Les journalistes et le pouvoir

18 05 2007

Serge Halimi, Les nouveaux chiens de gardeA l’heure des grandes manœuvres dans les ministères et les palais de la République, on apprend que deux journalistes, Catherine Pégard (du « Point ») et Myriam Lévy (du « Figaro ») ont été nommés conseillères à Matignon et à l’Elysée. Certains crient déjà au scandale, y voyant le signe de la connivence entretenue, selon eux, entre les médias et le pouvoir.

La dénonciation est classique, en fait: la tradition critique des médias a toujours tenté de démontrer l’asservissement des journalistes aux politiques.

Serge Halimi, notamment, dans Les nouveaux chiens de garde, a fourni une violente critique de ses pairs : incriminés comme « complices du pouvoir », ils ont perdu leur fonction critique en se mettant au service d’idéologies politiques. Ainsi, pour Halimi, le journaliste, autrefois au service du public, s’est muté en relais du pouvoir, agissant contre le public. La manipulation est d’autant plus perverse, dit-il, que le public est trompé par une institution en laquelle le public aurait confiance.

Pour Halimi, le public n’aurait donc aucune chance de comprendre le pouvoir, les journalistes organisant de concert avec les politiques l’opacité du pouvoir.

Trois points faibles de ce type de critique sont à souligner :

  • la critique est fondée sur la pureté du public, incapable d’esprit critique.
  • une conception angélique et manichéenne du pouvoir.
  • une généralisation abusive : il n’y a pas le journalisme, mais des journalistes, qui n’ont souvent pas grand chose en commun, en terme de déontologie ou de conditions de vie.

Que pensez-vous de ces deux nominations : cas isolé ou symptôme d’un lien trop étroit entre journalisme et pouvoir ? Le nouveau pouvoir signifie-t-il la résurgence de l’intimité entre les deux institutions ?

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Une réponse à “Les journalistes et le pouvoir”

21 03 2012
Escape (09:43:42) :

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Dire qu’il n’y a pas de journalisme mais juste des journalistes (qui s’agrègent donc inessentiellement) prouve trop :

en effet, dans ce cas, il n’y a pas non plus de débat sur le journalisme et la politique (puisqu’il n’y a pas de journalisme).

Revenez à des prémisses plus raisonnables.

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