About Emmanuel GRANGE

Teacher, blogger, headbanger

L’obsolescence programmée : quand l’industrie nous fait le coup de la panne


« Un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires » disait en 1928 un magasine américain. « Prêt à jeter », un documentaire diffusé sur Arte décortiquait l’obsolescence programmée, une stratégie où les produits qui durent sont un désastre pour la société de consommation. En effet, plus la durée de vie d’un produit est longue, moins nous consommons. Alors pour donner un coup de fouet au commerce et continuer d’exploiter le filon, l’industrie nous fait le coup de la panne.

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C’est dans les années 1920 que commence cette économie du gaspillage. Des ampoules sont mises au point pour durer 2500 heures : les professionnels du secteur décident alors de raccourcir son espérance de vie (1000 heures) pour continuer à vendre toujours plus. Les bas en nylon, les imprimantes, les machines à laver, l’I.Pod seraient ainsi programmés à lâcher leur dernier souffle de façon prématurée.

Extrait du rapport des Amis de la terre sur l'obsolescence programmée

Concevoir un produit pour qu’il tombe en panne pose évidemment une question d’éthique pour les ingénieurs. Le consommateur doit quand à lui rester vigilant. Les outils utilisés pour lui faire ouvrir son porte-feuille sont redoutables :

Il paraît qu’un nouveau produit est conçu toutes les trois minutes dans le monde. La société de consommation nous tente et titille nos pulsions d’achat. Pourtant des choses durent et se transmettent : le combiné Jeannette de Moulinex daté par la main de ma grand-mère au 31 mai 1970 a râpé des carottes pour trois générations et rend déjà aimable la quatrième. A l’ère du jetable et du coup de la panne, c’est presque un exploit…

Aller + loin :

Un rapport des Amis de la terre définit l’obsolescence programmée comme :

« …le processus par lequel un bien devient obsolète pour un utilisateur, parce que l’objet en question n’est plus « à la mode » ou qu’il n’est plus utilisable. Cette stratégie est planifiée ou programmée par les entreprises, et le raccourcissement de la durée de vie est pensé dès la conception du produit. Cela crée en permanence chez le consommateur un besoin concret (l’appareil ne fonctionne plus) ou le sentiment du besoin (l’appareil ne lui plaît plus) de racheter de nouveaux biens.« 

Dans les années 1930, l’Américain Bernard London pense l’obsolescence programmée comme une stratégie efficace pour surmonter les conséquences désastreuses du krach boursier de 1929. Si la consommation est forte, les entreprises produisent plus et le plein emploi est envisageable.

Les conséquences de l’économie de gaspillage au Ghana : des poubelles à ciel ouvert ouvertes par la consommation déraisonnable des pays riches.


Histoire des arts : Le Corbusier à Firminy

Adulé, apprécié, surcoté ou détesté, Le Corbusier laisse rarement les gens indifférents. Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier est un artiste complet (architecte, peintre, sculpteur, designer et poète) qui a marqué l’histoire du XX°siècle. Quarante-six après sa mort, l’homme au nœud papillon et aux lunettes rondes cerclées de noir est toujours au centre de discussions animées. Courant après les commandes publiques, il propose ses services à des hommes en mesure de lui donner du travail : Blum, De Gaulle mais aussi Mussolini, Staline, Pétain. Cela entretient la confusion autour de l’homme et certains le disent extrémiste ou antisémite. Pourtant, seul Nehru (premier ministre indien) lui confiera une œuvre majeure à réaliser : Chandigarh. Le Corbu semble avant tout être un opportuniste, prêt à tout pour travailler. Bref, Le Corbusier alimente aussi bien les Unes des journaux (lire l’article du Matin, « Faut-il brûler le Corbusier ?) que le programme d’Histoire de la classe de 3ème.

Pour les habitants de Firminy, Le Corbusier fut aussi un sujet de polémiques. Au menu de l’épreuve de l’Histoire des arts, il devient pour vous un sujet d’étude passionnant et révélateur de l’histoire contemporaine de la cité appelouse. Pour guider vos pas sur le patrimoine Le Corbusier à Firminy, voici quelques informations utiles collectées après la visite des lieux en compagnie d’Yvan Mettaud, conservateur du patrimoine à Firminy.

Vous pouvez retrouver un fil de discussion et plus de photos de l’œuvre du Corbusier à Firminy sur le groupe La p@sserelle sur Facebook. Pour cela, cliquez sur le logo !

 

Le Corbusier : l’homme et l’architecte

1887 : Charles-Edouard Jeanneret naît à la Chaux-de-Fonds en Suisse. Il y étudie l’art.

1908 : Il découvre la technique du béton armé.

1907-1911 : Cet autodidacte continue sa formation en voyageant beaucoup (en Europe centrale et autour du bassin méditerranéen). Il est à la fois admiratif des grandes réalisations comme celle du Parthénon et à l’initiative d’un nouveau langage architectural.

1920-1925 : Il fonde la revue « L’Esprit nouveau ». Il écrit sous le pseudonyme de Le Corbusier. Pour lui, la maison est une « machine à habiter » et « l’écrin de la vie« .

1922 : Il fonde une agence d’architecture à Paris. Dans un projet pour la ville de Paris appelé le plan Voisin (du nom d’une marque automobile), il propose de raser la moitié de la ville ! A Paris, une partie de l’habitat est insalubre, indigne selon lui de la condition humaine. Il faut également adapter la ville aux nouveaux moyens de transport comme l’automobile. Il ne sera pas suivi…

1933 : Il énonce les 5 points d’une architecture nouvelle (les pilotis, l’ossature indépendante, le plan libre, la façade libre, le toit jardin) et les 4 fonctions de la ville (habiter, travailler, se cultiver le corps et l’esprit, circuler) qui seront repris dans la Charte d’Athènes de 1933. Cette charte est le fruit des réunions des CIAM (Congrès International d’Architecture moderne).

1946 : Le Corbusier rencontre Claudius-Petit, le futur maire de Firminy.

1954 : Il se voit confier la construction du centre civique de Firminy (Maison de la Culture, stade, piscine, église Saint-Pierre) puis la conception de trois Unités d’Habitation.

1965 : Il meurt noyé à la suite d’une baignade à la Roquebrune-Cap-Martin (Alpes maritimes) où il possédait un simple cabanon.

Le Corbusier et l’architecture moderne

L’œuvre de Le Corbusier s’inscrit pleinement dans le mouvement moderne, un courant architectural apparu après la Première Guerre mondiale (1918). Il est aussi connu sous le nom de Style international car ses principes se diffusent à l’échelle mondiale. C’est un retour à des choses simples et aux couleurs primaires. L’ornement et la décoration laissent place aux formes épurées, aux volumes, au jeu avec la lumière. Le modernisme né avec l’ère industrielle et la standardisation fait la part belle aux nouveaux matériaux : le métal, le béton et le verre. C’est une architecture fonctionnaliste : la forme d’un bâtiment dépend de sa fonction. Pour Le Corbusier, la maison est une « machine à habiter » : il construira aussi bien des villas blanches (villa Savoye, 1931) que de l’habitat collectif (les Cités radieuses). Cette architecture est une réponse au besoin de logements sociaux qui émerge après-guerre. La vision de Le Corbusier est résumée dans Les Cinq Points d’une nouvelle architecture (1926) :

  • les pilotis transforment le rez-de-chaussée en espace dégagé.
  • le toit-terrasse peut servir de jardin, d’espace sportif, de solarium, …
  • le plan libre libère l’espace dans les appartements.
  • l’ossature indépendante : un poteau remplace un mur portant. Les fenêtres sont d’un bout à l’autre de la façade pour plus de lumière.
  • la façade libre : ainsi la façade peut facilement être modelée par l’architecte (fenêtre en bandeau).

Autres grands noms de l’architecture moderne français : Jean Prouvé, Charlotte Perriand.

Le Corbusier à Firminy-Vert (1953-1965)

En Europe, c’est à Firminy que l’on trouve la plus grande concentration d’œuvres du Corbusier. Ce n’est pas rien pourtant le site n’attire pas encore des foules de visiteurs. Retour sur l’histoire d’une rencontre et d’une réalisation architecturale atypique…

 

Habiter à Firminy, c’est vivre dans une ville chargée d’histoire. Proche de Saint-Etienne et de l’Ondaine, la cité a grandi au XIX°s au moment où l’industrie s’est développée. Les travailleurs de la Haute-Loire voisine et de l’Ardèche descendent « bosser » dans la vallée, dans les mines ou les usines. Le village devient alors une ville qui attire une main d’œuvre étrangère. En 1820, la population s’élève à 2627 habitants. Un siècle plus tard, la ville accueille plus de 20000 habitants, venant d’un peu partout. Pour loger tout ce monde, on construit des habitations de façon désorganisée. L’essor industriel fonde des projections démographiques optimistes durant les Trente Glorieuses : on prévoit toujours plus de monde dans la ville…


En 1953, le maire Eugène Claudius Petit fait le point sur la situation économique et sociale de la ville : il y a des taudis, beaucoup d’Appelous n’ont pas accès à l’eau potable, les équipements scolaires, sportifs et culturels manquent cruellement. C’est sur la base de ce constat que le maire Claudius Petit lance le projet de Firminy-Vert. Avec une équipe d’architectes inspirés par le mouvement moderne, ils repensent la manière de vivre la ville au XX°s. L’idée est de réserver 80% de la surface aux espaces verts en misant sur la verticalité et l’économie d’espace (grands immeubles), de socialiser l’espace public et de suivre les principes édictés par Le Corbusier. 11 immeubles d’habitation et 7 bâtiments sortent de terre.


C’est en 1955 que le conseil municipal vote à l’unanimité le choix de Le Corbusier pour la réalisation d’un centre civique à Firminy-Vert. Un an plus tôt, l’architecte était déjà venu incognito à Saint-Etienne. Son séjour avait été discret car après la réalisation de la Cité Radieuse à Marseille, l’homme était sous le feu des critiques. On l’accuse par exemple de défigurer le paysage français (« La maison du fada »). Ainsi, il faut le soutien indéfectible de Claudius-Petit pour mener à bien le projet qui donnera naissance à cinq réalisations pensées par Le Corbusier.


  • La maison de la culture (1961-1965) est le seul bâtiment réalisé de son vivant.
  • Le stade (1966-1968) est construit par deux de ses collaborateurs : André Wogensky et Fernand Gardien.
  • La construction de la piscine (1969-1971) est aussi confiée à André Wogensky.
  • L’Unité d’habitation est pensée par Claudius-Petit et Le Corbusier (trois unités étaient prévues au départ). Cité-jardin verticale, on y retrouve les principes de Le Corbusier. Commencée en 1965, elle est achevée par Wogensky en 18 mois.
  • L’église Saint-Pierre (1970-2006) culmine à 33 mètres de hauteur. Le chantier s’interrompt en 1976 et ce n’est que dans les années 2000 que l’on décide de continuer les travaux.

Réponse au Firminy noir, l’œuvre de Le Corbusier n’a pas fait l’unanimité dans la population appelouse. Si les habitants de l’Unité ont conscience de vivre dans un immeuble pas comme les autres, l’idée d’appartenance et de collectif s’est atténuée au fil du temps. Conçu pour une cité en pleine expansion, l’équipement culturel et sportif de Firminy est aujourd’hui exceptionnel pour une ville de 17 000 habitants.

 

 

Quelques phrases de Le Corbusier

  • « La vie moderne demande, attend un plan nouveau, pour la maison et pour la ville. »
  • « La maison ne doit plus être faite au mètre mais au kilomètre. »
  • « Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement« .
  • « La maison a deux fins, c’est d’abord une machine à habiter (…). Mais c’est ensuite le lieu utile pour la méditation, et enfin le lieu où la beauté existe et apporte à l’esprit le calme qui lui est indispensable…« 
  • « Le grand art est simple, les grandes choses sont simples. Mais n’oublions jamais que si le simple est grand et digne c’est qu’il n’est par définition que la synthèse du compliqué, du riche, du complexe. »

L’oraison funèbre de Le Corbusier par André Malraux, ministre chargé des affaires culturelles (1965), est restée célèbre.

« Le Corbusier a connu de grands rivaux, dont quelques-uns nous font l’honneur d’être présents et les autres sont morts. Mais aucun n’a signifié avec une telle force la révolution de l’architecture, parce qu’aucun n’a été si longtemps, si patiemment insulté.« 

Aller + loin

Quand les femmes des sixties chantaient « Liberté, Egalité, Féminité »…

En 1967, fièrement cambrée sur sa machine, Brigitte Bardot clame « Je n’ai besoin de personne« . Au cours des années 1960, les femmes s’affirment et leur émancipation se voit. Cuissardes, mini-jupes et cheveux au vent, elles sont prêtes à botter au loin les vieilles traditions. Serge Gainsbourg, le mécano de la célèbre « Harley Davidson », dessine en notes et paroles les contours d’une femme qui brise les chaînes d’une autre époque.

http://www.dailymotion.com/videox61djx

Bien sûr, les femmes n’attendent pas les sixties pour revendiquer leurs libertés. En 1904, les féministes brûlaient le Code civil vieux d’un siècle qui affirmait « la femme doit obéissance à son mari » (article 213). En 1943, « une loi supprime la nécessité d’autorisation maritale pour l’ouverture d’un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l’accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. » L’indépendance économique qui se dessine en 1943 précède la charge de citoyenne à part entière. En 1944, les Françaises obtiennent le droit de vote et prennent légitimement part au débat politique.

A  l’occasion du travail sur les publicités de Moulinex, nous avions pu voir ce renversement de la condition féminine. L’épouse modèle, fée du logis et mère attentionnée (pub de 1959), cède la place à la femme active qui se défait du carcan des obligations ménagères. Le célèbre slogan « Moulinex libère la femme ! » (1962) prend étrangement les initiales d’un collectif féministe qui ne naîtra qu’à partir de 1968 : le Mouvement de Libération des Femmes. Sur cette affiche, la cuisinière tombe le tablier et laisse apparaître la séductrice, qui de ses bras en V, nous envoie le signal de la victoire des femmes.

publicités Moulinex MLF


 

France, Etats-Unis : même combat. La chanson de Nancy Sinatra, « These boots are made for walking » (1966), véritable hymne de l’émancipation, met en avant un symbole fort de la féminité (les bottes). Le mari infidèle n’arrache plus les larmes à sa femme mais réveille chez elle l’instinct de mutinerie.

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« You keep saying you got something for me
Something you call love but confess
You’ve been a’messin’ where you shouldn’t ‘ve been a’messin’
And now someone else is getting all your best
Well, these boots are made for walking, and that’s just what they’ll do
One of these days these boots are gonna walk all over you« 

Traduction trouvée sur le site lacoccinelle.net

« Tu dis sans cesse que tu ressens quelque chose pour moi
Quelque chose que tu appelles de l’amour mais tu avoues
Que tu as gâché ce que tu n’aurais jamais dû gâcher
Et maintenant une autre prend ce qu’il y a de meilleur en toi
Eh bien, ces bottes sont faites pour marcher et c’est exactement ce qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner« 

Nançy Sinatra bootsNancy marche sur le mâle et piétine ce qui lui reste de virilité… Au-delà de la mode et des codes vestimentaires, les bottes en disent long sur les femmes qui les portent.

D’ailleurs, quand retentit l’air de la chanson dans le film « Full Metal Jacket » (1987), il ne faut pas se fier aux apparences. La jeune femme qui se déhanche n’est pas la femme objet que l’on croit… et le GI mord à l’hameçon. Notons tout de même que ce tube des années 1960 a été composé par un homme Lee Hazlewood : le combat des femmes peut aussi être celui des hommes…

Liberté, égalité, féminité : les chanteuses des sixties ont incarné à merveille cet idéal. Chapeau mesdames ! … et bottes de cuir.

Sources : Les extraits cités dans cet article proviennent du site du Planning familial.

Les Trente Glorieuses : la consommation, une arme de séduction massive ?

Cette publicité réalisée en 1959 par Moulinex (fabricant français d’électroménager) illustre à merveille la société de consommation née des Trente Glorieuses.

Les publicitaires nous offrent une scène de ménage heureux. Dans une cuisine, où une ménagère est toute à sa préparation culinaire, arrive un homme au complet rayé. Il rentre du bureau et se glisse derrière sa belle et tendre pour lui offrir un cadeau. Cette femme est le stéréotype de la cuisinière modèle : tablier ajusté, cuisine étincelante, plats mitonnés avec amour.

Aux anges, elle semble dire à son mari : « Mais quelle merveille m’as tu encore apporté ? J’apprends tout juste à utiliser le merveilleux robot-charlotte et tu me couvres encore de cadeaux !« . Les mains jointes en signe de rêve exaucé, elle est sûre que son cher mari a pensé à la dernière nouveauté de chez Moulinex : le batteur électrique qui lui allégera bien la tâche pour monter ses œufs en neige…

Le mari a le beau rôle : il travaille et assure le bien être de sa petite famille. En 1959, les indicateurs (PIB, PNB) sont au vert et il peut compter sur une promotion professionnelle (le costume) et sociale (une belle résidence, les cadeaux). Généreux, il n’en reste pas moins intéressé dans ses offrandes puisque son regard oblique clairement vers les tomates farcies. Son regard approbateur montre que la cuisine de sa compagne le met en appétit. Il continuera à l’équiper pour leur plus grand plaisir car comme le dit le slogan :

« Pour elle, un Moulinex

Pour lui, des bons petits plats »

Cette publicité offre une vision assez machiste (l’homme travaille, la femme cuisine) d’un couple de Français. On y voit clairement que l’achat fait le bonheur dans une société de consommation. Dans une époque où le portefeuille devient une arme de séduction massive, le chansonnier Boris Vian écrit la “complainte du progrès (les arts ménagers) », une satire pétillante de la consommation de masse. Ecoutez bien cette chanson écrite en 1955 : il semble bien que les publicitaires de Moulinex aient écouté Boris Vian pour vanter les mérites de leurs mixers, batteurs et des robots géniaux.

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“Autrefois pour faire sa cour, on parlait d’amour…Aujourd’hui, c’est plus pareil, ça change, ça change. Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille : Oh Gudule, viens m’embrasser et je te donnerai un frigidaire, un joli scooter…et une tourniquette pour faire la vinaigrette…”

NB : Cette publicité a été analysée en classe (manuel - 2 p 174-) selon la méthode habituelle (1. Présenter 2. Décrire 3. Interpréter) que je reprends d’ailleurs ici.

Pour aller plus loin :

- « Au petit bonheur la France » : une réflexion sur le pouvoir d’achat et les indicateurs du bien-être aujourd’hui :

- Boris Vian (1920-1959) est un chanteur, trompettiste de jazz, écrivain, un artiste touche à tout. Nous pourrons aborder une autre de ses chansons « Le déserteur » évoquant son refus de combattre pendant les guerres coloniales françaises (1954 : guerres d’Indochine et d’Algérie)

 

Les éoliennes : le paysage rural défiguré ?

Lors du précédent cours sur le bocage breton, nous avons vu que la modification du paysage peut devenir une source de conflit entre les habitants. Depuis la fin du XX°s, des éoliennes ont été installées un peu partout en France.

Les éoliennes dans le département de l’Aude (Languedoc-Roussillon, photo prise depuis Port-Leucate)

éoliennes aude

Les éoliennes proches du Béage (Ardèche, Rhône-Alpes)

8 éoliennes

2 éoliennes horiz

Les éoliennes permettent de fabriquer de l’électricité grâce au vent. C’est une énergie propre mais certains disent que les éoliennes gâchent la vue. Le paysage est donc une nouvelle fois au centre des préoccupations. Les acteurs du monde rural ont chacun des arguments à faire valoir : faut-il construire des éoliennes pour se passer des centrales nucléaires ? Faut-il préserver le paysage de ces pylônes ? Comme le montre ces deux vidéos, le problème est le même du Nord au Sud de la France…


 

retrouver ce média sur www.ina.fr

QUESTIONS

  1. Pourquoi l’agriculteur trouve intéressant d’installer des éoliennes sur sa terre ?
  2. Donne deux critiques faites aux éoliennes.
  3. Est-ce un paysage de bocage ? Cherche dans ton manuel p 252 le nom donné au paysage de champs sans clôture.

 

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QUESTIONS

  1. Qui s’oppose aux éoliennes ?
  2. A ton avis, quels sont les atouts du tourisme vert ?

Photographies : E. GRANGE / J&G GRANGE

Aller plus loin : ce lundi 3 mai, le journal La Tribune Le Progrès publie un article intitulé « Les éoliennes font souffler le vent de la discorde en France ». Un encart intitulé « En Haute-Loire, ça gâche le paysage » montre que la question se pose à côté de chez nous.

Dessine-moi la campagne

Pour démarrer la séance de géographie (Habiter la campagne), les 6°3/6°4 ont dessiné la campagne telle qu’ils la voient. A la fin du chapitre, nous verrons si vos représentations de l’espace rural ont évolué.

Habiter à la campagne, c’est vivre dans un milieu rural. En 1800, 90% des gens habitent à la campagne. Aujourd’hui, il y a un peu plus d’urbains que de ruraux au niveau mondial.

Comment vit-on à la campagne ?

Consigne : Dessine à quoi ressemble la campagne pour toi et ce qu’on y fait. J’écris un texte pour expliquer mon dessin.

Activités à la campagne (selon les élèves de 6°3)

  • cultiver la terre
  • élever des animaux…mais pas seulement
  • entretenir les paysages
  • faire du commerce (épicerie, boulangerie, centres commerciaux, produits de la ferme)
  • un lieu calme, sans bruit, sans pollution
  • exploiter les forêts (papier, scierie, meubles, …)

Pour nous, la campagne est un espace naturel où l’on pratique l’agriculture, l’élevage et le commerce. Pourtant, on y fait bien d’autres choses…

A suivre…

Le monde rural et ses paysages : le bocage

En 1800, dans le monde, 90% des gens vivaient à la campagne.  Aujourd’hui, il y a autant de citadins que de ruraux. On oppose habituellement la campagne à la ville (moins de bâtiments, moins de monde, plus d’espaces cultivés et naturels). Cependant, la façon d’habiter la campagne a changé. Les limites entre urbain et rural sont plus floues que ce que l’on pense. Les paysages de campagne ont évolué au fil du temps. Ils sont perçus différemment selon les gens car il y a plusieurs façons d’habiter un même espace.

Grâce à un reportage, nous allons étudier un paysage rural typique de Bretagne : le bocage. Dans cette vidéo, on entend une phrase intéressante : « Il n’y a pas de paysage sans hommes« . Un bon point de départ pour parler des jardiniers de la nature que sont les agriculteurs.

Cette année, vous avez appris à lire le paysage avec la sortie à Montessus. Continuons le travail en pointant du doigt les changements du monde rural français.

  • A quoi sert le paysage pour un agriculteur ?
  • Montre avec deux exemples que le paysage est aussi l’œuvre des hommes.
  • A quoi reconnaît-on le bocage breton ?
  • Pourquoi cet agriculteur supprime t-il des talus (= arbres ou murets qui délimitent une parcelle) dans ses champs ?
  • Pourquoi le paysage est-il important pour la propriétaire du gite rural ?
  • Quel problème de voisinage peut se poser entre l’agriculteur et la propriétaire du gite ?

A voir :

Entre les murs : les 4ème en action

La séquence d’Education civique sur l’exercice des libertés en France se terminera cette semaine avec la correction de l’évaluation. Au cours des séances, vous avez travaillé en groupe, en autonomie, à l’écrit, à l’oral (exposé, débat argumenté) sur deux sujets d’actualité.

Votre capacité à prendre des initiatives, à avancer avec le reste du groupe ou à exposer clairement votre travail/opinion était aussi importante que le contenu des séances. Travailler sur la liberté sans en faire véritablement usage aurait été dommage. Le débat argumenté a permis à chacun de s’exprimer tout en prenant conscience des exigences d’un tel exercice. Au final, chacun a compris que la liberté c’est faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.  Savoir, savoir-faire, savoir-être vont de pair pour s’affirmer comme un citoyen éclairé.

L’actualité fait écho au travail réalisé en classe. Le ministère de l’Education nationale vient de lancer une campagne contre le harcèlement en insistant sur un chiffre : 1 élève sur 10 est victime de harcèlement à l’école. Trois vidéos montrent les ravages de la cyber-intimidation et permettent une sensibilisation efficace.

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Pour illustrer ces deux semaines et demi de travail, voici quelques photos prises avec les 4°2 et 4°4. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler ainsi et je pense que vous aussi. Vous trouverez également le lien vers Youtube pour (ré)écouter le débat des 4°2 sur Facebook.

Pour terminer, j’ai scanné 3 copies d’élèves (Clara, Sofia, Jean-Baptiste) qui répondent aux questions : « Qu’as-tu retenu du débat « Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ? ». Quelle est ton opinion sur le sujet ?« . Elles nous permettront de voir comment bien argumenter (le fond et la forme).

Le débat argumenté des 4°2

Douce France, « les façons d’être français »

En 2009, le débat sur l’identité nationale avait provoqué une polémique. Face à cette initiative du gouvernement français, l’historien Pap NDiaye avait fait part de ses craintes : « Il y a tellement de façons d’être français qu’il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu’est être français. » A cette époque, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, évoquait une chanson dont l’air trotte encore dans la tête de nombreux Français : « La défense de notre modèle culturel et de la Douce France chantée par Charles Trenet, passent par la redéfinition de notre identité nationale« . La référence à ce monument de la chanson française mérite bien une petite explication.

Pour aborder ce thème, vous allez écouter et comparer deux versions de ce standard de la chanson française : celle de Charles Trenet et du groupe Carte de séjour.

Document3

En 1942, alors que les Allemands occupent le pays, Charles Trenet écrit « Douce France« . A l’époque, il est la nouvelle grande star de la chanson française : il s’intéresse au jazz, se proclame « zazou d’honneur » ce qui déplaît fortement au pouvoir en place. « Douce France » est une véritable déclaration d’amour à la France qui vit alors les moments sombres de son histoire. Plusieurs interprétations de la chanson existent mais pour l’INA « si les censeurs de Vichy font mine de prendre pour un acte d’allégeance à la révolution nationale pétainiste cette apologie du terroir et de ses valeurs ancestrales, la population n’est pas dupe et l’entend à l’inverse aussitôt comme l’hymne de cœur d’une sorte de résistance passive dans laquelle commence alors de s’installer une partie du pays. »

http://www.dailymotion.com/videox4yrv6

 

Questions :

1. Relève des paroles montrant que « Douce France » ressemble à une chanson d’amour.

2. Explique « Oui, je t’aime dans la joie et la douleur« 

3. A quoi ressemble la France de Charles Trenet ?


Document3 - copie

L’INA rappelle que « Carte de Séjour, jeune groupe fondé au tournant des années 80 et composé essentiellement de musiciens français issus de ce qu’on appelle alors la « seconde génération » de l’immigration maghrébine, n’est pas totalement inconnu lorsqu’il met à son répertoire en 1986 ce monument de la chanson française. Sa participation en 1983 au grand concert organisé Place de la Bastille en point d’orgue à la « Marche des Beurs » (cette imposante manifestation nationale « pour l’égalité et contre le racisme » faisant suite aux émeutes des Minguettes) en a déjà fait l’un des porte-drapeaux politique et artistique d’une jeunesse issue de l’émigration, et désirant prendre pleinement sa place au sein de la communauté nationale. Mais c’est incontestablement cette version arabisante de Douce France qui va marquer les esprits et servir de tremplin décisif, en pleine montée de l’extrême droite à travers les succès électoraux du Front National, aux revendications des jeunes beurs.« 

Ecoute maintenant la version de Carte de séjour en cliquant ici.


Image 1

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4. Quelles sont les influences musicales de cette version de Douce France ?

5. A ton avis, quel message veut faire passer le groupe ?


Résumé de la séance élaboré en classe

La version de Douce France interprétée par Charles Trenet évoque avec nostalgie et amour le territoire national (« Je t’ai gardée dans mon cœur », « Oui, je t’aime », …). La France apparaît comme un pays où il fait bon vivre alors qu’en 1942 la France est occupée.

Quand en 1986, Carte de séjour reprend ce titre, les artistes veulent montrer une autre facette de la France : un pays métissé et multiculturel. A cette période, le Front national se développe et les émeutes dans les cités sont très médiatisées.

En 2005, des émeutes ont embrasé certaines banlieues. Certains Français ne se sentent pas citoyens à part entière. Certains ne se sentent pas reconnus mais la violence n’est pas une solution. Il faut s’emparer de ses armes de citoyen : le droit de vote, l’association, l’art, …

Source image

Plantu, entre deux chaises, 1985, Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Tokyo, la démesure d’une métropole mondiale

Avec plus de 35 millions d’habitants, Tokyo est la plus grande ville du monde. Gigantesque, démesurée, la capitale du Japon est une véritable fourmilière humaine qui joue un rôle moteur dans la mégalopole japonaise et dans l’économie mondiale.

Quelles sont les caractéristiques d’une ville mondiale comme Tokyo ?

Tokyo vue par la bande dessinée 

Cette planche de la bande dessinée « Spirou et Fantasio à Tokyo montre le paysage de la capitale japonaise. Merci à Patricia Barbon, collègue d’Histoire-Géographie, pour avoir mis en ligne ce document et son travail sur le site de l’Académie de Paris.

1. Décris ce paysage en relevant les unités paysagères, les types de bâtiments et les moyens de transport.

http://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/image/jpeg/2011-02/tokyo_lieu_de_commandement.jpg

2. A présent, regarde le paysage de Tokyo s’animer avec cette vidéo d’UlysseTv

  • Que peux-tu dire de la densité de population à Tokyo ? de la circulation ? de la vie des Tokyoïtes ?
  • Quels éléments montrent la richesse de cette ville ?
  • Dans une telle ville, quelles activités peut-on trouver ?

3. Travaille en autonomie sur le dossier p 258-259. A travers l’exemple de Tokyo, décris et explique ce qu’est une métropole mondiale. Montre que Tokyo est un lieu de commandement et note les inconvénients de la vie dans ce type de ville.

Le manque d’espace à Tokyo

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Tokyo et la mégalopole japonaise : des informations et chiffres clés pour compléter le croquis