LA MOUETTE EN VIDEO

1 06 2008

h DU NOUVEAU!!! Tu vois, Clément, il suffisait d’attendre!

La mouette, vous l’avez reconnue : c’est elle, Emmanuelle Laborit, dont nous avons lu Le Cri ensemble.

Si vous voulez la découvrir autrement, en images, mais tout aussi émouvante, je vous conseille de visionner les vidéos suivantes. Il vous suffit de copier l’adresse dans la barre d’adresse.

 

 

pEmmanuelle LABORIT reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans “Les enfants du silence”. La jeune femme, en larmes, exprime des remerciements particulièrement émouvants en langage des signes. Elle demande au public de faire le signe “unir” en langage des signes, alors qu’elle réussit à ânonner “je vous aime” au micro.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=b4bd69c96ba9ebfb78f7b6ba4c1159b5&noresize[/ina]

La comédienne Emmanuelle LABORIT présente au festival d’Avignon un spectacle en langage des signes, “Antigone” de SOPHOCLE.

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=4c7eb071c9d689b3c53a9bea4d43dfe7&noresize[/ina]



CYRANO DE BERGERAC

18 05 2008

Cyrano Je vous invite à découvrir plusieurs extraits de Cyrano de Bergerac mis en scène à différentes époques.

 

J’aime beaucoup l’interprétation de Daniel Sorano qui, dans ce court, nous dévoile de multiples facettes de la personnalité de Cyrano.

 

 

Dans cette même version, c’est Michel Galabru qui joue le cuisinier!

 

 

Gérard Depardieu, dans le film de Jean-Paul Rappeneau , a lui aussi marqué ce rôle par sa truculence.

 

 

Voici le duel de Cyrano et Valvert, lors d’un spectacle à Vaison-la-Romaine. C’est Xavier Bazin qui joue le rôle de Cyrano.

 

Puis-je vous priver de la scène du balcon? Voici la déclaration que Cyrano fait à Roxane, en se faisant passer pour Christian…

Illustration : Gravure “Cyrano de Bergerac”, Musée Carnavalet, Paris.

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Cyrano_de_Bergerac.jpg



BREVET BLANC n°1

19 01 2008

Un grand merci aux 3G qui m’ont laissé des commentaires ces derniers jours. Vous avez raison de réviser sérieusement, en revanche ne vous mettez pas une trop grande pression sur les épaules.

Lire bien tout ce qui dans ce blog, quel que soit le niveau, a rapport avec la poésie ; revoyez les figures de style de base (comparaison, métaphore, personnification, accumulation, périphrase, anaphore…) , la versification (ce que vous avez dû apprendre pour vendredi). En grammaire, revoyez aussi la valeur des temps, les expansions du nom (CDN, épithète, subordonnée relative, apposition) que vous avez étudiés pendant plusieurs années.

Et, peut-être le plus important, LISEZ bien le sujet, plusieurs fois. Veillez à toujours rédiger vos réponses par des phrases complètes. N’oubliez pas de les justifier, et ne vous contentez pas d’un numéro de ligne. Une petite phrase ne fait jamais de mal.

Et quand vous avez fait tout ça… ZEN!



UN SECRET… A PARTAGER

29 09 2007

 On parle beaucoup en ce moment du film de Claude Miller, avec Patrick Bruel et Cécile de France, qui, très attendu, va sortir le 3 octobre.  Sais-tu que ce film est une adaptation d’un merveilleux roman de Philippe Grimbert, Un secret? Roman qui, du reste, a reçu le Prix Goncourt des lycéens il y a quelques années.  

hh        Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute l’histoire lourde, complexe, toute la saga de sa famille juive française qu’on suit des années 30 jusque dans les années 80 que le narrateur va devoir reconstituer…er

          Je ne vous en dirai pas plus, parce qu’ un secret… c’est un secret, et que ce serait un crime que de dévoiler celui-là à quelqu’un que le livre pourrait tenter. Mais sachez que c’est un roman bouleversant.

        Il commence tout doucement et sans qu’on s’ en rende compte, on est happés par les mots. Ce livre est écrit dans une langue très pure, efimagée, simple mais pas simpliste. On en déguste chaque phrase, en relisant certaines pour mieux les savourer. 

        Seulement l’écriture n’est pas le seul point fort de cette courte autobiographie. L’histoire est poignante, très émouvante. Il se dégage de cet opus une force étonnante.

f         Bref, un petit bijou chargé d’émotion, que je conseille à mes chers élèves de 3ème, qui étudient l’autobiographie et la Seconde Guerre Mondiale.

bb



UNE NOUVELLE A CHUTE DE HENRI GOUGAUD

19 09 2007

e Lucy

Tous ses voisins adoraient Lucy Quimby. Elle était gaie, discrète, serviable - la bonté même. Les jeunes cadres un peu snobs du quartier l’estimaient physiquement quelconque - elle était, il est vrai, un peu boulotte, un peu courte sur pattes, un peu trop blonde - mais dans son regard toujours ensoleillé pétillait une telle gentillesse qu’il suffisait qu’elle vous dise “bonjour”, de grand matin, à l’heure où l’on achète son journal, pour que l’on se sente aussitôt d’humeur allègre et que l’on ait envie d’embrasser ses deux joues rebondies. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait Joseph Quimby. Un jour de printemps, courant à son bureau, la serviette sous le bras, il l’avait rencontrée, revenant du marché, son panier débordant de carottes et de salades. En passant elle lui avait dit un mot aimable avec, dans l’œil, son bon sourire. Alors pris subitement de folie fantasque, il l’avait serrée sur son cœur. Trois mois plus tard, il l’avait épousée. Depuis, Joseph et Lucy Quimby étaient aussi heureux qu’on peut l’être en ce bas monde.

Pourtant, malgré l’amour qu’elle portait à son cher Joseph, la bonne Lucy ne lui avait jamais avoué l’étrange, le terrible secret qui faisait d’elle une femme hors du commun: elle était un peu sorcière. Sa grand-mère - une fieffée mégère, elle - lui avait appris avant de mourir quelques incantations assez efficaces pour lui permettre sans douleur de se transformer en n’importe quel animal. Lucy avait donc le pouvoir d’entrer à volonté dans la peau d’un chat de gouttière ou d’une souris de salon, d’un tigre ou d’un dragon flamboyant, les monstres légendaires n’étant pas exclus du catalogue. Mais elle n’abusait pas de ce don bizarre. Elle en usait même avec la plus extrême discrétion. Sans doute, de temps à autre, allait-elle voleter, abeille parmi les abeilles, autour des fleurs de son jardin, mais elle ne poussait jamais plus loin l’extravagance. Elle était une épouse irréprochable et entendait le rester.

u Or, vers la dixième année de son mariage, Lucy Quimby s’aperçut avec mélancolie que Joseph l’accablait au fil des jours d’une indifférence de plus en plus morne. Il n’était pas vraiment odieux, non, mais il baillait en sa présence, il rêvassait, l’air taciturne, en faisant semblant de lire son journal, bref, il s’éloignait manifestement de sa tendre épouse, voguant vers d’autres jupons. Lucy s’inquiéta. Comme elle était trop bonne pour être jalouse, elle se reprocha de n’être pas assez belle, assez intelligente, assez affectueuse. Elle suivit donc un régime amaigrissant, redoubla d’entrain et d’affection. Elle fit tant qu’elle parvint à ranimer quelques braises et à réchauffer un peu l’atmosphère conjugale. “Alléluia, se dit-elle en son cœur, mon cher Joseph revient à moi.” Hélas, son cher Joseph, un soir, le front barré de rides brisées, le regard fuyant, lui dit brièvement qu’une affaire urgente l’obligeait à s’absenter pour le week-end. f

Alors Lucy, le premier moment de désespoir passé, décida fièrement de le suivre. Non point pour l’espionner, Dieu l’en garde! La sainte femme voulait simplement, tout simplement regarder vivre son époux hors du foyer et apprendre ainsi à mieux le connaître pour l’aimer mieux et le rendre heureux, enfin, s’il était encore temps. Mais comment l’accompagner partout sans être vue? Comment? Parbleu! Elle prononça la formule magique et aussitôt se transforma en puce, en puce minuscule. Et pour être sûre de tout voir, de tout entendre à l’aise, juste au moment où Joseph franchissait la porte de leur petite villa, elle bondit, se posa à l’ombre du lobe de son oreille droite et attendit.

qqa Joseph Quimby n’alla pas très loin. A quelques centaines de mètres de chez lui, il s’arrêta devant la maison de Virginie Stone. “Ainsi, se dit tristement la petite puce, Virginie est l’heureuse élue.” C’était une vieille amie de Lucy. Elle était belle mais très médisante. Une vraie langue de vipère. Une splendide chipie. Joseph entra chez elle. Elle l’accueillit avec passion. Il parut gêné par ses débordements amoureux. “Mon pauvre mari n’a pas l’air dans son assiette, se dit la puce, à l’ombre de l’oreille. Assurément, Virginie Stone n’est pas une femme pour lui. Elle est trop passionnée, trop possessive.” Il s’assit tout raide sur le bord d’un fauteuil en face de sa vampirique maîtresse, s’humecta les lèvres et dit assez solennellement : t

- Ma chère Virginie, j’ai mûrement réfléchi. Nous avons vécu ensemble une agréable aventure mais pour parler honnêtement je ne suis pas amoureux de toi. J’ai décidé de ne plus te revoir et de consacrer ma vie, désormais, à faire le bonheur de ma femme. Lucy est une admirable épouse, j’ai honte de l’avoir trompée, j’espère qu’elle me pardonnera. Je veux passer ce week-end tout seul, à me refaire, pour elle, un cœur tout neuf. Virginie, je te souhaite d’être heureuse avec un homme digne de toi.z

La petite puce écouta ces mots avec une émotion considérable. Elle pleura de joie si fort que ses larmes inondèrent quelques pores derrière l’oreille de son cher Joseph. Virginie Stone, évidemment, réagit de manière en tous points contraire. Quand Joseph Quimby se leva pour prendre congé elle l’agonit d’injures. Il demeura de marbre. “Tu ne peux rien contre notre bonheur, lui cria la petite puce à voix microscopique, gambadant follement sur la joue de son mari, tu ne peux rien contre notre bonheur!”

Hélas, elle se trompait. A bout d’arguments, Virginie Stone gratifia son ex-amant d’une gifle vengeresse, une de ces gifles qui vous impriment pour plusieurs heures le parfait dessin de cinq doigts et d’une paume, en rouge profond, sur la joue. Joseph Quimby, stupéfait, caressa machinalement de l’index sa face durement outragée et la trouva légèrement humide. Il regarda le bout de son doigt et vit un relief de bestiole écrasée. Il se demanda stupidement où il avait bien pu attraper des puces et, complètement sonné, sortit en bredouillant :

- Adieu Lucy

Ce n’était pas un simple lapsus

.

d



CORRIGE DU BREVET 2007

23 07 2007

Le sujet de Brevet 2007 était construit autour d’un extrait des Misérables de Victor Hugo. Jean Valjean sort de prison, arrive dans une auberge et demande le gîte et le couvert. L’aubergiste, qui a reconnu en lui un bagnard, refuse de l’accueillir…

g

I- Un aubergiste singulier

1) a- Imparfait et passé simple sont les deux temps utilisés dans le récit au passé. A la première ligne, l’imparfait renvoie à une action longue, qui est en train de se faire et se poursuit. Cette action est contemporaine d’autres actions plus brèves qui se succèdent, au passé simple, accomplies par un autre personnage : « pendant que » atteste cette contemporanéité.

b- l’emploi de ces temps attire l’attention sur l’aubergiste qui s’affaire comme l’indiquent les nombreux verbes d’action conjugués au passé simple.

2) a- Le terme qui désigne l’aubergiste est celui d’ « hôte » (l. 9).

b- Un hôte est celui qui fait honneur à ses invités : on attend de lui qu’il soit convivial, chaleureux, qu’il accueille les personnes qui se présentent chez lui.

3) a- Les phrases énoncées par l’aubergiste sont le plus souvent négatives : « je n’ai pas », « je ne puis ».

b- Trois expressions désignent la façon dont l’aubergiste répond au voyageur : « cette déclaration faite d’un ton mesuré, mais ferme » (l. 28), « d’un accent qui le fit tressaillir » (l. 43), et « ajouta toujours à voix basse » (l. 46-47).

4) Jacques Labarre ne correspond pas à l’image que l’on se fait ordinairement d’un « digne aubergiste » : en effet, il est méfiant au lieu d’être accueillant, il s’adresse sèchement aux personnes venues pour dîner, et refuse même de servir certaines d’entre elles avant de les pousser à partir par la menace.

h

II- Un voyageur indésirable

1) Le voyageur affirme les propos suivants : « Mais je meurs de faim, moi. J’ai marché dès le soleil levé. J’ai fait douze lieues. Je paye. Je veux manger. » (l. 29-30) Il justifie sa présence par la faim ; celle-ci est due à la journée harassante qu’il a eue. La crainte qui pourrait motiver le refus de l’hôte, le manque d’argent est devancée par le voyageur qui affirme qu’il est apte à payer son repas. Il n’y a donc pas apparemment aucune raison pour qu’on lui refuse un repas. Les raisons invoquées sont donc légitimes.

2) La conjonction de coordination « et » marque ordinairement l’addition. Ici elle prend une valeur singulière de conséquence : « donc » ; elle achève le raisonnement logique amorcé par Jean Valjean.

3) Le terme mis en relief est le pronom moi : à la forme tonique il reprend et renforce le pronom personnel sujet « je » et provoque un effet d’insistance.

4) Le voyageur semble ne pas comprendre les raisons du refus de l’aubergiste : rassuré sur la capacité du voyageur à honorer les frais de son repas, l’aubergiste n’a plus aucune raison de ne pas nourrir le voyageur. Il cède à la colère, s’emporte, la faim et la fatigue aidant, réclamant ce qu’il lui semble légitime d’obtenir dans une auberge : de quoi se restaurer.

5) a-Le narrateur désigne le voyageur en usant des termes suivants : « le nouveau venu » (l. 1) , « le voyageur » (l. 6) puis « l’homme » ( l. 13) et enfin « l’étranger » ( l. 28) ;

b-Quant à l’aubergiste, il s’adresse à lui en le nommant « Monsieur »(l. 12) puis il le désigne par sa véritable identité : « Jean Valjean » (l. 48)

c- Cette dernière désignation permet au voyageur de comprendre que sous cette véritable identité, il ne saurait obtenir ce qui lui revient pourtant de droit : l’autorisation de se restaurer dans une auberge. Son nom est celui d’un forçat.

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III- Le face à face

1) Le voyageur souhaite faire valoir son droit élémentaire à se restaurer dans une auberge, moyennant le prix de son repas, rien de plus. Il vise à être un individu anonyme, à se fondre dans la peau d’un simple voyageur sans que l’image de forçat ne lui colle à la peau. Pour cela, il accepte toutes les conditions de l’aubergiste : y compris celle de dormir avec les chevaux. Il essaye en outre de convaincre l’aubergiste qu’il y a assez de nourriture pour satisfaire l’appétit de ceux qui l’ont prétendument réservée mais aussi celui des autres. L’aubergiste en revanche fait tout pour voir ses doutes levés puis pour dissuader le voyageur de s’attarder chez lui : il refuse ainsi de le loger et de lui servir à dîner, prétextant au début que toute la nourriture est réservée, avouant ensuite que c’est parce qu’il connaît son identité. Son but est de le voir partir.

2) a- Jean Valjean ne se laisse pas faire par l’aubergiste.

b-Posant des questions, il tâche de prouver à son interlocuteur que les réponses apportées ne contredisent en rien la possibilité de le garder à dîner. Ses phrases interrogatives sont suives de phrases nominales.

3) « Allez vous-en » vient du verbe pronominal s’en aller. Il est ici conjugué au présent de l’impératif. Cette phrase est importante car elle énonce un ordre donné par l’aubergiste à Jean Valjean et sonne comme une menace. Elle affirme ce que souhaite vraiment l’hôte.

4) Les propos de l’aubergiste sont de mauvaise foi. La répétition du pronom indéfini « tout » montre qu’il ne veut rien donner au voyageur. L’idée que tout est pris et que rien n’est disponible atteste la mauvais foi de l’aubergiste. En outre, les quantités préparées ne correspondent pas à ce qu’affirme l’hôte. Terminer enfin par des propos menaçants montre que les affirmations précédentes n’avaient pas de valeur.

f

Réécriture :

- réécrire au PQP

- passer de P1 à P6

- lignes 49-50

« En vous voyant entrer, ils s’étaient doutés* de quelque chose, ils avaient envoyé à la mairie et voici ce qu’on leur avait répondu. »

* l’accord du participe passé des verbes pronominaux est extrêmement difficile : ici le pronom réfléchi « s’ » n’est pas analysable ; la grammaire considère alors que l’auxiliaire être l’emporte : donc accord avec le sujet « ils ».

Rédaction :

- imaginez la suite du texte

- aubergiste à sa femme

- sa femme lui montre qu’il a eu tort

- récit au passé

- inclure les arguments échangés et les réactions de l’un et de l’autre.

« Dès qu’il est entré, je me suis douté de quelque chose : cet homme ne semblait pas à l’aise, il ne regardait pas les gens qui l’entouraient dans les yeux. » L’aubergiste raconta à sa femme les recherches qu’il avait menées auprès des services de la mairie pour obtenir des renseignements sur un individu suspect arrivé dans la journée en ville. La femme l’écoutait attentivement, à l’affût du moindre détail. Elle regrettait de ne pas avoir assisté à la scène et se demandait comment elle aurait réagi si elle avait été confrontée à cet homme. Aurait-elle eu, comme son mari, la présence d’esprit de solliciter les autorités locales ? Pourtant elle ne comprenait pas la réaction de celui-ci. Elle osa lui demander :

« Notre homme avait-il de quoi honorer son repas ?

-Oui, d’après ce qu’il disait mais il était hors de question pour moi d’accueillir à ma table un forçat, un homme dangereux. Qu’il aille au diable !

-Pourtant il devait avoir faim et souhaiter se reposer ? Tout forçat qu’il a été, il n’est reste pas moins un homme. Il méritait sans doute un peu de considération. En outre s’il était prêt à payer d’avance, pourquoi ne pas avoir accepté qu’il se restaure à l’abris des regards, pour éviter le scandale ?

-J’ai fait ce que j’ai cru bon pour mon établissement.

-Tu n’en as fait qu’à ta tête et sans cœur encore !

Le femme de l’aubergiste avait presque les larmes aux yeux à la pensée que cet homme affamé fût chassé de cette maison. Son mari ne méritait décidément pas le titre de digne aubergiste qu’elle avait souvent entendu dans la bouche de ses clients fidèles. Comment avait-il justifié son refus ? L’aubergiste lui reporta les échanges vifs auxquels l’avait confronté cette situation. Il semblait heureux d’avoir déjoué toutes les questions que lui avaient posées le voyageur. La nourriture ? Elle était réservée. Les personnes ? Des rouliers qui avaient tout payé d’avance. Mais l’homme avait l’œil affûté et il s’était rendu compte qu’il y avait de quoi nourrir bon nombre de personnes. Qu’importe ! L’aubergiste ne supportait pas l’idée que cet homme, cet étranger, ce voleur ne restât dans sa maison. En disant cela il s’enflammait : sa femme compris que la réaction avait été vive, presque épidermique, que jamais son mari n’avait eu la moindre compassion pour cet homme qui avait sûrement déjà volé, mû par la faim. Elle espérait de son côté voir l’homme reparaître sur le seuil de son auberge : elle lui offrirait le gîte et le couvert comme n’importe quel autre voyageur. Peut-être même le cacherait-elle.



REVISIONS BREVET : Les formes (ou types) de discours

14 06 2007

DISCOURS NARRATIF

Intention de l’énonciateur :

Raconter une histoire

Caractéristiques :

Présence de personnages - Succession d’actions dans le temps- Choix d’un point de vue narratif-

Indices: présence de repères temporels (Indicateurs temporels et connecteurs temporels) - Verbes d’action- Passé simple ou présent.

DISCOURS EXPLICATIF

Intention de l’énonciateur :

Donner des explications, répondre à une question, permettre au récepteur de comprendre.

Caractéristiques :

Vocabulaire précis et technique- énonciateur neutre

Indices: connecteurs logiques et chronologiques- présent de vérité générale.

DISCOURS DESCRIPTIF

Intention de l’énonciateur :

Montrer un lieu, un personnage, un objet. Permettre au récepteur de l’imaginer.

Caractéristiques :

Organisation dans l’espace - Choix d’un point de vue descriptif

Indices: présence de repères spatiaux - Verbes d’état ou de perception-Expansions du GN- Emploi de l’imparfait descriptif pour le passé et du présent descriptif pour le présent.

DISCOURS ARGUMENTATIF

Intention de l’énonciateur :

Convaincre, persuader

Caractéristiques :

Présence d’une thèse (ce que pense le locuteur sur un sujet) soutenue par des arguments (idées avancées pour démontrer que la thèse est juste) eux-mêmes soutenus par des exemples (faits concrets pour illustrer les arguments)

Présence du locuteur dans son énoncé: jugement, opinion.

Indices: connecteurs logiques - mots exprimant l’opinion et le jugement

DISCOURS INJONCTIF

Intention de l’énonciateur :

Ordonner, conseiller

Caractéristiques :

Conseils, ordres

Indices: modes employés: impératif et subjonctif



REVISIONS BREVET : La modalisation

13 06 2007

La présence de l’émetteur dans son énoncé ne se voit pas qu’à la présence des pronoms liés à cet émetteur (je, nous, mon, notre…). En effet, l’émetteur peut aussi manifester sa subjectivité, en indiquant par des indices ses sentiments ou son avis par rapport à ce qu’il dit, même dans un texte à la 3ème personne. On appelle modalisation l’ensemble de ces indices.


Le commentaire peut porter sur la probabilité :

Il évalue alors le degré de vérité, de certitude de l’énoncé : celui-ci peut être probable, obligatoire, certain, possible… L’information donnée est plus ou moins sûre.

Moyens utilisés :
- Verbes :
devoir, pouvoir, sembler, paraître, prétendre, affirmer, ignorer, croire…
Il doit arriver pour dîner. Il peut avoir eu un problème. Cela paraît fou. Je crois qu’il viendra.
- Temps : futur antérieur (supposition), conditionnel (hypothèse, incertitude)
Il aura raté son train. Il serait innocent de ce crime abominable.
- Adverbes : peut-être, sans doute, probablement Expression mettant à distance l’information donnée :
Selon des sources… D’après Monsieur X…

Le commentaire peut être appréciatif (évaluatif) ou affectif :

Il exprime alors le jugement de l’énonciateur, favorable ou défavorable, sur l’information qu’il nous donne.

Moyens utilisés :
- Lexique :

- Gn ou adjectifs subjectifs (mélioratifs ou péjoratifs) : inadmissible, formidable…
- verbes exprimant l’opinion, le jugement : estimer, détester, …
- Adverbes : heureusement,
- GN : par bonheur, à ma grande surprise
- Intonation (à l’oral)
- Typographie spéciale : gras, italique, capitales
- Ponctuation : !!
- Figures de style : antiphrase, périphrase…



REVISIONS BREVET : L’autobiographie

13 06 2007

I Définition

L’étymologie grecque permet de définir le genre. L’autobiographie est le récit que fait un auteur de sa propre vie.

II Caractéristiques
Importance du “Je”

- L’auteur, le narrateur et le personnage principal sont la même personne.
- Le point de vue est interne (donc subjectif): c’est l’auteur qui raconte ses souvenirs, ce que lui a vécu.
- Le récit est donc fait à la première personne.
- Deux “je” coexistent : celui du moment de l’événement raconté, de l’enfance, d’hier et celui du moment de l’écriture, d’aujourd’hui.
- L’autobiographie a un double destinataire : soi-même et le lecteur.

Mémoire et sincérité

- Tout ce qui est raconté est présenté comme vrai. L’auteur s’efforce d’être sincère. Mais les années qui ont passé entre le moment où les événements ont eu lieu et le moment où l’auteur les raconte font que les souvenirs peuvent être déformés ou incomplets.
- Tout n’est pas raconté : l’auteur fait une sélection parmi ses souvenirs. Cette sélection a un sens par rapport à l’image qu’il veut donner de lui-même, à son projet autobiographique.

Le rapport au passé

- Le texte fait alterner récit et analyse. L’auteur reconstitue son passé, il le reconstruit. Il analyse aussi ce qu’il a été : selon les cas, au moment de l’écriture, l’auteur peut s’identifier au “je” d’autrefois en revivant les émotions d’alors ou au contraire, il peut prendre du recul en ayant une vision critique sur ce souvenir.

Jeu des temps

Les deux systèmes de temps peuvent être utilisés :
- le temps de l’écriture est ancré dans la situation d’énonciation : l’auteur utilise le système du présent (temps de base : le présent d’énonciation) pour faire des commentaires.
- le temps du souvenir (passé) est plus ou moins éloigné de la situation d’énonciation : quand l’auteur veut marquer que le souvenir est lointain, quand il veut prendre ses distances, il utilise les temps du passé (passé simple); quand il veut au contraire garder une impression de proximité, il utilise les temps ancrés dans la situation d’énonciation (passé composé)

 III Les sous-genres et les genres proches

Sous-genres
- Les mémoires : l’auteur sélectionne dans sa vie les événements liés à l’Histoire dont il a été témoin ou acteur. Il y a peu de place pour sa vie personnelle. L’auteur donne sa vision personnelle de l’Histoire.
- Le journal intime : texte écrit jour après jour, secret, sans projet de publication. Le seul destinataire est l’auteur lui-même. L’auteur raconte avec sincérité les événements de sa vie, les analyse à chaud et donne ses impressions.

Genres proches
- La biographie : récit de la vie d’une personne célèbre fait à la 3ème personne et rédigé par un auteur autre que cette personne. L’auteur fait des recherches sérieuses, se documente, vérifie les éléments. Dans une biographie romancée, l’auteur privilégie le sensationnel plutôt que la vérité.
- Les lettres : les échanges de lettres permettent aussi de reconstituer la vie de quelqu’un.

 IV Les intentions de l’autobiographe (mais pourquoi ce besoin de raconter ses souvenirs?)

- Laisser une trace de sa vie et lutter contre l’écoulement du temps et l’oubli : l’auteur est le sujet de son livre.
- Donner de la cohérence à sa vie en l’écrivant et en lui donnant la forme d’un récit. On peut écrire pour se justifier. Ou écrire pour analyser sa propre évolution, pour mieux se connaître en analysant qui on a été et ce qu’on a fait.
- L’auteur veut témoigner de son expérience : celle-ci est assez importante pour apprendre quelque chose aux autres hommes. Il peut vouloir informer ou dénoncer.

 V Les fausses autobiographies (attention au mensonge!)
- Certains récit présentés comme des autobiographies sont en fait des fictions. Tout ou presque y est inventé. Ainsi, on peut trouver de faux journaux intimes, de faux souvenirs, de fausses lettres.
- Il peut aussi arriver que l’auteur s’inspire de sa vie pour en faire une fiction. Certaines choses sont vraies, d’autres sont transformées, d’autres sont inventées.

Quand un récit est écrit à la première personne, il faut toujours se demander s’il s’agit d’un récit autobiographique (vrai, ou présenté ainsi par l’auteur) ou bien d’une fiction (d’un récit inventé). Si le récit est autobiographique, il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’auteur raconte sa vie.



REVISIONS BREVET : Genres, types, tonalités

13 06 2007

Vous ne devez pas confondre ces trois notions qui sont extrêmement différentes. Elles vous sont utiles pour répondre aux questions sur le texte que vous étudiez comme pour votre rédaction, qui vous donne souvent des consignes concernant le genre et le type.

I Le genre du texte

On caractérise le texte d’après sa forme générale. Dans chaque genre, il existe des sous-genres.- Roman : d’amour, historique, policier, autobiographique, de science-fiction, d’aventures…
- Nouvelle : de science-fiction, fantastique, réaliste…
- Théâtre : comédie, tragédie, drame
- Poésie : en vers réguliers, en vers libres, en prose
- Autres genres : lettres, contes, autobiographie…

II La forme de discours 

N’oubliez pas qu’un même texte peut contenir différentes formes de discours : narratif, descriptif, explicatif, argumentatif, injonctif. En rédaction, on vous demandera de combiner ces différents types en vous indiquant aussi quel genre de texte vous devez produire.

III Les tonalités

Le ton, la tonalité du texte (ou d’un passage) sont liés à l’effet produit sur le destinataire ou le lecteur.

- Comique : fait rire - Humoristique: fait sourire
- Dramatique : émeut, fait peur, maintient le suspense
- Pathétique : émeut, inspire la pitié, fait pleurer
- Tragique : inspire la terreur et le désespoir sur le destin de l’homme qui semble décidé par les dieux.
- Lyrique : fait partager les sentiments intimes.

On peut apporter des nuances à ces grandes tonalités: ironique: qui se moque en disant le contraire de ce qu’il pense satirique: qui se moque en caricaturant ce dont il parle Émouvant, triste, animé, violent, effrayant…

IV Classer et qualifier un texte

Quand on regarde

on trouve

Exemple

La forme du texte Son genre Roman, théâtre, poésie…
Le but, l’intention de celui qui parle ou écrit Son type Narratif, argumentation, descriptif…
L’effet produit sur le destinataire Sa tonalité Lyrique, comique, pathétique…