Le Monde selon Google
Dimanche 20 janvier 2008Un article de Frédéric Rabat, en ligne sur le site Formdoc de l’académie de Rouen expose le modèle économique de Google. Il montre que les services innovants de Google, au delà de sa fonction de recherche, visent d’abord à capter une population d’internautes en tant que clientèle garante d’une forte audience publicitaire.
L’auteur plaide aussi pour une formation critique des élèves à cet outil pour contrer”les fausses représentations” et l’illusion d’un cyber-monde sans économie, sans loi, sans auteur…”. Comme le souligne Emmanuelle Bernès, “le moteur de recherche devenu le principal point d’accès à la collection en ligne , tend à se confondre avec elle, en devient l’unique interface, le seul artefact visible, un peu comme si une bibliothèque se limitait soudain à sa salle de lecture.”
Cette métaphore a deux intérêts : d’une part, elle démontre comment l’écran masque la complexité des opérations de sélection et de mise en scène des objets documentaires. D’autre part, elle souligne en contrepoint l’impérieuse nécessité de la démarche de validation des sources de l’information. En remontant par hyperliens successifs à la source d’un document ciblé, le lecteur reconstruit cette “dimension spatiale” de la page de résultat du moteur de recherche. Mais il ne peut interpréter ce cheminement que s’il dispose de savoirs sur les critères d’indexation du moteur de recherche.
Yves Jeanneret esquisse cette problématique dans son introduction à l’ouvrage “Politique documentaire” ed ADBS quand il souligne que “la culture de l’information suppose une mémoire des formes et une prise en compte de l’épaisseur documentaire…”. C’est justement cette notion d’”épaisseur” que gomment le dispositif de l’écran et les algorithmes du moteur de recherche.
Tags : écrit d'écran, éducation à l’information, Google
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