Questions I. Le portrait de l’estrassier

 

1.
a. Les éléments qui caractérisent Ali sont « un homme (…) usé par la vie » (l.5), « avoir dormi dehors », avoir bu trop de vin », « n’avait pas de domicile et pas vraiment de métier », “avoir bu trop de vin”, “épuisé par la vie”.
b. Il est « estrassier », chiffonnier, c’est à dire qu’il va « de poubelle en poubelle et ramasse tout ce qui peut se vendre ». On a admis toutes les decritions des activité d’Ali.

2.
a. Le rapport logique exprimé est la cause (”pour”).
b. C’était un homme non pas très âgé, mais usé par la vie, parce qu’il avait dormi dehors et bu trop de vin. (ou “comme il avait dormi…”)

3.
a. Le champ lexical dominant est celui de la guerre (ou de l’armée, ou du militaire) : « soldat », « monté à l’assaut », « balles ».
b. On apprend qu’Ali a été soldat, qu’il s’est déjà battu courageusement. Il n’a pas toujours été dans la rue. Il a préféré oublier ou ne plus penser à son passé, mais aussi qu’il est courageux. Les correcteurs attendaient une mise en évidence de l’évolution d’Ali.

4.
a. La fonction de « avec d’infinies précautions » est : complément circonstanciel de manière du verbe sortir.
b. Le trait de caractère mis en valeur est la délicatesse. Ali semble attentif, soigneux. On a admis la douceur, la gentillesse, la prudence.
c. Plusieurs éléments confortent cette réponse : « Ali devait serrer les mains pour qu’elle ne glisse pas » l.39, « sans oser approcher d’elle son visage à la barbe hirsute » l.43.

II. La découverte  

1.
a. Cette phrase retranscrit les pensées d’Ali.
b. Discours indirect libre.
c. ” Qui a mis ce carton là, sur mon lit ? Peut-être qu’un autre gars de la chiffe a décidé de s’installer ici, sous le pont ? “
ou :
« Qui a mis ce carton-là sur mon lit ? Peut-être un autre gars de la chiffe a-t-il décidé de s’installer ici, sous le pont ? »

2. La découverte s’effectue à travers l’ouïe: avec « il entendit quelque chose » l.27 et le mot « voix » qui est répété plusieurs fois ; et la vue également : “resta un moment à regarder” l.20.
(La question suggérait au moins deux sens “quels sens” On attendait une justification et l’identification du sens).

3. La nature de « quelque chose » est un pronom indéfini. “Pronom” seul ne suffisait pas.

4.
a. Les expansions du mot « voix » :
- « qui appelait » : proposition subordonnée relative
- « d’enfant » : groupe nominal
- « de bébé nouveau né » : groupe nominal

b. Les expansions permettent d’identifier de façon progressiv la nature de ce que Ali découvre. La voix s’humanise et le lecteur apprend qu’il s’agit d’un enfant, nouveau né.

III. L’enfant sous le pont 

1.
a. Les deux propositions expriment un rapport de conséquence.
b. Cela permet d’insister sur la fragilité du bébé, sur sa vulnérabilité, sur sa délicatesse, sa légereté, sa petitesse..

2. « cette poupée vivante » : l’expression qui qualifie la petite fille souligne sa petite taille, elle est comparée à un jouet animé, vivant. Le bébé est si petit, si léger, si mignon qu’il est comparé à une poupée. On souhaitait une référence à la vie, l’idée de différence entre animé et inanimé.

3. Le bébé est en danger car il est « tout nu » et risque de mourir de froid en plein hiver « sa peau était rougie par le froid, hérissée de milliers de petites boules à cause de la chair de poule. » l.45-46.

4. Pour ce chiffonnier « usé par la vie », sans domicile et sans métier, avec pour seul compagnon un chat, l’apparition de l’enfant représente un espoir de vie meilleure. Ali était réduit à ramasser lkes détritus, et là il découvre un véritable trésor susceptible de donner un sens à sa vie. Il n’est plus seul, il a la charge, la responsabilité de cette enfant. On attendait ici une réponse développée, et qui rende compte du changement opéré.

Réécriture : 

Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Ils pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leur lit de cartons, sous leur couverture militaire qui les abritait du froid comme une tente.

ou ?

Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Ils pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leurs lits de cartons, sous leurs couvertures militaires qui les abritaient du froid comme une tente.

Rédaction :  

Il fallait écrire un article de journal. Les consignes étaient claires : il fallait
• Penser à donner un titre; et le signer J. P.
• Raconter l’histoire d’Ali et du bébé devenu une petite fille, vous pouviez choisir l’âge que vous vouliez pour la petite.
• Vous pouviez insérer une interview d’Ali ou de la petite.
• Expliquer en quoi la vie d’Ali à changé en donnant plusieurs arguments (il a du chercher un travail, arrêter de boire…).
• Expliquer pourquoi: quelles motivations ont poussé Ali à changer de vie.
• Vous deviez vous appuyer sur le texte de Le Clézio.
• Vous deviez faire particulièrement attention au niveau de langue employé, et si possible employer une écriture journalistique.

BAREME : 3 points pour le respect de la présentation de l’article de journal et pour le respect de la situation d’énonciation ; 4 points pour le respect des indices et du contexte de l’histoire ; 4 points pour la présence d’arguments mettant en évidence le sens et les raisons des changements dans la vie du personnage ; 4 points pour la correction de la langue.

Correction de la dictée : 

Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué(s) de lui depuis quarante  (pénalité si écrit en chiffres, comme pour les autres nombre du texte) ans qu’on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s’en aller cependant, parce qu’il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait traîné sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.

Maupassant, Contes du jour et de la nuit, Folio.



1. Définition

Le poète, de même que l’écrivain, le chanteur, le peintre,… peut, dans un contexte historique précis (guerres de religion, guerres mondiales, périodes de misère sociale,…) décider de mettre son art au service d’une cause. On parle alors de poésie engagée.

La poésie engagée est toujours ancrée dans la réalité, dans l’Histoire. On trouve donc souvent des noms de lieux, de personnes, et des dates.

Ex : « Napoléon Bonaparte » dans « Souvenir de la Nuit du 4 » de V. Hugo

 « C’est Hitler, C’est Goebbels » dans « Le Legs » de R.Desnos

 

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2. Caractéristiques formelles

 La poésie engagée met en jeu des symboles, des personnifications, des allégories. Elle incarne les idées par des images concrètes.

Ex : L’allégorie de la liberté chez Eluard

Les figures de style : hyperboles, métaphores, comparaisons,.. sont nombreuses, et utilisées dans une démarche argumentative, afin de solliciter l’imagination et la sensibilité du lecteur pour susciter son émotion et son adhésion.

Le rythme et le jeu sur les sonorités sont particulièrement importants dans un poème engagé : la reprise d’expressions ou de structures syntaxiques (répétition et anaphore), les rejets et les enjambements, les parallélismes et les oppositions, les assonances et les allitérations, créent un dynamisme musical qui facilite la mémorisation et la diffusion des textes.

Ces caractéristiques se retrouvent dans le poème classique (« Le Legs » de Desnos)

 

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3. Thèmes

 

Le poète prend la plume lorsque les droits de l’homme sont bafoués dans différents domaines

- religieux (intolérance, fanatisme)

- social (injustice, inégalité, misère, racisme…) : V.Hugo dénonce le travail des enfants dans « Mélancholia »

- politique (guerre, dictature, violence…) : durant la 2ème Guerre Mondiale, de nombreux poètes ont refusé l’indifférence et le silence face au nazisme ; ils ont parfois pris le risque physique de résister jusqu’à y laisser leur vie (R.Desnos).

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4. Visées

Le poète engagé vise à :

  • révéler la réalité, témoigner, dénoncer
  • transmettre un message d’espoir
  • convaincre les hommes d’adhérer à une cause, défendre des valeurs
  • faire agir
  • mettre en garde contre l’oubli, rendre hommage

Pour atteindre ces objectifs, le poète engagé doit :

  • toucher la sensibilité du lecteur : l’émouvoir, l’indigner
  • toucher l’esprit du lecteur : le faire réfléchir, l’amener à une prise de conscience

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h DU NOUVEAU!!! Tu vois, Clément, il suffisait d’attendre!

La mouette, vous l’avez reconnue : c’est elle, Emmanuelle Laborit, dont nous avons lu Le Cri ensemble.

Si vous voulez la découvrir autrement, en images, mais tout aussi émouvante, je vous conseille de visionner les vidéos suivantes. Il vous suffit de copier l’adresse dans la barre d’adresse.

 

 

pEmmanuelle LABORIT reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans “Les enfants du silence”. La jeune femme, en larmes, exprime des remerciements particulièrement émouvants en langage des signes. Elle demande au public de faire le signe “unir” en langage des signes, alors qu’elle réussit à ânonner “je vous aime” au micro.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=b4bd69c96ba9ebfb78f7b6ba4c1159b5&noresize[/ina]

La comédienne Emmanuelle LABORIT présente au festival d’Avignon un spectacle en langage des signes, “Antigone” de SOPHOCLE.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=4c7eb071c9d689b3c53a9bea4d43dfe7&noresize[/ina]



Cyrano Je vous invite à découvrir plusieurs extraits de Cyrano de Bergerac mis en scène à différentes époques.

 

J’aime beaucoup l’interprétation de Daniel Sorano qui, dans ce court, nous dévoile de multiples facettes de la personnalité de Cyrano.

 

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Dans cette même version, c’est Michel Galabru qui joue le cuisinier!

 

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Gérard Depardieu, dans le film de Jean-Paul Rappeneau , a lui aussi marqué ce rôle par sa truculence.

 

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Voici le duel de Cyrano et Valvert, lors d’un spectacle à Vaison-la-Romaine. C’est Xavier Bazin qui joue le rôle de Cyrano.

 

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Puis-je vous priver de la scène du balcon? Voici la déclaration que Cyrano fait à Roxane, en se faisant passer pour Christian…

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Illustration : Gravure “Cyrano de Bergerac”, Musée Carnavalet, Paris.

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Cyrano_de_Bergerac.jpg



Un grand merci aux 3G qui m’ont laissé des commentaires ces derniers jours. Vous avez raison de réviser sérieusement, en revanche ne vous mettez pas une trop grande pression sur les épaules.

Lire bien tout ce qui dans ce blog, quel que soit le niveau, a rapport avec la poésie ; revoyez les figures de style de base (comparaison, métaphore, personnification, accumulation, périphrase, anaphore…) , la versification (ce que vous avez dû apprendre pour vendredi). En grammaire, revoyez aussi la valeur des temps, les expansions du nom (CDN, épithète, subordonnée relative, apposition) que vous avez étudiés pendant plusieurs années.

Et, peut-être le plus important, LISEZ bien le sujet, plusieurs fois. Veillez à toujours rédiger vos réponses par des phrases complètes. N’oubliez pas de les justifier, et ne vous contentez pas d’un numéro de ligne. Une petite phrase ne fait jamais de mal.

Et quand vous avez fait tout ça… ZEN!



 On parle beaucoup en ce moment du film de Claude Miller, avec Patrick Bruel et Cécile de France, qui, très attendu, va sortir le 3 octobre.  Sais-tu que ce film est une adaptation d’un merveilleux roman de Philippe Grimbert, Un secret? Roman qui, du reste, a reçu le Prix Goncourt des lycéens il y a quelques années.  

hh        Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute l’histoire lourde, complexe, toute la saga de sa famille juive française qu’on suit des années 30 jusque dans les années 80 que le narrateur va devoir reconstituer…er

          Je ne vous en dirai pas plus, parce qu’ un secret… c’est un secret, et que ce serait un crime que de dévoiler celui-là à quelqu’un que le livre pourrait tenter. Mais sachez que c’est un roman bouleversant.

        Il commence tout doucement et sans qu’on s’ en rende compte, on est happés par les mots. Ce livre est écrit dans une langue très pure, efimagée, simple mais pas simpliste. On en déguste chaque phrase, en relisant certaines pour mieux les savourer. 

        Seulement l’écriture n’est pas le seul point fort de cette courte autobiographie. L’histoire est poignante, très émouvante. Il se dégage de cet opus une force étonnante.

f         Bref, un petit bijou chargé d’émotion, que je conseille à mes chers élèves de 3ème, qui étudient l’autobiographie et la Seconde Guerre Mondiale.

bb



e Lucy

Tous ses voisins adoraient Lucy Quimby. Elle était gaie, discrète, serviable – la bonté même. Les jeunes cadres un peu snobs du quartier l’estimaient physiquement quelconque – elle était, il est vrai, un peu boulotte, un peu courte sur pattes, un peu trop blonde – mais dans son regard toujours ensoleillé pétillait une telle gentillesse qu’il suffisait qu’elle vous dise “bonjour”, de grand matin, à l’heure où l’on achète son journal, pour que l’on se sente aussitôt d’humeur allègre et que l’on ait envie d’embrasser ses deux joues rebondies. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait Joseph Quimby. Un jour de printemps, courant à son bureau, la serviette sous le bras, il l’avait rencontrée, revenant du marché, son panier débordant de carottes et de salades. En passant elle lui avait dit un mot aimable avec, dans l’œil, son bon sourire. Alors pris subitement de folie fantasque, il l’avait serrée sur son cÅ“ur. Trois mois plus tard, il l’avait épousée. Depuis, Joseph et Lucy Quimby étaient aussi heureux qu’on peut l’être en ce bas monde.

Pourtant, malgré l’amour qu’elle portait à son cher Joseph, la bonne Lucy ne lui avait jamais avoué l’étrange, le terrible secret qui faisait d’elle une femme hors du commun: elle était un peu sorcière. Sa grand-mère – une fieffée mégère, elle – lui avait appris avant de mourir quelques incantations assez efficaces pour lui permettre sans douleur de se transformer en n’importe quel animal. Lucy avait donc le pouvoir d’entrer à volonté dans la peau d’un chat de gouttière ou d’une souris de salon, d’un tigre ou d’un dragon flamboyant, les monstres légendaires n’étant pas exclus du catalogue. Mais elle n’abusait pas de ce don bizarre. Elle en usait même avec la plus extrême discrétion. Sans doute, de temps à autre, allait-elle voleter, abeille parmi les abeilles, autour des fleurs de son jardin, mais elle ne poussait jamais plus loin l’extravagance. Elle était une épouse irréprochable et entendait le rester.

u Or, vers la dixième année de son mariage, Lucy Quimby s’aperçut avec mélancolie que Joseph l’accablait au fil des jours d’une indifférence de plus en plus morne. Il n’était pas vraiment odieux, non, mais il baillait en sa présence, il rêvassait, l’air taciturne, en faisant semblant de lire son journal, bref, il s’éloignait manifestement de sa tendre épouse, voguant vers d’autres jupons. Lucy s’inquiéta. Comme elle était trop bonne pour être jalouse, elle se reprocha de n’être pas assez belle, assez intelligente, assez affectueuse. Elle suivit donc un régime amaigrissant, redoubla d’entrain et d’affection. Elle fit tant qu’elle parvint à ranimer quelques braises et à réchauffer un peu l’atmosphère conjugale. “Alléluia, se dit-elle en son cÅ“ur, mon cher Joseph revient à moi.” Hélas, son cher Joseph, un soir, le front barré de rides brisées, le regard fuyant, lui dit brièvement qu’une affaire urgente l’obligeait à s’absenter pour le week-end. f

Alors Lucy, le premier moment de désespoir passé, décida fièrement de le suivre. Non point pour l’espionner, Dieu l’en garde! La sainte femme voulait simplement, tout simplement regarder vivre son époux hors du foyer et apprendre ainsi à mieux le connaître pour l’aimer mieux et le rendre heureux, enfin, s’il était encore temps. Mais comment l’accompagner partout sans être vue? Comment? Parbleu! Elle prononça la formule magique et aussitôt se transforma en puce, en puce minuscule. Et pour être sûre de tout voir, de tout entendre à l’aise, juste au moment où Joseph franchissait la porte de leur petite villa, elle bondit, se posa à l’ombre du lobe de son oreille droite et attendit.

qqa Joseph Quimby n’alla pas très loin. A quelques centaines de mètres de chez lui, il s’arrêta devant la maison de Virginie Stone. “Ainsi, se dit tristement la petite puce, Virginie est l’heureuse élue.” C’était une vieille amie de Lucy. Elle était belle mais très médisante. Une vraie langue de vipère. Une splendide chipie. Joseph entra chez elle. Elle l’accueillit avec passion. Il parut gêné par ses débordements amoureux. “Mon pauvre mari n’a pas l’air dans son assiette, se dit la puce, à l’ombre de l’oreille. Assurément, Virginie Stone n’est pas une femme pour lui. Elle est trop passionnée, trop possessive.” Il s’assit tout raide sur le bord d’un fauteuil en face de sa vampirique maîtresse, s’humecta les lèvres et dit assez solennellement : t

- Ma chère Virginie, j’ai mûrement réfléchi. Nous avons vécu ensemble une agréable aventure mais pour parler honnêtement je ne suis pas amoureux de toi. J’ai décidé de ne plus te revoir et de consacrer ma vie, désormais, à faire le bonheur de ma femme. Lucy est une admirable épouse, j’ai honte de l’avoir trompée, j’espère qu’elle me pardonnera. Je veux passer ce week-end tout seul, à me refaire, pour elle, un cÅ“ur tout neuf. Virginie, je te souhaite d’être heureuse avec un homme digne de toi.z

La petite puce écouta ces mots avec une émotion considérable. Elle pleura de joie si fort que ses larmes inondèrent quelques pores derrière l’oreille de son cher Joseph. Virginie Stone, évidemment, réagit de manière en tous points contraire. Quand Joseph Quimby se leva pour prendre congé elle l’agonit d’injures. Il demeura de marbre. “Tu ne peux rien contre notre bonheur, lui cria la petite puce à voix microscopique, gambadant follement sur la joue de son mari, tu ne peux rien contre notre bonheur!”

Hélas, elle se trompait. A bout d’arguments, Virginie Stone gratifia son ex-amant d’une gifle vengeresse, une de ces gifles qui vous impriment pour plusieurs heures le parfait dessin de cinq doigts et d’une paume, en rouge profond, sur la joue. Joseph Quimby, stupéfait, caressa machinalement de l’index sa face durement outragée et la trouva légèrement humide. Il regarda le bout de son doigt et vit un relief de bestiole écrasée. Il se demanda stupidement où il avait bien pu attraper des puces et, complètement sonné, sortit en bredouillant :

- Adieu Lucy

Ce n’était pas un simple lapsus

.

d



Le sujet de Brevet 2007 était construit autour d’un extrait des Misérables de Victor Hugo. Jean Valjean sort de prison, arrive dans une auberge et demande le gîte et le couvert. L’aubergiste, qui a reconnu en lui un bagnard, refuse de l’accueillir…

g

I- Un aubergiste singulier

1) a- Imparfait et passé simple sont les deux temps utilisés dans le récit au passé. A la première ligne, l’imparfait renvoie à une action longue, qui est en train de se faire et se poursuit. Cette action est contemporaine d’autres actions plus brèves qui se succèdent, au passé simple, accomplies par un autre personnage : « pendant que » atteste cette contemporanéité.

b- l’emploi de ces temps attire l’attention sur l’aubergiste qui s’affaire comme l’indiquent les nombreux verbes d’action conjugués au passé simple.

2) a- Le terme qui désigne l’aubergiste est celui d’ « hôte » (l. 9).

b- Un hôte est celui qui fait honneur à ses invités : on attend de lui qu’il soit convivial, chaleureux, qu’il accueille les personnes qui se présentent chez lui.

3) a- Les phrases énoncées par l’aubergiste sont le plus souvent négatives : « je n’ai pas », « je ne puis ».

b- Trois expressions désignent la façon dont l’aubergiste répond au voyageur : « cette déclaration faite d’un ton mesuré, mais ferme » (l. 28), « d’un accent qui le fit tressaillir » (l. 43), et « ajouta toujours à voix basse » (l. 46-47).

4) Jacques Labarre ne correspond pas à l’image que l’on se fait ordinairement d’un « digne aubergiste » : en effet, il est méfiant au lieu d’être accueillant, il s’adresse sèchement aux personnes venues pour dîner, et refuse même de servir certaines d’entre elles avant de les pousser à partir par la menace.

h

II- Un voyageur indésirable

1) Le voyageur affirme les propos suivants : « Mais je meurs de faim, moi. J’ai marché dès le soleil levé. J’ai fait douze lieues. Je paye. Je veux manger. » (l. 29-30) Il justifie sa présence par la faim ; celle-ci est due à la journée harassante qu’il a eue. La crainte qui pourrait motiver le refus de l’hôte, le manque d’argent est devancée par le voyageur qui affirme qu’il est apte à payer son repas. Il n’y a donc pas apparemment aucune raison pour qu’on lui refuse un repas. Les raisons invoquées sont donc légitimes.

2) La conjonction de coordination « et » marque ordinairement l’addition. Ici elle prend une valeur singulière de conséquence : « donc » ; elle achève le raisonnement logique amorcé par Jean Valjean.

3) Le terme mis en relief est le pronom moi : à la forme tonique il reprend et renforce le pronom personnel sujet « je » et provoque un effet d’insistance.

4) Le voyageur semble ne pas comprendre les raisons du refus de l’aubergiste : rassuré sur la capacité du voyageur à honorer les frais de son repas, l’aubergiste n’a plus aucune raison de ne pas nourrir le voyageur. Il cède à la colère, s’emporte, la faim et la fatigue aidant, réclamant ce qu’il lui semble légitime d’obtenir dans une auberge : de quoi se restaurer.

5) a-Le narrateur désigne le voyageur en usant des termes suivants : « le nouveau venu » (l. 1) , « le voyageur » (l. 6) puis « l’homme » ( l. 13) et enfin « l’étranger » ( l. 28) ;

b-Quant à l’aubergiste, il s’adresse à lui en le nommant « Monsieur »(l. 12) puis il le désigne par sa véritable identité : « Jean Valjean » (l. 48)

c- Cette dernière désignation permet au voyageur de comprendre que sous cette véritable identité, il ne saurait obtenir ce qui lui revient pourtant de droit : l’autorisation de se restaurer dans une auberge. Son nom est celui d’un forçat.

h

III- Le face à face

1) Le voyageur souhaite faire valoir son droit élémentaire à se restaurer dans une auberge, moyennant le prix de son repas, rien de plus. Il vise à être un individu anonyme, à se fondre dans la peau d’un simple voyageur sans que l’image de forçat ne lui colle à la peau. Pour cela, il accepte toutes les conditions de l’aubergiste : y compris celle de dormir avec les chevaux. Il essaye en outre de convaincre l’aubergiste qu’il y a assez de nourriture pour satisfaire l’appétit de ceux qui l’ont prétendument réservée mais aussi celui des autres. L’aubergiste en revanche fait tout pour voir ses doutes levés puis pour dissuader le voyageur de s’attarder chez lui : il refuse ainsi de le loger et de lui servir à dîner, prétextant au début que toute la nourriture est réservée, avouant ensuite que c’est parce qu’il connaît son identité. Son but est de le voir partir.

2) a- Jean Valjean ne se laisse pas faire par l’aubergiste.

b-Posant des questions, il tâche de prouver à son interlocuteur que les réponses apportées ne contredisent en rien la possibilité de le garder à dîner. Ses phrases interrogatives sont suives de phrases nominales.

3) « Allez vous-en » vient du verbe pronominal s’en aller. Il est ici conjugué au présent de l’impératif. Cette phrase est importante car elle énonce un ordre donné par l’aubergiste à Jean Valjean et sonne comme une menace. Elle affirme ce que souhaite vraiment l’hôte.

4) Les propos de l’aubergiste sont de mauvaise foi. La répétition du pronom indéfini « tout » montre qu’il ne veut rien donner au voyageur. L’idée que tout est pris et que rien n’est disponible atteste la mauvais foi de l’aubergiste. En outre, les quantités préparées ne correspondent pas à ce qu’affirme l’hôte. Terminer enfin par des propos menaçants montre que les affirmations précédentes n’avaient pas de valeur.

f

Réécriture :

– réécrire au PQP

- passer de P1 à P6

- lignes 49-50

« En vous voyant entrer, ils s’étaient doutés* de quelque chose, ils avaient envoyé à la mairie et voici ce qu’on leur avait répondu. »

* l’accord du participe passé des verbes pronominaux est extrêmement difficile : ici le pronom réfléchi « s’ » n’est pas analysable ; la grammaire considère alors que l’auxiliaire être l’emporte : donc accord avec le sujet « ils ».

Rédaction :

- imaginez la suite du texte

- aubergiste à sa femme

- sa femme lui montre qu’il a eu tort

- récit au passé

- inclure les arguments échangés et les réactions de l’un et de l’autre.

« Dès qu’il est entré, je me suis douté de quelque chose : cet homme ne semblait pas à l’aise, il ne regardait pas les gens qui l’entouraient dans les yeux. » L’aubergiste raconta à sa femme les recherches qu’il avait menées auprès des services de la mairie pour obtenir des renseignements sur un individu suspect arrivé dans la journée en ville. La femme l’écoutait attentivement, à l’affût du moindre détail. Elle regrettait de ne pas avoir assisté à la scène et se demandait comment elle aurait réagi si elle avait été confrontée à cet homme. Aurait-elle eu, comme son mari, la présence d’esprit de solliciter les autorités locales ? Pourtant elle ne comprenait pas la réaction de celui-ci. Elle osa lui demander :

« Notre homme avait-il de quoi honorer son repas ?

-Oui, d’après ce qu’il disait mais il était hors de question pour moi d’accueillir à ma table un forçat, un homme dangereux. Qu’il aille au diable !

-Pourtant il devait avoir faim et souhaiter se reposer ? Tout forçat qu’il a été, il n’est reste pas moins un homme. Il méritait sans doute un peu de considération. En outre s’il était prêt à payer d’avance, pourquoi ne pas avoir accepté qu’il se restaure à l’abris des regards, pour éviter le scandale ?

-J’ai fait ce que j’ai cru bon pour mon établissement.

-Tu n’en as fait qu’à ta tête et sans cÅ“ur encore !

Le femme de l’aubergiste avait presque les larmes aux yeux à la pensée que cet homme affamé fût chassé de cette maison. Son mari ne méritait décidément pas le titre de digne aubergiste qu’elle avait souvent entendu dans la bouche de ses clients fidèles. Comment avait-il justifié son refus ? L’aubergiste lui reporta les échanges vifs auxquels l’avait confronté cette situation. Il semblait heureux d’avoir déjoué toutes les questions que lui avaient posées le voyageur. La nourriture ? Elle était réservée. Les personnes ? Des rouliers qui avaient tout payé d’avance. Mais l’homme avait l’Å“il affûté et il s’était rendu compte qu’il y avait de quoi nourrir bon nombre de personnes. Qu’importe ! L’aubergiste ne supportait pas l’idée que cet homme, cet étranger, ce voleur ne restât dans sa maison. En disant cela il s’enflammait : sa femme compris que la réaction avait été vive, presque épidermique, que jamais son mari n’avait eu la moindre compassion pour cet homme qui avait sûrement déjà volé, mû par la faim. Elle espérait de son côté voir l’homme reparaître sur le seuil de son auberge : elle lui offrirait le gîte et le couvert comme n’importe quel autre voyageur. Peut-être même le cacherait-elle.



DISCOURS NARRATIF

Intention de l’énonciateur :

Raconter une histoire

Caractéristiques :

Présence de personnages – Succession d’actions dans le temps- Choix d’un point de vue narratif-

Indices: présence de repères temporels (Indicateurs temporels et connecteurs temporels) – Verbes d’action- Passé simple ou présent.

DISCOURS EXPLICATIF

Intention de l’énonciateur :

Donner des explications, répondre à une question, permettre au récepteur de comprendre.

Caractéristiques :

Vocabulaire précis et technique- énonciateur neutre

Indices: connecteurs logiques et chronologiques- présent de vérité générale.

DISCOURS DESCRIPTIF

Intention de l’énonciateur :

Montrer un lieu, un personnage, un objet. Permettre au récepteur de l’imaginer.

Caractéristiques :

Organisation dans l’espace – Choix d’un point de vue descriptif

Indices: présence de repères spatiaux – Verbes d’état ou de perception-Expansions du GN- Emploi de l’imparfait descriptif pour le passé et du présent descriptif pour le présent.

DISCOURS ARGUMENTATIF

Intention de l’énonciateur :

Convaincre, persuader

Caractéristiques :

Présence d’une thèse (ce que pense le locuteur sur un sujet) soutenue par des arguments (idées avancées pour démontrer que la thèse est juste) eux-mêmes soutenus par des exemples (faits concrets pour illustrer les arguments)

Présence du locuteur dans son énoncé: jugement, opinion.

Indices: connecteurs logiques – mots exprimant l’opinion et le jugement

DISCOURS INJONCTIF

Intention de l’énonciateur :

Ordonner, conseiller

Caractéristiques :

Conseils, ordres

Indices: modes employés: impératif et subjonctif



La présence de l’émetteur dans son énoncé ne se voit pas qu’à la présence des pronoms liés à cet émetteur (je, nous, mon, notre…). En effet, l’émetteur peut aussi manifester sa subjectivité, en indiquant par des indices ses sentiments ou son avis par rapport à ce qu’il dit, même dans un texte à la 3ème personne. On appelle modalisation l’ensemble de ces indices.


Le commentaire peut porter sur la probabilité :

Il évalue alors le degré de vérité, de certitude de l’énoncé : celui-ci peut être probable, obligatoire, certain, possible… L’information donnée est plus ou moins sûre.

Moyens utilisés :
- Verbes :
devoir, pouvoir, sembler, paraître, prétendre, affirmer, ignorer, croire…
Il doit arriver pour dîner. Il peut avoir eu un problème. Cela paraît fou. Je crois qu’il viendra.
- Temps : futur antérieur (supposition), conditionnel (hypothèse, incertitude)
Il aura raté son train. Il serait innocent de ce crime abominable.
- Adverbes : peut-être, sans doute, probablement Expression mettant à distance l’information donnée :
Selon des sources… D’après Monsieur X…

Le commentaire peut être appréciatif (évaluatif) ou affectif :

Il exprime alors le jugement de l’énonciateur, favorable ou défavorable, sur l’information qu’il nous donne.

Moyens utilisés :
- Lexique :

- Gn ou adjectifs subjectifs (mélioratifs ou péjoratifs) : inadmissible, formidable…
- verbes exprimant l’opinion, le jugement : estimer, détester, …
- Adverbes : heureusement,
- GN : par bonheur, à ma grande surprise
- Intonation (à l’oral)
- Typographie spéciale : gras, italique, capitales
- Ponctuation : !!
- Figures de style : antiphrase, périphrase…