Des p’tits philosophes (1)

24 10 2008

Petit compte-rendu de l’un des premiers ateliers philosophie (en 4ème)

Après avoir discuté autour de l’allégorie de caverne :

une petite vidéo à ne pas manquer, juste comme ça, en passant, pour se souvenir de Platon, pour rêver ou sourire, pour jouer à démêler le vrai du faux….

Les élèves ont réfléchi autour d’un objet, qu’ils avaient choisi un miroir de poche


Voici les questions que cet objet a suscitées.

La FIAC 2008 au Grand Palais - Paris
Creative Commons License photo credit: y.caradec

Pourquoi notre image nous déplaît ?

Qu’est-ce que la glace du miroir ?

Est-ce la vérité qu’on voit à travers le miroir ?

Avons-nous besoin de nous voir dans la glace ?

Notre reflet est-il superficiel ?

Peut-on se fier à l’apparence ?

Est-ce que ce qu’il y a à l’intérieur est différent de ce qu’il y a à l’extérieur ?

Est-ce que le nous-même se reflète à l’extérieur ?

Pourquoi le miroir doit-il être beau ?

Qu’est-ce que ça nous fait quand ça nous plaît ?

Pourquoi a-t-on des cheveux ?

Pourquoi se sent-on obligé de se mettre en valeur ?

Pourquoi veut-on se manifester en tant que nous-même et vouloir ressembler aux autres ?

Pourquoi y a-t-il différentes langues ?

Pourquoi on est tel qu’on est ?


Quelques pistes? Si vous avez envie de vous y pencher de plus près :

C’est en ce moment, bientôt un colloque : c’est ici

Les sites?

les p’tits philosophes en herbe

Ou encore La Philosophie et les enfants

Mais également celui de Michel Tozzi

Les ouvrages? Quelques noms?

Débattre à partir des mythes (photo ci-dessous), Tozzi

Ou encore quelques dernières nouveautés « internes » (photo ci-contre), à consulter

ou bien autour de Matthew Lipman et ses romans philosophiques (photo ci-dessous)



Emile Zola

11 10 2008

Autoportrait au beret 1902

Emile Zola fut un très grand écrivain, l’un des plus connus. Né à Paris le 2 avril 1840 et mort à Paris le 29 septembre 1902.

Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans son époque, lors de l’affaire Dreyfus, dans laquelle il joue un rôle décisif par la publication du plus célèbre article de la presse française : « J’accuse… ! ».

Ses débuts ont été dans de simples journaux mais il a commencé rapidement à se faire connaître par le journal connu de tous Le Figaro!

Zola croit à l’amour romantique dans l’âme, grand lecteur de George Sand dans sa jeunesse. Du reste,le mariage est un grand thème de son oeuvre qu’il décline en fonction des conditions et des classe sociales. Le premier amour de Zola s’appelait Berthe. Le jeune homme la surnommait lui-même « une fille à parties »,une prostituée dont il s’était entiché pendant l’hiver 1860-1861. Il tira toutefois de cet échec l’inspiration de son premier roman : Les confessions de Claude

Joël Dos Santos



le déserteur

10 10 2008


Voici la musique du déserteur sur laquelle on travaille en ce moment : cette chanson est interprétée par Boris Vian. Cette chanson parle d’un homme, appelé à la guerre, qui ne veut pas la faire. Il décide de déserter.

Voici le texte avec quelques informations sur le contexte

Amandine, 4ème 2



Finissez vos phrases!!

7 10 2008
Voici un court texte de Jean Tardieu, d’une grande richesse pédagogique : une proposition d’écriture?
1 – Lecture du texte : les élèves identifient assez vite le principe d’écriture du texte
2 – Composition de la classe en groupe de deux : les groupes complètent ce qui manque
3- Lecture à voix haute ou mise en scène de la saynète
Des surprises en perspective 😉

PERSONNAGES

MONSIEUR A, quelconque. Ni vieux, ni jeune.
MADAME B, même genre.

Monsieur A et Madame B, personnages quelconques, mais pleins d’élan (comme s’ils étaient toujours sur le point de dire quelque chose d’explicite) se rencontrent dans une rue quelconque, devant la terrasse d’un café.

[…]

MONSIEUR A, sur le ton de l’intimité.
Chère ! Si vous saviez comme, depuis longtemps !

MADAME B, touchée.
Vraiment ? Serait-ce depuis que ?

MONSIEUR A, étonné.
Oui ! Justement ! Depuis que ! Mais comment pouviez-vous ?

MADAME B, tendrement.
Oh ! Vous savez ! Je devine que. Surtout quand.

MONSIEUR A, pressant.
Quand quoi ?

MADAME B, péremptoire.
Quand quoi , Eh bien, mais : quand quand.

MONSIEUR A, jouant l’incrédule, mais satisfait.
Est-ce possible ?

MADAME B
Lorsque vous me mieux, vous saurez que je toujours là.

MONSIEUR A
Je vous crois, chère ! … (Après une hésitation, dans un grand élan.) Je vous crois, parce que je vous!

MADAME B, jouant l’incrédule.
Oh ! Vous allez me faire ? Vous êtes un grand ! …

MONSIEUR A, laissant libre cours à ses sentiments.
Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me ! Il y a trop longtemps que ! Ah ! si vous saviez ! C’est comme si je ! C’est comme si toujours je ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous!

MADAME B, émue.
Ne pas si fort ! Grand, Grand ! On pourrait nous !

MONSIEUR A
Tant pis pour ! Je veux que chacun, je veux que tous ! Tout le monde, oui !

MADAME B, engageante, avec un doux reproche.
Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

[…]

Jean TARDIEU, Finissez vos phrases ! ou Une heureuse rencontre, comédie associée à d’autres pièces dans La comédie du langage, 1978.

Quelques exemples?

A : sur le ton de l’intimité – Chère amie ! Si vous saviez comme j’oublie tout, depuis longtemps !
B : touchée – Vraiment ? Serait-ce depuis que votre poisson s’est noyé ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que sa mort est survenue ! Mais comment pouviez-vous savoir ?
B : tendrement – Oh ! Vous savez ! Je devine que vous devez être bien malheureux ! Surtout quand une personne aussi importante que cela s’en va du lourd fléau de la mort.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand quelqu’un nous est enlevé.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me comprendrez mieux, vous saurez que je ne perds jamais raison, elle est toujours là.
A : Je vous crois, chère amie ! ( Après une hésitation, dans un grand élan ) Je vous crois parce que je vous comprends !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire donner un torticolis ! Vous être un grand monsieur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me rapetisser ! Il y a trop longtemps qu’on me le reproche ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je ressemblais à … Hagrid ! C’est comme si toujours je venais d’un autre monde ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous me comprenez, que moi je vous comprends, que nous nous comprenons !
B : émue – Ne riez pas si fort ! Grand, grand monsieur ! On pourrait nous voir rire !
A : Tant pis pour … ! Je veux que chacun, je veux que tous sachent qu’être grand ne me pose plus de problèmes ! Tout le monde oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Thelma et Clarisse


A : sur le ton de l’intimité – Chère ! Si vous saviez comme j’ai envie de vous, depuis longtemps !
B : touchéeVraiment ? Serait-ce depuis que nous avons dansés l’autre soir ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que l’autre soir nous avons dansés! Mais comment pouviez-vous le savoir ?
B : tendrementOh ! Vous savez ! Je devine que ça ne peut être que ça ! Surtout quand vous me touchiez de cette façon.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand vous m’enlaciez, je me sentais tellement bien dans vos bras.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me connaitrez mieux, vous saurez que je suis toujours là, à attendre vos câlins, prête à tout.

A : Je vous crois, chère! (Après une hésitation, dans un grand élan) Je vous crois parce que je vous aime !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire rougir ! Vous être un grand charmeur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me retenir ! Il y a trop longtemps que je vous aime ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je rêvais ! C’est comme si toujours je n’attendais que vous ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous nous aimons !
B : émue – Ne criez pas si fort ! Grand, grand amour ! On pourrait nous entendre !
A : Tant pis pour ça ! Je veux que chacun, je veux que tous! Que tout le monde oui le sache oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Et à présent, un autre Tardieu, et d’autres
enfants

Et le texte, très court, est à lire ICI sur ce lien