Tout doit être pris en compte dans le cadre d’une expérience professionnelle (et donc personnelle !) de longue durée à l’étranger. Le coté « exotique » du dépaysement peut très rapidement tourner à une situation difficile à vivre si on y est mal préparé.
Chacun a sa propre manière de voyager et de s’intégrer dans le pays visité ; et dans le cas de l’Inde tout est envisageable : continuer de vivre à la mode Européenne (dans les grandes villes et à certaines conditions seulement !) ou bien s’adapter du mieux possible à un autre style de vie.
1. Intégration professionnelle
J’ai été formidablement bien accueilli lors de mon arrivée au JSS. La présence d’enseignants occidentaux dans leurs locaux revêt beaucoup d’importance à leurs yeux.
Les accueils sont toujours très officiels et on vous réserve toujours une place de choix dans le cadre de réunions ; Il nous est même arrivé de recevoir des cadeaux après une conférence.
Le JSS est donc un établissement privé du supérieur où les élèves payent leur inscription 60000 Rps pour une année (environ 1000 €/an, avec 1€ = 60 Roupies). Il ne fait pas forcément parti des tous meilleurs établissements du Karnataka mais il s’adresse à des étudiants ayant des moyens financiers supérieurs à la moyenne.
Les étudiants sont d’une extrême courtoisie.
La principale difficulté que je rencontre, est de savoir s’ils ont compris ou non après avoir donné des explications. Leur culture et leur sens du respect les poussent à ne pas dire « non ! », ou bien « je ne sais pas ! ». Chaque explication donnée est donc ponctuée d’un « Yes Sir ! », très gratifiant, mais qui ne prouve en aucun cas que l’étudiant ait bien compris.
2. Intégration d’un « Français » en Inde
Il n’y a pas d’ordre de priorité et d’importance dans ce qui est écrit ci-après, mais j’essaie de reprendre toutes les actions qui me semblent présenter un intérêt et ainsi proposer mon expérience pour un(e) possible successeur dans ce pays haut en couleurs.
La présence en Inde depuis plus d’un an d’un autre enseignant Français m’a permis de franchir les étapes avec beaucoup plus de facilité qu’il n’en avait eu un an auparavant.
- Choix du visa : La situation d’un enseignant qui part travailler en Inde tout en continuant à percevoir son salaire et payer ses impôts en France est assez particulière. Un VISA de type X peut répondre à cette particularité. Il est valable un an avec de multiples Aller-retour possibles et renouvelable (Renseignements : www.vfs-in-fr.com).
- Assurances, vaccins et autres services médicaux : Chacun peut procéder à sa façon. Quelques suggestions et remarques, cependant.
Le service MGEN SEM (Service Extra Métropolitain, Le Mans, tél. : 0249790005) propose un service d’assurance et complémentaire santé valables à l’étranger.
Il semble très commun de se faire vacciner au moins contre les problèmes liés à l’eau (diphtérie) et les hépatites. Les traitements contre le Palud sont lourds, difficile à gérer sur une longue période. Dans beaucoup de régions et surtout dans les grandes villes indiennes, le Palud « semble » avoir disparu (Pas les moustiques !).
Dans les grandes villes, il n’y a absolument aucun problème pour trouver des pédiatres, des médecins, des spécialistes. Les services d’urgence des hôpitaux sont également très performants (Bangalore). Il existe des cliniques privées de très haut standing. Une consultation chez un médecin coute un peu plus de 2€.
- Formalités administratives : Il faut se présenter dans les 15 premiers jours de son arrivée au FRRO (Foreigners Regional Registration Officer) afin qu’ils délivrent un papier officiel de présence sur le territoire Indien. Il faut s’attendre à passer de longs moments à comprendre ce qu’il faut apporter comme papiers (photos d’identité, papier signée de présence dans un hôtel de la ville, …) et à revenir avec les précieux sésames.
La situation évolue en permanence et avec l’outil informatique, il semblerait qu’il y ait une certaine simplification administrative.
- Intégration dans la vie indienne : Les gens sont d’une extrême gentillesse et toujours prêts à vous aider. La foule, le bruit, la pollution, la circulation sont les premiers contacts que l’on a en arrivant dans une grande métropole. La vie, les gens, tout se passe dans les rues. Quand on ne sait pas, il faut demander … et tout s’arrange !
Je l’ai précisé dans l’introduction du chapitre, mais on peut vivre « à l’européenne » si on le souhaite. Il faut « simplement » avoir le budget qui va avec. Quelques exemples de prix : location mensuelle d’une maison haut standing (130 m²), environ 1500 €, très peu d’offres et beaucoup de demandes. Inscription d’un enfant dans une école primaire « internationale », environ 1000 €. Les prix augmentent avec le niveau des études.
Il est très courant d’avoir du personnel de maison : un chauffeur, environ 180 €/mois ; une « nourrice » ou une « cuisinière », 150 €/mois ; 1 litre d’essence, 0,8 €.
Pour celles et ceux qui ne craignent pas les plats (très !) épicés, on peut manger dans de petits restaurants au bord des routes pour moins d’1 €, boire des jus de fruits frais pour 0,25 €. 1 litre d’eau en bouteille vaut 0,25 €.
Se déplacer en bus ne coute rien, quelques euros pour des centaines de kilomètres.
L’inflation est actuellement de l’ordre de 10% par an.
La religion est omniprésente dans la culture indienne. Cela tend à s’atténuer avec la nouvelle génération. Mais la politique, le business et la religion ne font qu’un. Il est donc par moment assez difficile de comprendre exactement les rouages et les codes à suivre. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’avoir une quelconque remarque négative en cas d’incompréhension de ma part.
C’est une expérience absolument extraordinaire.
Blog plus informel : http://fredericpoulet.blogspot.com/ … si vous êtes intéressé par quelques clichés de ce grand pays.

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