arth1151.jpgLes romans arthuriens sont nombreux, et chaque auteur, au fil des siècles, a ajouté sa touche personnelle, a modifié le mythe initial. Par conséquent, de nos jours il est très difficile de présenter des légendes uniformes. A l’inverse, les différentes versions sont souvent contradictoires.
Ne vous attendez donc pas à trouver sur ces pages la véritable légende arthurienne. Celle-ci n’existe pas. Je ne peux que tenter de vous présenter un point de vue parmi beaucoup d’autres, que j’ai cependant choisi parce qu’il correspond aux écrits de Chrétien de Troyes, qui me sert de référence majeure.


La situation politique :
Au cinquième siècle, les romains sont installés en Grande-Bretagne et dominent l’île, même si les Scots (peuplade celte venue d’Irlande qui finira, au sixième siècle, par s’établir sur la côte ouest de l’Ecosse) et les Pictes (peuple préceltique d’Ecosse), entre autres, restent insoumis.
Mais, à partir de 486, avec les conquètes de Clovis et les invasions des Vandales, des Wisigoths et des Ostrogoths, l’empire romain s’affaiblit fortement dans sa partie occidentale. Les romains se désintéressent alors de la Grande-Bretagne pour se concentrer sur la défense de l’Empire, ce qui n’empêchera pas sa chûte dans les années 490.
Les Saxons (ancien peuple germanique qui s’était étendu vers le sud et avait mené des raids en Gaulle, tout nouvellement arrivé en Grande-Bretagne) en profitent pour essayer de s’emparer de toute l’ île.

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Des conflits internes :
Les divers chefs Bretons et Gallois sont alors divisés par d’incessantes querelles, et passent leur temps à guerroyer entre eux, sans grand succès.
Tous ces rois, postulants à un trône unificateur, souffrent d’un problème de légitimité : les différentes invasions ont entraîné une grande diversité de peuples et de cultures dans le royaume. Aucun chef ne parvient à se faire reconnaître sur tout le royaume, et par tous les peuples. Il n’y a, par conséquent, pas de chef suprême, et encore moins de roi qui commande à l’ensemble des habitants de grande-Bretagne.
Mais devant l’importante menace d’invasion des Saxons ils se rangent tous sous la bannière d’un dénommé Artorius.
Ce guerrier, probablement né vers 470-475 en Cornouailles, est le chef d’une bande très mobile de cavaliers mercenaires. Tous voient en lui la seule personne capable de tenir tête à l’envahisseur.

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Artorius au pouvoir :
Artorius est donc nommé commandant en chef de la nouvelle armée et, tous unis, les rois Bretons et Gallois remportent, quelque part dans le sud-ouest de l’Angleterre vers 500-518, une grande victoire qui stoppe l’envahisseur pendant une quarantaine d’années. C’est la bataille de Mont Badon (ou Bath, ou Badbury).
Quand Artorius trouve la mort dans une grande bataille, près de Camelford en Cornouailles, aux alentours de 540-542, c’est la fin de l’indépendance bretonne : à la fin du siècle, les Saxons occupent les trois quarts de l’île.
Le corps d’Artorius est enterré clandestinement à Glastonbury par ses lieutenants, qui tiennent à cacher sa mort pour ne pas démoraliser les troupes.

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Les conséquences :
Devant l’invasion, des milliers de Bretons ont traversé la mer pour s’établir dans la péninsule armoricaine, à laquelle ils donnent le nom de Bretagne. Ils y retrouvent des compatriotes arrivés depuis le quatrième siècle. Ils restent en contact très étroit avec les Bretons demeurés dans l’île. Les uns et les autres gardent vivant le souvenir d’Artorius et en font un roi, ce qu’il n’a jamais été dans la réalité.
D’autre part, le problème de la légitimité se pose toujours, et plus fort encore, après la prise du pouvoir par Guillaume le Conquérant (1027-1087), duc de Normandie, en 1066. Le roi est un normand, peuple minoritaire. Et cette situation est d’autant plus ennuyeuse que la dynastie rivale n’a pas ce problème : les capétiens se présentent comme les descendants de Charlemagne.
Pour palier à ce grand désavantage, les Normands encouragent les clercs à diffuser ce qui est déjà la légende d’Arthur (nom romain pour Artorius), et plus particulièrement le mythe de sa dormition et de son retour prochain, dans le but de s’allier les Gallois et de défaire les Anglo-Saxons.

La création du mythe :
Dans un premier temps donc, la légende raconte qu’Arthur n’est pas mort. Grièvement blessé lors de la bataille de Camlann, il a été transporté par sa soeur, la fée Morgane, jusqu’à l’île d’Avalon, où il est soigné, attendant de pouvoir revenir prendre la tête de son peuple : c’ est l’espoir breton.
Mais Henri II (1133-1189) va finalement confisquer la légende d’Arthur, en se présentant comme son héritier légitime, et mettre un terme à l’espoir breton. A des fins de propagande, il demande une mise en langue romane de l’Historia Regum Britanniae, commandée en 1138 par son père, dans le même but, à Geoffroy de Monmouth.
Le roi, à l’intérieur de son royaume, a besoin de l’appui des Bretons contre les Saxons qui acceptent mal la domination normande. Mais les Bretons ne sont pas prêts à se rallier à la bannière des Plantagenêt à cause de l’espoir breton.
Le roman, en trois parties, se termine avec la description du règne d’Arthur : son accession au trône, son mariage, la création de la Table Ronde, jusqu’à la mort du souverain.
Finalement on découvre, en 1191, les tombes (et les squelettes) d’ Arthur et Guenièvre dans le cimetière de l’abbaye. Quand à l’île d’Avalon, elle est identifié à l’abbaye de Glastonbury. Cela met un terme à l’espoir breton.

L’extension du mythe :
Vers 1100, la légende est tellement présente et forte que les bardes y greffent mythes folkloriques, particularités géographiques, traditions chrétiennes et petit héros locaux postérieurs (Yvain par exemple), …
En deux ou trois siècles donc, Arthur est devenu le pivot autour duquel gravite tout un système d’histoires indépendantes à l’origine, et cet ensemble finit par former un vaste et riche réservoir, un mythe immense et inépuisable.
C’est Robert Wace, dans son Roman de Brut, en 1155, qui donne la coloration courtoise au mythe. Arthur devient le monarque idéal, un modèle d’humanité, de vaillance, de générosité et de délicatesse. C’est lui aussi qui, le premier, mentionne la Table Ronde, symbole politique de la société courtoise.
La légende arthurienne est, dès la fin du onzième siècle, diffusée à travers toute l’Europe, et même au-delà, par les conteurs professionnels qui accompagnent les armées partant pour la Terre Sainte à l’occasion des deux premières croisades.


La naissance d’Arthur :

Arthur est le fils du roi Uter Pendragon et de la duchesse Ygerne de Cornouailles.
Sa mère avait été mariée une première fois à Gorlois, duc de Cornouailles et vassal d’ Uter. Grâce à Merlin, un soir Uter prend l’apparence du duc et couche avec Ygerne. Pendant cette même nuit le duc meurt dans une escarmouche hors de son château. Uter épouse alors Ygerne.
Selon les auteurs, Arthur est confié à sa naissance soit à Merlin, qui a exigé ce don en paiement de ses services et va l’ élever comme un chevalier dans l’ignorance de ses origines, soit à Ectorius et Flavilla, vassaux loyaux et justes, qui l’élèvent alors avec leur fils Keu.

L’accession au trône :

A la mort d’Uter, la succession se révèle un problème épineux et douloureux car il n’a pas de fils légitime.

Mais à la sortie de la messe, après l’enterrement, on découvre sur le parvis de la cathédrale une épée enfoncée dans une enclume et un roc. On peut y lire une inscription selon laquelle seul le roi légitime pourra arracher l’épée de la pierre. De nombreux chevaliers tentent l’épreuve, mais l’épée reste à sa place. Ce n’est que plusieurs annés après qu’un adolescent parvient à l’extraire : c’est Arthur

A cet endroit se dessinent deux versions :
Selon la première, les barons refusent de reconnaître l’autorité de cet adolescent. Finalement, Merlin intervient pour révéler qu’Arthur est le fils d’Uter et d’Ygerne, donc l’héritier légitime du trône.
Selon la seconde, Arthur arrive volontairement pour obtenir ce qui lui revient de droit. Et c’est lui-même qui révèle, devant un parterre de chevaliers ébahis, ses origines, confirmées par Ygerne et Merlin, présents à cette scène.
D’autres divergences ont lieu quand à l’acceptation du nouveau roi, parfois la bataille est rude et Arthur doit y prouver sa valeur, d’autres fois, il est accueilli dans la joie, comme un libérateur.

La pacification du royaume :
Alors que de nombreux barons guerroient contre Arthur, refusant de lui prêter serment, les envahisseurs Saxons profitent de la situation pour pénétrer dans le royaume. Les barons révoltés se rendent alors compte du danger qu’ils font courir au royaume et se réconcilient avec Arthur.
Le jeune roi s’avère être un général avisé et un chevalier hors pair. En outre la jeune génération, les fils des barons, avaient déjà rejoint le parti du jeune roi. Les barons font leur soumission à Arthur et écrasent avec son aide les saxons.
C’est pendant cette période mouvementée qu’Arthur rencontre Guenièvre. Il se porte au secours du roi de Carmelide que menaçaient des géants et des Saxons (là encore, il y a de nombreuses variations). Guenièvre est la fille de ce roi vassal. Arthur l’épouse et cela entérine la fin de l’épopée guerrière et sanctionne l’ouverture d’une époque de paix et de prospérité. C’est le signe final de sa légitimité en tant que souverain.
D’autres textes racontent que le roi Arthur, au début de son règne, avait aidé le roi d’Écosse Leodegraunce contre les Irlandais, et que celui-ci, pour le remercier, lui a offert sa fille Guenièvre en mariage. Merlin s’oppose dans un premier temps à cette union puisqu’il sait que Guenièvre est amoureuse de Lancelot, le plus prestigieux des Chevaliers de la Table Ronde. Mais Merlin finit par accorder sa bénédiction, et durant la cérémonie, il offre la Table Ronde à Arthur en guise de cadeau de mariage.

La Table Ronde :
Viennent ensuite douze années de paix où se placent les aventures des Chevaliers de la Table Ronde. Arthur cesse d’être le héros central des récits, il est entouré d’un certain nombre de personnages :
Keu le sénéchal, Gauvain, Agravain, Gaheriet, Guerrehet, Sagramor, Lancelot du Lac, Perceval le Gallois, Bohort, Lionnel, Galaad, Mordret…
Mordret est le fils d’Arthur, qu’il a eu avec Morgane, sa demi-soeur (sans savoir qu’ils étaient frère et soeur), alors qu’il n’était encore qu’écuyer.
Pour appuyer sa souveraineté, Arthur possède Excalibur, l’épée magique d’Avalon qui témoigne de son amitié avec le peuple des fées. Elle lui confère aussi un pouvoir non négligeable : tant qu’il combat avec elle, il ne perdra jamais beaucoup de sang, à peine quelques gouttes.
Le nombre des chevaliers de la table ronde varie selon les moment et les récits, pouvant aller de 12 à 150. Ces chevaliers sont unis par des sentiments de fraternité indissolubles. La rupture de cette solidarité amenera à la bataille finale.

La quête du Graal :
Le Graal, selon la légende, est le calice dans lequel le Christ aurait bu lors du dernier repas avec les apôtres. Ce calice aurait contenu son sang après la crucifixion.
Le Saint Graal apparaît une fois aux chevaliers de la Table Ronde, recouvert d’un tissu blanc au milieu d’une lumière éblouissante. Lorsque les chevaliers voient cette lumière, ils restent tous sans voix et une odeur épicée se répand.
Suite à cette apparition, Merlin intervient et explique à toute l’assemblée que cette coupe est un élément essentiel à l’harmonie entre les hommes, qu’il faut que l’un des chevaliers de la Table Ronde le trouve et regarde ce qu’il contient pour que le monde continue à fonctionner.
La quête du Saint Graal est la plus difficile et la plus grande des quêtes de l’époque du Roi Arthur, plusieurs chevalier en sont revenus les mains vides. Le roi Arthur se disait que la loyauté et la noblesse de ses chevaliers ne serait plus jamais la même sans l’illustre relique du Saint Graal et il ne se trompait pas : plusieurs d’entre eux sont morts avant que Galahad réussisse à regarder dans le calice et ramener la paix à Camelot.

La mort du roi :
Le roi Arthur se rend avec son armée sur le continent. Il y a 2 versions à cet événement :
La plus ancienne indique qu’il marche sur Rome qui avait osé réclamé le tribut de la Grande-Bretagne à l’Empire.
Pendant son absence Mordret s’empare du royaume avec l’aide des Saxons. Il se fait couronner roi et épouse Guenièvre. Arthur et son armée reviennent. C’est alors le combat final entre les armées d’Arthur et de Mordret sur la plaine de Salisbury.
La seconde version est plus romanesque : Lancelot est surpris avec Guenièvre. Arthur, bafoué et trahi par les deux êtres qu’il aime le plus au monde, ordonne que l’on tue Lancelot et que Guenièvre soit brûlée vive. Il poursuit alors son rival, venu sauver la reine le jour de l’exécution, jusqu’en Bretagne, fief de Lancelot, où une gigantesque bataille se développe, opposant les
Chevaliers de la Table Ronde entre eux.
Quoi qu’il en soit, tous les personnages de la légende trouvent la mort au cours du combat. C’est Cador, duc de Cornouailles, qui devient roi de Grande-Bretagne. Guenièvre quant à elle prend le voile à Amesbury.



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Qu’est-ce qu’un manuscrit enluminé ?

Le mot manuscrit vient du latin : manus (main) et scribere (écrire), c’est-à-dire un texte écrit à la main.
Les termes de «miniature» ou d’«enluminure» sont fréquemment employés pour désigner la décoration peinte dans les livres. Celui de «miniature» provient de l’italien «miniatura», lui-mème issu du verbe latin »miniare», c’est-à-dire «enduire de minium» – un oxyde de plomb de couleur rouge utilisé pour tracer les initiales et les titres appelés rubriques. Une miniature désigne, au sens large, la représentation d’une scène ou d’un personnage dans un espace indépendant de l’initiale. Le verbe latin «illuminare» (éclairer, illuminer) a donné le mot français «enluminer». Ce terme regroupe aujourd’hui l’ensemble des éléments décoratifs et des représentations imagées exécutés dans un manuscrit pour l’embellir, mais au xiiie siècle il faisait référence surtout à l’usage de la dorure.

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La confection des manuscrits

Jusqu’au XIIe siècle, les manuscrits sont copiés dans les établissements ecclésiastiques, principalement les abbayes, où ils servent à célébrer le culte et à nourrir la prière et la méditation. À partir du XIIIe siècle, un artisanat et un marché laïcs se développent avec l’essor de l’université et des administrations et l’émergence d’un nouveau public amateur de livres.

La confection d’un manuscrit est un travail réalisé en plusieurs étapes. Jusqu’au XIVe siècle, le texte est écrit sur une peau de bète (veau, mouton ou chèvre) appelée parchemin ; on l’obtient au terme d’une longue série de manipulations. Le parchemin est découpé en feuilles qui sont regroupées en cahiers. Le papier, fabriqué à partir du chiffon, est une invention chinoise transmise par les Arabes. Il apparaît en Espagne au XIIe siècle, mais son usage demeure rare en France avant le xive siècle, lorsque les premiers moulins à papier sont installés à Troyes.

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Sur chaque page, des lignes verticales et horizontales sont tracées pour guider l’écriture : le scribe réalise sa copie lentement avec une plume d’oiseau ou un roseau effilé appelé un calame qu’il taille avec un couteau. Le texte est écrit à l’encre noire, les rubriques ou titres à l’encre rouge.

Dans les espaces réservés par le copiste au début des textes, l’enlumineur peint les miniatures et les initiales ornées ou historiées et, dans les marges, il peut réaliser les rinceaux, petites scènes ou drôleries.

Enfin les cahiers sont cousus ensemble, les plats de bois sont fixés sur les nerfs de couture et l’ensemble est protégé par une couvrure de peau de truie, de chèvre, de mouton ou mème de cervidé. La reliure est parfois décorée, notamment par estampage à froid de petits fers juxtaposés. Les livres précieux du culte peuvent être dotés de reliures comportant des ivoires et de l’orfèvrerie.

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C’est une cérémonie au cours de laquelle un jeune noble, âgé de 20 ans, reçoit ses armes et entre dans la classe des chevaliers.

L’initiation commence dès l’enfance; à 7 ans, le jeune noble est confié à un seigneur étranger chez qui il devient page, puis compagnon de chasse, de voyage et de guerre; au cours de ces « années d’apprentissage », il se prépare surtout au métier militaire.

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À la veille de la cérémonie, le jeune homme purifie son corps par un bain et fait une veillée de prières dans la chapelle du château ; son épée a été déposée sur l’autel pour être consacrée. Le lendemain, il assiste à la messe, puis, en présence d’une nombreuse assistance, il reçoit l’épée avec le baudrier, les éperons d’or, le heaume et l’écu, ou bouclier. Par serment, il s’engage à ne servir que des causes justes et nobles. Enfin, son parrain, qui est un chevalier renommé, lui donne la « paumée » ou « colée », formidable coup administré du plat de la main sur la nuque et qui fait souvent chanceler le nouveau chevalier. Sitôt adoubé, celui-ci monte un destrier et, sans toucher les étriers, fait admirer son adresse et sa force en s’élançant au galop contre une « quintaine » ou mannequin qu’il faut renverser.

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Voici comment se déroulait la cérémonie de l’adoubement (armement du chevalier).

La première cérémonie était un bain où l’on mettait l’aspirant, c’était un symbole de purification morale. Au sortir du bain, on l’habillait d’une tunique blanche, insigne de pureté ; d’une robe rouge, marque de ce qu’il était tenu de répandre son sang pour sa foi et son devoir ; d’un justaucorps noir, souvenir de la mort qui l’attendait, comme tous les hommes. Purifié et vêtu, il observait un jeûne rigoureux de vingt-quatre heures. Sur le soir, il entrait dans l’église et passait la nuit en prières. Le lendemain matin, il se confessait, communiait, assistait à la messe et entendait ordinairement un sermon sur les devoirs de la chevalerie, puis il s’avançait vers l’autel, l’épée de chevalier suspendue à son cou ; le prêtre la détachait et la lui rendait après l’avoir bénie

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.

Le jeune guerrier allait ensuite s’agenouiller devant le seigneur qui devait lui conférer son titre ; il lui récitait quelque demande comme celle-ci : « Si vous pri qu’en guerdon de mon service me doigniès armes et me faîtes chevalier », et il prononçait le serment de rester toujours fidèle à la religion et à l’honneur. Le seigneur lui donnait l’accolade, c’est-à-dire, trois coup du plat de son épée sur l’épaule ou sur la nuque, quelquefois un léger coup de la main sur la tête et lui disait une sorte de sermon. Puis « On amène le cheval, on apporte les armes, on le revêt d’une cuirasse incomparable, formée de doubles mailles que ni lance ni javelot ne pourraient transpercer ; on le chausse de souliers de fer fabriqués de même à doubles mailles; des éperons d’or sont attachés à ses pieds ; à son col est suspendu son bouclier, sur lequel sont représentés deux lionceaux d’or ; sur sa tête on pose un casque où reluisent les pierres précieuses, ou lui remet une lance de frêne à l’extrémité de laquelle est un fer de Poitiers ; enfin, une épée provenant du trésor du roi. »
(Extrait de Comment Geoffroi Plantagenet, Due d’Anjou, fut armé chevalier en l’an 1127.)

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Perceval va devenir chevalier. Il se fait adouber : son parrain, un noble seigneur, Gornemant de Goort, lui remet les armes puis procède à l’adoubement.

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De bon matin le seigneur se leva et se rendit au lit du jeune homme qu’il trouva encore couché. Il lui fit remettre en présent chemise et culottes de toile fine, chausses teintes en rouge, ainsi qu’une tunique faite d’une étoffe de soie tissée en Inde. Il les lui avait fait porter pour qu’il les revêtît. […]

Il ne tarde pas davantage à revêtir les vêtements et il abandonne ceux donnés par sa mère. Alors, le seigneur se baisse et lui chausse l’éperon droit¹. Telle était en effet la coutume : celui qui faisait un chevalier devait lui chausser l’éperon. Il ne manqua pas de jeunes gens pour se disputer l’honneur de l’approcher et de l’armer de leurs propres mains. Le noble seigneur s’est alors saisi de l’épée ; il la lui ceint et lui donne l’accolade² en lui déclarant qu’avec cette épée, il lui confère l’ordre le plus élevé que Dieu ait établi et créé, l’ordre de chevalerie qui n’admet aucune bassesse. Puis il ajoute :

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« Qu’il vous souvienne, mon ami, si d’aventure il vous faut combattre quelque chevalier, des instructions pressantes que je vais vous donner : si vous avez le dessus au point que votre adversaire ne puisse plus se défendre ni vous résister et qu’il lui faille demander grâce, ne le tuez pas délibérément. Gardez-vous aussi de vous abandonner au bavardage et au commérage. A trop parler on ne peut manquer de dire quelque chose qu’on vous impute à bassesse³. Comme le dit si bien le proverbe : « A trop parler, faute on commet ». Voilà pourquoi, mon ami, je vous recommande de ne pas trop parler. Et je vous demande également si vous rencontrez une jeune fille ou une femme, demoiselle ou dame, qui se trouve privée d’appui, de lui venir en aide, pour peu que vous soyez capable de le faire et en ayez les moyens –ce sera une bonne action. J’ai encore une autre chose à vous apprendre –ne la négligez pas, car elle n’est pas à dédaigner : ne manquer pas de vous rendre à l’église y prier le Créateur de toutes choses d’avoir pitié de votre âme et de protéger en ce bas monde le chrétien que vous êtes et qui lui appartient ».

C. de Troyes, Le Conte du Graal

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As-tu remarqué que dans notre société, toutes sortes de produits, de films, de jeux, de bandes dessinées, de romans… renvoient au Moyen-Age?

Voici quelques exemples, mais la liste est loin d’être exhaustive.

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A toi de mener l’enquête : cherche un document moderne qui utilise de façon proche ou lointaine un élément de la civilisation médiévale.
Fais-nous partager le fruit de ta recherche en écrivant un commentaire et n’hésite pas à l’agrémenter d’images. Amuse-toi bien!

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Gargantua, fils de Grandgousier et de Gargamelle, naît dans de « bien estranges » conditions.

Il a été porté pendant onze mois par sa mère Gargamelle. Il naît de l’oreille de sa génitrice, lors d’une partie de campagne organisée par  Grandgousier où elle a beaucoup mangé , ri , plaisanté et dansé.

La taille extraordinaire de Gargantua permet à Rabelais de décrire de nombreuses situations bouffonnes.

Immédiatement le nouveau-né est mort de soif et réclame  «  à boyre ». Surpris et amusé par une telle soif  , Grandgousier, son père , s’exclame : «  Que grand (gosier) tu as » , ce qui vaudra à l’enfant d’être appelé Gargantua.

 

Entre trois et cinq ans , Gargantua est élevé assez librement. Il bénéficie ensuite d’une éducation délivrée par des pédagogues traditionnels . Puis il se rend à Paris pour recevoir  l’enseignement de Ponocrates. En chemin, l’énorme jument qu’il monte, chasse les taons de sa queue avec une telle puissance, qu’elle détruit toute la forêt de Beauce.

Arrivé à Paris, Gargantua s’amuse à dérober les loches de Notre Dame pour les accrocher au cou de sa jument.

Le royaume de Grandgousier est envahi par Picrochole. Grandgousier ne parvenant pas à ramener Picrochole à la raison, il appelle son fils Gargantua à la rescousse. Ce dernier prend la tête des combats. Il est aidé par Frère Jean des Entommeures, dont le courage est exemplaire. Le fils de Grandgousier est victorieux et Picrochole doit s’enfuir. Gargantua  fait un discours de morale politique. Il indique également que le royaume du vaincu reviendra à son fils dont l’éducation sera confiée à Ponocrates. 

 

 

 

 

 

 

 

 



Autographe d\'Alexandre Astier                  Le travail mené avec les 5èmes a été remarqué par les Editions Télémaque et par Michel Drucker sur Europe 1 et a donné lieu à une interview sur la célèbre radio dans l’émission consacrée au célèbre auteur de Kaamelott, Alexandre Astier.

                 Je ne ferai pas de pub ici mais il vous appartient de chercher le pourquoi du comment sur les sites  des Editions Télémaque et d’Europe1.

                 En attendant, à l’attention de tous mes élèves de 5ème, voici un autographe que m’a envoyé le décidément très sympathique Alexandre Astier.

 

 

 

 

 

 



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Robinson, nous l’avons vu, est un personnage fictif qui a été inspiré parl’histoire étonnante du marin, Alexandre Selkirk qui, à la suite d’une dispute avec son capitaine, a été débarqué sur une île où il a survécu pendant quatre ans et quatre mois.robinsoncrusoeselkirk.gif

De nombreux écrivains ont, à l’instar de Daniel Defoe, qui a écrit les premières aventures de Ro185px-robinson_crusoe_and_man_friday_offterdinger.jpgbinson Crusoé, ont fait vivre ce personnage dans d’autres oeuvres.

Et puis des romans sont nés, qui ne parlent pas directement de Robinson, mais qui mettent en scène d’autres personnages qui, pour des raisons diverses, se voient contraints de survivre sur une île déserte.

Ainsi, dans Sa Majesté des Mouches, de William Golding, ce sont des enfants qui, à la suite d’un accident d’avion, échouent sur une île déserte. Ils vont devoir s’organiser pour survivre seuls, sans adultes.

Au début, échouer sur une île paradisiaque, cela peut paraître merveilleux : le soleil, la tranquillité, la plage, l’exotisme… mais très vite, on réalise qu’on est confronté à une nature souvent hostile, et la solitude devient pesante.

En effet, bien qu’il s’adjoigne tardivement la compagnie de Vendredi, Robinson est l’homme seul. Prisonnier au secret dans son île déserte, il ne lui suffit pas de survivre matériellement, il doit encore écarter le vertige et la folie de la solitude. Malraux a écrit que, seuls trois livres résistaient à la prison : Don Quichotte, Robinson Crusoë et L’Idiot. C’est justement que chacun est une leçon de résistance à la solitude. Ce que Don Quichotte par l’amour et l’imagination, Muichkine par la sainteté, Robinson y arrive par le travail quotidien. Et telle est son ultime leçon : la labeur journalier a le pouvoir de nous faire retrouver les autres et de nous libérer de l’angoisse d’être seul

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Avant tout chose, Kaamelott est une série drôle qui utilise de nombreux procédés comiques pour parvenir à faire rire. Faire rire par tous les moyens ? Non, Alexandre Astier est un enfant surdoué qui joue avec une facilité déconcertante sur le rythme, les allitérations, les jeux de mots et la musique pour créer une ambiance désormais culte, le style « kaamelott ».

Running gag
Le Running gag est un des procédés comiques les plus utilisés. Il est souvent dû à la stupidité des personnages qui demandent qu’on leur explique quinze fois les mêmes choses. Il est aussi illustré par des gags récurrents, comme l’amnésie sélective d’Arthur qui oublie à longueur de temps qu’Yvain est son beau frère. « J’ai pas de beau frère ! Ah si ! Merde ! J’arrive pas à l’intégrer celui-là ! ». Sympa pour le beau frère. Mais en tout cas, avec ces petits gags à répétition, Astier est sûr de taper dans le mille. Dans le même style, il ne faut pas oublier les références de livre à livre. Par exemple dans La Rémanence du livre IV, les personnages reprennent des répliques exactes du livre I. (Et après on nous dit qu’il travaille ?)

Le langage du corps
Le comique gestuel concerne surtout le visage, et celui du roi Arthur est particulièrement expressif, tout comme la manière de bouger ses bras. Astier a une technique bien à lui pour montrer son exaspération. Le roulis des yeux pourrait être classé comme « monument historique ». Autre exemple : l’impassibilité du faciès de Perceval met en lumière sa totale stupidité, déclenchant l’énervement des autres personnages mais surtout le rire des téléspectateurs.

Parler pour rire
Le comique de parole dans la série Kaamelott est sans doute le plus important. A cause du langage décalé, ordurier parfois et de l’utilisation de mots incorrects (spécialité de Perceval), les dialogues de la série relèvent souvent de la performance sportive tant les zygomatiques sont sollicités. A ce langage spécifique, il faut ajouter la musicalité des mots : rythme ternaire, binaire, allitération et assonance permettent de créer une ambiance spécifique, propre au rire. Car même si la réplique n’est pas drôle, sa musique rappelle toujours celle qui nous a fait rire juste avant. Comme on dit, Astier a trouvé le bon tuyau !

Surréalisme
On trouve également les discours surréalistes que ni les protagonistes (sauf un) ni les téléspectateurs ne comprennent. L’exemple le plus flagrant : Perceval tentant d’expliquer un jeu de dés gallois, la grelotine. Ni Karadoc, ni le tavernier ne parviennent « à saisir » le but du jeu et la partie s’en trouve fortement compromise. Au-delà de l’absurdité des 375 règles à intégrer pour jouer, c’est la capacité de Perceval à comprendre un jeu que même le plus grand joueur d’échec ne pourrait déchiffrer qui rend la scène irresistible. C’est illogique et surréaliste et c’est justement pour ça qu’Astier adore utiliser Perceval pour exprimer des vérités – que n’arrivent pas à admettre les autres personnages. Tout est dans le paradoxe.

Benny Hill
Alexandre Astier s’essaye aussi à l’humour d’hier dans le livre IV. Lors de l’épisode La Parade, il utilise le procédé de la poursuite accélérée, en référence à Benny Hill. Gag vieux comme le monde, il parvient à se renouveler dans Kaamelott. Qui n’a jamais rêvé de voir défiler des dizaines de maîtresse. Le réalisateur fait avec ce gag un beau doublet : rire et fantasme !

Anachronismes et décalages
A la manière des Monty Python, Astier n’a pas peur d’utiliser l’anachronisme à travers des expressions langagières modernes par rapport au contexte historique. On passe de « j’en ai rien à carrer » ou « ça daube, ici! » à « preux chevaliers » ou « damoiselle » avec une facilité déconcertante. Mais seule la parole est touchée ; l’histoire, même si elle est revisitée, aurait pu arriver, comme le dit lui-même le créateur. Il s’agirait plutôt d’un décalage entre la légende et la réalité. D’un côté, le légendaire roi Arthur et ses chevaliers, et de l’autre, Arthur et les bras cassés. Il est clair que pour ceux qui connaissent un peu la légende arthurienne, ce décalage est certainement le procédé comique le plus efficace.

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Critiques
Sous ses airs de farce, la série cache de nombreuses critiques envers la société ; de la critique politique à la critique sociale en passant par les critiques des illuminés du paranormal, Kaamelott n’épargne personne.

Astier se dresse fermement et souvent contre la peine de mort, en opposant la politique progressiste d’Arthur avec la politique ferme et brutale de Léodagan – rappelons nous sa passion pour la roue ! Il n’hésite pas non plus à mettre en lumière les dérives du pouvoir qui affectent le plus souvent le peuple. Plutôt d’actualité.

Et Guenièvre ? Quel message peut-elle véhiculer dans son rôle d’idiote ? Grâce à elle, Alexandre Astier critique ouvertement la condition de la femme dans certaines régions du monde. Lors du Livre IV, Guenièvre prend une décision difficile pour retrouver la liberté : ,quitter Arthur pour s’enfuir avec Lancelot. Mais elle se retrouve au final, séquestrée par son amant qui préfère la tuer, plutôt que de la perdre. Loin de l’humour habituel de la série, cette scène rappelle que beaucoup de femmes sont encore sous l’influence d’un mari possessif et violent. La naïveté et l’absurdité véhiculent aussi bien les messages que les discours les plus véhéments.

La série taille également un costume trois pièces à la religion grâce à l’interprétation hystérique d’Elie Semoun en « Purgateur » intransigeant. Ce qu’Astier déteste par-dessus tout, c’est l’intolérance. Le plus important pour le créateur de la série, c’est de sévir contre les « cons ».

Kaamelott, comme d’autres farces avant elle, utilise l’humour comme arme contre les injustices du monde. Car même s’il a écrit une série comique, Alexandre Astier n’hésite pas à assombrir l’histoire et certains personnages à l’image de Lancelot. On rit plus jaune, on rit même noir, mais Kaamelott c’est aussi une lutte de pouvoir qui ne peut pas avoir que des issues heureuses. Au moins Astier ne s’acharne pas à rendre drôle ce qui ne l’est pas et ce qui ne doit pas l’être et cela, malgré les critiques des producteurs.

Mais même à ses minutes les plus sombres, Kaamelott reste peuplée de ses personnage-bras-cassés, toujours plus demeurés, pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

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Gaëlle Perrier, pour fluctuat.net



images16.jpgBranle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu’il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c’est Zerbinette qu’il aime, mais son père en a lui aussi décidé autrement. Alors, que vont bien pouvoir faire ces deux jeunes gens sans le sou contre la puissance et l’autorité de leurs barbons de pères ? Faire appel à Scapin, bien sûr, le valet bondissant et malicieux, joueur et beau parleur : rien de tel que l’un de ses nombreux tours pour retourner la situation ! Personnage clef de la commedia dell’arte, Scapin est de tous les coups pendables, de toutes les comédies : rien d’étonnant à ce que Molière l’ait choisi pour animer l’une de ses farces les plus enlevées. Rien d’étonnant non plus à ce que cette pièce ait été l’une des plus jouées et des plus applaudies du répertoire de Molière : son humour universel continue de divertir même les pince-sans-rire.scapin.gif

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En 5ème, nous avons étudié les récits de voyage et découverts les aventures de grands explorateurs, comme Marco Polo, Christophe Colomb, Jean de Léry, Fernàn de Magellan. Les élèves ont dû ensuite imaginer un épisode de l’aventure de Marco Polo.

Voici le texte composé par Simon (5ème C), qui est parvenu à bien exprimer l’émerveillement du voyageur devant l’inconnu. Mongolie

 

Quand on a traversé le fleuve Orkon au cœur de la Mongolie, c’est l’infini des steppes qui s’offre à nous. Des vastes étendues d’herbe s’étalent à perte de vue, sans village. Seuls quelques nomades ont planté les tentes rondes qui servent de maison. Tout à coup, un cavalier s’approche de nous : il a les cheveux très noirs, porte des vêtements en peaux de bêtes et un drôle de casque pointu. Son cheval est de petite taille, et porte une selle en fourrure. Ce drôle de personnage descend de sa monture et , à l’aide de grands gestes, il nous invite à le suivre. Il nous fait pénétrer dans sa grande tente et nous nous apercevons qu’il y règne une atmosphère chaleureuse et accueillante. Les femmes de la famille nous forcent à nous asseoir et nous mettent entre les mains des bols de liquide brûlant. Tout le monde a les yeux fixés sur mes compagnons et moi : le liquide me brûle la gorge et laisse un léger goût sucré en bouche. La communication est très difficile, alors, pour que nous les comprenions, ils dessinent des signes dans la terre.

 

 

Mongolie Le lendemain matin, Uucan essaye de nous dire qu’il nous accompagne jusqu’au prochain campement nomade. Et ainsi de suite jusqu’à la ville de Cambaluc, la capitale de la Mongolie. Arrivés devant le palais impérial d’été de Shangdu de Kûbilaî Khãn, nous sommes accueillis par un détachement de gardes impériaux, qui nous emmènent dans la salle du trône. Les murs des couloirs sont recouverts d’or et d’argent, et de pierres précieuses (rubis, émeraudes, diamants, saphirs,…). Au fond, une lueur resplendissante nous éblouit: l’empereur mongol est assis sur un immense trône en or massif : nous allons faire la rencontre du Grand Kûbilaî Khãn. Les murs du palais sont recouverts de fresques multicolores représentant des scènes de chasse du grand empereur. Devant notre émerveillement, l’Empereur nous invite à rester quelques jours avec lui et organise une grande fête en notre honneur et il nous propose de prendre du repos. Les chambres sont grandes, les murs sont ornés de soieries magnifiques. On y trouve un lit à baldaquin en cyprès très finement sculpté avec des animaux, un coffre peint avec des fleurs et des oiseaux aux couleurs éclatantes, des vases et pots en céramiques blanches aux motifs bleus lumineux. Les fenêtres sont habillées de claustras en bois précieux. De grandes portes sculptées séparent les pièces du couloir.

Le palais est en effervescence par la préparation duKubilai Khan

festin. L’empereur souhaite nous impressionner. Enfin, le jour de la fête arrivée. Kûbilaî Khãn porte un vêtement de soie jaune or brodé d’argent. Nous mangeons du riz cuisiné avec du poisson pêché spécialement pour nous dans le Fleuve Jaune et transporté dans le sel et la glace pour conserver leur fraîcheur, des volailles salées et laquées accompagnées de légumes cuits aux saveurs délicates et relevées par des épices qui nos sont inconnues. C’est une véritable explosion de parfums raffinés !

 

L’empereur nous propose ensuite de visiter son vaste pays mais ceci vous sera conté dans une autre histoire.

.Marco Polo

 

 



Tu viens de lire Le Crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie. L’enquête, tu l’as noté, se déroule à huis clos dans un train prestigieux, un train de légende comme jamais tu n’en as pris. Je te propose de découvrir son histoire.

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S‘il est un train qui enflamma l’imagination des plus grands écrivains, c’est bien celui-la. D’Agatha Christie à Alfred Hitchcock, nombreux furent les artistes qui prirent le fameux train comme décor de leurs œuvres.

Il vit le jour en 1883, sous la direction de Georges Nagelmackers, un constructeur belge qui s’inspira des trains de Pullman, un Américain qui inventa les premiers trains à couchettes. Le voyage d’origine quittait la gare de Strasbourg à destination de la Roumanie via Vienne, Budapest, Bucarest, et les Balkans. 3 200 kilomètres en 4 jours, Ce voyage est une véritable promenade, car le train ne roule qu’à 39,8 km km/h.

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L’Orient-Express est un train de luxe ; la clientèle voyage dans un confort digne des grands palaces de l’époque. : tapisseries des Gobelins, rideaux de velours de Gênes, plafonds tendus de cuir de Cordoue, marqueterie et boiseries d’acajou, cristaux de Lalique, le décorent avec richesse. Des serveurs gantés y servaient du champagne, du caviar et des huîtres, et à l’heure de la digestion, les messieurs se rendaient au wagon-fumoir, pour y déguster du Cognac millésimé et des havanes. On y trouve un pianiste, un salon de coiffure, des draps de lin brodé, des bouquets frais.trajetcabine
A l’origine, le train parcourt 3186 km de Paris à Constantinople, en passant par Strasbourg, Munich, Vienne, Budapest et Bucarest. Aujourd’hui, avec la construction du tunnel du Simplon, qui relie l’Italie à la Suisse, l’itinéraire s’est modifié. Maintenant le train emprunte le trajet Paris-Constantinople via Venise et Trieste, et il a pris le nom de Venice Simplon-Orient-Express (VSOE).

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L’histoire de ce train est peuplé de péripéties : en 1892, il fut mis en quarantaine pour cause de choléra, resta bloqué dans la neige pendant 5 jours (les passagers durent se résigner à chasser et manger des loups afin de survivre). Résultat 5 jours de retard, et le livre « Meurtre sur l’Orient Express » d’Agatha Christie, inspiré de ce fait divers.film
En 1891, le célèbre convoi subit sa première attaque de pillards, qui s’emparèrent de 120.000 livres et prirent 5 voyageurs en otage.
En 1931, des terroristes prennent d’assaut le train. L’affaire vire au tragique,
20 personnes moururent.
En 1914, les voitures sont réquisitionnées par les Allemands pour le transport de leurs troupes sur les lignes de front.
Entre les deux grandes guerres le train connut les sommets de sa notoriété. Rois, rajahs, maharanés, princes russes ou d’ailleurs, acteurs célèbres, artistes fortunés, tous furent les hôtes de cette croisière de luxe.
Mais comme il tua les grandes croisières maritimes, l’avion abrégea les jours de ce train légendaire qui cessa de rouler en 1977. Cette pause dans son histoire mouvementée ne dura pas longtemps. Lors d’une vente de Sotheby’S, l’homme d’affaires James Sherwood rachète, deux voitures du VSOE. Puis, petit à petit il va rassembler les pièces égarées du puzzle. Quelques années et 11 millions de livres plus tard, il réunit les 35 voitures. Première victoire pour le magnat. La deuxième victoire fut la restauration du train, confié à un français, Gérard Gallet, qui mit 5 ans pour remettre à neuf dans le moindre détail le train mythique.extérieur
Ce fut Liza Minnelli qui inaugura la réincarnation de ce train en 1982.
Aujourd’hui le train se compose de 17 voitures (11 voitures-lits, 3 voitures-restaurants, une voiture bar et 2 pour le personnel et les bagages). Il relie Paris à Venise une fois par semaine, à la vitesse de 70 km/h. Mais il vous en coûtera 1.700,00 € pour le voyage en pension complète. Désormais le smoking n’est plus de rigueur dans les voitures-restaurants ; seulement souhaité.
Si vous voulez vous offrir le voyage d’origine : Paris-Istanbul, via Budapest et Bucarest , il vous en coûtera 4.300,00 € par personne.
D’autre formules vous sont proposées. Ainsi de mars à novembre 2001, il vous emmènera à Boulogne-Sur-Mer le matin à 9h00 et vous ramènera le soir à Paris à 21h00. Le tout pour 360,00 €.

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Les fourberies de Scapin ne sont pas seulement une des pièces de théâtre, c’est aussi une pièce sur le théâtre. Scapin joue des tours, invente des histoires, crée des personnages, met en scène, et Molière revient à la commedia dell’arte de ses débuts. Présents depuis longtemps en France, les Comédiens italiens dirigés par Fiorelli, dit Scaramouche, s’étaient installés à Paris en 1639. Ils ont partagé plusieurs théâtres avec la troupe de Molière, jouant ainsi un répertoire français adapté à leur jeu d’improvisation.

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La commedia dell’arte, c’est une forme de théâtre improvisé qui nous vient de la plus haute Antiquité. On l’appelle tour à tour commedia dell’improviso (à l’impromptu), commedia a soggetto (à canevas) ou commedia popolare (populaire), et elle se distinguait du théâtre littéraire (commedia sostenuta) par son caractère improvisé et populaire.

Certes, la commedia dell’arte était une improvisation, mais elle se jouait dans un cadre donné suivant un canevas pré-établi avec des constantes claires. Ces constantes avaient surtout trait aux rôles des divers personnages.

Les troupes itinérantes, partant de l’Italie, parcouraient toute l’Europe. Leur succès était immense et c’est peut-être cela qui encouragea les marionnettistes à les imiter. D’abord, parce que ce type de comédie se rapprochait de leur façon de faire. Ensuite, la marionnette coûtait beaucoup moins cher que les comédiens et pouvait aller là où les acteurs ne pouvaient pas parce que cela n’aurait pas été rentable. Il faut savoir qu’une troupe de comédiens pour la commedia dell’arte devait avoir entre 10 et 20 acteurs et actrices! 4-picture8.gif

Dans toutes les pièces, il y a au moins: deux vieillards (Dans les Fourberies, on trouve Argente et Géronte) , un capitan, (le spadassin-Sylvestre) deux jeunes premiers amoureux ( Léandre et Octave), deux jeunes premières amoureuses (Hyacinte et Zerbinette) deux valets (Sylvestre et Scapin) et une ou deux servantes (Nérine). A chacun de ces rôles correspond un costume, un masque et des accessoires propres à chaque personnage.

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L’un des deux vieillards est toujours un marchand riche mais avare. On l’appelle Pantalon. Il est originaire de Venise. C’est un vieillard avare et débauché, constamment roulé par Arlequin et Scapin. Il porte une longue culotte étroite. On associa tellement le personnage au vêtement que celui-ci finit par être désigné sous ce nom: pantalon. L’autre est un docte pédant que l’on nomme Il Dottore (le docteur).

Le capitan est un soldat fanfaron tant qu’il n’a pas à affronter un danger. Il devient alors si peureux qu’il pourrait s’effrayer à la vue de son ombre! Il s’appelle Scaramouche ou Fracasse ou, en espagnol, Matomoros. Il porte de fortes moustaches et est habillé de noir. Scaramouche joue des rôles de matamore, de fort en gueule et finit toujours par être battu. Le mot est à rapprocher de l’origine italienne de son nom: Scaramuccio.

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Les valets, eux, sont nécessairement fourbes. L’un est rusé et ingénieux, c’est Arlequin. Toujours vêtu d’un costume bariolé, il est vif et enjoué. Son nom viendrait peut-être de , le roi de l’enfer. L’autre est naïf, c’est le Pierrot. Personnage à la figure enfarinée, il porte un ample vêtement blanc.

Parfois servante ou fille de Pantalon, Colombine est amoureuse ou épouse de Pierrot ou d’Arlequin. Elle est vive et délurée ce qui se voit par son costume qui est, par tradition, bariolé.



Le Roman de Renart est un recueil de récits composés au Moyen Age par des auteurs différents. Le texte est constitué de « branches », des séries d’épisodes, d’histoires, ressemblant à des contes, et dont les personnages principaux sont des animaux.

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Parce qu’elle était écrit en langue romane, on a appelé cette oeuvre le Roman de Renart, et c’étaient les jongleurs et les trouvères qui, allant de village en village, le mettaient en scène au cours des veillées ou à l’occasion des fêtes populaires. Le roman de Renart raconte les multiples occasions où Renart le goupil, tenaillé par la faim, se nourrit aux dépens d’autrui. La célébrité de Renart fut si grande qu’on a fini par nommer le goupil ( nom de l’animal au Moyen Age) un renart.Comme tout vassal, Renart vit dans un château (Maupertuis). Il est astucieux, intelligent et sans scrupules, ce qui lui permet de jouer des tours à tous ceux qu’il croise. L’oncle de Renart, le loup Ysengrin, beaucoup moins intelligent que son neveu, est son éternel adversaire. Et même s’il arrive parfois à Renart de perdre, il mérite bien d’être appelé « l’universel trompeur« , et il finit toujours par s’en sortir.

Le Roman de Renart est un texte satirique (on dit aussi un texte de dérision critique), c’est-à-dire un texte qui se moque de l’homme et de la société de son époque, sans la remettre en cause. Dans le Roman de Renart, la religion, le pouvoir, la justice, la chevalerie et les femmes sont critiqués avec une grande liberté de ton.

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La parodie, qui imite de façon amusante les cérémonies et les textes connus du Moyen Age, est très présente. Par exemple, dans l’aventure de Renart et du chevalier, on retrouve des formules appartenant aux romans de chevalerie : la dame est belle, gracieuse et riante, le chevalier est preux et louable. Mais alors que dans les romans courtois, le chevalier est un être exceptionnel et en quête d’idéal, il est tourné en ridicule par Renart le goupil.
Si tu veux tester tes connaissances, j’ai concocté pour toi un quizz portant sur le Roman de Renart. Tu le trouveras avec les autres, dans la rubrique « Jouons un peu… »

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Le buffet

ggtC‘est un large buffet sculpté; le chêne sombre,

Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens;

  Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre

Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons;

C‘est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Octobre 1870.

Les buffets de nos campagnes ont vite perdu leur fonction première de rangement à vaisselle pour aller meubler diverses pièces et devenir des malles à souvenirs. Pour le jeune Rimbaud qui n’a que 16 ans, ces buffets sculptés sont à l’image de leur contenu, des choses qui ne servent plus à rien, de vieux linges jaunis, de vieux vêtements démodés ou usagés. Il s’en dégage encore l’odeur des temps anciens. Ce buffet est comme personnalisé, il a pris par mimétisme l’air bon, la gentillesse et la générosité de ses propriétaires, les deux tantes qui l’hébergent. Rimbaud n’est pas ingrat, il ne vilipende plus les vieux mais a une reconnaissance de circonstance pour ses logeuses. L’air bon est ici accentué par l’adverbe si. Toutes ces choses désormais inutiles sont entassées dans ce buffet comme on garde des souvenirs. Ce qui transparaît c’est l’absence de rangement, c’est un fouillis où les choses sont entassées pèle mêle au fur et à mesure de leur inutilité ou de leur usure . On découvre de vieux fichus, de vieux napperons. Mais c’est aussi, plus profondément cachés que doivent se trouver des souvenirs plus personnels, des photos de parents disparus, des mèches de cheveux de défunts. Ce buffet qui regorge de souvenirs contient en fait toute la mémoire des habitants de cette maison conservés sans ordre précis dans cette sorte d’intimité. c

Rimbaud se plaît à philosopher sur l’au-delà des choses. Les choses prennent fin lorsque nous cessons de les utiliser, mais nous en conservons certaines pour leur valeur sentimentale. Les choses devenues inutiles ont encore une histoire à raconter. On respecte les vieilles personnes car elle sont la mémoire de notre histoire récente et nous raconte un temps que nous n’avons pas connu. Ce buffet sait bien des choses mais elles sont ici enfermées. Nous les ressortons pour leur faire raconter leur histoire.