’y avaient habitué, disant que le déjeuner donnait bonne mémoire.

  5. Maître Thubal disait que ce n’est pas le tout de courir bien vite, et qu’il vaut mieux partir de bonne heure.

  1. Identifiez les différentes propositions, avec deux couleurs différentes (mettez-les entre crochets).

  2. Par quel mot sont-elles reliées entre elles ? Entoure-le mot qui les relie.

  3. Certaines propositions peuvent-elles être supprimées ou déplacées ? Justifiez votre réponse.

  4. Quelle est leur fonction grammaticale ?

Exercices I :

  1. Dites si les phrases suivantes sont des phrases simples ou des phrases complexes.

  2. Dans le cas des phrases complexes, précisez si les propositions sont juxtaposées (J), coordonnées (C) ou subordonnées (S).

  3. Justifiez votre réponse.

  1. Dès les premiers jours de décembre, l’hiver s’était installé sur la montagne.

  2. Dès qu’on s’élève sur les collines rocheuses, les cyprès apparaissent.

  3. Je n’ai rencontré votre frère qu’une fois, l’an dernier.

  4. La Bretagne vient de subir une des plus violentes tempêtes qu’elle ait jamais connues.

  5. Que d’embouteillages dans le centre ville le samedi après-midi !

  6. Dans quelques jours, cette petite blessure ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
    J’avoue que j’hésitai longtemps à lui annoncer mon départ.

  7. Mon père était si énervé qu’il ne pouvait s’employer à aucun travail continu.

  8. Je regrette qu’il soit parti brusquement.

  9. Dès huit heures, les clients attendent que le supermarché ouvre ses portes.

  10. Je t’annonce que mon fils se marie cet été.

Ecriture : Dans certains cas, on peut remplacer une proposition subordonnée conjonctive par une proposition infinitive (c’est-à-dire dont le verbe est à l’infinitif) ou un groupe nominal :

Exemple :

J’ai l’impression qu’on m’a trompé => j’ai l’impression d’avoir été trompé.

Reconnais que tu es imprudent => reconnais ton imprudence.

Mais attention, ce n’est pas toujours possible !

J’ai l’impression que tu t’enfonces => *j’ai l’impression de t’enfoncer.*

=> La deuxième phrase n’a pas du tout le même sens que la première !…

Exercice II :

  1. Souligne la proposition subordonnée conjonctive

  2. et remplace-la par une proposition infinitive ou un groupe nominal de même sens, quand c’est possible.

  3. Qu’est-ce qui rend impossible la transformation dans certains cas ? Explique.

  1. J’attends que tu sois prêt.

  2. Nous démontrerons que ces deux angles sont égaux.

  3. J’attends que le guichet ouvre depuis plus de vingt minutes.

  4. Je regrette que nos trois meilleurs joueurs soient absents.

  5. J’estime que je travaille assez en ce moment.

  6. J’estime que tu travailles assez en ce moment.

  7. On dit qu’il a dérapé sur le verglas.

  8. Pascal dit qu’il a dérapé sur le verglas.

  9. J’espérais que je pourrais partir par le premier train.

  10. Mon frère espérait que nous pourrions partir par le premier train.

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5e-GRAMMAIRE- comparaisons, métaphores, expansions du nom

GRAMMAIRE

La grammaire offre des moyens pour enrichir les textes, les rendre plus vivants, plus intéressants et plus personnels. Pour écrire tes articles, utilise les moyens suivants… pour mieux lire les textes aussi…

1. Les comparaisons et les métaphores

Pour mieux faire comprendre un mot, une idée, une situation… pour permettre à l’interlocuteur d’imaginer, on utilise des comparaisons ou des métaphores.

    A. La comparaison

Cette figure de style crée une équivalence, une égalité entre deux réalités différentes qui sont mises sur le même plan ou crée une hiérarchie entre elles :

Pierre est malin comme un singe (Pierre = singe à cause de sa malice). (Relation d’égalité)

Paul est plus malin que Pierre (Paul > Pierre en malice). (supériorité relative)

Pierre est moins malin que Paul (Pierre < Paul en malice). (infériorité relative)

La comparaison se construit avec :

un élément comparé + un mot de comparaison + un élément comparant. Pour comparer deux éléments, ils doivent avoir un point commun.

ex : Loïc est têtu comme un âne. Point de comparaison : l’entêtement.

Mots qui permettent la comparaison :

  • locutions prépositives : à l’exemple de…, à l’instar de… comparativement à…

  • adjectifs : semblable à… analogue à… différent de… égal à …

  • verbes : avoir l’air de…ressembler à, imiter (+ COD), paraître…

  • conjonctions de subordination : comme… de même que… autant que…

  • des adverbes : autant… plus… moins…

  • des déterminants : tel...(s’accorde avec le nom qu’il précède : tels, telle, telles).

Les comparaisons sont très fréquentes dans les textes poétiques.

Exercice :

Voici une série de comparaisons.
Place les éléments de la comparaison dans la bonne colonne, en les recopiant. La première ligne est complétée pour te servir d’exemple.

  1. Il est beau comme un prince.

  2. Ses cheveux sont blonds comme l’or fin.

  3. Son front blanc et pur comme taillé dans le marbre ou l’ivoire.

  4. Le blanc sur le vermeil éclaire son visage mieux que sinople1 sur argent ».

  5. Son front buté semblait celui d’un bovin.

  6. Ses dents désordonnées comme les créneaux d’une forteresse.

  7. Sa dent empiétait telle la défense d’un éléphant.

  8. Ils se mesurent avec rage, on aurait dit deux rocs.

  9. Je ne veux pas être comme le chien qui se hérisse et retrousse les babines.

  10. Les hauts flamands rassemblés s’efforcent de ressembler à des roses sur leur tige.

Ex : Je cherche un mot vaste et chaud comme une chambre.

Elément comparé

Mot de comparaison

Elément comparant (pour comparer)

Point commun qui permet la comparaison

Ex Mot comme chambre « vaste et chaud » : idée de confort, d’agrément.

B. La métaphore

    C’est une sorte de comparaison… sans mot de comparaison apparent.

Exemple dans le portrait de Quasimodo (Victor Hugo) :

Toute sa personne était une grimace. (sous-entendu : toute sa personne était comme une grimace)

La métaphore produit plus d’effet que la comparaison. Elle frappe immédiatement l’imagination.

La lune est une faucille d’or (La lune est comme une faucille d’or).
La lune, faucille d’or, illumine la nuit (La lune,
comme une faucille d’or illumine la nuit).

Exercice 1 : transformez les comparaisons de l’exercice précédent en métaphores. Utilisez- les dans uen phrase.

Exercice 2 : Complétez le tableau ci-dessous à partir des métaphores soulignées. Attention, la métaphore est parfois une devinette !

Ex : Des chemins dorment sur ta joue

  1. Le temps vieillard souffrant de multiples entorses (Robert Desnos).

  2. L’heure? Un bourgeon qui fuse (Gisèle Prassinos).

  3. La nuit servante lasse qui s’éloigne (Jean-Vincent Verdonnet).

  4. L’horloge qui s’ennuie dans son armoire de chêne / Fait aller et venir son gros nombril doré (Maurice Maeterlinck).

  5. Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges jeter l’ancre un seul jour?

  6. La nuit met en mes mains le bouquet de tes rêves.

2. Les expansions du nom

L’expansion du nom consiste à préciser et à étendre la signification d’un nom en lui ajoutant :

  • un autre nom (propre ou commun) ou un groupe nominal ;

  • un ou plusieurs adjectifs qui s’accordent avec le nom ;

  • une proposition.

On peut utiliser les trois procédés à la fois.

Exemple (les expansions du nom sont entre crochets ; le nom principal est en caractères gras)

Le jardin

Le jardin [de mon grand-père]

Le jardin [de mon grand-père] [Arthur]

Le jardin [de mon grand-père] [maternel]

Le [grand] jardin [de mon grand-père] [Arthur]

Le jardin [de mon grand-père] [Arthur], [qui est le plus grand du quartier], nous donne des fruits et des légumes toute l’année.

Définitions à savoir :

Le nom se reconnaît parce qu’il est précédé d’un déterminant (le, la, les, un, une, des, quelques, trois etc..) qui indique le genre et le nombre du nom.

L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom (sauf exceptions)

Une proposition se compose obligatoirement ainsi : Sujet + Verbe + complément ou attribut du sujet.

Ex : « qui est le plus grand »

S + V + attribut

«il nous donne beaucoup de fruits »

S + C2 + V + C1

La proposition relative est introduite par un pronom relatif qui remplace un nom dans la proposition principale. Voir leçon détaillée.

Exercice : Dans les phrases ci-dessous, identifie le nom noyau et son expansion. Indique la nature de l’expansion. Complète le tableau ci-dessous en suivant l’exemple.

1. Monseigneur Yvain entendait les cris de douleur.

2. Jamais on ne réussira à en donner une description juste.

3. Le cortège passa, mais au milieu de la salle, se fit un grand remue-ménage de gens qui s’assemblaient autour de la bière, car de la plaie du mort s’écoulait un sang chaud.

4. C’était là un signe véridique que celui qui avait engagé le combat et qui avait tué et vaincu leur seigneur se trouvait à l’intérieur.

5. Les cris effroyables ne cessaient de croître à la vue des plaies qui crevaient.

6. Tous s’interrogent devant le prodige qui les fait saigner, et restent impuissants.

7. La dame affligée s’exclame : « ne trouvera-t-on pas le traître qui a tué mon vaillant époux ? »

8. Jamais on n’a vu un déni de justice semblable.

9. Je suis victime d’un maléfice.

10. A moins que ce ne soit un lâche qui a peur de moi ?

Ex : Je quittai le rustre qui m’avait bien montré le chemin.

Nom noyau

Expansion

Nature

Ex

rustre

Qui m’avait bien montré le chemin

Proposition subordonnée relative

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10

1Sinople : variété de quartz ou espèce de minerai d’or (donc pierrerie).

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Grammaire de phrase : notions de base

LES CLASSES DE MOTS – NATURE ET FONCTION

Nature (= classe)

Sous classe

fonctions

Noms Noms communs / noms propres

Animés / inanimés

Variables / invariables

Attribut (du sujet ou de l’objet)

Complément

Sujet du verbe

Verbes Action, perception, sentiment, état… Indique l’action que fait le sujet ou l’état dans lequel il se trouve

–        sujet

–        complément

Adjectifs qualificatifs Epithètes

Attributs

Apposés

Déterminants Articles

Adjectifs numéraux

Cardinaux

Ordinaux

Possessifs

démonstratifs

Détermine le nom en quantité ou en qualité
Adverbes De temps

De lieu

De manière…

En et y sont des « pronoms adverbiaux » : ils appartiennent aux deux classes.

Adjoint au verbe : modulent le sens du verbe

Complément circonstanciel (de phrase)

Pronoms Personnels (je, tu, il….me, te, se, leur…)

Possessifs (le sien, le tien, le leur…)

Démonstratifs (celui-ci, celui-là…)

numéraux, (le premier…) Indéfinis (certains, chacun…)

Interrogatifs (que ? qui ? lequel ?)

Relatifs (qui que quoi dont où lequel et ses composés)

Remplacent le nom ou le GN et occupent les mêmes fonctions que le nom
Conjonctions De coordination : mais ou et donc or ni car…

De subordination : que, quand, comme, lorsque, puisque, alors que, quoique, depuis que…

Elles relient deux mots, ou deux groupes de mots, ou deux propositions.

Elles subordonnent deux propositions (la propo. subordonnée est dépendante de la proposition principale).

Les conjonctions ont une valeur : addition, opposition, négation, concession, alternative…

Prépositions à dans par pour en vers avec de sans sous
interjections Oh ! ah ! hé ! holà !
Onomatopées Ouaf-ouaf

Miaou

Brr

Zzzzzzzzz

zioup


LES FONCTIONS GRAMMATICALES

Une phrase est composée de groupes de mots que l’on appelle « constituants de la phrase », qui jouent un rôle les uns par rapport aux autres.

Ex : Le voisin est venu tondre la pelouse de la vieille dame

Þ quels groupes identifiez-vous ? séparez les par des /

=>Le voisin /est venu / tondre la pelouse / de la vieille dame

Le schéma traditionnel en français est GN + GV + Complément

Pierre et paul / viendront / demain

Cet ordre peut être modifié lorsque la phrase est transformée :

Ex : Complément + GN + GV ?

Quand Pierre et Paul viendront-ils ?

Pour analyser une phrase, il faut délimiter les constituants obligatoires (qui font partie du groupe verbal) et les constituants « facultatifs ».

La fonction sujet

On ne peut pas se passer du sujet car il est….le sujet, c’est-à-dire le thème de la phrase ce dont on parle :

* viendra demain…. Apporte un renseignement, mais ne dit pas sur qui ou quoi !

Pierre viendra demain : « viendra demain » apporte un renseignement sur Pierre. Le sujet grammatical et le thème de la phrase sont « Pierre ».

Définition du sujet :

Pour qu’il y ait sujet, il faut qu’il y ait un verbe. Il n’y a pas de sujet dans les phrases non verbales « Grève demain à l’éducation nationale »

Mais : il n’y a pas de sujet

–        dans les phrases à l’impératif : « Viens ici ! ».

–        lorsque deux phrases sont coordonnées et que les verbes ont un sujet commun : « Jules s’est levé, s’est habillé puis est descendu ».

–        lorsque le verbe est à l’infinitif : « Paul a dit à Pierre de descendre ».

Comment reconnaître le sujet ?

« Ce soir revient mon père »

« Qui a inventé le fil à couper le beurre ? »

« Le président de l’association est monsieur Henri ».

« Pierre et moi avons la même voiture »

« Une foule de spectateurs se pressait / se pressaient sur les gradins »

« Vous qui passez sans me voir »

« Faire la cuisine me détend énormément »

« Que j’ai réussi du premier coup l’a beaucoup étonnée »

Þ Le détachement par « c’est….qui » est le seul critère qui permette dans tous les cas de reconnaître le sujet, même dans les cas difficiles.

Problèmes particuliers :

Edouard, il a encore raconté des histoires.

Claudine et moi revenons de Cayenne

Þ 2 analyses sont possibles :

–        C’est Edouard qui a encore raconté des histoires : on ne tient pas compte du détachement

–        On considère les noms propres comme des appositions (voir cette fonction).

Monsieur Fréron, le maire de Saint Fiacre, a fait construire un amphithéâtre.
Le maire de Saint Fiacre, monsieur Fréron, , a fait construire un amphithéâtre.
Þ L’ordre des groupes et l’intonation sont déterminants dans ce cas.

Cas du sujet impersonnel (voir cette leçon)

La fonction complément

Le verbe peut-être suivi d’éléments qui peuvent être effacés, ou déplacés librement dans les phrases (ce sont des compléments de phrase) ou bien de constituants indispensables au sens de la phrase (ce sont des compléments de verbe).

La présence ou non de ces constituants dépend de certaines propriétés du verbe :

–        il est transitif : il ne peut pas fonctionner tout seul, il a besoin d’un complément : connaître, aimer, posséder, avoir, trouver… (dans le dictionnaire ces verbes sont signalés ainsi : v.tr)

–        il est intransitif : il n’a pas besoin de complément pour avoir tout son sens : manger, dormir, lire…

Remarque : un même verbe peut-être transitif ou intransitif selon la phrase dans laquelle il est employé.

Ex : Je mange / je mange du painJe lis / je lis un roman etc.

On distingue :

Les verbes transitifs directs qui ont des compléments d’objet direct (COD)

Les verbes transitifs indirects qui ont des compléments d’objet indirect (COI, COS)

Les compléments circonstanciels (temps, manière, but etc…) de verbe (Je vais à Paris)

Les compléments circonstanciels de phrase (Je vais à Paris ce week-end)

Remarque : Le nom, l’adjectif, le pronom peuvent avoir aussi des compléments qui apportent des informations supplémentaires à l’interlocuteur :

Il s’agit de compléments de détermination (ou complément du nom, complément de l’adjectif…)

Bobby Lapointe s’amuse à ajouter des compléments de nom…

Le papa du papa du papa de mon papa

Etait un petit pioupiou

La maman du papa du papa de mon papa

Ell’, elle était nounou…

Le papa du papa du papa de mon papa

S’affolait pour les mollets

D’la maman du papa du papa de mon papa…

Ces compléments peuvent être introduits ou non par des prépositions (voir ci-dessus et comparer : des cris d’enfants (= des cris des enfants) ; La Passion Béatrice (titre de film…)

La fonction attribut

On parle d’attribut lorsque le GV est constitué de être ou d’un verbe d’état : rester, demeurer (au sens de être), paraître, sembler, devenir, avoir l’air, passer pour…

Le constituant qui suit le verbe donne une caractéristique particulière au sujet (GN, pronom) (Il passe pour fou…). Mais un constituant peut aussi compléter un complément d’objet direct : Je trouve Marcel très gentil = je trouve que Marcel est très gentil)

On distingue l’attribut du sujet et l’attribut de l’objet (ou attribut du complément).
Remarque : l’attribut du sujet peut se confondre avec le COD (voir leçon)

La fonction épithète

L’épithète indique une propriété, une caractéristique du nom auquel elle est attachée : Les élèves épuisés par deux heures de sport sont arrivés en retard. ; le chat roux ronronne ; la belle libellule s’envole ; Athéna la déesse aux yeux pers était fille de Zeus.

L’épithète fait partie du GN qu’elle qualifie.

L’apposition

L’apposition caractérise aussi un GN, mais elle n’en fait pas partie. C’est un constituant détaché, séparé du nom ou du GN par une virgule. Ce groupe est le plus souvent mobile dans la phrase.

Et la grammaire, ça sert à quoi ?…


Quelques bonnes et mauvaises  raisons et trois livres :

1. Pour améliorer votre niveau en orthographe

Faut-il écrire : Les cinquante francs que ce livre leur a coûté ou Les cinquante francs que ce livre leur a coûtés ? Autrement dit Les cinquante francs est-il ou n’est-il pas un COD ? Réponse… C’est un complément circonstanciel intégré. Donc… pas d’accord !… D’accord ! Faut-il écrire page deux cents ou page deux cent ? Autrement dit, 200 est-il un déterminant numéral ou une abréviation de centième ? S’il s’agit d’un déterminant, cent s’accorde au pluriel quand il est multiplié et non suivi d’un autre chiffre mais s’il s’agit d’une abréviation, il reste invariable. A vous de jouer ! Faut-il écrire : La maison que j’ai faite construire ou La maison que j’ai fait construire. ? Facile ! Si « faire » est un verbe, il y accord. Si « faire » est un semi-auxiliaire, il n’y a pas accord . Alors… Un peu de grammaire et l’illogique devient un peu plus logique.

2. Pour mieux saisir les mille et une nuances de la langue.

Savez-vous que « des mouchoirs noir et blanc » ne sont pas « des mouchoirs noirs et blancs » ?  Quelle différence de sens voyez-vous entre « un excellent repas » et « un repas excellent », entre « Son père ne croit pas qu’il ait copié » et « Son père ne croit pas qu’il a copié », entre « Je cherche un livre qui me plaise » et « Je cherche un livre qui plaît »22, entre « Je mange parce que j’ai faim » et « je mange puisque j’ai faim », entre « L’horreur que j’ai entendu chanter » et « L’horreur que j’ai entendue chanter » ? Un petit peu de grammaire et tout devient clair !

3. Pour renouveler votre stock d’insultes

Plutôt que de traiter votre voisin de c…, d’abruti, de****, de  triple buse, de bélître, de pendard ou de faquin, il est tout de même beaucoup plus distingué et beaucoup plus percutant de lui cracher au visage : « espèce de syntagme impropre, sale radical à miteux préfixe, pitoyable imperfectif, ersatz de négation totale, sujet illogique, semi-auxiliaire d’aspect inachevé, trépassé décomposé, forme interrogative partielle, phonème chuintant, passif inachevé, superlatif d’infériorité, pauvre plus-qu’imparfait de l’inaccompli… »

4. Pour vous amuser

Quand on a dépassé les premières heures d’apprentissage, qui sont assez arides, la grammaire devient un grand jeu. Tout est dans l’art de débusquer derrière une expression apparemment insignifiante la forme rare, le cas complexe. Tout est sans cesse devinette et énigme mais aussi duel et ruse. Quel plaisir de retranscrire phonétiquement puis graphiquement la phrase : « Les poules étaient sorties dès qu’on leur avait ouvert la porte » !

5. Pour rêver

Quel meilleur support que la grammaire pour rêver sur les mots à la manière de Proust ? Le vocabulaire grammatical offre de beaux voyages dans l’imaginaire : « Redon danse », « cons sonnent », « Morphée meuh », « faux nem », « T’aime », , « prêt fixe », « pot en ciel », « un pot si bleu », « un parfait », « un dé fini », « épi tète », « des termes minants », « des monstres hâtifs », « grrr amer », « un disque court »…

(extrait d’un document conçu par Stéphane Gallon, professeur agrégé de lettres)

A lire pour se réconcilier avec la grammaire :

La Grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna

Les Chevaliers du subjonctif, Erik Orsenna

L’écho des cavernes, Pierre Davy, Syros, (disponible au CDI)

LE VERBE : une sacrée nature…

Ce qu’il faut savoir sur le verbe

Principes de formation des conjugaisons

Les personnes

je / tu / il èsingulier)

nous (= je + les autres) / vous (tu + les autres, ou 2ème personne de politesse)

ils  (les autres) è pluriel.

A l’impératif, le verbe se conjugue sans le pronom. (Chante ! Sors ! Buvons, payons, partons…).

Les formes verbales

Il existe des formes verbales simples (1 seule forme) et des formes verbales composées (un ou deux auxiliaires conjugués + un participe passé).

Le verbe se constitue de sa base et d’une terminaison (ou désinence) :

Je mont/ais – tu mont/ais – Il mont/ait – nous mont/ions – vous mont/iez

Un même verbe peut avoir plusieurs bases verbales :

Je fini/s – tu fini/s – il fini/t –nous finiss/ons – vous finiss/ez- ils finiss/ent (2 bases verbales : fini- et finiss-)

è Ces verbes sont irréguliers

Les temps et les modes

Les temps fonctionnent par paire : aux temps simples correspondent des temps composés. Le temps composé se forme avec l’auxiliaire être ou avoir conjugué au temps simple correspondant + le participe passé du verbe.

Passé composé = auxiliaire être / avoir au présent simple + participe passé du verbe (= j’ai dormi).

modes

Temps simples

Temps composés

Indicatif Présent

Imparfait

Futur simple

Conditionnel

simple (présent)

Passé simple

Passé composé

Plus que parfait

Futur antérieur

Conditionnel composé (1ère et 2ème forme)

Passé antérieur

Subjonctif Présent

imparfait

Passé

Plus que parfait

Impératif Présent (ou simple) Passé ou composé

Les verbes se classent en 3 groupes de conjugaison

1er groupe : verbes en –ER sauf aller et envoyer (base verbale unique = l’infinitif sans –ER)

2ème groupe : verbes en –IR, base verbale en –I et en –ISS

3ème groupe : tous les autres verbes. Pas de modèle unique, ni règle commune à tous les verbes. Infinitif en –RE , -IR, -OIR, -ER (aller, envoyer et dérivés).


Les modes :

conjugués Non conjugués
Indicatif

subjonctif

impératif

Infinitif

Participe (passé et présent)

gérondif

Remarque : selon son emploi le conditionnel est considéré comme un mode ou comme un temps.

–        Si j’avais su, je ne serais pas venu => mode (action éventuelle soumise à condition)

–        Tu m’avais dit que tu me téléphonerais => temps (futur du passé).

Quel sens pour quel mode ?

Verbe => Action Etat Mouvement Pensée, Sentiment, sensation

Indicatif Les faits sont présentés comme réels et certains
impératif Les faits sont présentés comme un ordre

une prière

un conseil

Conditionnel Les faits sont présentés comme hypothèse, une incertitude, une suggestion
Subjonctif Les faits sont envisagés comme possibles, envisageables. Ils ne sont pas réalisés.
infinitif Mode impersonnel (pas de temps / pas de personne). C’est le « nom » du verbe conjugué.  Peut s’employer pour donner un ordre ou une consigne.
participe Mode impersonnel, peut être adjectif ou verbe dans la phrase.

Participe passé : A/E/M/P/S : le fait est passé

Participe présent :A/E/M/P/S : le fait en train de se produire.

Liste des principaux verbes irréguliers à savoir conjuguer

allerapercevoir

Avoir

battre

boire

boire

bondir

conclure

conquérir

coudre

craindre

croire

croire

devoir

diredormir

écrire

émouvoir

éteindre

être

faire

faire

falloir

fondre

interdire

lire

maudire

mentir

mettremourir

naître

obéir

offrir

paraître

peindre

pleuvoir

prendre

prévoir

recevoir

rejoindre

résoudre

rires’enfuir

savoir

sortir

suffire

taire

tenir

vaincre

valoir

venir

vivre

voir

vouloir

La terminaison apporte des informations sur la personne, le mode ou le temps du verbe :

Je montais (1er p. singulier, imparfait) / tu monteras (2ème p. sing. futur simple) /

il monterait (3ème p. sing. conditionnel)…

Une même forme peut être commune à plusieurs modes, temps et personnes :

Vous veniez = imparfait de l’ind, 2ème pers du pluriel ou subjonctif présent.

Un certain nombre de formes se distinguent à l’écrit mais pas à l’oral :

Je chante / tu chantes / il chante / ils chantent.

Les formes verbales varient en fonction de la voix (active ou passive), de la personne, du mode et du temps.

Les voix

La voix active : concerne tous les verbes. Elle comporte des formes verbales simples ou composées (elle me trouble / elle m’a troublé). A la voix active, le sujet accomplit l’action indiquée par le verbe.

La voix passive ne concerne que les verbes transitifs directs (c’est-à-dire qui doivent être suivis d’un complément d’objet direct). Ces verbes sont conjugués avec l’auxiliaire être, même aux temps simples :

Je suis troublé (voix passive présent)

J’ai été troublé (passé composé du verbe troubler à la voix passive).

A la voix passive, le sujet du verbe subit l’action exprimée par le verbe. Pour vérifier qu’il s’agit d’une voix passive on peut continuer la phrase : « Je suis troublé [par cette question]. » / « J’ai été troublé(e) [par cette question].

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