AP – Je sais étudier un document (3ème)

  • LA MÉTHODE

  • LE DOCUMENT : La chanson de Craonne

Le 15 février 1917, le soldat Duchesne écrit une lettre à sa  femme. Duchesne fait partie du 114e régiment d’infanterie qui a combattu dans la Somme l’année passée.

« Je tenvois la chanson des embusqué et tous se que je te prie, sait de la conservait car sait la seul chanson qui me plait. Elle est raielle […] sait la nouvel chanson du poillu des tranché », écrit-il.

Le soldat Duchesne évoque la chanson de Craonne qui circule de tranchée en tranchée depuis le début de la guerre. La chanson lui plaît car elle évoque les horreurs endurées par les soldats mais aussi les inégalités entre le front et l’arrière.

Consigne : aujourd’hui, tu vas étudier avec méthode la chanson de Craonne (1. je présente / 2. j’extrais des informations / 3. j’explique). Écoute la chanson en lisant attentivement le texte et réponds aux questions de la fiche.

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Je présente

La chanson de Craonne a été créée et chantée par les soldats français sans doute entre 1915 et 1917. Refrain le plus célèbre de la Première Guerre mondiale, cette chanson de poilus laisse entendre à la fois leurs souffrances et leur colère.

En 1917, le général français Robert Georges Nivelle lance les combats au Chemin des Dames (Aisne, à côté du village de Craonne). Voulant en finir avec la guerre de tranchées, cette offensive se solde par un échec complet transformant les soldats en « chair à canon » (150 000 morts). Une vague de désobéissance touchera alors une partie de l’armée. Des mutineries (= révoltes) éclatent.

Elle fut interdite par la hiérarchie militaire et il faut attendre 1974 pour que cette censure soit levée.

De 1914 à 1918, 639 soldats ont été fusillés pour « désobéissance militaire ». On parle des fusillés pour l’exemple. Découvre la suite avec cette vidéo.

J’extrais des informations

La chanson de Craonne (clique pour écouter)

Paroles

COUPLET 1

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile (= on perd).
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots (= civils).
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

COUPLET 2

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

COUPLET 3

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués (= hommes qui sont restés à l’arrière),
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins (= miséreux).
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

COUPLET  4

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

J’explique

Clique ici et lis l’article pour avoir plus d’informations sur les mutineries de 1917