Simplifions la grammaire : bullons!

3 02 2009

Parce que les élèves mélangent toujours nature et fonction

Parce que les mots CC COD COI COS Sujet Epithète se recouvrent et s’entrechoquent

Parce que l’Oubli passe et repasse aux coins des cours, des pages et des cerveaux

Nous avons cherché un peu de bulles pour aérer cet agrégat bien confus. Et des arbres aussi, des arbres verts, rouges ou bleus. Avec leurs forêts de bulles.

Comment?

En utilisant le principe de la carte mentale.

(un lien vers un article précédent?)

Les élèves ont cherché les outils, les astuces pour s’y repérer, pour (re)construire des bases pour certains bien lointaines, dans l’espoir d’entrer ensuite dans complexité des nervures.

Ils ont décomposé la phrase simple en bulles.

N’en ont gardé que la substance.

Ont cherché la logique inscrite dans la structure plus que le déroulement de la phrase.

Ont changé les bulles, suivi les bulles, associé les bulles.

C’est difficile au début, un peu compliqué, un peu déroutant.

Et puis les logiques se dessinent.

Et puis ils distinguent les mots qui articulent la phrase (les « périphériques »), qui introduisent les mots dans le discours, de ceux qui donnent sens au discours ( les « créateurs de bulles« ). De manière intuitive.

Et puis nous suivons l’intuition. Ils enlèvent les bulles, remettent les bulles et observent, et trouvent le centre. Et suivent les fils…

Un exemple?


Voilà le résultat de leurs recherches. Un petit CLIC vers le cours qu’ils ont construit à partir de leurs observations.


Un  premier cours de bulles . Il y en aura d’autres, tant que les bulles leur permettront de respirer.



Photolangage ou comment l’image fait parler

24 01 2009

Compte-rendu d’une petite expérience pédagogique autour de l’image et du langage, mais dont l’objectif s’organise autour de différents enjeux : l’image comme support de la parole, la réflexion autour d’un mot, les représentations qui lui sont associées, l’imaginaire auquel il renvoie, l’exploration d’une thématique.

En amont :

Demander aux élèves d’apporter une image, illustration ou photo (ou tout support graphique) en rapport avec le thème traité. La séquence de 4ème s’intitule « Portraits d’aventuriers ». Les élèves devaient donc apporter une image qui leur évoquait le mot

« Aventure »

(*/*) Le photolangage :

Chaque élève, à tour de rôle, doit présenter sa photo à la classe. Il dispose d’une minute environ.

La consigne, pour cet exercice était double  :

– Première partie : description de l’image le plus précisément possible (sans la montrer aux autres)

– Deuxième partie : justification du choix (l’image est montrée)

Intérêt et objectif :

Découvrir la fonction figurative de la description et les outils utilisés pour la construire (mots, éléments, organisation)

Initiation au travail sur l’argumentation autour d’une parole non plus limitée à une phrase mais dans la construction d’un discours (même s’il faut parfois le relancer tant la difficulté des élèves est parfois grande à développer un propos, même oral).

Découverte de la multiplicité des imaginaires et des points de vue puisque chaque image représente le même mot.

Poursuivre :

A partir de ces paroles d’élèves, on peut fournir un compte-rendu qui sera l’un des outils de l’expression écrite.


La très étonnante photo de Raphaël a d’ailleurs été choisie pour illustrer la page Portraits d’aventuriers



Une carte mentale pour l’expansion du nom

18 01 2009

Un petit coup de pouce graphique pour les visuels, qui aiment les lignes, les courbes, les couleurs et les bulles…

Rappel du code couleur : la classe grammaticale toujours en vert la fonction toujours en rouge...

Cette carte heuristique a été réalisée à l’aide du logiciel libre Free Mind, à télécharger ICI

Un petit tutoriel vidéo pour vous aider à démarrer, mais c’est en anglais. 🙁

Pour les plus courageux donc …. ou ceux qui veulent réviser leur anglais … ou ceux qui suivent le curseur … ou ceux qui mélangent infos audio et vidéo.

Et puis vous pouvez également essayer, rater, recommencer …… en bref, explorer.

Image de prévisualisation YouTube


Des p’tits papiers (2)

16 11 2008

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Creative Commons License photo credit: tschörda

Un contrôle de conjugaison interactif? Pourquoi pas?

* Choisissez un temps, un mode,  à réviser, à connaître et fixez une date

* Le jour dit, distribuez à chacun des p’tits papiers

* Demandez à chacun des élèves d’écrire deux verbes à conjuguer (vous pouvez rajouter des consignes : 1 verbes du 1er groupe et un verbe du 2ème groupe par exemple ou les laisser complètement libres)

* Récupérer les p’tits papiers

* Redistribuez les p’tits papiers

Il y a autant de contrôles que d’élèves.

Intérêt

* il est difficile de copier, l’oeil peut glisser, mais le pourcentage qu’il rencontre la réponse attendue est faible. Du coup, la tentation est moins grande.

*les élèves se sentent impliqués dans le travail.


Pour les impliquer davantage…

… et, du même coup, les faire réviser, vous pouvez leur proposer de corriger chacun une copie avec leur cours sous les yeux.

Quant à la probabilité d’une erreur de correction, elle est toujours possible, mais elle ne saurait passer inaperçue pour celui qui récupère la copie.

Découvrez Regine!



Des p’tits philosophes (1)

24 10 2008

Petit compte-rendu de l’un des premiers ateliers philosophie (en 4ème)

Après avoir discuté autour de l’allégorie de caverne :

une petite vidéo à ne pas manquer, juste comme ça, en passant, pour se souvenir de Platon, pour rêver ou sourire, pour jouer à démêler le vrai du faux….

Les élèves ont réfléchi autour d’un objet, qu’ils avaient choisi un miroir de poche


Voici les questions que cet objet a suscitées.

La FIAC 2008 au Grand Palais - Paris
Creative Commons License photo credit: y.caradec

Pourquoi notre image nous déplaît ?

Qu’est-ce que la glace du miroir ?

Est-ce la vérité qu’on voit à travers le miroir ?

Avons-nous besoin de nous voir dans la glace ?

Notre reflet est-il superficiel ?

Peut-on se fier à l’apparence ?

Est-ce que ce qu’il y a à l’intérieur est différent de ce qu’il y a à l’extérieur ?

Est-ce que le nous-même se reflète à l’extérieur ?

Pourquoi le miroir doit-il être beau ?

Qu’est-ce que ça nous fait quand ça nous plaît ?

Pourquoi a-t-on des cheveux ?

Pourquoi se sent-on obligé de se mettre en valeur ?

Pourquoi veut-on se manifester en tant que nous-même et vouloir ressembler aux autres ?

Pourquoi y a-t-il différentes langues ?

Pourquoi on est tel qu’on est ?


Quelques pistes? Si vous avez envie de vous y pencher de plus près :

C’est en ce moment, bientôt un colloque : c’est ici

Les sites?

les p’tits philosophes en herbe

Ou encore La Philosophie et les enfants

Mais également celui de Michel Tozzi

Les ouvrages? Quelques noms?

Débattre à partir des mythes (photo ci-dessous), Tozzi

Ou encore quelques dernières nouveautés « internes » (photo ci-contre), à consulter

ou bien autour de Matthew Lipman et ses romans philosophiques (photo ci-dessous)



Finissez vos phrases!!

7 10 2008
Voici un court texte de Jean Tardieu, d’une grande richesse pédagogique : une proposition d’écriture?
1 – Lecture du texte : les élèves identifient assez vite le principe d’écriture du texte
2 – Composition de la classe en groupe de deux : les groupes complètent ce qui manque
3- Lecture à voix haute ou mise en scène de la saynète
Des surprises en perspective 😉

PERSONNAGES

MONSIEUR A, quelconque. Ni vieux, ni jeune.
MADAME B, même genre.

Monsieur A et Madame B, personnages quelconques, mais pleins d’élan (comme s’ils étaient toujours sur le point de dire quelque chose d’explicite) se rencontrent dans une rue quelconque, devant la terrasse d’un café.

[…]

MONSIEUR A, sur le ton de l’intimité.
Chère ! Si vous saviez comme, depuis longtemps !

MADAME B, touchée.
Vraiment ? Serait-ce depuis que ?

MONSIEUR A, étonné.
Oui ! Justement ! Depuis que ! Mais comment pouviez-vous ?

MADAME B, tendrement.
Oh ! Vous savez ! Je devine que. Surtout quand.

MONSIEUR A, pressant.
Quand quoi ?

MADAME B, péremptoire.
Quand quoi , Eh bien, mais : quand quand.

MONSIEUR A, jouant l’incrédule, mais satisfait.
Est-ce possible ?

MADAME B
Lorsque vous me mieux, vous saurez que je toujours là.

MONSIEUR A
Je vous crois, chère ! … (Après une hésitation, dans un grand élan.) Je vous crois, parce que je vous!

MADAME B, jouant l’incrédule.
Oh ! Vous allez me faire ? Vous êtes un grand ! …

MONSIEUR A, laissant libre cours à ses sentiments.
Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me ! Il y a trop longtemps que ! Ah ! si vous saviez ! C’est comme si je ! C’est comme si toujours je ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous!

MADAME B, émue.
Ne pas si fort ! Grand, Grand ! On pourrait nous !

MONSIEUR A
Tant pis pour ! Je veux que chacun, je veux que tous ! Tout le monde, oui !

MADAME B, engageante, avec un doux reproche.
Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

[…]

Jean TARDIEU, Finissez vos phrases ! ou Une heureuse rencontre, comédie associée à d’autres pièces dans La comédie du langage, 1978.

Quelques exemples?

A : sur le ton de l’intimité – Chère amie ! Si vous saviez comme j’oublie tout, depuis longtemps !
B : touchée – Vraiment ? Serait-ce depuis que votre poisson s’est noyé ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que sa mort est survenue ! Mais comment pouviez-vous savoir ?
B : tendrement – Oh ! Vous savez ! Je devine que vous devez être bien malheureux ! Surtout quand une personne aussi importante que cela s’en va du lourd fléau de la mort.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand quelqu’un nous est enlevé.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me comprendrez mieux, vous saurez que je ne perds jamais raison, elle est toujours là.
A : Je vous crois, chère amie ! ( Après une hésitation, dans un grand élan ) Je vous crois parce que je vous comprends !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire donner un torticolis ! Vous être un grand monsieur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me rapetisser ! Il y a trop longtemps qu’on me le reproche ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je ressemblais à … Hagrid ! C’est comme si toujours je venais d’un autre monde ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous me comprenez, que moi je vous comprends, que nous nous comprenons !
B : émue – Ne riez pas si fort ! Grand, grand monsieur ! On pourrait nous voir rire !
A : Tant pis pour … ! Je veux que chacun, je veux que tous sachent qu’être grand ne me pose plus de problèmes ! Tout le monde oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Thelma et Clarisse


A : sur le ton de l’intimité – Chère ! Si vous saviez comme j’ai envie de vous, depuis longtemps !
B : touchéeVraiment ? Serait-ce depuis que nous avons dansés l’autre soir ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que l’autre soir nous avons dansés! Mais comment pouviez-vous le savoir ?
B : tendrementOh ! Vous savez ! Je devine que ça ne peut être que ça ! Surtout quand vous me touchiez de cette façon.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand vous m’enlaciez, je me sentais tellement bien dans vos bras.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me connaitrez mieux, vous saurez que je suis toujours là, à attendre vos câlins, prête à tout.

A : Je vous crois, chère! (Après une hésitation, dans un grand élan) Je vous crois parce que je vous aime !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire rougir ! Vous être un grand charmeur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me retenir ! Il y a trop longtemps que je vous aime ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je rêvais ! C’est comme si toujours je n’attendais que vous ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous nous aimons !
B : émue – Ne criez pas si fort ! Grand, grand amour ! On pourrait nous entendre !
A : Tant pis pour ça ! Je veux que chacun, je veux que tous! Que tout le monde oui le sache oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Et à présent, un autre Tardieu, et d’autres
enfants

Et le texte, très court, est à lire ICI sur ce lien



Des p’tits papiers (2) qui deviennent les p’tits crayons

15 06 2008

crédit photo © taylorkoa22 198754727_bbb12f5ce6_m.jpg

Compte-rendu d’une expérience pédagogique :

2ème partie

 

 

 

* Distribuer à chacun des élèves une copie quelconque non corrigée

* Sur la copie, placer un encadré : Nom de l’élève assorti du Nom du correcteur
* Procéder à la lecture de la première question
* Demander à l’élève qui a proposé la question quelle réponse il envisage

PUIS

* Questionner les élèves : ont-ils des doutes quant à la réponse qu’ils ont sous les yeux? Est-elle juste ou fausse?

Et c’est ICI, devant le DOUTE que la classe s’anime : lorsque qu’un élève met en débat une réponse. Chacun alors, s’engage dans une démarche collective autour de l’ambiguïté : réflexion, argumentation, interrogation, discussion, argument, contre-argument, justification.Et les élèves apprennent, et le professeur apprend. .. un grand moment d’étonnement

Que se passe-t-il?

– intuitivement, les élèves repèrent les réponses mal formulées, qui ne veulent rien dire
– ils se rendent compte qu’un seul mot peut TOUT changer
– ils se rendent compte que le langage est matière à travail
– ils font preuve d’exigence
-ils se détachent de la peur et d’une timidité par rapport à leur écrit
– ils prennent conscience de la diversité des erreurs
– ils réalisent qu’il n’est pas si difficile de se corriger
– ils sont souvent plus sévères que le professeur quant à la qualité et la clarté des réponses
– ils découvrent les réactions d’incompréhension des autres élèves face à leur réponse lorsque celle-ci est soumise à la « lecture » de la classe- très vite, ils prennent de la distance et du recul par rapport à l’écrit : on parle, on discute autour des mots

– ils distinguent celui qui a lu, mais vite, celui qui n’a pas lu, celui qui a bien lu

Quels sont les points qui ont été soulignés?

– l’imprécision des formulations
– la grande présence de l’implicite

– la mauvaise ou trop rapide lecture de la question
– la mauvaise ou trop rapide lecture du livre



Quand Ranger et S’amuser se rencontrent (2)

9 06 2008

Décidément, les élèves nous surprendront toujours!!

Par Alicia B.

Un mardi matin, au début d’une page, Ranger rencontra S’amuser. Le premier était las et fatigué, le deuxième pétillait de bonne humeur. Attiré par tant de joie, Ranger lui adressa alors la parole :

– Bonjour… Vous m’avez l’air bien guilleret dites moi ! Qu’est-ce qui vous met donc de si bonne humeur en ce mardi matin ? Auriez-vous par hasard aperçu un joli groupe nominal ? Un mot dont vous ignorez l’existence ?

S’amuser lui sourit puis répliqua :

– Enchanté Ranger ! Moi ? Et bien je suis toujours comme ça, c’est dans ma nature ! Je me dois d’être souriant, amusant et joyeux. Je m’amuse de l’escalier dans le lac, je m’amuse de boucles de chaussures en safari, je ris de taxis roses en Mars ! Et vous, que faites-vous donc pour paraître en si mauvais état ?

– Oh, et bien moi je range ma chambre, je range des étagères ou des tables. Je ne rencontre que des COD… La routine,quoi.

– Hum, c’est embêtant en effet. Il vous faudrait plus vous amuser de vache à sel ! Ou pourquoi donc ne pas rire de jambes en poudre sur les bords du bois joli ?!

Mais S’amuser voyait bien que cela ennuyait Ranger plus qu’autre chose. Alors elle eut une idée:

– Et si nous nous mariions ? Comme cela, « ranger » rimera toujours avec « s’amuser » pour l’éternité ! Ranger sa chambre deviendra une partie de rigolade et tout le monde serait heureux.

– C’est une excellente idée ! Ajouta Ranger, ému de voir que S’amuser lui accordait autant d’importance. C’est alors ainsi que les deux verbes se marièrent et eurent plus tard de magnifiques petits verbes plus .




Quand Ranger et S’amuser se rencontrent (1)

9 06 2008

Une petite histoire, dans un imaginaire symbolique, pour clore une séquence sur les Cadavres Exquis Grammaticaux :

Deux vies différentes

par Sarah Benali

C’est l’histoire de deux verbes complètement différents qui se rencontrent un jour, au détour d’une rue. Ranger mène une vie normale, monotone tandis que S’amuser, lui, a une vie pleine de surprises… C’est ainsi qu’ils se rencontrent :
– Bonjour ! Vous semblez bien triste. Puis-je vous aidez ? Tiens, je vous porte les sacs.
– Oh merci ! Qu’est-ce que la vie est difficile ! Eh oui, je suis un verbe au foyer toujours en train de RANGER ; ça fait plaisir de voir un verbe si radieux quand on sait que la vie, c’est de la folie !
– Oh ne m’en parlez pas ! La folie c’est chaque jour avec moi. Si vous saviez ; je croque la vie à pleines dents comme on dit.
– Bien sûr, donnez-en une part de votre folie car la vie n’est pas aussi radieuse que ça.
– Si vous voulez… Hier par exemple je me suis amusé à boire la mer méditerranée. Dieu sait combien elle est salée ! Je suis S’amuser et vous ?
– Moi, c’est Ranger et je ne fais que ça !! Ranger les commodes, les vêtements, la vaisselle ; ma vie est un enfer ! Et quand vous me dites que… Vous vous êtes vraiment amusé à boire la mer méditerranée ? Quelle folie ! Vous êtes sérieux ?
– Evidemment ! D’ailleurs il y a une semaine de ça, je me suis amusé à parfumer un arbre de vanille. Comme il sent bon maintenant ! Si vous saviez…
– Je ne sais que ranger. Il y a pas très longtemps de ça, je rangeais des chaussures, elles sentaient si mauvais ! On a été obligé de me conduire à l’hôpital et vous savez quoi ? Je n’ai pas pu m’empêcher de ranger les chemises des infirmières. Mon dieu ce que ranger est un passion cruelle !
– Oui quand on sait que tout petit, je m’amusais à taper les chemises de ma mère car celles-ci faisaient exprès de se salir. J’en rigole encore !
– Je vois ça…Maintenant entrez que je vous montre comment ma maison est si bien RANGEE !
– Ouah ! Elle est d’une propreté !- Tenez ! Asseyez-vous le temps que je range mes sacs de course.- Je m’amuserais bien à croquer une partie de cette maison.
– Oh ! Mais je vois que vous avez faim ! Je vous prépare un petit quelque chose. Pendant ce temps-là, occupez-vous à ranger mes courses s’il vous plaît.
– Il me vient une idée…Si on échangeait les rôles ne serait-ce qu’un court instant…
– Excellente idée ! Il me tarde de m’amuser comme vous.
– Oui et moi j’aimerais devenir plus ordonné : Ranger les commodes me changerait de mes activités fulgurantes. »
C’est ce qu’ils firent mais ils se lassèrent vite. Alors chacun reprit sa place et savoura chaque instant de sa vie.

Pour plus d’informations

Rédaction effectuée en classe.
SUJET : Un verbe + direct rencontre un jour un verbe + indirect.Le premier se plaint qu’il rencontre toujours les mêmes objets et que sa vie devient bien routinière et sans surprise. Le deuxième, au contraire, lui montre comment, par les cadavres exquis, il peut changer les choses et mettre un peu de piment dans la vie.
CONTRAINTES :
* J’ai bien fait attention à choisir un verbe + direct et un verbe + indirect. Vous pouvez leur donner un nom
* Le verbe + direct rencontre toujours les mêmes choses (mots) : ses expériences sont normales (les phrases sont sans surprise)
* Le verbe + indirect a une vie pleine de surprises : ses expériences sont bizarres (les phrases sont des cadavres exquis)
* Le devoir sera un dialogue (avec introduction et conclusion très courtes)
* La parole devra être distribuée de manière égale (10 lignes chacun environ)
* Ce dialogue devra intégrer des passages explicatifs



Ta peur me craint…

4 06 2008

Atelier d’écriture : Sujet donné à partir des cadavres exquis composés par les 4ème (voir séance du 30/05)

Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent (Thomas / Alicia)

Contrainte : Cette citation devait composer la première ou la dernière phrase du travail d’écriture

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crédit photo © eggZzil

Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent. Elle a peur que le côté démon prenne le dessus sur le côté ange.Ta peur me craint parce que je suis la peur, la mort, l’horreur.Et que, de la peur, la mort, l’horreur la peur en a très peur.

Lionel

Ta Vie m’ennuie parce que ses Yeux s’enfuient

Ses Jours m’appellent parce que mon Jouet se casse.

Réparer ses Erreurs pour recouvrir la Douleur,

Pour panser les Malheurs.

Lâcheté, Ignorance, Indifférence sont les Maîtres Mots.

Le Temps passera mais les Faits sont là.

Rien, Vide, Vent, Souffle & Torrent.

Ta Peur me craint, parce que mes Ailes se brisent.

Clarisse C.

Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent. J’étais un ange aux grandes ailes blanches. Mais en plein vol, elles se sont évaporées et font partie de l’oubli.A ce moment-là, tu étais avec moi.Plus de place pour la peur. Car elle-même me craignait. La peur peut-elle avoir peur? Apparemment, oui.J’étais un ange aux grandes ailes blanches.Mais quand nous avons voulu toucher les nuages, elles ont disparu, c’était comme si elles n’avaient jamais été là.Ta peur n’a pas surgi. Car elle n’a rien compris. On aurait pu dire qu’elle me craignait.D’habitude, de mes ailes, je te protège. Mais aujourd’hui, c’est l’inverse.Ça y est, nous tombons. Quelle drôle de fin pour un ange. Enfin, sans toi, je n’en suis plus un.

Car je suis le tien.

Coraline M

Ce paysage qui m’envoûte où m’emmène le vent me fait ressentir des sensations inoubliables car la vie fait des choses dont on ne sait pas la cause. Ce personnage, au loin, me regarde avec des yeux décorateurs. Moi en haut, tout là-haut, avec des sentiments bizarres …. Puis en bas, sur le terre plein.A tes côtés ; ta peur me craint parce que mes ailes se brisent et mon cœur aussi.

Fatoumata K

Je vole de nuages en nuages, quand soudain la peur me vient, comme un mirage glissant le long de mon dos, j’entendis un craquement, je savais que c’était la fin de toutes choses, la triste fin d’un ange qui perdit ses ailes, c’est alors que je me dis d’une voix sombre :  » Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent « 

Thomas B

Un rêve pendant la nuit. Un ange passe dans la bulle et me crie : « Les apparences sont souvent trompeuses. » Peu rassurée, je remonte ma couverture. Je cherche du regard les objets familiers perdus dans la pénombre de ma chambre. L’ange vole autour de moi et chante un refrain qu’il répète sans cesse. Petit à Petit son visage se transforme, son corps aussi et même sa voix. L’atmosphère est angoissante et la peur approche. Là , les ailes de l’ange se déchirent et il me murmure à l’oreille dans un râle :  » Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent … »

Thelma. S

Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent. Je n’ai pas su te reconnaître, ton sourire a changé , tes yeux se sont brouillés. J’ai peur de chacune de tes réactions et plus le temps passe, moins je te connais. Tu étais le seul vent qui savais m’envoler et tu es devenu le néant de ces jours d’été. Ton visage s’efface et je n’ai pas envie de le rattraper car dans mes souvenirs tes sourires étaient sincères , à présent c’est dans l’artifice que je me perds. Sur tes mélodies ma voix se baladait mais tu les a changées et je ne peux plus les accompagner. J’aimerais qu’encore tu me restes mais ce temps nous a changés, il nous a rattrapés.Je vois le ciel tournoyer , je ressens mon cœur chavirer , le sol n’attend que moi …Pardonne-moi de ne pas avoir su nous garder.

Flavia. S

Ta peur me craint parce que mes ailes se brisent.

Pourtant personne ne me craint, je suis si fragile.
Ta peur se cache mais elle est tellement grande que je la sens derrière mes pas.
Mes ailes se brisent à cause de toi et ta peur n’ose pas affronter mes sentiments.
Ta peur me suit silencieusement en regardant mes ailes s’enfuir comme ces mots.
Une peur inutile, un sentiment inutile, inutile, comme toi et moi.

Sué



Réviser en rêvant … ou en riant?

30 05 2008

Petite expérience poético-ludico-grammaticale.

Les élèves se sont livrés à une entreprise créatrice : des cadavres exquis oraux autour de l’articulation cause / conséquence. Plusieurs formules pêle-mêle :

– des propositions subordonnées circonstancielles de cause ou de conséquence pour orner quelques principales

– deux indépendantes reliées par un mot coordonnant exprimant la cause ou la conséquence

Saurez-vous distinguer? Pour réviser en rêvant ou en riant.

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Ils pouvaient s’inspirer, auparavant, d’un tableau

                                            de mots


         Pour le texte (les créations d’élève) : 

C’est ici    fleche.gif                    ta-peur-me-craint.doc

        Pour les réponses (identification des propositions)

C’est là          fleche.gif                 ta-peur-les-reponses.doc      



Des p’tits papiers (1)

28 05 2008

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Essais : compte-rendu d’une expérience pédagogique


Prévenir :

* Considérer quelques élèves (une classe par exemple)
* Leur donner un travail de lecture à faire (une nouvelle par exemple)
* Annoncer une date d’évaluation

Agir :

* Distribuer un p’tit papier à chacun
* Demander à chacun de composer une question portant sur le texte lu. Faire préciser par les élèves ce qu’ils considèrent comme une « bonne » question.
* Relever les
p’tits papiers
* Sélectionnez, trier les
p’tits papiers, choisir ceux qui seront conservés pour le contrôle pendant que les élèves préparent leur feuille
* Lire chacune des questions sélectionnées à haute voix et en préciser l’auteur. Les élèves répondent sur leur copie à chaque question.

Avec les p’tits papiers, un p’tit cadeau : les élèves dont la question aura été sélectionnée ont un bonus de point (au choix du professeur)

Et à présent laissons parler les p’tits papiers



Découvrez Regine!

Offrir :

Voici un exemple de p’tits papiers : thème : vérification de lecture des derniers chapitres de La Ferme des animaux, Orwell **


1/ Combien de fois le moulin à vent a-t-il été détruit? (Thelma)
2/ Quels détails montrent que les cochons se prennent pour des humains? (Yacouba)
3/ A qui Napoléon est-il comparé dans le dernier chapitre dans la réunion avec les hommes? (Sué)
4/ Quel est le nom, à la fin du livre, de la ferme? (Fatoumata)
5/ D’après les inscriptions sur le camion, où Malabar est-il emmené? (Ilham)
6/ Quel est l’animal qui, vers la fin du livre, se montre être celui qui s’est toujours opposé à cette politique sans jamais en parler? (Flavia)
7/ Pourquoi Brille Babil sépare les moutons des autres animaux pendant environ une semaine? (Monika)
8/ Quelle est la phrase fétiche de Malabar? (Eddy)
9/ Selon Napoléon qui détruit le premier moulin à vent des animaux? (Darlène)

** Les questions sont livrées telles quelles et n’ont pas été retouchées