LES PROCEDES DU COMIQUE DANS “KAAMELOTT”

3 08 2008

Avant tout chose, Kaamelott est une série drôle qui utilise de nombreux procédés comiques pour parvenir à faire rire. Faire rire par tous les moyens ? Non, Alexandre Astier est un enfant surdoué qui joue avec une facilité déconcertante sur le rythme, les allitérations, les jeux de mots et la musique pour créer une ambiance désormais culte, le style “kaamelott”.

Running gag
Le Running gag est un des procédés comiques les plus utilisés. Il est souvent dû à la stupidité des personnages qui demandent qu’on leur explique quinze fois les mêmes choses. Il est aussi illustré par des gags récurrents, comme l’amnésie sélective d’Arthur qui oublie à longueur de temps qu’Yvain est son beau frère. « J’ai pas de beau frère ! Ah si ! Merde ! J’arrive pas à l’intégrer celui-là ! ». Sympa pour le beau frère. Mais en tout cas, avec ces petits gags à répétition, Astier est sûr de taper dans le mille. Dans le même style, il ne faut pas oublier les références de livre à livre. Par exemple dans La Rémanence du livre IV, les personnages reprennent des répliques exactes du livre I. (Et après on nous dit qu’il travaille ?)

Le langage du corps
Le comique gestuel concerne surtout le visage, et celui du roi Arthur est particulièrement expressif, tout comme la manière de bouger ses bras. Astier a une technique bien à lui pour montrer son exaspération. Le roulis des yeux pourrait être classé comme « monument historique ». Autre exemple : l’impassibilité du faciès de Perceval met en lumière sa totale stupidité, déclenchant l’énervement des autres personnages mais surtout le rire des téléspectateurs.

Parler pour rire
Le comique de parole dans la série Kaamelott est sans doute le plus important. A cause du langage décalé, ordurier parfois et de l’utilisation de mots incorrects (spécialité de Perceval), les dialogues de la série relèvent souvent de la performance sportive tant les zygomatiques sont sollicités. A ce langage spécifique, il faut ajouter la musicalité des mots : rythme ternaire, binaire, allitération et assonance permettent de créer une ambiance spécifique, propre au rire. Car même si la réplique n’est pas drôle, sa musique rappelle toujours celle qui nous a fait rire juste avant. Comme on dit, Astier a trouvé le bon tuyau !

Surréalisme
On trouve également les discours surréalistes que ni les protagonistes (sauf un) ni les téléspectateurs ne comprennent. L’exemple le plus flagrant : Perceval tentant d’expliquer un jeu de dés gallois, la grelotine. Ni Karadoc, ni le tavernier ne parviennent « à saisir » le but du jeu et la partie s’en trouve fortement compromise. Au-delà de l’absurdité des 375 règles à intégrer pour jouer, c’est la capacité de Perceval à comprendre un jeu que même le plus grand joueur d’échec ne pourrait déchiffrer qui rend la scène irresistible. C’est illogique et surréaliste et c’est justement pour ça qu’Astier adore utiliser Perceval pour exprimer des vérités - que n’arrivent pas à admettre les autres personnages. Tout est dans le paradoxe.

Benny Hill
Alexandre Astier s’essaye aussi à l’humour d’hier dans le livre IV. Lors de l’épisode La Parade, il utilise le procédé de la poursuite accélérée, en référence à Benny Hill. Gag vieux comme le monde, il parvient à se renouveler dans Kaamelott. Qui n’a jamais rêvé de voir défiler des dizaines de maîtresse. Le réalisateur fait avec ce gag un beau doublet : rire et fantasme !

Anachronismes et décalages
A la manière des Monty Python, Astier n’a pas peur d’utiliser l’anachronisme à travers des expressions langagières modernes par rapport au contexte historique. On passe de « j’en ai rien à carrer » ou « ça daube, ici! » à « preux chevaliers » ou « damoiselle » avec une facilité déconcertante. Mais seule la parole est touchée ; l’histoire, même si elle est revisitée, aurait pu arriver, comme le dit lui-même le créateur. Il s’agirait plutôt d’un décalage entre la légende et la réalité. D’un côté, le légendaire roi Arthur et ses chevaliers, et de l’autre, Arthur et les bras cassés. Il est clair que pour ceux qui connaissent un peu la légende arthurienne, ce décalage est certainement le procédé comique le plus efficace.

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Critiques
Sous ses airs de farce, la série cache de nombreuses critiques envers la société ; de la critique politique à la critique sociale en passant par les critiques des illuminés du paranormal, Kaamelott n’épargne personne.

Astier se dresse fermement et souvent contre la peine de mort, en opposant la politique progressiste d’Arthur avec la politique ferme et brutale de Léodagan – rappelons nous sa passion pour la roue ! Il n’hésite pas non plus à mettre en lumière les dérives du pouvoir qui affectent le plus souvent le peuple. Plutôt d’actualité.

Et Guenièvre ? Quel message peut-elle véhiculer dans son rôle d’idiote ? Grâce à elle, Alexandre Astier critique ouvertement la condition de la femme dans certaines régions du monde. Lors du Livre IV, Guenièvre prend une décision difficile pour retrouver la liberté : ,quitter Arthur pour s’enfuir avec Lancelot. Mais elle se retrouve au final, séquestrée par son amant qui préfère la tuer, plutôt que de la perdre. Loin de l’humour habituel de la série, cette scène rappelle que beaucoup de femmes sont encore sous l’influence d’un mari possessif et violent. La naïveté et l’absurdité véhiculent aussi bien les messages que les discours les plus véhéments.

La série taille également un costume trois pièces à la religion grâce à l’interprétation hystérique d’Elie Semoun en « Purgateur » intransigeant. Ce qu’Astier déteste par-dessus tout, c’est l’intolérance. Le plus important pour le créateur de la série, c’est de sévir contre les « cons ».

Kaamelott, comme d’autres farces avant elle, utilise l’humour comme arme contre les injustices du monde. Car même s’il a écrit une série comique, Alexandre Astier n’hésite pas à assombrir l’histoire et certains personnages à l’image de Lancelot. On rit plus jaune, on rit même noir, mais Kaamelott c’est aussi une lutte de pouvoir qui ne peut pas avoir que des issues heureuses. Au moins Astier ne s’acharne pas à rendre drôle ce qui ne l’est pas et ce qui ne doit pas l’être et cela, malgré les critiques des producteurs.

Mais même à ses minutes les plus sombres, Kaamelott reste peuplée de ses personnage-bras-cassés, toujours plus demeurés, pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

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Gaëlle Perrier, pour fluctuat.net



PARLEZ-VOUS FRANCAIS?

20 07 2008

Il avait mangé de la choucroute, des tomates et un homard dans sa cabine. Il avait bu de l’alcool, du rhum, de la bière (achetée au bazar). Au cours d’une halte, il voulut faire la sieste près d’un bosquet. En caleçon, il avait l’air burlesque. Mais des canailles espiègles, des chenapans débarquèrent, lui tirèrent la cravate, salirent son costume, dessinèrent des tatouages sur sa peau et l’abandonnèrent à son chagrin. Quel cauchemar ! Mais providence ! un cavalier passa par là et, cravachant sa monture confortable, il l’emmena en villégiature.

Ce petit texte nous parait bien français, mais attention…

75 % de ses noms et verbes sont en effet d’origine “étrangère”.

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L’allemand nous a donné : chenapan, choucroute, cravacher, bière, halte.

L’anglais : cabine, providence, rhum, tatouage, confortable.

L’arabe : alcool.

L’espagnol : débarquer, tomate, sieste.

L’italien : canaille, cavalier, costume, villégiature, bosquet, caleçon, burlesque.

Le persan : bazar.

Le slave : cravate.

Le turc : chagrin.

Le scandinave : homard.

Le néerlandais : espiègle, cauchemar.

Alors, gardons-nous désormais de critiquer quelqu’un en disant : “Il ne parle pas français…”

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ETUDE DE TEXTE : METHODE

10 07 2008

L’étude de texte : méthode

Le mot « étude » signifie bien que dans cet exercice, tu es amené(e) à analyser, à mener une démarche de réflexion. Aucune étude de texte ne peut être réussie sans rigueur, sans logique, sans examen attentif du document. Le français n’est certes pas une science exacte, mais pour autant, cette matière aussi exige de la méthode.

Excepté lorsqu’on fait appel à ta culture générale, à ta connaissance du vocabulaire et de la grammaire, à ton interprétation personnelle (ce qui ne constitue des exceptions), toutes les réponses aux questions posées se trouvent dans le texte.

Si la question le précise (et seulement dans ce cas), tu dois aussi étudier le paratexte (c’est-à-dire l’ensemble des informations accompagnant le texte : notes, lexique, introduction).

L’étude doit commencer par une lecture très attentive du texte. Lis également l’ensemble des questions, puis relis le texte une seconde fois.

Traite ensuite les questions dans l’ordre, car elles sont organisées selon une logique qui doit t’aider (thème, compétences, progression dans le texte, déduction…)

Lis bien les questions. Parfois, à l’intérieur d’un même item, tu vas trouver plusieurs consignes.

Appuie-toi sur les mots de la consigne, et particulièrement sur les verbes (faire, analyser, dire, citer, comprendre, interpréter, caractériser, justifier, commenter, expliquer, trouver, imaginer, comparer, compléter, inventer, savoir, décrire, déterminer, construire…) Lors de la préparation de l’étude de texte, revois bien le sens de ces verbes et le vocabulaire relatif à l’étude de texte (narrateur, auteur, personnage, point de vue, schéma narratif, etc)

Cherche la réponse dans le texte. Attention ! Parfois, la question te précise dans quelle partie du texte tu dois effectuer ta recherche (lignes ou paragraphe). Ne passe pas à côté de cet indice !

Formule d’abord ta réponse avec tes mots sans t’approprier les phrases de l’auteur, et à l’aide de phrases complètes et correctement rédigées. Sont par exemple incorrectes les réponses suivantes :

Le texte est-il rédigé sous forme de lettre ? - Oui.

Qui est le personnage principal ? - Arsène Lupin.

Pourquoi est-il a priori impossible qu’il soit l’auteur du vol ? – Parce qu’il est en prison ou Car il est en prison.

Que dit Ganimard d’Arsène Lupin ? – Que c’est un homme rusé.

Il est inutile de rédiger de très longs paragraphes pour répondre à une question simple. Pour éviter les maladresses, reprends les termes employés dans la consigne :

Comment le personnage principal s’appelle-t-il ? – Le personnage principal s’appelle Arsène Lupin.

Pourquoi Dudouis rejette-t-il l’hypothèse avancée par Ganimard ? – Dudouis rejette l’hypothèse de Ganimard parce qu’Arsène Lupin est en prison au moment du vol, et qu’il lui semble impossible qu’il ait pu s’en échapper.

Après avoir formulé ta réponse à la question, tu dois la justifier en citant le texte, et ce même si la question ne te le précise pas (c’est tellement évident qu’on ne le rappelle pas systématiquement !) La citation doit se faire entre guillemets, et être accompagnée du numéro de la ligne où elle se trouve. Attention, citer ne suffit pas !

Pourquoi justifier ta réponse ? Pour le professeur, c’est une manière de vérifier que tu as bien compris le texte, que tu t’appuies sur un raisonnement et pas sur le hasard quand tu réponds. Pour toi, c’est une manière de vérifier que tu ne t’es pas trompé(e) : il est difficile de justifier correctement une erreur.

La méthode expliquée ci-dessus est celle que l’on exige aussi bien au collège qu’au lycée, à tous les niveaux. Des pénalités parfois lourdes sont prévues quand un élève ne la respecte pas, au Brevet des Collèges, c’est évident, mais aussi dès la classe de 5ème. Alors, tâche de prendre dès maintenant de bonnes habitudes !



LES FOURBERIES DE SCAPIN

6 06 2008

images16.jpgBranle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu’il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c’est Zerbinette qu’il aime, mais son père en a lui aussi décidé autrement. Alors, que vont bien pouvoir faire ces deux jeunes gens sans le sou contre la puissance et l’autorité de leurs barbons de pères ? Faire appel à Scapin, bien sûr, le valet bondissant et malicieux, joueur et beau parleur : rien de tel que l’un de ses nombreux tours pour retourner la situation ! Personnage clef de la commedia dell’arte, Scapin est de tous les coups pendables, de toutes les comédies : rien d’étonnant à ce que Molière l’ait choisi pour animer l’une de ses farces les plus enlevées. Rien d’étonnant non plus à ce que cette pièce ait été l’une des plus jouées et des plus applaudies du répertoire de Molière : son humour universel continue de divertir même les pince-sans-rire.scapin.gif

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LA COMEDIE FRANCAISE

2 06 2008

À Paris, à la fin du XVIIe siècle, plusieurs troupes rivales se réclament de la protection royale et représentent les pièces des grands auteurs, Corneille, Racine et Molière. Après la mort de Molière, en 1673, seules subsistent la troupe du Théâtre Guénégaud, son héritière, et la troupe rivale de l’Hôtel de Bourgogne, spécialiste du genre tragique. En juillet 1680, La Thorillière, chef de troupe de cette dernière, meurt.

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Louis XIV enjoint aux deux dernières troupes de comédiens français établis dans Paris, celle du Théâtre de Guénégaud, héritière de la troupe de Molière et celle de l’Hôtel de Bourgogne, de jouer dorénavant ensemble. Le 25 août 1680, les comédiens réunis donnent leur première représentation commune. Le 21 octobre, une lettre de cachet, signée à Versailles, consacre la fondation d’une troupe unique, composée de vingt-sept comédiens et comédiennes choisis par le Roi pour leur excellence, dans le but de “rendre les représentations des comédies plus parfaites.” images14.jpgLe 5 janvier 1681, les Comédiens-Français se lient entre eux, selon les anciennes traditions des troupes théâtrales, par un acte d’association qui ne sera jamais remis en cause. Grâce au brevet de pension qui leur est accordé en 1682, ils vont connaître les avantages d’une protection de tutelle, tout en étant désormais plus étroitement assujettis aux caprices royaux et aux interventions des gentilshommes de la Chambre.

 

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Voici un reportage sur la Comédie Française, souvent appelée aussi la Maison de Molière.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=d4e94e5c8b8799c51372d5ddc85d5183&noresize[/ina]



LA MOUETTE EN VIDEO

1 06 2008

h DU NOUVEAU!!! Tu vois, Clément, il suffisait d’attendre!

La mouette, vous l’avez reconnue : c’est elle, Emmanuelle Laborit, dont nous avons lu Le Cri ensemble.

Si vous voulez la découvrir autrement, en images, mais tout aussi émouvante, je vous conseille de visionner les vidéos suivantes. Il vous suffit de copier l’adresse dans la barre d’adresse.

 

 

pEmmanuelle LABORIT reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans “Les enfants du silence”. La jeune femme, en larmes, exprime des remerciements particulièrement émouvants en langage des signes. Elle demande au public de faire le signe “unir” en langage des signes, alors qu’elle réussit à ânonner “je vous aime” au micro.

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La comédienne Emmanuelle LABORIT présente au festival d’Avignon un spectacle en langage des signes, “Antigone” de SOPHOCLE.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=4c7eb071c9d689b3c53a9bea4d43dfe7&noresize[/ina]



CYRANO DE BERGERAC

18 05 2008

Cyrano Je vous invite à découvrir plusieurs extraits de Cyrano de Bergerac mis en scène à différentes époques.

 

J’aime beaucoup l’interprétation de Daniel Sorano qui, dans ce court, nous dévoile de multiples facettes de la personnalité de Cyrano.

 

 

Dans cette même version, c’est Michel Galabru qui joue le cuisinier!

 

 

Gérard Depardieu, dans le film de Jean-Paul Rappeneau , a lui aussi marqué ce rôle par sa truculence.

 

 

Voici le duel de Cyrano et Valvert, lors d’un spectacle à Vaison-la-Romaine. C’est Xavier Bazin qui joue le rôle de Cyrano.

 

Puis-je vous priver de la scène du balcon? Voici la déclaration que Cyrano fait à Roxane, en se faisant passer pour Christian…

Illustration : Gravure “Cyrano de Bergerac”, Musée Carnavalet, Paris.

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Cyrano_de_Bergerac.jpg



DEMONS ET MERVEILLES, JACQUES PREVERT

18 05 2008

kalura

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entr’ouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer

Ce poème a été mis en musique par Vladimir Kosma, qui en a fait une chanson interprétée par Jacques Jansen.

Dans la vidéo ci-dessous, les images sont extraites du film Les enfants du Paradis, un grand classique de Marcel Carné, et qui a été tourné en 1942. Oui, je sais, ça date. N’empêche, soyez attentifs aux regards échangés et lourds de sens. Il n’est même pas la peine de parler ou de se toucher.

Photo personnelle : La Kalura, vu de la Rocca de Cefalù, en Sicile



POESIE EN CHANSONS

15 05 2008

La poésie est musique, d’ailleurs longtemps on a dit que le poète “chantait” le monde…

Beaucoup d’oeuvres poétiques ont été adaptées par des compositeurs. La variété regorge de chansons qui à l’origine étaient des poèmes.

Par exemple, connaissez-vous le célèbre Demain, dès l’aube, de Victor Hugo? Voici ce qu’en a fait J.M Grossi

Je garde le souvenir vivace d’un élève que j’ai eu il y a près de quinze ans, et qui avait épaté la classe (et moi!) en imitant Yves Montand interprétant Dans ma maison , de Jacques Prévert. Le chanteur a d’ailleurs repris un certain nombre de textes du poète.

Boris Vian n’a pas fait que composer Le Déserteur, il l’a aussi chanté!

Marc Lavoine a apporté une touche personnelle au Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire.

Gilbert Fourny vous est sans doute inconnu. Je vous le présente car il a chanté Paul Verlaine et son Voici des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches.

Si tu es en troisième, tu as certainement lu Sensations, d’Arthur Rimbaud. Ecoute ce qu’en a fait Jean-Louis Aubert :

Je pourrais continuer ainsi longtemps… Allez, un petit dernier!Léo Ferré, interrogé, explique le rôle du chanteur, qui apporte à des personnes qui ne les connaissaient des trésors de la littérature : Il chante Apollinaire, Hugo, Rutebeuf, Aragon.



JACQUEMARD ET JULIA, RENE CHAR

15 05 2008

Jadis l’herbe, à l’heure où les routes de la terre s’accordaient dans leur déclin, élevait tendrement ses tiges et allumait ses clartés. Les cavaliers du jour naissaient au regard de leur amour et les châteaux de leurs bien-aimées comptaient autant de fenêtres que l’abîme porte d’orages légers.herbe

Jadis l’herbe connaissait mille devises qui ne contrariaient pas. Elle était la providence des visages baignés de larmes. Elle incantait les animaux, donnait asile à l’erreur. Son étendue était comparable au ciel qui a vaincu la peur du temps et allégi la douleur.

Jadis l’herbe était bonne aux fous et hostile au bourreau. Elle convolait avec le seuil de toujours. Les jeux qu’elle inventait avaient des ailes à leur sourire (jeux absous et également fugitifs). Elle n’était dure pour aucun de ceux qui perdant leur chemin souhaitent le perdre à jamais.

Jadis l’herbe avait établi que la nuit vaut moins que son pouvoir, que les sources ne compliquent pas à plaisir leur parcours, que la graine qui s’agenouille est déjà à demi dans le bec de l’oiseau. Jadis, terre et ciel se haïssaient mais terre et ciel vivaient.

L’inextinguible sécheresse s’écoule. L’homme est un étranger pour l’aurore. Cependant à la poursuite de la vie qui ne peut être encore imaginée, il y a des volontés qui frémissent, des murmures qui vont s’affronter et des enfants sains et saufs qui découvrent.

(Fureur et mystère - écrit entre 1938-1947) - 1948