Filons la carte

9 02 2009

Un petit travail d’écriture en utilisant la carte mentale pour ensuite accéder au poétique…

Comment?

On demande aux élèves de choisir deux éléments à décrire (un animé, un non animé). Pour chacun des éléments, les élèves effectuent une carte mentale descriptive. Ils associent, explorent, rebondissent, en bref, créent un univers autour de l’idée, la notion, le personnage, l’objet qui  a retenu leur attention.

Puis, ils mélangent les cartes mentales : les attributs de l’une et de l’autre se trouvent mélangés dans un petit texte descriptif ou narratif. Les métaphores se filent, les personnifications surgissent.

Nous entrons alors dans l’univers de la poésie : du loufoque, de l’absurde, du sensuel, de l’onirique, du décalé, du comique..

Le tableau ? « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie! »
hommage à Lautréamont, 1979. Hélion

Voici quelques petits délices à croquer sans modération..

Un poisson-chat utile à la vie, beau sur une peinture habillée de tissu en bretelle faite avec du plastique de bouteille.
Thibault Dhorne

Creative Commons License photo credit: ►bEbOAu bout  du monde ! Il goûta à ma peau et je partis à la découverte d’un pays inconnu. Un pays de sourire et de plaisir.
Il me regarda dans les yeux et je partis dans les océans de l’oubli, du déroutant et du sans fin.
Il mangea ma peau et je partis dans le tourbillon de l’amnésie, là où le mal de tête est éternel.
Il me prit par la taille, au niveau de l’équateur, et mon esprit vogua dans un autre monde, un monde qui n’était pas le mien. Le monde du déséquilibre, du changement, et de l’instabilité.
Après lui, la fatigue s’empara de moi. Je penchai légèrement vers le côté droit ou gauche, selon l’angle. Je sentais l’intérieur de ma tête inondée et que ma vie s’enfuyait par les trous que ses dents avaient creusés, et lorsque je me couchais, avais l’impression que l’Amérique, l’Europe, l’Australie, l’Asie et l’Antarctique me renversaient.
Magdlene Delattre

Un tracteur traversait la mer d’un pas décidé, tout en restant très discret. Il n’était pas très beau, ne parlait pas et faisait ce qu’il avait à faire. Son siège marron virait au rose pâle à cause de l’eau salée. Lorsqu’il avait faim, il mangeait un ou deux pêcheurs qui avaient commis l’erreur de se pencher un peu trop près du bord.
Ce tracteur ne savait pas vraiment où aller, à vrai dire, il ne faisait que suivre ses antennes.
Rita Doligez

Voici un singe  qui aime bien entendre la musique des tic tac qui résonnent dans sa tête (il aime bien les bonbons aussi). Il est rouge, plastique, pas comme des pommes. De l’extérieur, il est plutôt d’une couleur synthétique. Il a des flèches pour lui indiquer des directions qui lui indiquent un chemin, il le suit et se repère dans le temps, dans l’espace, dans l’infini, perdu dans ses créations, ses heures qui chantent tic tac à tout bout de champ.
Lukas Tamayo