Voici quelques petits rappels des notions propres à la matière « français » que vous devez connaître parfaitement pour comprendre les consignes et y répondre. Ces rappels, si vous y prêtez bien attention, vous seront très utiles pour être au clair sur le minimum vital. Cette feuille vous renvoie à vos cours et aux petits bilans pour de plus amples détails, ainsi qu’à votre manuel.

I/ METHODOLOGIE

  • Convocation et pièce d’identité : Ayez-les sur vous le jour de l’épreuve ! (Elles seront systématiquement vérifiées).
  • Temps : Courez avec la montre ! Faites bien attention au temps qui vous est imparti pour chaque épreuve et faites en sorte de toujours vous ménager un temps de relecture.
  • Ordre et durée des épreuves : Lecture, réécriture, dictée (1h30), pause (15 minutes), écriture (1h30).
  • 1/3 temps : Lecture, réécriture, dictée (2 heures), pause (15 minutes), écriture (2 heures).
  • Consignes : Relisez plusieurs fois toutes les consignes, elles sont là pour vous guider et vous indiquer les tâches à réaliser.
  • Questions de lecture : N’y répondez pas avant d’en avoir lu l’ensemble une première fois, et lu et relu le texte. Elles ne sont pas conçues pour vous piéger, mais au contraire pour vous aider à construire le sens du texte. De plus, elles s’enchaînent. Aussi, avant de répondre à une question, regardez bien ce que vous avez répondu précédemment. Les mots y sont soigneusement choisis, en particulier les verbes : « relever », « citer », « justifier », « expliquer »… Enfin, ne répondez pas deux fois la même chose : deux questions différentes attendent deux réponses différentes !
  • Grammaire : Ce sont les normes, les règles d’écriture adoptées et fixées afin que la langue soit à peu près stable et recevable pour tous (sinon on ne se comprendrait plus !).
  • Orthographe : C’est l’art de bien écrire selon la norme adoptée par un ensemble de locuteurs en un temps et un lieu donnés. Pour les règles de base, reportez-vous au Bled ou à l’ORTH (à votre disposition au collège).
  • Conjugaisons : C’est l’art de donner des terminaisons aux verbes, en fonction du nombre, de la personne, du temps et du mode.
  • Réécriture : On vous demande en général de modifier soit les sujets, soit les temps, soit le genre, soit le nombre. Ne changez que ce qu’on vous demande !
  • Recopiage : Vous gagnerez déjà quelques points, et c’est loin d’être négligeable, à recopier sans faute. En effet, dans ce genre d’exercice tout n’est pas à changer !
  • Ecriture : Le texte qui vous sera demandé répondra à un genre précis et mêlera toujours différentes formes de discours (comme en lecture). Le nombre de lignes exigé n’est pas toujours précisé, mais écrivez au moins trente lignes, c’est ce qu’on vous demande depuis la sixième ! Soyez généreux : les textes trop courts ne développent pas bien les sujets !
  • Brouillon : Vous avez au moins le temps de faire le plan de votre texte. Prenez soin de rédiger entièrement le début (introduction) et la fin (conclusion) !
  • Majuscules / minuscules / ponctuation : C’est le minimum du minimum vital ! Vous mettrez très en colère le correcteur qui constatera ces oublis très fâcheux, ne serait-ce que pour la clarté et la lisibilité.
  • Paragraphes : Quoi que vous écriviez, il faut absolument que vous aériez votre texte et que vous en mettiez en valeur la progression par des paragraphes (alinéas et sauts de ligne).
  • Lisibilité et propreté : C’est la moindre des politesse pour le correcteur qui a de nombreuses copies à lire et qui, de toute façon, n’est pas là pour déchiffrer des hiéroglyphes ! Votre texte doit être un message clair.
  • Relecture : Relisez-vous en fonction de vos difficultés habituelles. Indispensable.

II/ LECTURE

  • Paratexte (titres, auteurs, dates, chapeaux…) : ils sont de précieux indices de lecture, lisez-les avant de lire le texte lui-même. Mais, attention, quand on justifie une réponse, on cite en général le texte, non pas les paratextes.
  • Contexte : c’est l’ensemble des conditions d’écriture (époque, lieu, auteur, genre…) dont il faut évidemment tenir compte pour une bonne compréhension du texte.
  • Typographie : il se peut qu’on vous demande de commenter les caractères gras, italiques, soulignés, les guillemets ou les parenthèses… A vous de voir selon le contexte.
  • Emetteur ou énonciateur : celui qui produit un message, un énoncé. Selon le genre auquel on a affaire, on parle de locuteur (et d’interlocuteur quand deux personnes échangent), d’auteur, de compositeur, d’écrivain, de poète, de dramaturge…
  • Récepteur : celui qui reçoit un message, un énoncé.
  • Enoncé : c’est le produit de l’énonciation, quel que soit le message envoyé (énoncé écrit, oral ou images), ce que nous recevons en tant que récepteurs.
  • Enonciation : c’est l’acte même par lequel se produit un message, quel qu’il soit (énoncé écrit, oral ou images). Acte de création d’un énoncé.
  • Situation d’énonciation : c’est la situation (émetteur, récepteur, lieu, date, circonstances) dans laquelle se produit un énoncé.
  • Enoncé ancré dans la situation d’énonciation : c’est quand l’acte de production de l’énoncé (énonciation) est très présent, marqué dans le texte et qu’il faut donc l’avoir élucidé pour comprendre le sens. « Je trouve que ce tableau est très beau ! »
  • Enoncé coupé de la situation d’énonciation : c’est quand l’acte de production de l’énoncé (énonciation) n’apparaît pas dans le texte. A la limite peu importe l’émetteur, le récepteur, le lieu, la date et les circonstances de production de l’énoncé, on n’en pas besoin pour comprendre le sens. « Victor Hugo naquit en 1802. »
  • Genres : c’est un classement littéraire des textes.

Récit ( nouvelle, roman, conte, légende, biographie, autobiographie, journal intime…)

Poésie ( poème extrait d’un recueil, chanson lyrique ou engagée…)

Théâtre ( tragédie, comédie, tragi-comédie, humour, absurde…)

Documentaire ( article de presse, article de dictionnaire, documentaire…)

Epistolaire (correspondance par lettres ou mails ou …)

Essai (critique, plaidoyer (pour), réquisitoire (contre)…)

  • Visée : C’est ce que vise globalement l’émetteur d’un message : la visée (ou but) peut être narrative, descriptive, informative, explicative ou argumentative.
  • Formes de discours : narratif, descriptif, informatif, explicatif, injonctif, argumentatif, qui correspondent à une intention de l’émetteur et à une forme particulière : raconter, décrire, informer, expliquer, donner des ordres (ou conseils), convaincre. Ces formes de discours sont presque toujours mêlées, les séquences se succédant dans un même texte. Pour expliquer par exemple le fonctionnement d’un four électrique, on va devoir à la fois décrire, expliquer et peut-être raconter (et donc utiliser 3 formes de discours).
  • Paroles rapportées (ou discours rapporté ou style) :

3 façons de rapporter des discours : direct (dialogue, monologue), indirect ou indirect libre.

  • Registres (ou tonalités du texte) : lyrique, humoristique, tragique, comique…
  • 3 niveaux de langue : soutenu, courant, familier.
  • Figures de style : les procédés qui augmentent le sens (p.111 et 137 du manuel).

Figures d’analogie (ressemblance) : comparaison, métaphore, personnification…

Figures de construction : parallélisme, chiasme, antithèse, énumération…

Figures d’insistance : répétition, anaphore, amplification…

Figures de l’ironie : euphémisme, litote, antiphrase…

Notions propres au discours narratif
  • Auteur : personne ayant produit un texte.
  • Narrateur : celui (personne fictive) qui raconte.
  • Personnage : acteur des événements racontés.
  • Autobiographie : la propriété narrative de l’autobiographie est de réaliser l’équation : auteur = narrateur = personnage.
  • Histoire (ou fiction) : un début, une série d’actions et une fin (que l’on met en valeur avec le fameux « schéma narratif »).
  • Narration : façon de raconter.
  • Récit : ensemble de l’histoire (ou fiction) et de la narration.
  • Ordre du récit : un récit peut respecter l’ordre chronologique des événements ou s’en jouer au contraire pour différentes raisons en procédant à des retours en arrière (flash-back) ou à des projections dans le futur (anticipation).
  • Rythme du récit : un récit peut raconter en temps réel (scène), accélérer (résumé, sommaire ou ellipse), ralentir ou faire des pauses (description, portrait).
  • Point de vue narratif : un récit peut être fait du point de vue d’un personnage (focalisation interne), du point de vue d’un narrateur simple observateur (focalisation externe) ou qui sait tout, omniscient (focalisation zéro).
  • Indicateurs ou indices de lieux (spatiaux) : tous les éléments du texte qui permettent de situer l’action dans l’espace.
  • Indicateurs ou indices de temps (temporels) : tous les éléments du texte qui permettent de situer l’action dans le temps.

Notions propres au discours descriptif

  • Désignation : c’est la façon dont les éléments de la description sont nommés.
  • Caractérisation : c’est la façon dont les éléments de la description sont décrits, détaillés par des adjectifs, des compléments du nom, des relatives, des appositions.
  • Description objective : qui correspond au plus près possible à la réalité.
  • Description subjective : qui dévoile le jugement, l’appréciation de l’énonciateur, de façon valorisante ou dévalorisante.

Notions propres au discours argumentatif

  • Thème : c’est le sujet, ce dont on parle. « Le brevet »
  • Thèse : c’est l’expression d’une opinion sur le sujet. « C’est dur le brevet ! »
  • Thèse adverse : c’est l’expression d’une opinion contraire. « C’est facile le brevet ! »
  • Arguments : ce sont les preuves apportées pour soutenir la thèse. « Le brevet est dur, car il faut tout réviser et à cette époque de l’année on est fatigué. »
  • Exemple : ce sont les éléments concrets apportés pour illustrer les arguments. « Il faut réviser, par exemple, toutes les catégories grammaticales que l’on n’a jamais sues ! »
  • Contre-argument : argument de la thèse adverse. « Les profs radotent tellement qu’on n’a pas besoin de réviser pour savoir ! »
  • Contre-exemple : exemple qui soutient un contre-argument. « Ainsi non seulement elles radotent, mais encore elles donnent des bilans et on lit en classe le vade-mecum ! Et on fait même du latin ! »
  • Concession : on cède à l’autre, partisan d’une thèse adverse, sur un point, généralement pour mieux défendre sa propre opinion. « D’accord, il faut réviser, mais ce n’est pas si désagréable quand on s’y prend d’avance. »
  • Valorisation : c’est le fait d’augmenter la valeur d’une idée ou d’une chose par le lexique ou des figures de style.
  • Dévalorisation : c’est le fait, au contraire, de rabaisser une idée ou une chose.
  • Modalisation : nuances apportées dans l’expression d’une idée, marques de la subjectivité de l’énonciateur à l’égard de son énoncé.
  • Liens logiques : ce sont les liens dans un raisonnement qui unissent des idées et qui sont généralement explicités sous la forme de conjonctions de coordination ou de subordination. Les principaux liens logiques sont : la cause, la conséquence, la condition, l’opposition ou la concession.
  • Explicite : très clairement énoncé.
  • Implicite : qui n’est pas clairement énoncé, qui utilise des sous-entendus.

III/ VOCABULAIRE

  • Champ lexical : ensemble de mots et d’expressions se rapportant à une même notion.
  • Synonymes : mots de même sens ou voisin. « jouer » / « s’amuser »
  • Homophones : mots ayant le même son. « verre » / « vair » / « vers » / « vert » Homonymes : mots de même graphie. « vers » (poésie) / « vers » (direction)
  • Antonymes : mots de sens contraire. « heureux / malheureux »
  • Mots de la même famille : mots ayant un radical commun. « chant / chanteur / chanter »
  • Etymologie : origine et formation des mots.
  • Dérivation : formation des mots par associations de particules (préfixes, radicaux, suffixes). « chant », « chanteur », « chanter », « enchanter », « chanter », « chantage »…
  • Mots composés : formation de mots par « collages » comme « porte-clés », « casse-croûte ». Attention aux pluriels de ces mots. Voir Bled ou ORTH.

IV/ GRAMMAIRE

  • Phrases simples / phrases complexes :

Une phrase est simple quand elle ne contient qu’une seule proposition (un verbe conjugué), complexe quand elle articule différentes propositions.

Dans une phrase complexe, les propositions peuvent être soit coordonnées par des conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car (ces propositions sont alors dites indépendantes), soit reliées par des conjonctions de subordination : puisque, alors que, si bien que, de façon telle que… (dans ce cas on parle d’une proposition principale et d’une ou de proposition(s) subordonnée(s).

  • 3 formes de phrase :

affirmative : « Il me l’a dit. »

négative « Il ne me l’a pas dit », « Il ne me l’a point dit. », « Il ne me l’a plus dit. », « Il ne me l’a jamais dit », « Il ne m’a rien dit. », « Il ne me l’a ni dit, ni écrit. »

emphatique (ou présentative) : « C’est lui qui me l’a dit. »

  • 4 types de phrase :

phrase déclarative (.), phrase interrogative (?), phrase exclamative (!), phrase injonctive (. ou !).

  • Catégories grammaticales (natures des mots, groupes de mots et propositions) :

- mots invariables : adverbes, conjonctions, prépositions, interjections sont vos amis car leur orthographe ne change jamais ( ils ne s’accordent pas) ! Appuyez-vous sur eux pour écrire en bonne partie correctement.

- mots variables : déterminants, noms, pronoms, adjectifs, participes présents, participes passés, adjectifs verbaux, verbes.

- groupes de mots : groupes nominaux, groupes adjectivaux, groupes verbaux.

- propositions : indépendante, principale, subordonnée complétive (« Je pense que vous allez vous en sortir. »), subordonnée interrogative indirecte ( « Je me demande si vous allez vous en sortir. »), subordonnée relative ( « Le brevet que vous allez passer sera facile cette année. », subordonnée conjonctive ( « Vous allez le trouver facile parce que vous aurez bien révisé. »).

  • Fonctions dans les phrases :

Les fonctions des mots et groupes de mots par rapport aux verbes :

- sujet (qui ?): « Hier matin, Luc a donné un joli bouquet de tulipes à Françoise. »

- complément d’objet direct ( quoi ? ou qui ? après un verbe d’action) : « Hier matin, Luc a donné un joli bouquet de tulipes à Françoise. »

- attribut (quoi ? ou qui ? après un verbe d’état) : « ce bouquet est un joli cadeau »

- complément d’objet indirect (à qui ? de quoi ?) : « Il lui a parlé d’un voyage en Italie. »

- complément d’attribution (pour qui ?) : « Hier matin, sur le chemin de l’école, Luc a donné un joli bouquet de tulipes à Françoise. »

- complément circonstanciel (où ? quand ? pourquoi ? comment ?) : « Hier matin, sur le chemin de l’école, Luc a donné un bouquet de tulipes à Françoise. »

- complément d’agent (par qui ? par quoi ?) : « Le bouquet a été offert par Luc. » avec le verbe à la voix passive.

Les fonctions des mots ou groupes de mots par rapport aux noms :

- complément du nom (ou de détermination) : « un joli bouquet de tulipes »

- apposition : « Ce bouquet, un joli cadeau, a fait plaisir à Françoise »

- épithète : « un joli bouquet de tulipes »

  • Verbes : verbes d’état (être, paraître, sembler, rester…) ou verbes d’action. Les verbes peuvent être à la forme active (manger, offrir) ou passive (être mangé, être offert).
  • Temps verbaux et valeurs : Revoir les différentes conjugaisons. Passé, présent, futur (antériorité, simultanéité, postériorité).

Ils s’emploient selon que l’énoncé est ou non coupé de la situation d’énonciation.

Temps des énoncés ancrés : plus-que-parfait, passé composé, imparfait, présent de l’énonciation, présent de vérité générale, futur antérieur, futur simple.

Temps des énoncés coupés : plus-que-parfait, passé antérieur, passé simple, imparfait, présent de narration, présent de vérité générale, futur dans le passé, conditionnel passé (1ère et 2ème formes).

Attention : les énoncés peuvent être mixtes (ancré et coupé) et associer ces temps.

  • Modes des verbes (et valeurs) : infinitif (forme nominale et impersonnelle du verbe : « attendre »), participes présents ou passés (forme adjectivale du verbe : « attendant », « attendu », « ayant attendu »), gérondif (« en t’attendant »), indicatif (mode de la réalité : « j’attends ») , subjonctif (mode de l’éventualité, de ce qui n’est pas ou pas encore réalisé : « il faut que j’attende »), impératif (mode de l’injonction, du conseil, de l’ordre : « attends ! » ), conditionnel (mode de l’hypothèse, du souhait ou du regret : « j’attendrais »).

V ORTHOGRAPHE (grammaticale et lexicale)

  • Accords dans les groupes nominaux : Les accords se font en genre (masculin / féminin) et en nombre (singulier / pluriel) par rapport au nom noyau du groupe.
  • Accords sujet(s) – verbe(s) : Le verbe s’accorde toujours avec son sujet. Il est toujours inversé dans les interrogatives directes. Un verbe peut avoir plusieurs sujets.
  • Attention aux pièges de l’homophonie, ne confondez pas :

« et » (conjonction) / « est » (verbe « être » conjugué) ;  « à » (préposition) / « a » (verbe « avoir » conjugué)

« c’est » (emphatique) / « ses » (adjectif possessif) / « ces » (adjectif démonstratif)

« mes » (adjectif possessif) / « mais » (conjonction de coordination), etc.



DISCOURS NARRATIF

Intention de l’énonciateur :

Raconter une histoire

Caractéristiques :

Présence de personnages – Succession d’actions dans le temps- Choix d’un point de vue narratif-

Indices: présence de repères temporels (Indicateurs temporels et connecteurs temporels) – Verbes d’action- Passé simple ou présent.

DISCOURS EXPLICATIF

Intention de l’énonciateur :

Donner des explications, répondre à une question, permettre au récepteur de comprendre.

Caractéristiques :

Vocabulaire précis et technique- énonciateur neutre

Indices: connecteurs logiques et chronologiques- présent de vérité générale.

DISCOURS DESCRIPTIF

Intention de l’énonciateur :

Montrer un lieu, un personnage, un objet. Permettre au récepteur de l’imaginer.

Caractéristiques :

Organisation dans l’espace – Choix d’un point de vue descriptif

Indices: présence de repères spatiaux – Verbes d’état ou de perception-Expansions du GN- Emploi de l’imparfait descriptif pour le passé et du présent descriptif pour le présent.

DISCOURS ARGUMENTATIF

Intention de l’énonciateur :

Convaincre, persuader

Caractéristiques :

Présence d’une thèse (ce que pense le locuteur sur un sujet) soutenue par des arguments (idées avancées pour démontrer que la thèse est juste) eux-mêmes soutenus par des exemples (faits concrets pour illustrer les arguments)

Présence du locuteur dans son énoncé: jugement, opinion.

Indices: connecteurs logiques – mots exprimant l’opinion et le jugement

DISCOURS INJONCTIF

Intention de l’énonciateur :

Ordonner, conseiller

Caractéristiques :

Conseils, ordres

Indices: modes employés: impératif et subjonctif



La présence de l’émetteur dans son énoncé ne se voit pas qu’à la présence des pronoms liés à cet émetteur (je, nous, mon, notre…). En effet, l’émetteur peut aussi manifester sa subjectivité, en indiquant par des indices ses sentiments ou son avis par rapport à ce qu’il dit, même dans un texte à la 3ème personne. On appelle modalisation l’ensemble de ces indices.


Le commentaire peut porter sur la probabilité :

Il évalue alors le degré de vérité, de certitude de l’énoncé : celui-ci peut être probable, obligatoire, certain, possible… L’information donnée est plus ou moins sûre.

Moyens utilisés :
- Verbes :
devoir, pouvoir, sembler, paraître, prétendre, affirmer, ignorer, croire…
Il doit arriver pour dîner. Il peut avoir eu un problème. Cela paraît fou. Je crois qu’il viendra.
- Temps : futur antérieur (supposition), conditionnel (hypothèse, incertitude)
Il aura raté son train. Il serait innocent de ce crime abominable.
- Adverbes : peut-être, sans doute, probablement Expression mettant à distance l’information donnée :
Selon des sources… D’après Monsieur X…

Le commentaire peut être appréciatif (évaluatif) ou affectif :

Il exprime alors le jugement de l’énonciateur, favorable ou défavorable, sur l’information qu’il nous donne.

Moyens utilisés :
- Lexique :

- Gn ou adjectifs subjectifs (mélioratifs ou péjoratifs) : inadmissible, formidable…
- verbes exprimant l’opinion, le jugement : estimer, détester, …
- Adverbes : heureusement,
- GN : par bonheur, à ma grande surprise
- Intonation (à l’oral)
- Typographie spéciale : gras, italique, capitales
- Ponctuation : !!
- Figures de style : antiphrase, périphrase…



I Définition

L’étymologie grecque permet de définir le genre. L’autobiographie est le récit que fait un auteur de sa propre vie.

II Caractéristiques
Importance du “Je”

- L’auteur, le narrateur et le personnage principal sont la même personne.
- Le point de vue est interne (donc subjectif): c’est l’auteur qui raconte ses souvenirs, ce que lui a vécu.
- Le récit est donc fait à la première personne.
- Deux “je” coexistent : celui du moment de l’événement raconté, de l’enfance, d’hier et celui du moment de l’écriture, d’aujourd’hui.
- L’autobiographie a un double destinataire : soi-même et le lecteur.

Mémoire et sincérité

- Tout ce qui est raconté est présenté comme vrai. L’auteur s’efforce d’être sincère. Mais les années qui ont passé entre le moment où les événements ont eu lieu et le moment où l’auteur les raconte font que les souvenirs peuvent être déformés ou incomplets.
- Tout n’est pas raconté : l’auteur fait une sélection parmi ses souvenirs. Cette sélection a un sens par rapport à l’image qu’il veut donner de lui-même, à son projet autobiographique.

Le rapport au passé

- Le texte fait alterner récit et analyse. L’auteur reconstitue son passé, il le reconstruit. Il analyse aussi ce qu’il a été : selon les cas, au moment de l’écriture, l’auteur peut s’identifier au “je” d’autrefois en revivant les émotions d’alors ou au contraire, il peut prendre du recul en ayant une vision critique sur ce souvenir.

Jeu des temps

Les deux systèmes de temps peuvent être utilisés :
- le temps de l’écriture est ancré dans la situation d’énonciation : l’auteur utilise le système du présent (temps de base : le présent d’énonciation) pour faire des commentaires.
- le temps du souvenir (passé) est plus ou moins éloigné de la situation d’énonciation : quand l’auteur veut marquer que le souvenir est lointain, quand il veut prendre ses distances, il utilise les temps du passé (passé simple); quand il veut au contraire garder une impression de proximité, il utilise les temps ancrés dans la situation d’énonciation (passé composé)

 III Les sous-genres et les genres proches

Sous-genres
- Les mémoires : l’auteur sélectionne dans sa vie les événements liés à l’Histoire dont il a été témoin ou acteur. Il y a peu de place pour sa vie personnelle. L’auteur donne sa vision personnelle de l’Histoire.
- Le journal intime : texte écrit jour après jour, secret, sans projet de publication. Le seul destinataire est l’auteur lui-même. L’auteur raconte avec sincérité les événements de sa vie, les analyse à chaud et donne ses impressions.

Genres proches
- La biographie : récit de la vie d’une personne célèbre fait à la 3ème personne et rédigé par un auteur autre que cette personne. L’auteur fait des recherches sérieuses, se documente, vérifie les éléments. Dans une biographie romancée, l’auteur privilégie le sensationnel plutôt que la vérité.
- Les lettres : les échanges de lettres permettent aussi de reconstituer la vie de quelqu’un.

 IV Les intentions de l’autobiographe (mais pourquoi ce besoin de raconter ses souvenirs?)

- Laisser une trace de sa vie et lutter contre l’écoulement du temps et l’oubli : l’auteur est le sujet de son livre.
- Donner de la cohérence à sa vie en l’écrivant et en lui donnant la forme d’un récit. On peut écrire pour se justifier. Ou écrire pour analyser sa propre évolution, pour mieux se connaître en analysant qui on a été et ce qu’on a fait.
- L’auteur veut témoigner de son expérience : celle-ci est assez importante pour apprendre quelque chose aux autres hommes. Il peut vouloir informer ou dénoncer.

 V Les fausses autobiographies (attention au mensonge!)
- Certains récit présentés comme des autobiographies sont en fait des fictions. Tout ou presque y est inventé. Ainsi, on peut trouver de faux journaux intimes, de faux souvenirs, de fausses lettres.
- Il peut aussi arriver que l’auteur s’inspire de sa vie pour en faire une fiction. Certaines choses sont vraies, d’autres sont transformées, d’autres sont inventées.

Quand un récit est écrit à la première personne, il faut toujours se demander s’il s’agit d’un récit autobiographique (vrai, ou présenté ainsi par l’auteur) ou bien d’une fiction (d’un récit inventé). Si le récit est autobiographique, il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’auteur raconte sa vie.



Vous ne devez pas confondre ces trois notions qui sont extrêmement différentes. Elles vous sont utiles pour répondre aux questions sur le texte que vous étudiez comme pour votre rédaction, qui vous donne souvent des consignes concernant le genre et le type.

I Le genre du texte

On caractérise le texte d’après sa forme générale. Dans chaque genre, il existe des sous-genres.- Roman : d’amour, historique, policier, autobiographique, de science-fiction, d’aventures…
- Nouvelle : de science-fiction, fantastique, réaliste…
- Théâtre : comédie, tragédie, drame
- Poésie : en vers réguliers, en vers libres, en prose
- Autres genres : lettres, contes, autobiographie…

II La forme de discours 

N’oubliez pas qu’un même texte peut contenir différentes formes de discours : narratif, descriptif, explicatif, argumentatif, injonctif. En rédaction, on vous demandera de combiner ces différents types en vous indiquant aussi quel genre de texte vous devez produire.

III Les tonalités

Le ton, la tonalité du texte (ou d’un passage) sont liés à l’effet produit sur le destinataire ou le lecteur.

- Comique : fait rire - Humoristique: fait sourire
- Dramatique : émeut, fait peur, maintient le suspense
- Pathétique : émeut, inspire la pitié, fait pleurer
- Tragique : inspire la terreur et le désespoir sur le destin de l’homme qui semble décidé par les dieux.
- Lyrique : fait partager les sentiments intimes.

On peut apporter des nuances à ces grandes tonalités: ironique: qui se moque en disant le contraire de ce qu’il pense satirique: qui se moque en caricaturant ce dont il parle Émouvant, triste, animé, violent, effrayant…

IV Classer et qualifier un texte

Quand on regarde

on trouve

Exemple

La forme du texte Son genre Roman, théâtre, poésie…
Le but, l’intention de celui qui parle ou écrit Son type Narratif, argumentation, descriptif…
L’effet produit sur le destinataire Sa tonalité Lyrique, comique, pathétique…


1. Valeurs du mode indicatif

1.1. Le présent de l’indicatif:
a)- Le présent de l’indicatif marque surtout que l’action s’accomplit au moment où l’on parle, c’est le présent actuel: Les voitures passent dans la rue.
b)- Le présent de l’indicatif peut exprimer aussi des faits habituels, c’est le présent d’habitude: Il va chaque matin à l’école.
c)- Le présent de l’indicatif exprime aussi des vérités durables: La lune nous réfléchit les rayons du soleil.
d)- Le présent de l’indicatif peut marquer aussi des proverbes, des maximes, des pensées morales, c’est le présent de vérité générale (ou présent atemporel / intemporel): « Qui dort, dîne« .
e)- Le présent de l’indicatif peut impliquer aussi une action passée (passé récent) ou une action future (futur proche) très proches de l’action présente: « Nous sortons de table, il y a un instant » (Alfred de Musset). C’est le passé récent. — Les amis arrivent dans deux heures. C’est le futur proche.
f)- Le présent de l’indicatif peut exprimer une action passée souvent très ancienne que l’on place dans le présent pour la rendre plus vivante, c’est le présent de narration: « Il lui donna un grand coup du plat de son épée sur le visage. Candide dans l’instant tire la sienne » (Voltaire).


1.2 L’imparfait de l’indicatif:
a)- L’imparfait marque une action passée: Avant mon accident, j’habitais à la campagne et je me rendais au travail en voiture.
b)- L’imparfait marque un fait en train de se dérouler dans la durée (au passé), qui n’est pas achevée, donc une action imparfaite: Comme le soir tombait, l’homme arriva.
c)- L’imparfait est le temps de la description d’un tableau ou d’une scène: « L’arbre de couche était couvert de poussière et le grand chat maigre dormait dessus » (Alphonse Daudet).
d)- L’imparfait peut indiquer aussi des faits habituels: « Le dimanche, nous allions aux moulins par bandes » (Alphonse Daudet).
e)- L’imparfait peut traduire aussi un fait présent ou futur après un ‘si‘ marquant l’hypothèse ou la supposition c’est-à-dire: si + imparfait de l’indicatif =Si j’étudiais, je réussirais.
f)- On utilise l’imparfait pour exprimer qu’une action aurait était sur le point de se produire: Un pas de plus et je tombais.
g)- L’imparfait peut impliquer une présent que l’on veut atténuer: J’allais vous demander la permission de sortir.
h)- L’imparfait peut avoir une valeur itérative: Il toussait (il toussait plusieurs fois).
conditionnel présent:

1.3. Le passé simple:
a)- Le passé simple peut traduire un fait complètement achevé à un moment déterminé du passé: L’autre jour, je vis un beau paysage.
b)- Le passé simple marque la succession des faits, c’est le temps du récit par excellence ou le passé simple de narration: La jeune fille écrivit la lettre. Mais elle se plaignit d’être fatiguée et elle monta dans sa chambre.
c)- Le passé simple exprime une action soudaine dans le passé: Je me promenais dans le bois, je vis surgir devant moi un chien.
d)- Le passé simple peut marquer une action brève dans le passé, cette action ne dure pas: Je fis mon devoir.
e)- Par rapport à l’imparfait, le passé simple exprime une action qui dure moins longtemps que celle de l’imparfait: Les cartes s’étalaient sur la roche et chacun étudiait un itinéraire possible. Paul, qui connaissait la région, nous proposa un sentier qui évitait les éboulis trop dangereux. Nous approuvâmes sans réserve.

1.4. Le futur simple:
Sa forme générale: infinitif + terminaison de AVOIR au présent de l’indicatif.
a)- Le futur simple indique une action qui se fera dans l’avenir par rapport au moment où l’on parle: Je finirai mes devoirs demain.
b)- Le futur peut prendre la valeur du présent pour atténuer le ton de certains propos ou marquer la politesse: « En ce cas, monsieur, je vous dirai franchement que je n’approuve point votre méthode » (Molière).
c)- Le futur simple peut aussi avoir la valeur de l’impératif pour atténuer l’ordre: Vous voudrez bien me faire parvenir au plus vite les résultats du laboratoire.
d)- Le futur simple peut exprimer un fait constaté de tous les temps (vérité générale): « Qui vivra, verra« .
e)- Le futur proche s’exprime avec le verbe aller au présent de l’indicatif suivi de l’infinitif: Je vais essayer de garder mon sang froid.
f)- Devant le ‘si‘ de condition, le futur se met à la proposition principale devant le présent de la propostion subordonnée: si + présent = futur simple: si tu étudies, tu iras au cinéma.

2.1. Le passé composé
Sa forme générale: AVOIR ou ÊTRE au présent de l’indicatif + participe passé
Le passé composé exprime des faits complètement achevés à un moment déterminé ou indéterminé du passé, en relation avec le présent ou dont les conséquences sont encore sensibles dans le présent: Après que j’ai étudié, je me repose maintenant.

2.2. Le plus-que-parfait:
Sa forme générale: AVOIR ou ÊTRE à l’imparfait de l’indicatif + participe passé
Le plus-que-parfait indique une action passée à un moment indéterminé avant une autre action passée exprimée le plus souvent à l’imparfait et aussi au passé composé. Le plus-que-parfait est également un passé du passé: Il ne bavardait plus en classe parce qu’il avait eu une bonne punition

2.3. Le passé antérieur:
Sa forme générale: AVOIR ou ÊTRE au passé simple de l’indicatif + participe passé
a)- Le passé antérieur indique une action passée à un moment déterminé, avant une autre action passée généralement exprimée au passé simple. Le passé antérieur est un passé du passé. Il s’emploie le plus souvent dans les propositions subordonnées après une conjonction de temps qui indique la postériorité: quand, lorsque, dès que…: Quand Broudier l’eut rejoint, ils partirent d’un pas fraternel.
b)- Le passé antérieur s’emploie parfois dans la proposition indépendante ou dans la proposition principale. Il est alors accompagné d’un adverbe de temps: bientôt, vite…: Ce renfort inattendu et surtout l’expérience de Pierre eurent bientôt fait franchir le mauvais pas au lourd chariot.

2.4. Le futur antérieur:
Sa forme générale: AVOIR ou ÊTRE au futur simple de l’indicatif + participe passé
a)- Le futur antérieur exprime une action future qui sera passée avant une autre action future: Quand la tempête aura cessé, je réparerai la toiture endommagée
b)- Le futur antérieur peut parfois exprimer une supposition relative à un fait passé. Il a alors la valeur d’un passé composé: C’est sans doute un animal! Quelque chat qui se sera introduit dans la cave.

II- Valeur du mode conditionnel:

Le mode conditionnel était anciennement un temps du mode indicatif. Il comprend un temps présent et deux temps du passé.
Le conditionnel présent est formé du radical du verbe au présent de l’indicatif + les terminaisons de l’imparfait de l’indicatif. Donc les formes du présent du conditionnel suivent rigoureusement celles du futur de l’indicatif: Je couperais, il remplirait, vous tendriez
Le conditionnel passé I (ou 1re forme) est formé du présent du conditionnel de l’auxiliaire avoir ou être et du participe passé du verbe conjugué. Sa forme schématisée sera: AVOIR ou ÊTRE au présent du conditionnel + participe passé: J’aurais travaillé, je serais venu
Le conditionnel passé II (ou 2e forme) est identique au plus-que-parfait du subjonctif, il est formé de l’auxiliaire avoir ou être conjugués à l’imparfait du subjonctif et du participe passé du verbe conjugué d’où sa forme: AVOIR ou ÊTRE à l’imparfait du subjonctif + participe passé.
De cette façon on a su comment se forme le conditionnel, il ne nous reste que de savoir ses valeurs:
a)- Le conditionnel exprime des faits irréels ou possibles dont la réalisation est soumise à une condition ou un fait hypothétique ou imagé.
b)- Le conditionnel peut avoir la valeur du futur quand il est en rapport avec un verbe conjugué à un temps du passé de l’indicatif (on peut l’appeler un futur du passé ou un futur dans le passé): Le fabricant présentait les nouveautés que les commerçants vendraient. Dans cet exemple l’imparfait présentait entraîne le conditionnel vendraient.
c)- Le conditionnel est le mode de la supposition. Il présente l’action comme une éventualité, la conséquence possible, ou irréelle, d’une condition, d’un fait supposé:
— Il traduit des faits soumis à une condition exprimée: Si tu te rendais libre ce soir, nous rendrions visite à notre oncle malade.
— Il exprime des faits soumis à une condition non exprimée: Vous ne comprenez pas ce problème fort simple qu’un jeune enfant résoudrait en quelques minutes
— Il exprime aussi des faits supposés: Je crois que cette gravure gagnerait à être encadrée.
— Il indique également des faits désirés, souhaitables: Je participerais volontiers à une grande course transatlantique.
— Le conditonnel présente des faits irréels, imaginaires, fictifs: Je rêve d’un voyage. Je traverserais le désert, camperais avec les nomades.
d)- Le conditionnel est utilisé lorsqu’on exprime le doute, ou dans des formules de politesse: Paul serait blessé. Accepteriez-vous de nous y conduire?.

III- Les valeurs du mode subjonctif:

Le mode subjonctif est indispensable à la langue et à l’expression de la pensée. Il est hors de question d’en limiter l’existence ou d’en prophétiser la disparition. Mieux vaut, au contraire, en connaître les emplois, les analyser et les utiliser systématiquement afin d’en maîtriser les usages. L’étude appronfondie du mode subjonctif dans sa vitalité contemporaine, représente un pas majeur et décisif dans la connaissance de la langue et de la culture françaises.
Le mode subjonctif comprend quatre temps: deux temps simples et deux temps composés: le présent du subjonctif, l’imparfait du subjonctif, le passé du subjonctif et le plus-que-parfait du subjonctif.
Au présent du subjonctif tous les verbes prennent les mêmes terminaisons: -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent à l’exception de AVOIR et ÊTRE: Que j’aime, que je finisse
L’imparfait du subjonctif se construit sur la 2e personne du singulier du passé simple de l’indicatif: que j’aimasse, que je parusse Pour ne pas confondre la troisième personne du singulier du passé simple avec la même personne de l’imparfait du subjonctif qui prend un accent circonflexe, il faut se rapporter au sens de l’action: l’on peut aussi penser à la personne correspondante du pluriel.
Par exemple: – - Il exposait avec tant de précision que la foule le crut sur-le-champ.
Il exposait……que les gens le crurent. (passé simple: pas d’accent).
- – Elle était heureuse qu’on la considérât comme vedette.
Elle était heureuse qu’ils la considérassent(subjonctif imparfait: accent)
Le passé du subjonctif est formé du présent du subjonctif de l’auxiliaire être ou avoir et du participe passé du verbe conjugué. Sa forme schématisée sera:que j’aie coupé, que je sois tombé.
Le plus-que-parfait du subjonctif est formé de l’imparfait du subjonctif de l’auxiliaire avoir ou être et du participe passé du verbe conjugué. Sa forme schématisée sera: AVOIR ou ÊTRE à l’imparfait du subjonctif + participe passé: Que j’eusse coupé, que je fusse tombé.
Ainsi le subjonctif exprime généralement un désir, un souhait, un ordre, un doute, un regret, un conseil, une supposition, un sentiment, une invocation, une obligation, une requête, une volonté, un contentement, une crainte, un jugement, une surprise, une suggestion…
Par exemple: J’aimerais qu’il réussisse (désir), veillez à ce qu’il parte à l’heure! (ordre).
Le subjonctif peut s’employer avec ou sans que:— dans la proposition indépendante comme dans l’exemple: Vive la France!.
— dans la proposition principale: Tombe sur moi le ciel pourvu que je me venge! (Corneille)
Certaines locutions conjonctives sont toujours suivies du subjonctif: à condition que, avant que, afin que, bien que, de manière que, de peur que, en attendant que, pour peu que, pourvu que, quoique, quoi que, quel que, soit que
AVOIR ou ÊTRE au présent du subjonctif + participe passé:

Pour que le verbe de la subordonnée soit au passé du subjonctif, il faut que le verbe de la principale soit au présent de l’indicatif, au futur ou au présent de l’impératif: Il faut que j’aie mis le couvert avant mon arrivée.
Pour que le verbe de la subordonnée soit au plus-que-parfait du subjonctif, il faut que le verbe de la principale soit à l’imparfait de l’indicatif, à un passé ou au conditionnel: Il voulait que vous eussiez lavé la voiture avant midi.

IV- Les valeurs du mode impératif:

L’impératif sert à exprimer un ordre, une prière, un conseil, un souhait. Il a deux temps: le présent et le passé.
Il ne se conjugue qu’à trois personnes, sans sujets exprimés: la deuxième personne du singulier et les première et deuxième personnes du pluriel.
Le singulier du présent de l’impératif est en e ou en s.
1- Il est en e pour les verbes du 1er groupe et pour les autres verbes dont la terminaison est muette à l’impératif singulier (verbes de la catégorie de cueillirsavoir).
Par exemple: Continue, méfie-toi, appuie, répare (1er groupe) / cueille, ouvre, offre, sache (terminaison muette).
2- Il est en s pour les autres verbes du second ou troisième groupe.
Par exemple: Finis, sévis, rafraîchis (2e groupe) / bois, conclus, lis, crains (3me groupe).
— — Exceptions: aie (verbe avoir), va (verbe aller).
et


Le passé de l’impératif est formé de l’impératif de l’auxiliaire avoir ou être au présent du subjonctif et du participe passé du verbe conjugué d’où sa formule générale: AVOIR ou ÊTRE au présent du subjonctif + participe passé.
Par exemple: aie mangé, ayons rangé, sois parti, soyez rentré.
Par euphonie, on écrit: coupes-en, vas-y, retournes-y, etc.

   


S’organiser avant l’épreuve

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- Que faut-il réviser? Le programme de l’épreuve écrite de français au brevet des collèges est celui de la classe de troisième. Il faut donc réviser tout ce que vous avez fait pendant l’année !

Pour vous familiariser avec le type de questions posées au brevet, nous vous conseillons vivement de consulter les sujets déjà tombés lors des sessions précédentes.

Modalités de l’épreuve de français

- Combien de temps dure l’épreuve ? L’épreuve dure trois heures, en plus d’une pause de quinze minutes au bout d’une heure et demie, pendant laquelle les élèves peuvent aller en récréation mais ne peuvent pas sortir de l’établissement.

 

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Quel matériel faut-il apporter pour l’épreuve ? Il est inutile d’apporter des feuilles, même de brouillon. Les surveillants vous fourniront tout ce qu’il faut pour cela. Il est capital en revanche d’apporter :

- Une pièce d’identité (passeport, carte d’identité ou carte de séjour pour les étrangers) ;
- De quoi écrire. Outre un stylo, il est recommandé, pour le brouillon, de se munir d’un crayon de papier, d’une gomme et d’un taille crayon ;
- Un dictionnaire ! Vous en aurez besoin pour l’épreuve de rédaction où il est autorisé.

Il est conseillé en outre d’emporter avec soi une bouteille d’eau (il fait chaud fin juin !) et de quoi se remonter en cas de fringale (barre de chocolat, biscuits). Réfléchir, ça creuse !

Cela pourra paraître insolite, mais la calculatrice est absolument interdite pour l’épreuve de français. Pensez, si vous en avez une sur vous (pour cause d’épreuve de maths dans la même journée par exemple), de la laisser aux examinateurs avant le début de l’épreuve, sous peine d’être acusé de tricherie. Et n’oubliez pas de la récupérer à la fin !

- Qu’arrivera-t-il si J’arrive en retard le jour de l’examen ? Au-delà d’un quart d’heure de retard vous ne serez pas accepté en salle d’examen et n’aurez plus qu’à le repasser en candidat libre l’année suivante, à moins que vous ne puissiez prouver qu’il s’agit d’un cas de force majeure.

 

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Contenu de l’épreuve

- En quoi consiste l’épreuve ? L’épreuve s’organise en deux parties :

1ere partie

- Questions sur un texte (1h15)

- Dictée (15 min)

Pause (15 minutes)

2e partie :

Rédaction (1h30)

- Quel est le barême des différentes activités de l’épreuve de français ? Cela dépend des académies (il peut varierà 1 ou 2 points près), mais dans l’ensemble, on a :

- Questions : 15 points

- Dictée : 4 à 6 points

- Rédaction : 14 à 16 points

Le barême est toujours inscrit sur les sujets, pour chaque question. Le tout est donc noté sur 40 points (auxquels il faut ajouter les points du contrôle continu, sur 20, pour avoir un total sur 60).

- Est-ce difficile ? Est-ce plus difficile que le brevet blanc ? L’épreuve du brevet n’est pas plus difficile que ce que vous avez fait pendant l’année. La difficulté, c’est qu’elle regroupe TOUT ce que vous avez appis dans l’année, contrairement aux contrôles que vous avez pu faire jusque là, qui portaient sur une notion particulière.

Le brevet n’est, en théorie, pas plus difficile que le brevet blanc, si ce n’est qu’à chaque brevet blanc vous aviez moins de choses à réviser que pour le « vrai » brevet. Le niveau de difficulté est censé être le même dans chaque académie. Mais dans la mesure où les sujets sont différents, cela varie bien sûr en fonction de ce qui vous paraît à vous facile ou difficile…

Le décompte des points

- Comment est pris en compte le contrôle continu par rapport à l’examen ? Le contrôle continu est une note sur 20 (moyenne de français sur les deux années de 4e et 3e), qui s’ajoute à la note obtenue à l’épreuve écrite (sur 40) pour donner un total de 60 points en ce qui concerne l’épreuve de français.

- Quels sont les coefficients des notes des différentes épreuves ?

Epreuve écrite :

- Français : coeff. 2

- - Histoire-géographie : coeff. 2

- - Mathématiques : coeff. 2

Contrôle continu :

- Français 1

- Mathématiques 1

- Première langue vivante étrangère 1

- - Sciences de la vie et de la Terre 1

- Physique-chimie 1

- Éducation physique et sportive 1

- Enseignements artistiques : (arts plastiques et éducation musicale) 2 (1+1)

- Technologie 1

- Deuxième langue vivante 1

 

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Sur combien de points est notée l’épreuve de français ? L’épreuve de français est notée, comme celles de maths et d’histoire-géo, sur 40 points, auxquels il faut ajouter la note sur 20 du contrôle continu.

- Comment savoir de combien de points j’ai besoin d’obtenir à l’examen pour réussir le brevet ? Retrouvez vos trois bulletins de 4e et vos trois bulletins de 3e;

- on prend les 10 moyennes sur l’année de 4e (français, maths, LV1, SVT, Physique-Chimie, EPS, Arts plastiques, Education musicale, Techno, LV2) et on les additionne: total A sur 200

- on prend les 10 moyennes sur l’année de 3e et on les additionne: total B sur 200

- (total A + total B) divisé par 2 = total C (contrôle continu) sur 200

- ensuite on additionne les résultats du Brevet (maths/40 + HG/40 + français/40) = total D sur 120

- total C + total D = total général sur 320

 

Résultats, Corrigés et Annales Où trouver les corrigés ? Les corrigés du Brevet, toutes académies et toutes disciplines sont publiés sur France-examens.com .



Dès l’aube de la littérature française, poésie, musique et chanson ont partie liée : « toutes paroles mises en vers [sont] chansons », comme l’écrit Dante dans De l’éloquence en langue vulgaire. Troubadours et trouvères créent à la fois les poèmes et la musique qui les accompagne.

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Par la suite, poètes et musiciens deviennent indépendants, sans que les oeuvres poétiques cessent d’être mises en musique. Au XVIIe siècle, la poésie devient essentiellement une oeuvre de circonstance, et la chanson un genre prisé mais considéré comme mineur par ceux-là même qui la composent. Il en est de même au siècle des lumières où la poésie se fait « fugitive » et où la chanson ne cesse de circuler des lettrés au peuple et du peuple aux lettrés, tandis que la Révolution voit fleurir, comme lors de la Fronde, la chanson politique.

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A l’époque romantique, la poésie rompt totalement avec la musique, mais les poètes fréquentent les chansonniers et s’inspirent d’eux ; parallèlement, on redécouvre les poésies du Moyen Age et de la Renaissance, qui sont alors plus ou moins confondues avec les « vieilles chansons » du folklore français. Au fil du siècle, la poésie emprunte à la chanson sous différents vocables ballade, villanelle, pantoum, complainte pour donner une note ancienne, populaire ou exotique à son propos., alors que la chanson réaliste, avec Bruant, acquiert ses lettres de noblesse et que des musiciens comme Berlioz, Fauré ou Debussy puisent dans les oeuvres de nombreux poètes du siècle pour leurs mélodies.

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Au XXe siècle, des poètes s’intéressent à la radiophonie et composent, comme Desnos ou Tardieu, des poèmes aux allures de chansons. Aragon, Eluard, Prévert pour ne citer qu’eux sont chantés par des artistes en vogue ; quant à la chanson dite de variété, quand elle est écrite par Brel ou Brassens, elle se met à figurer dans les recueils poétiques. C’est sur les frontières poreuses entre poésie, musique et chanson et sur ce qui les lie les unes aux autres que l’on souhaite axer la réflexion de cette journée d’études.



Nous l’avons vu en cours, le point de vue au sens narratif répond aux questions suivantes : Qui raconte l’histoire ? Du point de vue de qui est-elle racontée ? Ce point de vue est-il repérable ou non ?

Le point de vue au sens visuel, par contre, est la place occupée par le peintre, l’opérateur image, le photographe ou le dessinateur de BD… On désigne par point de vue l’endroit d’où est vu l’objet, le personnage ou la scène…

Pour comprendre la notion de point de vue narratif, peut-être faut-il revenir au cinéma. En théorie il existe de multiples façons de filmer un même objet, n’est-ce pas? Mais en pratique la caméra nous le montre sous un angle précis, et cela résulte d’un choix du réalisateur.

Regardez cette vidéo. La même scène (un peu bête, mais c’est juste un exemple) est tournée selon des points de vue différents. Et l’effet n’est pas du tout le même.

Image de prévisualisation YouTube

Vous avez vu? Bien, revenons au récit littéraire. Le narrateur raconte, certes, mais n’oublions pas que le mot « raconter » a la même origine que le verbe « compter ».  Cette correspondance d’ailleurs existe dans beaucoup de langues. Le narrateur fait donc des choix, il calcule en fonction de l’effet qu’il veut produire sur le lecteur. Il peut laisser le lecteur libre de ses jugements et de ses sympathies ;  il peut au contraire l’influencer ; il peut taire des informations au lecteur ou les distiller au compte-goutte, mener le lecteur sur des fausses pistes, ralentir le rythme du récit pour créer le suspense, faire de l’humour ou susciter la peur. Il peut obliger le lecteur à poser des hypothèses de lecture, faute d’informations, et parfois il va aussi se permettre d’effectuer des commentaires, de glisser des jugements, de critiquer les personnages, ou, plus neutre, il va donner au lecteur des explications sur ce qui se passe.

Et rien de tout cela n’est fortuit…

Alors le plus important, vous l’avez compris, ce n’est pas tant de savoir identifier le point de vue narratif, que de comprendre son intérêt  dans le texte.

 



h   La mouette, vous l’avez reconnue : c’est elle, Emmanuelle Laborit, dont vous avez lu Le Cri. p

   Si vous voulez la découvrir autrement, en images, mais tout aussi émouvante, je vous conseille de visionner la vidéo suivante.

   Emmanuelle LABORIT reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans « Les enfants du silence ». La jeune femme, en larmes, exprime des remerciements particulièrement émouvants en langage des signes. Elle demande au public de faire le signe « unir » en langage des signes, alors qu’elle réussit à ânonner « je vous aime » au micro.



Séquence 1

Pour bien démarrer l’année

Objectifs : Revoir le vocabulaire de base de l’étude de texte et du lexique ; revoir les natures et les fonctions grammaticales, les points de vue narratifs ; découvrir les contraintes d’un sujet de brevet.

 

Séquence 2

L’autobiographie

L’étonnante histoire d’Amélie-san    

Objectifs : découvrir les caractéristiques des différents genres de l’écriture de soi. Lire un roman autobiographique, Stupeurs et tremblements, d’Amélie Nothomb ; étudier l’ordre et la vitesse du récit.

 

 

Séquence 3

Poètes au coeur du monde  

Objectifs : De la poésie lyrique à la poésie engagée ; découvrir les caractéristiques de la poésie et ses thèmes universels ; définir un genre poétique ; acquérir des compétences stylistiques et des connaissances littéraires.

 

Séquence 4

L’énergie de tous les possibles

Objectifs généraux : Revoir les acquis de 4ème sur l’argumentation ; réviser la technique du paragraphe argumentatif : thème, thèse, argument, exemple ;

préparer un débat et défendre une opinion à l’oral ; étudier deux thèmes  de convergence, mener un projet interdisciplinaire et participer à l’Opération Sciences Collège.

Séquence 5

Les voix de la dénonciation

Objectifs généraux : Découvrir des stratégies argumentatives ; analyser la visée argumentative d’une photographie. ; repérer et manipuler les rapports logiques de cause, de conséquence ; repérer et utiliser des modalisateurs et quelques procédés de langue utilisés dans les textes argumentatifs ;  étudier les procédés pour dénoncer dans quelques œuvres littéraires ou graphiques.

Séquence 6

Une vie retranchée

Objectifs :Lire une œuvre argumentative du XIXème siècle contre la peine de mort : Claude Gueux, de Victor Hugo ; de la réalité à la fiction ; convaincre ou persuader?

 

 

Séquence 7

« Vous avez des nouvelles? Chute, alors! »

Objectif : Étudier des nouvelles à chutes.

 

Séquence 8

Cyrano, l’art du beau langage

Étudier une pièce de théâtre : Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand ; connaître l’histoire du genre théâtral ;  comparer l’œuvre avec quelques scènes du film de  Rappeneau et du spectacle de la Comédie Française (2007)

 

Séquence 9

L’étranger qui t’observe

Objectifs : Etudier un roman policier du XXème siècle, La Nuit du renard, de Mary Higgins Clark ; analyser les codes du genre ; étudier la mise en place et les mécanismes d’un récit policier réviser les principales notions de narratologie.

 

 

Séquence 10

La vie est belle

Objectifs : Étudier une œuvre cinématographique : La vie est belle, de Roberto Benigni. Distinguer narration et argumentation ; mesurer la dimension historique du film ; comprendre les notions de fable et de théâtralisation.



Cyrano Je vous invite à découvrir plusieurs extraits de Cyrano de Bergerac mis en scène à différentes époques.

J’aime beaucoup l’interprétation de Daniel Sorano qui, dans ce court, nous dévoile de multiples facettes de la personnalité de Cyrano.

Dans cette même version, c’est Michel Galabru qui joue le cuisinier!

Gérard Depardieu, dans le film de Jean-Paul Rappeneau , a lui aussi marqué ce rôle par sa truculence.

Voici le duel de Cyrano et Valvert, lors d’un spectacle à Vaison-la-Romaine. C’est Xavier Bazin qui joue le rôle de Cyrano.

Puis-je vous priver de la scène du balcon? Voici la déclaration que Cyrano fait à Roxane, en se faisant passer pour Christian…

Illustration : Gravure « Cyrano de Bergerac », Musée Carnavalet, Paris.

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Cyrano_de_Bergerac.jpg



I. Une famille à la plage
1.         Les enfants sont comparés à de la viande que l’on cuisine : « cuire », « rôtir » (l. 1) « mijoter », « bain-marie » (l. 2), qui appartiennent au champ lexical de la cuisson des aliments.
2.         Les deux enfants jouent sur la plage. Job et sa sœur s’amusent à creuser le sable : Job a « la pelle aux doigts » (l. 8). Les « flaques chaudes » (l. 2) dans lesquels les enfants « mijotent » désignent les plans d’eau qui apparaissent là où le sable a été creusé. Jeannine se trouve à l’intérieur de la « cuve de sable » (l. 19), « fouit comme un ratier » (l. 19).
3.         a) Dans le premier paragraphe, la mère lit avec plaisir un livre, un « roman mystérieux » (l. 4) dont elle « s’enivre » (l. 3), sur la plage, à l’ombre d’un parasol.
b) Absorbée dans sa lecture, la mère ne surveille pas ses enfants, qu’elle « oublie délicieusement » (l. 3).
4.         a) Le verbe « s’enivrer » a ici un sens figuré, puisqu’il ne désigne pas le fait de se mettre dans un état d’ivresse, mais le fait d’éprouver de l’exaltation. En effet, la mère ne s’enivre pas d’alcool, mais d’un livre « mystérieux » (l. 4) qui la plonge dans une vive émotion : elle a « les joues chaudes » (l. 4 et 5), les yeux « hallucinés » (l. 11).
b) « hallucinés » est le participe passé du verbe « halluciner », équivalent à un adjectif qualificatif (nature), et est une épithète détachée du groupe nominal « les yeux » (fonction).
c) Le participe passé « hallucinés » s’inscrit dans le même champ lexical que « s’enivrer » : celui des émotions fortes.

II. L’action :
1.         Le dialogue entre la mère et son fils a du mal à s’engager : le fils doit répéter trois fois « maman » (l. 7 et 10) et il « attend » (l. 8). La mère met un temps à lever « enfin » les yeux (l. 11) et manifeste de l’irritation : « elle jette dans un petit aboiement excédé : quoi ? » (l. 11-13). Son impatience se manifeste dans cette façon de répondre à son fils.
2.         a) Le livre échappe brutalement des mains de la mère au point qu’il semble « voler », sa chaise (le « pliant ») tombe : la mère est saisie par une émotion soudaine et violente.

b) « Le livre vole » : il s’agit d’une métaphore, le livre étant ici comparé à un oiseau ; « le pliant tombe » : il s’agit d’une métonymie, puisque c’est en réalité la mère qui est sur la chaise qui tombe ; on peut remarquer aussi l’antithèse entre le verbe « voler » et « tomber » (directions contraires).
3. a) On peut remplacer « alors » par « donc ». b) Il s’agit d’un rapport de déduction, de cause à conséquence. C) Jojo a l’air d’un enfant placide, « patient et têtu » (l. 8) puisqu’il annonce la noyade de sa sœur à sa mère avec un grand calme et beaucoup de détachement : il expose calmement son raisonnement, qui est méthodique (constat, conséquence) sans être débordé par ses émotions ; les virgules ralentissent la première phrase ; ses phrases sont terminées par des points et non par des points d’exclamation.
4.         La mère formule deux reproches à l’encontre de son fils : il l’importune (en l’empêchant de nuire) et il n’aime pas sa sœur, voire même, est indifférent à ce qui l’entoure.
5.         a) La ponctuation est fréquente. Remarquons le triple point d’exclamation, qui est même incorrect dans la langue écrite.

b) cet usage de la ponctuation souligne l’indignation de la mère.

III. Une scène de comédie :
1.         Le dialogue occupe la plus grande partie du texte (l. 5 à 25). La description de la scène, de par sa brièveté (la première phrase est nominale) s’apparente à des didascalies, qui donnent des indications sur les attitudes des acteurs et sur ce qui se trouve sur la scène : l’expression « on a mis » (l. 1) renforce l’idée d’une mise en scène. Les réactions de la mère s’accompagnent de « jeux de scène » : le livre qui vole, la chaise qui tombe, elle tourbillonne, joint les mains … Mais il s’agit d’un récit dans la mesure où le narrateur nous fait part des pensées de la mère : son plaisir de lire (« délicieusement » l. 3), sa déception devant son fils qui se comporte comme « un petit enfant sauvage » (l. 27).
2.         a) La mère est comparée à une mouette et la fille à un chien.
b) Elles sont toutes les deux comparées à des animaux.
3.         Ce qui est comique ici est que son raisonnement a l’air logique (constat, conséquence), alors qu’en réalité il ne l’est pas du tout : la noyade n’est pas la seule chose qui puisse expliquer que sa sœur ne soit plus là. Il envisage immédiatement le pire, au lieu de dire à sa mère qu’il ne voit plus sa sœur. D’autre part, le comique réside dans le contraste entre son calme et l’annonce tragique de la mort de sa sœur.

IV. Pour conclure :
            La mère apparaît incapable de dominer ses réactions : d’abord « enivrée », « halluciné[e] » par sa lecture, elle est « excédé[e] » par son fils, puis éprouve une violente émotion qui la fait ressembler davantage à un oiseau affolé qu’une femme. Sa colère d’avoir été inutilement dérangée est tout aussi passionnée. Au contraire, l’enfant est calme et posé, réfléchi. Il est sincère, ne cherche pas à s’amuser. Ainsi, nous pouvons assister à un renversement : c’est la mère qui se comporte comme un enfant, et son fils qui paraît endosser le rôle de l’adulte.

Réécriture :

Ici ne sont indiqués que les verbes ; les phrases du dialogue restent au présent.
- Avait mis
- Rôtissaient
- Mijotaient
- Oubliait
- S’enivrait
- Attendait
- Se levèrent
- Jeta
- Répéta



Beau temps. On a mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissent sur le sable sec, les autres mijotent au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l’ombrelle de toile rayée, oublie délicieusement ses deux gosses et s’enivre, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue…

 - Maman!…

- …

- Maman, dis donc, maman !…

Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts, les joues sablées comme un gâteau…

- Maman, dis donc, maman !…

Les yeux de la liseuse se lèvent enfin, hallucinés, et elle jette dans un petit aboiement excédé :

- Quoi ?

- Maman, Jeannine est noyée, répète le bon gros petit garçon têtu.

Le livre vole, le pliant tombe…1 comme un ratier…

- Qu’est-ce que tu dis, petit malheureux ? ta soeur est noyée ?

- Oui. Elle était là, tout à l’heure, elle n’y est plus. Alors je pense qu’elle s’est noyée.

La jeune maman tourbillonne comme une mouette et va crier… quand elle aperçoit la « noyée » au fond d’une cuve de sable, où elle fouit comme un ratier…

- Jojo ! tu n’as pas honte d’inventer des histoires pareilles pour m’empêcher de lire ? Tu n’auras pas de chou à la crème à quatre heures !

Le bon gros écarquille des yeux candides.

- Mais c’est pas pour te taquiner, maman ! Jeannine était plus là, alors je croyais qu’elle était noyée.

- Seigneur ! il le croyait !!! et c’est tout ce que ça te faisait ?

Consternée, les mains jointes, elle contemple son gros petit garçon, par-dessus l’abîme qui sépare une grande personne civilisée d’un petit enfant sauvage…

Les Vrilles de la vigne (1908).

 

 

Première partie : Questions – Réécriture – Dictée 25 points

 

 

Toutes vos réponses devront être rédigées.

 

 

QUESTIONS (15 points)

 

 

I. Une famille à la plage 5 points

 

 

1. À quoi les enfants sont-ils comparés dans le premier paragraphe ? Justifiez votre réponse en relevant le champ lexical dominant. 1 point

2. Que font les deux enfants avant que Jojo ne vienne voir sa mère ? Justifiez vos réponses en citant le texte. 1 point

3. a) Que fait la mère dans le premier paragraphe ? 0,5 point

b) Par rapport à ses enfants, quelle est la conséquence de cette activité ? 0,5 point

4. a) Dans la dernière phrase du premier paragraphe, le verbe s’enivrer a-t-il son sens courant ? Justifiez votre réponse. 0,5 point

b) Quelles sont la nature et la fonction du mot « hallucinés » (ligne 11) ? 1 point

c) Comment expliquez-vous l’emploi de « hallucinés » par rapport à celui de « s’enivre » ? 0,5 point

 

 

II. L’action 5 points

 

 

1. Quels sont les procédés utilisés pour souligner que le dialogue entre la mère et l’enfant piétine tout d’abord ? 1 point

2. « Le livre vole, le pliant tombe… » (ligne 15) : 1 point

a) Quelle réaction de la mère cette phrase traduit-elle ?

b) Nommez deux procédés d’écriture utilisés pour souligner cette réaction.

3. « Alors … » (ligne 17) : 1 point

a) Remplacez l’adverbe « alors » de la ligne 17 par une conjonction de coordination de même sens.

b) Quel rapport logique ces deux mots expriment-ils ?

c) Quel aspect de la personnalité de Jojo apparaît ici ?

4. Précisez au moins deux reproches exprimés par la mère contre son fils des lignes 20 à 25. 1 point

5. « Seigneur ! il le croyait !!! et c’est tout ce que ça te faisait ? » (ligne 25) : 1 point

a) Comment la ponctuation est-elle utilisée dans cette phrase ?

b) Quel est le sentiment de la mère ainsi souligné ?

 

 

III. Une scène de comédie 4 points

 

 

1. Montrez que ce texte se rattache au genre théâtral. Montrez ensuite en quoi il en diffère. Justifiez votre réponse en vous appuyant sur l’ensemble du texte. 2 points

2. Lignes 18-19 : 1 point

a) À quoi la mère est-elle comparée ? À quoi la fille est-elle comparée ?

b) Quel est le point commun entre ces deux comparaisons ?

3. Qu’y a-t-il de comique dans la façon dont Jojo annonce à sa mère la noyade de Jeannine ? 1 point

 

 

IV. Pour conclure 1 point

 

 

En vous appuyant sur l’ensemble de vos réponses, indiquez si la mère vous paraît correspondre totalement à l’expression « grande personne civilisée » et l’enfant à l’expression « petit enfant sauvage ». Justifiez votre réponse.

 

 

RÉÉCRITURE (4 points)

 

 

Réécrivez le texte des lignes 1 à 13 en utilisant le système des temps du passé (plus-que-parfait, imparfait, passé simple).

 

 

 

 

DICTÉE (6 points)

 

 

Consignes pour la dictée à l’attention du surveillant-lecteur :

 

 

On fera faire la dictée pendant le dernier quart d’heure de la première partie.

Lors de la dictée, on procédera successivement :

1) à une lecture préalable, lente et bien articulée du texte ;

2) à la dictée effective du texte, en précisant la ponctuation et en marquant

nettement les liaisons ;

3) à la relecture, sans préciser cette fois-ci la ponctuation mais en marquant toujours

les liaisons. À l’issue de cette relecture, on transcrira lisiblement au tableau le

 

 

nom de l’auteur et le titre.

 

 

On demandera aux candidats d’écrire une ligne sur deux.

 

On ne répondra pas aux questions éventuelles des candidats après la relecture du texte ; ils en

seront avertis avant cette relecture.

 

 

 

 

La mer est partie si loin qu’elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle

reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on

lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu’au moment où une langue

froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute

plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de

serpent. Avant qu’on l’ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé

le jeu de croquet et le tennis.

D’après Colette, « Partie de pêche »,

 

Les Vrilles de la vigne (1908).

 

 

Deuxième partie : Rédaction 15 points

 

 

L’utilisation d’un dictionnaire de langue française est autorisée.

Un peu plus tard, le père rejoint sa famille à la plage. Un dialogue s’engage entre les

trois personnages : la mère explique à son époux ce qui vient de se passer ; Jojo proteste ; le

père tente de les réconcilier. Écrivez ce dialogue.

Critères de réussite :

- Comme dans le texte de Colette, vous ferez alterner des passages narratifs et des temps de

dialogue.

- Vous respecterez les caractéristiques de rédaction et de présentation d’un dialogue.

- À l’intérieur du dialogue, les personnages devront raconter, expliquer et argumenter.

- Vous veillerez à la cohérence par rapport au texte de départ.

- Vous veillerez à la correction de la langue.

 

 



1.Définition

Le poète, de même que l’écrivain, le chanteur, le peintre,… peut, dans un contexte historique précis (guerres de religion, guerres mondiales, périodes de misère sociale,…) décider de mettre son art au service d’une cause. On parle alors de poésie engagée.

La poésie engagée est toujours ancrée dans la réalité, dans l’Histoire. On trouve donc souvent des noms de lieux, de personnes, et des dates.

Ex : « Napoléon Bonaparte » dans « Souvenir de la Nuit du 4 » de V. Hugo

 « C’est Hitler, C’est Goebbels » dans « Le Legs » de R.Desnos

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2.Caractéristiques formelles

 La poésie engagée met en jeu des symboles, des personnifications, des allégories. Elle incarne les idées par des images concrètes.

ligue.jpgEx : L’allégorie de la liberté chez Eluard

Les figures de style : hyperboles, métaphores, comparaisons,.. sont nombreuses, et utilisées dans une démarche argumentative, afin de solliciter l’imagination et la sensibilité du lecteur pour susciter son émotion et son adhésion.

Le rythme et le jeu sur les sonorités sont particulièrement importants dans un poème engagé : la reprise d’expressions ou de structures syntaxiques (répétition et anaphore), les rejets et les enjambements, les parallélismes et les oppositions, les assonances et les allitérations, créent un dynamisme musical qui facilite la mémorisation et la diffusion des textes.

Ces caractéristiques se retrouvent dans le poème classique (« Le Legs » de Desnos)

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3. Thèmes

Le poète prend la plume lorsque les droits de l’homme sont bafoués dans différents domaines

- religieux (intolérance, fanatisme)

- social(i

njustice, inégalité, misère, racisme…) : V.Hugo dénonce le travail des enfants dans « Mélancholia »

- politique (guerre, dictature, violence…) : durant la 2ème Guerre Mondiale, de nombreux poètes ont refusé l’indifférence et le silence face au nazisme ; ils ont parfois pris le risque physique de résister jusqu’à y laisser leur vie (R.Desnos).


4.Visées

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Le poète engagé vise à :

  • révéler la réalité, témoigner, dénoncer
  • transmettre un message d’espoir
  • convaincre les hommes d’adhérer à une cause, défendre des valeurs
  • faire agir
  • mettre en garde contre l’oubli, rendre hommage

Pour atteindre ces objectifs, le poète engagé doit :

  • toucher la sensibilité du lecteur : l’émouvoir, l’indigner
  • toucher l’esprit du lecteur : le faire réfléchir, l’amener à une prise de conscience


Questions I. Le portrait de l’estrassier

 

 

1.
a. Les éléments qui caractérisent Ali sont « un homme (…) usé par la vie » (l.5), « avoir dormi dehors », avoir bu trop de vin », « n’avait pas de domicile et pas vraiment de métier », « avoir bu trop de vin », « épuisé par la vie ».
b. Il est « estrassier », chiffonnier, c’est à dire qu’il va « de poubelle en poubelle et ramasse tout ce qui peut se vendre ». On a admis toutes les decritions des activité d’Ali.

2.
a. Le rapport logique exprimé est la cause (« pour »).
b. C’était un homme non pas très âgé, mais usé par la vie, parce qu’il avait dormi dehors et bu trop de vin. (ou « comme il avait dormi… »)

3.
a. Le champ lexical dominant est celui de la guerre (ou de l’armée, ou du militaire) : « soldat », « monté à l’assaut », « balles ».
b. On apprend qu’Ali a été soldat, qu’il s’est déjà battu courageusement. Il n’a pas toujours été dans la rue. Il a préféré oublier ou ne plus penser à son passé, mais aussi qu’il est courageux. Les correcteurs attendaient une mise en évidence de l’évolution d’Ali.

4.
a. La fonction de « avec d’infinies précautions » est : complément circonstanciel de manière du verbe sortir.
b. Le trait de caractère mis en valeur est la délicatesse. Ali semble attentif, soigneux. On a admis la douceur, la gentillesse, la prudence.
c. Plusieurs éléments confortent cette réponse : « Ali devait serrer les mains pour qu’elle ne glisse pas » l.39, « sans oser approcher d’elle son visage à la barbe hirsute » l.43.

II. La découverte  

 

1.
a. Cette phrase retranscrit les pensées d’Ali.
b. Discours indirect libre.
c.  » Qui a mis ce carton là, sur mon lit ? Peut-être qu’un autre gars de la chiffe a décidé de s’installer ici, sous le pont ? « 
ou :
« Qui a mis ce carton-là sur mon lit ? Peut-être un autre gars de la chiffe a-t-il décidé de s’installer ici, sous le pont ? »

2. La découverte s’effectue à travers l’ouïe: avec « il entendit quelque chose » l.27 et le mot « voix » qui est répété plusieurs fois ; et la vue également : « resta un moment à regarder » l.20.
(La question suggérait au moins deux sens « quels sens » On attendait une justification et l’identification du sens).

3. La nature de « quelque chose » est un pronom indéfini. « Pronom » seul ne suffisait pas.

4.
a. Les expansions du mot « voix » :
- « qui appelait » : proposition subordonnée relative
- « d’enfant » : groupe nominal
- « de bébé nouveau né » : groupe nominal

b. Les expansions permettent d’identifier de façon progressiv la nature de ce que Ali découvre. La voix s’humanise et le lecteur apprend qu’il s’agit d’un enfant, nouveau né.

III. L’enfant sous le pont 

 

1.
a. Les deux propositions expriment un rapport de conséquence.
b. Cela permet d’insister sur la fragilité du bébé, sur sa vulnérabilité, sur sa délicatesse, sa légereté, sa petitesse..

2. « cette poupée vivante » : l’expression qui qualifie la petite fille souligne sa petite taille, elle est comparée à un jouet animé, vivant. Le bébé est si petit, si léger, si mignon qu’il est comparé à une poupée. On souhaitait une référence à la vie, l’idée de différence entre animé et inanimé.

3. Le bébé est en danger car il est « tout nu » et risque de mourir de froid en plein hiver « sa peau était rougie par le froid, hérissée de milliers de petites boules à cause de la chair de poule. » l.45-46.

4. Pour ce chiffonnier « usé par la vie », sans domicile et sans métier, avec pour seul compagnon un chat, l’apparition de l’enfant représente un espoir de vie meilleure. Ali était réduit à ramasser lkes détritus, et là il découvre un véritable trésor susceptible de donner un sens à sa vie. Il n’est plus seul, il a la charge, la responsabilité de cette enfant. On attendait ici une réponse développée, et qui rende compte du changement opéré.

Réécriture : 

 

Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Ils pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leur lit de cartons, sous leur couverture militaire qui les abritait du froid comme une tente.

ou ?

Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Ils pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leurs lits de cartons, sous leurs couvertures militaires qui les abritaient du froid comme une tente.

Rédaction :  

 

Il fallait écrire un article de journal. Les consignes étaient claires : il fallait
• Penser à donner un titre; et le signer J. P.
• Raconter l’histoire d’Ali et du bébé devenu une petite fille, vous pouviez choisir l’âge que vous vouliez pour la petite.
• Vous pouviez insérer une interview d’Ali ou de la petite.
• Expliquer en quoi la vie d’Ali à changé en donnant plusieurs arguments (il a du chercher un travail, arrêter de boire…).
• Expliquer pourquoi: quelles motivations ont poussé Ali à changer de vie.
• Vous deviez vous appuyer sur le texte de Le Clézio.
• Vous deviez faire particulièrement attention au niveau de langue employé, et si possible employer une écriture journalistique.

BAREME : 3 points pour le respect de la présentation de l’article de journal et pour le respect de la situation d’énonciation ; 4 points pour le respect des indices et du contexte de l’histoire ; 4 points pour la présence d’arguments mettant en évidence le sens et les raisons des changements dans la vie du personnage ; 4 points pour la correction de la langue.

Correction de la dictée : 

 

Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué(s) de lui depuis quarante  (pénalité si écrit en chiffres, comme pour les autres nombre du texte) ans qu’on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s’en aller cependant, parce qu’il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait traîné sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.

Maupassant, Contes du jour et de la nuit, Folio.



Un grand merci aux 3G qui m’ont laissé des commentaires ces derniers jours. Vous avez raison de réviser sérieusement, en revanche ne vous mettez pas une trop grande pression sur les épaules.

Lire bien tout ce qui dans ce blog, quel que soit le niveau, a rapport avec la poésie ; revoyez les figures de style de base (comparaison, métaphore, personnification, accumulation, périphrase, anaphore…) , la versification (ce que vous avez dû apprendre pour vendredi). En grammaire, revoyez aussi la valeur des temps, les expansions du nom (CDN, épithète, subordonnée relative, apposition) que vous avez étudiés pendant plusieurs années.

Et, peut-être le plus important, LISEZ bien le sujet, plusieurs fois. Veillez à toujours rédiger vos réponses par des phrases complètes. N’oubliez pas de les justifier, et ne vous contentez pas d’un numéro de ligne. Une petite phrase ne fait jamais de mal.

Et quand vous avez fait tout ça… ZEN!



 On parle beaucoup en ce moment du film de Claude Miller, avec Patrick Bruel et Cécile de France, qui, très attendu, va sortir le 3 octobre.  Sais-tu que ce film est une adaptation d’un merveilleux roman de Philippe Grimbert, Un secret? Roman qui, du reste, a reçu le Prix Goncourt des lycéens il y a quelques années.  

hh        Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute l’histoire lourde, complexe, toute la saga de sa famille juive française qu’on suit des années 30 jusque dans les années 80 que le narrateur va devoir reconstituer…er

          Je ne vous en dirai pas plus, parce qu’ un secret… c’est un secret, et que ce serait un crime que de dévoiler celui-là à quelqu’un que le livre pourrait tenter. Mais sachez que c’est un roman bouleversant.

        Il commence tout doucement et sans qu’on s’ en rende compte, on est happés par les mots. Ce livre est écrit dans une langue très pure, efimagée, simple mais pas simpliste. On en déguste chaque phrase, en relisant certaines pour mieux les savourer. 

        Seulement l’écriture n’est pas le seul point fort de cette courte autobiographie. L’histoire est poignante, très émouvante. Il se dégage de cet opus une force étonnante.

f         Bref, un petit bijou chargé d’émotion, que je conseille à mes chers élèves de 3ème, qui étudient l’autobiographie et la Seconde Guerre Mondiale.

bb



e Lucy

Tous ses voisins adoraient Lucy Quimby. Elle était gaie, discrète, serviable – la bonté même. Les jeunes cadres un peu snobs du quartier l’estimaient physiquement quelconque – elle était, il est vrai, un peu boulotte, un peu courte sur pattes, un peu trop blonde – mais dans son regard toujours ensoleillé pétillait une telle gentillesse qu’il suffisait qu’elle vous dise « bonjour », de grand matin, à l’heure où l’on achète son journal, pour que l’on se sente aussitôt d’humeur allègre et que l’on ait envie d’embrasser ses deux joues rebondies. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait Joseph Quimby. Un jour de printemps, courant à son bureau, la serviette sous le bras, il l’avait rencontrée, revenant du marché, son panier débordant de carottes et de salades. En passant elle lui avait dit un mot aimable avec, dans l’œil, son bon sourire. Alors pris subitement de folie fantasque, il l’avait serrée sur son cœur. Trois mois plus tard, il l’avait épousée. Depuis, Joseph et Lucy Quimby étaient aussi heureux qu’on peut l’être en ce bas monde.

Pourtant, malgré l’amour qu’elle portait à son cher Joseph, la bonne Lucy ne lui avait jamais avoué l’étrange, le terrible secret qui faisait d’elle une femme hors du commun: elle était un peu sorcière. Sa grand-mère – une fieffée mégère, elle – lui avait appris avant de mourir quelques incantations assez efficaces pour lui permettre sans douleur de se transformer en n’importe quel animal. Lucy avait donc le pouvoir d’entrer à volonté dans la peau d’un chat de gouttière ou d’une souris de salon, d’un tigre ou d’un dragon flamboyant, les monstres légendaires n’étant pas exclus du catalogue. Mais elle n’abusait pas de ce don bizarre. Elle en usait même avec la plus extrême discrétion. Sans doute, de temps à autre, allait-elle voleter, abeille parmi les abeilles, autour des fleurs de son jardin, mais elle ne poussait jamais plus loin l’extravagance. Elle était une épouse irréprochable et entendait le rester.

u Or, vers la dixième année de son mariage, Lucy Quimby s’aperçut avec mélancolie que Joseph l’accablait au fil des jours d’une indifférence de plus en plus morne. Il n’était pas vraiment odieux, non, mais il baillait en sa présence, il rêvassait, l’air taciturne, en faisant semblant de lire son journal, bref, il s’éloignait manifestement de sa tendre épouse, voguant vers d’autres jupons. Lucy s’inquiéta. Comme elle était trop bonne pour être jalouse, elle se reprocha de n’être pas assez belle, assez intelligente, assez affectueuse. Elle suivit donc un régime amaigrissant, redoubla d’entrain et d’affection. Elle fit tant qu’elle parvint à ranimer quelques braises et à réchauffer un peu l’atmosphère conjugale. « Alléluia, se dit-elle en son cœur, mon cher Joseph revient à moi. » Hélas, son cher Joseph, un soir, le front barré de rides brisées, le regard fuyant, lui dit brièvement qu’une affaire urgente l’obligeait à s’absenter pour le week-end. f

Alors Lucy, le premier moment de désespoir passé, décida fièrement de le suivre. Non point pour l’espionner, Dieu l’en garde! La sainte femme voulait simplement, tout simplement regarder vivre son époux hors du foyer et apprendre ainsi à mieux le connaître pour l’aimer mieux et le rendre heureux, enfin, s’il était encore temps. Mais comment l’accompagner partout sans être vue? Comment? Parbleu! Elle prononça la formule magique et aussitôt se transforma en puce, en puce minuscule. Et pour être sûre de tout voir, de tout entendre à l’aise, juste au moment où Joseph franchissait la porte de leur petite villa, elle bondit, se posa à l’ombre du lobe de son oreille droite et attendit.

qqa Joseph Quimby n’alla pas très loin. A quelques centaines de mètres de chez lui, il s’arrêta devant la maison de Virginie Stone. « Ainsi, se dit tristement la petite puce, Virginie est l’heureuse élue. » C’était une vieille amie de Lucy. Elle était belle mais très médisante. Une vraie langue de vipère. Une splendide chipie. Joseph entra chez elle. Elle l’accueillit avec passion. Il parut gêné par ses débordements amoureux. « Mon pauvre mari n’a pas l’air dans son assiette, se dit la puce, à l’ombre de l’oreille. Assurément, Virginie Stone n’est pas une femme pour lui. Elle est trop passionnée, trop possessive. » Il s’assit tout raide sur le bord d’un fauteuil en face de sa vampirique maîtresse, s’humecta les lèvres et dit assez solennellement : t

- Ma chère Virginie, j’ai mûrement réfléchi. Nous avons vécu ensemble une agréable aventure mais pour parler honnêtement je ne suis pas amoureux de toi. J’ai décidé de ne plus te revoir et de consacrer ma vie, désormais, à faire le bonheur de ma femme. Lucy est une admirable épouse, j’ai honte de l’avoir trompée, j’espère qu’elle me pardonnera. Je veux passer ce week-end tout seul, à me refaire, pour elle, un cœur tout neuf. Virginie, je te souhaite d’être heureuse avec un homme digne de toi.z

La petite puce écouta ces mots avec une émotion considérable. Elle pleura de joie si fort que ses larmes inondèrent quelques pores derrière l’oreille de son cher Joseph. Virginie Stone, évidemment, réagit de manière en tous points contraire. Quand Joseph Quimby se leva pour prendre congé elle l’agonit d’injures. Il demeura de marbre. « Tu ne peux rien contre notre bonheur, lui cria la petite puce à voix microscopique, gambadant follement sur la joue de son mari, tu ne peux rien contre notre bonheur! »

Hélas, elle se trompait. A bout d’arguments, Virginie Stone gratifia son ex-amant d’une gifle vengeresse, une de ces gifles qui vous impriment pour plusieurs heures le parfait dessin de cinq doigts et d’une paume, en rouge profond, sur la joue. Joseph Quimby, stupéfait, caressa machinalement de l’index sa face durement outragée et la trouva légèrement humide. Il regarda le bout de son doigt et vit un relief de bestiole écrasée. Il se demanda stupidement où il avait bien pu attraper des puces et, complètement sonné, sortit en bredouillant :

- Adieu Lucy

Ce n’était pas un simple lapsus

.

d



Le sujet de Brevet 2007 était construit autour d’un extrait des Misérables de Victor Hugo. Jean Valjean sort de prison, arrive dans une auberge et demande le gîte et le couvert. L’aubergiste, qui a reconnu en lui un bagnard, refuse de l’accueillir…

 

g

I- Un aubergiste singulier

1) a- Imparfait et passé simple sont les deux temps utilisés dans le récit au passé. A la première ligne, l’imparfait renvoie à une action longue, qui est en train de se faire et se poursuit. Cette action est contemporaine d’autres actions plus brèves qui se succèdent, au passé simple, accomplies par un autre personnage : « pendant que » atteste cette contemporanéité.

b- l’emploi de ces temps attire l’attention sur l’aubergiste qui s’affaire comme l’indiquent les nombreux verbes d’action conjugués au passé simple.

2) a- Le terme qui désigne l’aubergiste est celui d’ « hôte » (l. 9).

b- Un hôte est celui qui fait honneur à ses invités : on attend de lui qu’il soit convivial, chaleureux, qu’il accueille les personnes qui se présentent chez lui.

3) a- Les phrases énoncées par l’aubergiste sont le plus souvent négatives : « je n’ai pas », « je ne puis ».

b- Trois expressions désignent la façon dont l’aubergiste répond au voyageur : « cette déclaration faite d’un ton mesuré, mais ferme » (l. 28), « d’un accent qui le fit tressaillir » (l. 43), et « ajouta toujours à voix basse » (l. 46-47).

4) Jacques Labarre ne correspond pas à l’image que l’on se fait ordinairement d’un « digne aubergiste » : en effet, il est méfiant au lieu d’être accueillant, il s’adresse sèchement aux personnes venues pour dîner, et refuse même de servir certaines d’entre elles avant de les pousser à partir par la menace.

 

 

h

II- Un voyageur indésirable

1) Le voyageur affirme les propos suivants : « Mais je meurs de faim, moi. J’ai marché dès le soleil levé. J’ai fait douze lieues. Je paye. Je veux manger. » (l. 29-30) Il justifie sa présence par la faim ; celle-ci est due à la journée harassante qu’il a eue. La crainte qui pourrait motiver le refus de l’hôte, le manque d’argent est devancée par le voyageur qui affirme qu’il est apte à payer son repas. Il n’y a donc pas apparemment aucune raison pour qu’on lui refuse un repas. Les raisons invoquées sont donc légitimes.

2) La conjonction de coordination « et » marque ordinairement l’addition. Ici elle prend une valeur singulière de conséquence : « donc » ; elle achève le raisonnement logique amorcé par Jean Valjean.

3) Le terme mis en relief est le pronom moi : à la forme tonique il reprend et renforce le pronom personnel sujet « je » et provoque un effet d’insistance.

4) Le voyageur semble ne pas comprendre les raisons du refus de l’aubergiste : rassuré sur la capacité du voyageur à honorer les frais de son repas, l’aubergiste n’a plus aucune raison de ne pas nourrir le voyageur. Il cède à la colère, s’emporte, la faim et la fatigue aidant, réclamant ce qu’il lui semble légitime d’obtenir dans une auberge : de quoi se restaurer.

5) a-Le narrateur désigne le voyageur en usant des termes suivants : « le nouveau venu » (l. 1) , « le voyageur » (l. 6) puis « l’homme » ( l. 13) et enfin « l’étranger » ( l. 28) ;

b-Quant à l’aubergiste, il s’adresse à lui en le nommant « Monsieur »(l. 12) puis il le désigne par sa véritable identité : « Jean Valjean » (l. 48)

c- Cette dernière désignation permet au voyageur de comprendre que sous cette véritable identité, il ne saurait obtenir ce qui lui revient pourtant de droit : l’autorisation de se restaurer dans une auberge. Son nom est celui d’un forçat.

 

 

h

III- Le face à face

1) Le voyageur souhaite faire valoir son droit élémentaire à se restaurer dans une auberge, moyennant le prix de son repas, rien de plus. Il vise à être un individu anonyme, à se fondre dans la peau d’un simple voyageur sans que l’image de forçat ne lui colle à la peau. Pour cela, il accepte toutes les conditions de l’aubergiste : y compris celle de dormir avec les chevaux. Il essaye en outre de convaincre l’aubergiste qu’il y a assez de nourriture pour satisfaire l’appétit de ceux qui l’ont prétendument réservée mais aussi celui des autres. L’aubergiste en revanche fait tout pour voir ses doutes levés puis pour dissuader le voyageur de s’attarder chez lui : il refuse ainsi de le loger et de lui servir à dîner, prétextant au début que toute la nourriture est réservée, avouant ensuite que c’est parce qu’il connaît son identité. Son but est de le voir partir.

2) a- Jean Valjean ne se laisse pas faire par l’aubergiste.

b-Posant des questions, il tâche de prouver à son interlocuteur que les réponses apportées ne contredisent en rien la possibilité de le garder à dîner. Ses phrases interrogatives sont suives de phrases nominales.

3) « Allez vous-en » vient du verbe pronominal s’en aller. Il est ici conjugué au présent de l’impératif. Cette phrase est importante car elle énonce un ordre donné par l’aubergiste à Jean Valjean et sonne comme une menace. Elle affirme ce que souhaite vraiment l’hôte.

4) Les propos de l’aubergiste sont de mauvaise foi. La répétition du pronom indéfini « tout » montre qu’il ne veut rien donner au voyageur. L’idée que tout est pris et que rien n’est disponible atteste la mauvais foi de l’aubergiste. En outre, les quantités préparées ne correspondent pas à ce qu’affirme l’hôte. Terminer enfin par des propos menaçants montre que les affirmations précédentes n’avaient pas de valeur.

 

 

f

Réécriture :

- réécrire au PQP

- passer de P1 à P6

- lignes 49-50

« En vous voyant entrer, ils s’étaient doutés* de quelque chose, ils avaient envoyé à la mairie et voici ce qu’on leur avait répondu. »

* l’accord du participe passé des verbes pronominaux est extrêmement difficile : ici le pronom réfléchi « s’ » n’est pas analysable ; la grammaire considère alors que l’auxiliaire être l’emporte : donc accord avec le sujet « ils ».

Rédaction :

- imaginez la suite du texte

- aubergiste à sa femme

- sa femme lui montre qu’il a eu tort

- récit au passé

- inclure les arguments échangés et les réactions de l’un et de l’autre.

« Dès qu’il est entré, je me suis douté de quelque chose : cet homme ne semblait pas à l’aise, il ne regardait pas les gens qui l’entouraient dans les yeux. » L’aubergiste raconta à sa femme les recherches qu’il avait menées auprès des services de la mairie pour obtenir des renseignements sur un individu suspect arrivé dans la journée en ville. La femme l’écoutait attentivement, à l’affût du moindre détail. Elle regrettait de ne pas avoir assisté à la scène et se demandait comment elle aurait réagi si elle avait été confrontée à cet homme. Aurait-elle eu, comme son mari, la présence d’esprit de solliciter les autorités locales ? Pourtant elle ne comprenait pas la réaction de celui-ci. Elle osa lui demander :

« Notre homme avait-il de quoi honorer son repas ?

-Oui, d’après ce qu’il disait mais il était hors de question pour moi d’accueillir à ma table un forçat, un homme dangereux. Qu’il aille au diable !

-Pourtant il devait avoir faim et souhaiter se reposer ? Tout forçat qu’il a été, il n’est reste pas moins un homme. Il méritait sans doute un peu de considération. En outre s’il était prêt à payer d’avance, pourquoi ne pas avoir accepté qu’il se restaure à l’abris des regards, pour éviter le scandale ?

-J’ai fait ce que j’ai cru bon pour mon établissement.

-Tu n’en as fait qu’à ta tête et sans cœur encore !

Le femme de l’aubergiste avait presque les larmes aux yeux à la pensée que cet homme affamé fût chassé de cette maison. Son mari ne méritait décidément pas le titre de digne aubergiste qu’elle avait souvent entendu dans la bouche de ses clients fidèles. Comment avait-il justifié son refus ? L’aubergiste lui reporta les échanges vifs auxquels l’avait confronté cette situation. Il semblait heureux d’avoir déjoué toutes les questions que lui avaient posées le voyageur. La nourriture ? Elle était réservée. Les personnes ? Des rouliers qui avaient tout payé d’avance. Mais l’homme avait l’œil affûté et il s’était rendu compte qu’il y avait de quoi nourrir bon nombre de personnes. Qu’importe ! L’aubergiste ne supportait pas l’idée que cet homme, cet étranger, ce voleur ne restât dans sa maison. En disant cela il s’enflammait : sa femme compris que la réaction avait été vive, presque épidermique, que jamais son mari n’avait eu la moindre compassion pour cet homme qui avait sûrement déjà volé, mû par la faim. Elle espérait de son côté voir l’homme reparaître sur le seuil de son auberge : elle lui offrirait le gîte et le couvert comme n’importe quel autre voyageur. Peut-être même le cacherait-elle.