Les gagnants du concours de poèsie du collège La Boucan

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Ce mardi 20 mars les jurys ont délibéré et ont désigné les gagnants du concours de poésie du Temps des poètes 2012  pour les 6ème et 5ème qui  participaient cette année :

En 6ème :

Le Premier prix de poésie est attribué à  Mendy Zami

Le Prix spécial du Jury est attribué à Steeven Table

Le prix du mérite est attribué à Catarina Rubens

 

En 5ème

Le Premier prix de poésie est attribué à  Amandine Cévennes

Le Prix spécial du Jury est attribué à Carine Porlon

Le prix du mérite est attribué à Clément Roland

Bravo à eux, et merci pour leurs magnifiques poèmes !

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Brevet/Français : L’étude d’un texte poétique

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.   I Qu’est qu’un vers?

- Début du vers : il est marqué par une majuscule.
- Fin du vers : elle est marquée par un retour à la ligne ; le vers (contrairement à la phrase en prose) n’occupe pas forcément toute la ligne, et on peut donc trouver un espace blanc à la fin du vers.

Remarque : si le vers dépasse la ligne, alors la fin du vers ne s’aligne pas sur la marge de gauche dans la poésie classique (jusqu’au XIXème siècle), comme en prose, mais sur la marge de droite, après un crochet [

II Présentation du poème

1- Les groupes de vers qui composent un poème s'appellent des strophes.
Il n'y a pas d'alinéa (contrairement à la marque de début de paragraphe en prose).

2- On donne des noms aux strophes selon le nombre de vers qui les composent :

2 vers: un distique
3 vers: un tercet
4 vers: un quatrain
5 vers: un quintil
6 vers: un sizain

Un vers isolé est mis en relief.

3- Les vers sont composés de syllabes.

On nomme les vers selon le nombre de syllabes qui les composent :

8 syllabes : un octosyllabe (Elle a passé, la jeune fille)
10 syllabes : un décasyllabe (Maître Corbeau sur un arbre perché)
12 syllabes : un alexandrin (Oh! Combien de marins, combien de capitaines)

Pour compter correctement le nombre de syllabes, il faut observer certaines règles :
- le -e muet en fin de vers ne compte pas (il n'est d'ailleurs pas prononcé).
- le -e muet suivi d'un son vocalique (voyelle) ne compte pas.
- le -e muet suivi d'un son consonantique compte.

Ex. Décompte des -e : Par la Natur(e), -heureux comm(e) avec une femm(e) (Sensation de Rimbaud)

- le poète peut faire prononcer en deux sons ce qu'habituellement on ne prononce qu'en un seul : c'est une diérèse. Exemple: "Un bohémi-en"

Jusqu'au XIXème siècle, la poésie était en vers. A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, les poètes se sont peu à peu libérés des contraintes portant sur la forme du poème : c'est l'invention du vers libre. La poésie peut alors prendre l'apparence de la prose.

III Les rimes

Une rime, est la répétition de sons identiques à la fin de plusieurs vers.
On désigne par des lettres chaque rime différente: a, b, c...

1- disposition des rimes

- aabb: rimes plates ou suivies
Ex. "Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'ends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
"
(Baudelaire, "La fontaine de sang" in Les Fleurs du Mal)

- abab: rimes croisées
Ex. "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."

(Victor Hugo)

- abba: rimes embrassées
Ex. "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est chaque fois ni tout-à-fait la même,
Ni tout-à-fait une autre, et m'aime et me comprend."

(Verlaine, "Mon rêve familier").

2- valeur des rimes

On juge la valeur des rimes au nombre de sons qui sont repris: chaque son est codifié par un signe de l'Alphabet Phonétique International.
pensées / croisées : [e] 1 son commun -> rime pauvre (forcément un son vocalique)
âme / femme : [am] 2 sons communs -> rime suffisante
capitaine / lointaine : [ten] 3 sons communs -> rime riche

3- genre des rimes

campagne / montagne: rime féminine (se terminant visuellement par un -e muet, donc non prononcé)
attends / longtemps: rime masculine (se terminant visuellement par toute autre lettre qu’un -e muet)

La poésie classique fait alterner les rimes masculines et féminines.
La poésie moderne préfère distinguer les rimes à terminaison consonantique et les rimes à terminaison vocalique.

IV Les autres effets de sonorité

- les reprises de mots ou de groupes de mots créent un effet de sonorité et de rythme. (une reprise en début de vers ou de strophe se nomme une anaphore)
- les reprises de sons à l’intérieur des vers, dans des mots différents mais proches:
- son vocalique: une assonance : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Verlaine)
- son consonantique: une allitération : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? (Racine)

V Le rythme

- il faut marquer les pauses au bon endroit et pour cela, repérer les mots qui forment un groupe cohérent.
- le poète peut choisir d’écrire des groupes de mots qui débordent du vers :
- un vers déborde sur le vers suivant : c’est un enjambement.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme.
(Rimbaud, « Le Dormeur du Val »)
- si le groupe de mots placé au vers suivant est très court, on parle de rejet.
Il dort dans le soleil la main sur sa poitrine,
Tranquille.
(Rimbaud)

En troisième, on étudie deux sortes de poésie:

- La poésie lyrique (< de la lyre) dans laquelle le poète exprime ses sentiments personnels.
Le poète dit « Je » mais ce qu’il ressent concerne tout homme; le lexique des sentiments domine, on trouve beaucoup d’interjections. Le poète utilise des ruptures de syntaxe, des effets de musicalité et aussi de discordance pour rendre son poème plus expressif. Pour donner plus de force à l’expression de ses sentiments, le poète utilise aussi toutes les ressources du vocabulaire (champs lexicaux, connotations…) et des figures de style.
Les grands thèmes lyriques témoignent de la sensibilité humaine: la vie, la mort, le patriotisme, l’espoir de la liberté, l’enfance, la nature, le temps qui passe, le rêve, les souffrances et les joies de la passion, la ferveur religieuse.

- La poésie engagée qui se met au service d’une cause précise dans un contexte historique précis. Le poète y fait référence à des éléments réels précis et vérifiables. Elle incite le lecteur à réfléchir et à agir: elle peut délivrer un message d’espoir en l’avenir ou mettre en garde contre l’oubli, incitant ainsi au devoir de mémoire. Elle est d’une grande force argumentative car elle cherche à convaincre le lecteur.

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Aimé Césaire au Panthéon avec les grands hommes de la nation !

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Un millier de personnes ont assisté aujourd’hui à la cérémonie en l’honneur de notre figure majeure des Antilles françaises décédée en avril 2008 à l’âge de 94 ans et enterrée dans son île natale.

Deux portraits souriants de l’inventeur du concept de « négritude » ont été dressés sur la façade du Panthéon, où a été scellée une plaque en son honneur.

Le poète est ainsi élevé au rang de « grand homme » au même titre que  Voltaire, Victor Hugo, Zola, Jean Moulin, Jean Jaurès,  Alexandre Dumas, Marie et Pierre Curie, Toussaint Louverture, Louis Delgrès ou encore Victor Schoelcher, à l’origine de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises .

Aussi, voici en ce jour quelques mots du poète  adressés à ses lecteurs :


Je ne me veux ni Messie, ni Mhadi,
je n’ai pour arme que ma parole,
je parle et j’éveille,
je ne suis pas un redresseur de torts,
pas un faiseur de miracles,
je suis un redresseur de vie,
(…)
Je parle et, attaquant à leur base oppression et servitude,
je rends possible pour la première fois possible,
la fraternité

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Aimé Césaire au Panthéon !

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Le 6 avril prochain, une plaque sera apposée au Panthéon, à Paris, en hommage à Aimé Césaire. Le président de la République honorera le poète foyalais, disparu il y a près de trois ans, pendant que Dédé Saint-Prix jouera de la flûte des mornes.

Sous les lambris et les ors de la grande salle de réception du ministère de la Culture, au Palais-Royal, Marie-Luce-Penchard et Frédéric Mitterrand sont venus présenter, mercredi, l’hommage que la Nation et le président de la République rendront à Aimé Césaire au Panthéon, le 6 avril prochain, entre 17 et 18 heures. Dans la salle, Daniel Maximin, commissaire général de l’Année des outre-mers, Euzhan Palcy et le conseiller technique de l’Outre-mer à l’Elysée. Frédéric Mitterrand commence avec des vers : « Préservez-moi de toute haine, ne faites pas de moi un homme de haine pour que je n’ai que haine… »
Extrait du Cahier d’un retour au pays natal, 1939, « la marque d’un des plus grands poètes du XXe siècle… une génial impertinence qui allait marquer profondément la littérature française. » Frédéric Mitterrand brosse la vie du poète, L’Étudiant noir, Senghor et Damas, la Négritude, l’appel à l’émancipation… Le Discours sur le colonialisme (1955), « que de sang dans les mémoires » … Pourquoi panthéoniser cette voix ? « Parce que cette mémoire et ces chants appartiennent à tous. Dans la mémoire postcoloniale, il faut nous donner l’occasion d’embrasser toute notre histoire… En 1949, Victor Schoelcher est entré au Panthéon, puis Alexandre Dumas en 2002. En 1991, c’est la pièce de Césaire, La Tragédie du roi Christophe qui est entrée au répertoire de la Comédie française. Cette fois, c’est une plaque qui va symboliser Aimé Césaire, à l’image des grands hommes qui l’ont précédé : Victor Hugo, Jean Moulin, André Malraux…
« Une cérémonie belle et sobre
La cérémonie va durer une heure avec un discours du chef de l’État. Dans la salle, 1000 personnes dont la présence, explique le ministre de la Culture, « relève à la fois de la reconnaissance du monde ultramarin et de l’oeuvre d’Aimé Césaire » . À l’extérieur, il y aura de grands écrans qui retransmettront la cérémonie, laquelle, présentée par Marie Drucker et Marijosée Alie, sera diffusée en direct à la télévision sur France 2, puis France Ô dans la soirée. Il y aura un moment de recueillement, puis 7 minutes extraites du film d’Euzhan Palcy consacré à Aimé Césaire. Il y aura la voix d’Aimé Césaire ; ses textes seront lus par des comédiens et des élèves.
Pour les jeunes présents au Panthéon, il s’agira d’un élève par classe de collège et de lycée de la Martinique auxquels s’ajoutent 4 ou 5 jeunes issus de collèges et lycée Aimé-Césaire de toute la France, du lycée Louis le Grand et de Normal sup où Césaire étudia. Une lycéenne martiniquaise lira un poème de Césaire durant la cérémonie.
Dédé Saint-Prix viendra à son tour exécuter un morceau de musique, « un air qu’Aimé Césaire aimait » selon le ministre qui précise : « Ce sera à la fois recueilli et solennel mais pas trop puisqu’Aimé Césaire n’était pas un adepte du protocole républicain… »
« Ce sera émouvant, ajoute Marie-Luce Penchard. Ce sera une très belle cérémonie, sobre à l’image de ce qu’Aimé Césaire aurait aimé faire à cette occasion. » Aimé Césaire qui s’apprête a recevoir l’hommage de la Nation écrivait dans la revue Tropique : « Nous sommes de ceux qui disons non à l’ombre… » Le voilà mis sous les feux de la République. Le Panthéon sera ouvert gratuitement du jeudi 7 au dimanche 10 avril pour que le public puisse découvrir l’inscription en hommage à Aimé Césaire.
F.-X.G. (agence de presse GHM)
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James Noël : Notre siamoise différence

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Toujours dans le cadre du temps des poètes voici un extrait d’un poème de James Noël :


beaux mes bras
à être mutilés
suis-je un vitrier
qui fait pacte avec les pierres
pour célébrer leur impact sur les vitres

ouvre mon image pour t’atteindre
de ressemblance et de fracture
tu chanteras notre siamoise différence

je coupe les vitres
quand ça casse
un sang coule net dedans
il m’arrive même en écrivant
de croire que c’est la vérité qui blesse
pourtant de là ma visibilité renforcée
cœur brisé du miroir
miroir brisé du coup

je coupe les vitres
en m’ouvrant les veines

(in, Le sang visible du vitrier)

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Temps des poètes : hommage à Sonny Rupaire

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Dans le cadre du Temps des poètes voici deux poèmes du poète guadeloupéen Sonny Rupaire : « Ultra-marine » et « Cette igname brisée qu’est ma terre natale »

Ultra-marine

Je suis d’outre-mer :
de la mer de désespérance
où de Caracas à Guantànamo s’agitent
sur les flots inlassablement
les mains vertes d’une humanité naufragée.
Je suis outre-mer :
de Saint-Domingue à Trinidad
parenthèse verte d’îles américaines
si riches de leur dénuement
et si pauvres dans leur richesse.
et je brave à pleins bras la violence des flots vers le soleil
vers le soleil
vers le soleil.

Extrait de Trois océans en poésie, Editions Bruno Doucey

Cette igname brisée qu’est ma terre natale

Au détour de mes silences

j’ai trouvé une éternité.

Je suis la mangue qui prépare

à la saison des orgies.

Je viens mûri aux ardeurs du soleil.

J’ai craché mon latex à l’oreille du vent.

Curieux regards cherchez-vous à savoir

comment j’ai pu quitter si vite mon espoir ?

Lourde cette fleur blanche

de murmures d’abeilles

et subtil ce poison fermenté dans son sein.

La nuit a incrusté dans mon front de fœtus

deux étoiles couvant cette igname brisée

qu’est ma terre natale.

Je suis la sapotille

roulant dans le dédale

des sentiers où l’on craint trop souvent de marcher.

J’ai craché mon latex à l’oreille du vent

en suivant la tête crépue

de mon astre

plaquée sur la voûte céleste

comme un énorme sexe

dans la virginité monastique d’un mur.

Je suis une surette ocrée

par des atomes de lumières.

Et mon écharde garde encore mémoire d’une

contraction rose de chair blessée

et de la mélopée monotone d’un cœur

muée en frénésie.

Je suis une primeur au verger des poètes.

De la fumure des souffrances

jaillira le fleuve d’espoir

avec des cliquetis de chaînes qui se brisent.

Contradicteurs pleurez, ma vérité offense.

Regrets abandonnés au volcan de ma force

j’ai craché mon latex à l’oreille du vent.

Ma lave affermira les douleurs qui battent.

Au sein de l’Atlantique

mon igname brisée

ancrera ses racines.

Et qu’il me sera doux

ô

maître séculaire

d’entendre au fond des soirs multipliés d’insectes

pleurer ton rêve occidental

dans le cou de ma joie !

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Dis-leur !

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Allez ! Pour passer un agréable moment en cette fin de week-end, voici un joli poème d’Ernest Pépin, écrivain et poète, né  en Guadeloupe en 1950 !


livre_Ernest_P_pin_BabilDIS-LEUR

Un oiseau passe
éclair de plumes
dans le courrier du crépuscule
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que tu viens d’un pays
formé dans une poignée de main
un pays simple comme bonjour
où les nuits chantent
pour conjurer la peur des lendemains
dis-leur
que nous sommes une bouchée
répartie sur sept îles
comme les sept couleurs de la semaine
mais que jamais ne vient
le dimanche de nous-mêmes
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que les marées
ouvrent la serrure de nos mémoires
que parfois le passé souffle
pour attiser nos flammes
car un peuple qui oublie
ne connaît plus la couleur des jours
il va comme un aveugle dans la nuit du présent
dis-leur que nous passons d’île en île
sur le pont du soleil
mais qu’il n’y aura jamais assez de lumière
pour éclairer
nos morts
dis-leur que nos mots vont de créole en créole
sur les épaules de la mer
mais qu’il n’y aura jamais assez de sel
pour brûler notre langue
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur qu’à force d’aimer les hommes
nous avons appris à aimer l’arc-en-ciel
et surtout dis-leur
qu’il nous suffit d’avoir un pays à aimer
qu’il nous suffit d’avoir des contes à raconter
pour ne pas avoir peur de la nuit
qu’il nous suffit d’avoir un chant d’oiseau
pour ouvrir nos ailes d’hommes libres
VA
VOLE
ET DIS-LEUR…

Ernest Pépin (« Babil du songer » – éditions Ibis Rouge, 1997)

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