Site officiel de l'Institution Saint-Jude, à Armentières
Que dire de Saint-Jude, sinon que le dynamisme, la rigueur et le suivi des équipes éducatives en font un excellent établissement. La prochaine journée portes ouvertes a lieu le samedi 4 février 2012.
Rempli sous: Beaux textes | Dimanche, novembre 6th, 2011 |
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Rempli sous: Beaux textes | Dimanche, mai 18th, 2008 |
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entr’ouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer
Ce poème a été mis en musique par Vladimir Kosma, qui en a fait une chanson interprétée par Jacques Jansen.
Dans la vidéo ci-dessous, les images sont extraites du film Les enfants du Paradis, un grand classique de Marcel Carné, et qui a été tourné en 1942. Oui, je sais, ça date. N’empêche, soyez attentifs aux regards échangés et lourds de sens. Il n’est même pas la peine de parler ou de se toucher.
Photo personnelle : La Kalura, vu de la Rocca de Cefalù, en Sicile
Rempli sous: Beaux textes | Jeudi, mai 15th, 2008 |
Jadis l’herbe, à l’heure où les routes de la terre s’accordaient dans leur déclin, élevait tendrement ses tiges et allumait ses clartés. Les cavaliers du jour naissaient au regard de leur amour et les châteaux de leurs bien-aimées comptaient autant de fenêtres que l’abîme porte d’orages légers.
Jadis l’herbe connaissait mille devises qui ne contrariaient pas. Elle était la providence des visages baignés de larmes. Elle incantait les animaux, donnait asile à l’erreur. Son étendue était comparable au ciel qui a vaincu la peur du temps et allégi la douleur.
Jadis l’herbe était bonne aux fous et hostile au bourreau. Elle convolait avec le seuil de toujours. Les jeux qu’elle inventait avaient des ailes à leur sourire (jeux absous et également fugitifs). Elle n’était dure pour aucun de ceux qui perdant leur chemin souhaitent le perdre à jamais.
Jadis l’herbe avait établi que la nuit vaut moins que son pouvoir, que les sources ne compliquent pas à plaisir leur parcours, que la graine qui s’agenouille est déjà à demi dans le bec de l’oiseau. Jadis, terre et ciel se haïssaient mais terre et ciel vivaient.
L’inextinguible sécheresse s’écoule. L’homme est un étranger pour l’aurore. Cependant à la poursuite de la vie qui ne peut être encore imaginée, il y a des volontés qui frémissent, des murmures qui vont s’affronter et des enfants sains et saufs qui découvrent.
(Fureur et mystère – écrit entre 1938-1947) – 1948
Rempli sous: Beaux textes | Mercredi, janvier 30th, 2008 |
La France est bafouée,trahie,violée. La barbarie nazie règne.Les résistants s’organisent. Parmi eux PAUL ELUARD écrit un magnifique poème LIBERTE qui est parachuté sur la France occupée. Ce poème devient le cri de ralliement de tous ceux qui restent fidèles à la France éternelle. Ce poème reste à tout jamais inscrit dans la mémoire de la France.
Rempli sous: Beaux textes | Mercredi, janvier 23rd, 2008 |
Il est doux quand on a du chagrin de se coucher dans la chaleur de son lit, et là tout effort et toute résistance supprimés, la tête même sous les couvertures, de s’abandonner tout entier en gémissant, comme les branches au vent d’automne.
Mais il est un meilleur encore, plein d’odeurs divines. C’est notre douce, notre profonde, notre impénétrable amitié. Quand il est triste et glacé, j’y couche frileusement mon coeur. Ensevelissant même ma pensée dans notre chaude tendresse, ne percevant plus rien du dehors et ne voulant plus me défendre, désarmé, mais par le miracle de notre tendresse aussitôt fortifié, invincible, je pleure de ma peine, et de ma joie d’avoir une confiance où l’enfermer.
Rempli sous: Beaux textes | Mercredi, octobre 3rd, 2007 |
C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.