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avr 13

Tout doit être pris en compte dans le cadre d’une expérience professionnelle (et donc personnelle !) de longue durée à l’étranger. Le coté « exotique » du dépaysement peut très rapidement tourner à une situation difficile à vivre si on y est mal préparé.

Chacun a sa propre manière de voyager et de s’intégrer dans le pays visité ; et dans le cas de l’Inde tout est envisageable : continuer de vivre à la mode Européenne (dans les grandes villes et à certaines conditions seulement !) ou bien s’adapter du mieux possible à un autre style de vie.

1. Intégration professionnelle

J’ai été formidablement bien accueilli lors de mon arrivée au JSS. La présence d’enseignants occidentaux dans leurs locaux revêt beaucoup d’importance à leurs yeux.

Les accueils sont toujours très officiels et on vous réserve toujours une place de choix dans le cadre de réunions ; Il nous est même arrivé de recevoir des cadeaux après une conférence.

Le JSS est donc un établissement privé du supérieur où les élèves payent leur inscription 60000 Rps pour une année (environ 1000 €/an, avec 1€ = 60 Roupies). Il ne fait pas forcément parti des tous meilleurs établissements du Karnataka mais il s’adresse à des étudiants ayant des moyens financiers supérieurs à la moyenne.

Les étudiants sont d’une extrême courtoisie.

La principale difficulté que je rencontre, est de savoir s’ils ont compris ou non après avoir donné des explications. Leur culture et leur sens du respect les poussent à ne pas dire « non ! », ou bien « je ne sais pas ! ». Chaque explication donnée est donc ponctuée d’un « Yes Sir ! », très gratifiant, mais qui ne prouve en aucun cas que l’étudiant ait bien compris.

2. Intégration d’un « Français » en Inde

Il n’y a pas d’ordre de priorité et d’importance dans ce qui est écrit ci-après, mais j’essaie de reprendre toutes les actions qui me semblent présenter un intérêt et ainsi proposer mon expérience pour un(e) possible successeur dans ce pays haut en couleurs.

La présence en Inde depuis plus d’un an d’un autre enseignant Français m’a permis de franchir les étapes avec beaucoup plus de facilité qu’il n’en avait eu un an auparavant.

  • Choix du visa : La situation d’un enseignant qui part travailler en Inde tout en continuant à percevoir son salaire et payer ses impôts en France est assez particulière. Un VISA de type X peut répondre à cette particularité. Il est valable un an avec de multiples Aller-retour possibles et renouvelable (Renseignements : www.vfs-in-fr.com).
  • Assurances, vaccins et autres services médicaux : Chacun peut procéder à sa façon. Quelques suggestions et remarques, cependant.

Le service MGEN SEM (Service Extra Métropolitain, Le Mans, tél. : 0249790005) propose un service d’assurance et complémentaire santé valables à l’étranger.

Il semble très commun de se faire vacciner au moins contre les problèmes liés à l’eau (diphtérie) et les hépatites. Les traitements contre le Palud sont lourds, difficile à gérer sur une longue période. Dans beaucoup de régions et surtout dans les grandes villes indiennes, le Palud « semble » avoir disparu (Pas les moustiques !).

Dans les grandes villes, il n’y a absolument aucun problème pour trouver des pédiatres, des médecins, des spécialistes. Les services d’urgence des hôpitaux sont également très performants (Bangalore). Il existe des cliniques privées de très haut standing. Une consultation chez un médecin coute un peu plus de 2€.

  • Formalités administratives : Il faut se présenter dans les 15 premiers jours de son arrivée au FRRO (Foreigners Regional Registration Officer) afin qu’ils délivrent un papier officiel de présence sur le territoire Indien. Il faut s’attendre à passer de longs moments à comprendre ce qu’il faut apporter comme papiers (photos d’identité, papier signée de présence dans un hôtel de la ville, …) et à revenir avec les précieux sésames.

La situation évolue en permanence et avec l’outil informatique, il semblerait qu’il y ait une certaine simplification administrative.

  • Intégration dans la vie indienne : Les gens sont d’une extrême gentillesse et toujours prêts à vous aider. La foule, le bruit, la pollution, la circulation sont les premiers contacts que l’on a en arrivant dans une grande métropole. La vie, les gens, tout se passe dans les rues. Quand on ne sait pas, il faut demander … et tout s’arrange !

Je l’ai précisé dans l’introduction du chapitre, mais on peut vivre « à l’européenne » si on le souhaite. Il faut « simplement » avoir le budget qui va avec. Quelques exemples de prix : location mensuelle d’une maison haut standing (130 m²), environ 1500 €, très peu d’offres et beaucoup de demandes. Inscription d’un enfant dans une école primaire « internationale », environ 1000 €. Les prix augmentent avec le niveau des études.

Il est très courant d’avoir du personnel de maison : un chauffeur, environ 180 €/mois ; une « nourrice » ou une « cuisinière », 150 €/mois ; 1 litre d’essence, 0,8 €.

Pour celles et ceux qui ne craignent pas les plats (très !) épicés, on peut manger dans de petits restaurants au bord des routes pour moins d’1 €, boire des jus de fruits frais pour 0,25 €. 1 litre d’eau en bouteille vaut 0,25 €.

Se déplacer en bus ne coute rien, quelques euros pour des centaines de kilomètres.

L’inflation est actuellement de l’ordre de 10% par an.

La religion est omniprésente dans la culture indienne. Cela tend à s’atténuer avec la nouvelle génération. Mais la politique, le business et la religion ne font qu’un. Il est donc par moment assez difficile de comprendre exactement les rouages et les codes à suivre. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’avoir une quelconque remarque négative en cas d’incompréhension de ma part.

C’est une expérience absolument extraordinaire.

Blog plus informel : http://fredericpoulet.blogspot.com/ … si vous êtes intéressé par quelques clichés de ce grand pays.

avr 13

Très largement inspiré du modèle Anglo-saxon, le système éducatif Indien peut cependant varier d’un état à l’autre. Dans l’état du Karnataka, il se présente de la manière suivante :

NURSERY LKG Lower Kinder Garden
UKG Upper Kinder Garden
PRIMARY SCHOOL Grade 1 (6 ans) - Suivant les moyens financiers, la famille choisit une école publique ou privée.- Une tenue réglementaire est obligatoire pour se rendre à l’école.- La journée d’école débute par un regroupement des élèves dans la cour et une lecture de prières.- Un examen de passage au grade supérieur est réalisé à la fin de chaque année scolaire. Cet examen est fait, passé et corrigé par l’école.
Grade 2
Grade 3
Grade 4
Grade 5
Grade 6
Grade 7
HIGH SCHOOL Grade 8
Grade 9
Grade 10 (15 ans)
Pour valider le Grade 10, un examen commun à tous les élèves est obligatoire. Il en existe cependant 2 sortes :- CBSE (Central Board for Secondary Education), examen valable partout en Inde.- SBSE (State Board for Secondary Education), examen valable dans l’état où il a été passé.
Pre University College Grade 11, PUC 1 2 possibilités pour intégrer une Pre University College :- La famille paye et l’enfant rentre automatiquement.- Sinon, un examen (CET : Common Entrance Test) doit être validé.
Grade 12, PUC 2

La poursuite des études peut s’effectuer dans 3 secteurs différents : les SCIENCES, le COMMERCE ou les ARTS.

UG (Under Graduate) PG (Post Graduate)
SCIENCES PCM(B) ou (C) ou (E)Physique Chimie Math Biologie ou Computer ou Electronique Bachelor of Science (3 ans) ou Bachelor of Engineering (4 ans) Master of Science (2 ans) ou Master of Technology (2 ans)
COMMERCE HEBASHistory Economic Business Account Statistics Bachelor of Commerce (3 ans) Master of Commerce (2 ans)
ARTS HP History Politic Bachelor of Arts(3 ans) Master of Arts(2 ans)

Suivant les régions et les états de l’Inde, le pourcentage d’écoliers et d’étudiants varie fortement. Les chiffres sont toujours source de discussions mais on peut dire que :

- Dans le Kérala (état du Sud de l’Inde), avec un important programme éducatif mis en place, 100% des enfants vont à l’école.

- Dans l’état du Karnataka, 70% des enfants sont inscrits à l’école. 15% d’entre eux continuent des études supérieures. Le Karnataka « serait » dans les 5 premiers états d’Inde en matière d’éducation.

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avr 13

J’ai discuté avec de nombreux étudiants du JSS et en dehors du JSS, observé quelques cours, et pu constater que leur formation est généralement très théorique. Dans chaque matière, ils ont à leur disposition un ou des livres de plusieurs centaines de pages qu’un professeur reprend pendant son cours et qu’ils doivent apprendre pour leurs examens.

Dans le domaine qui me concerne plus particulièrement, la mécanique, les cours dispensés sont d’un très bon niveau théorique mais les applications restent sans véritable lien avec la réalité.

Conséquences : Leur capacité à apprendre est indéniable mais ils rencontrent beaucoup de difficultés à mener des projets ou à prendre des initiatives pour résoudre un problème. Cas typique du PLM.

Ce manque d’initiatives face aux problèmes concrets est confirmé par bons nombres d’industriels rencontrés.

Les Cursus d’apprentissage en Inde permettent de former d’excellents chercheurs ou théoriciens mais oublient tout un pan de formations tel que celui des techniciens.

nov 13

Depuis début Septembre, j’ai rejoint le JSS ATE (JSS Academy of Technical Education) à Bangalore, en Inde du sud, dans l’état du Karnataka. Que ce soit d’un point de vue professionnel ou plus simplement dans la vie de tous les jours, c’est un dépaysement total … et c’est très bien ainsi !! Je (Frédéric Poulet) suis rattaché au lycée Louis Aragon à Givors (20 kms au sud de Lyon). Je suis prof de Construction Mécanique et j’interviens en Sciences de l’Ingénieur ou dans les filières STI2D présentes au lycée.

La structure d’accueil et mon poste

Le Jagadguru Sree Shivarathishwara Academy of Technical Education est une structure éducative qui fonctionne avec des fonds privés. Elle possède et gère des écoles pour tous les niveaux de formation. Je suis en poste dans un « College » qui propose des diplômes de Bachelor of Engineering (B.E.) ; Oups, le programme Jules Verne en prend un coup !! MAIS … L’enseignement public est présent mais est souvent réduit à sa plus simple expression ; ce sont des structures privées qui assurent un certain niveau de formation. Le niveau des élèves dans le secteur où j’interviens, est équivalent à ce qu’on trouve dans les filières STI (Bac ou BTS) en France.

Ma tâche à Bangalore est plus générale que l’enseignement pur et dur de la Mécanique. L’objectif est d’enseigner le concept du PLM (Product Lifecycle Management). Il s’agit de mettre en place des outils permettant un travail collaboratif au sein d’une entreprise. Les outils informatiques de conception 3D, de simulation, de calculs mécaniques ; tels que CATIA V5, DELMIA, SIMULIA (logiciels Dassault)  sont omniprésents dans la formation.

Bangalore

Capitale du Karnataka (état du Sud de l’Inde), avec plus de 8000000 d’habitants. C’est une ville « riche » de l’Inde située sur un plateau à plus de 900 m d’altitude avec un secteur industriel très développé (Airbus, EADS, Microsoft, Intel …). Le climat y est très agréable. Une très grande majorité des habitants parlent l’Anglais en plus de leur langue de naissance (Kannada, Indi, …) ; signe d’une éducation très implantée.

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