Archive for Economie

G6, G7, G8, G20 : les grands de ce monde

A partir 1975, l’idée d’une rencontre annuelle entre les dirigeants des plus grandes puissances industrielles au monde apparaît. Les problèmes économiques et politiques rencontrés par la communauté internationale sont au centre des discussions. Comme le montre cette caricature, le groupe est l’objet de critiques de la part de citoyens et d’associations. Ils estiment que les mesures prises par le G8 servent avant tout les intérêts des pays riches et pas ceux des habitants de la  planète. L’évolution de ce groupe est en tout cas révélatrice d’un monde plus multipolaire (plusieurs états décident des affaires du monde) mais encore très inégalitaire.

L’évolution et l’avenir des “grands de ce monde”

G6 (1975)

Lors du 1er sommet à Rambouillet (France), les 6 plus grandes puissances du moment sont réunies :

- les Etats-Unis, le Japon et quatre pays européens (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie)

G7 (1977)

En 1977, le Canada et l’Union européenne rejoignent ce club très fermé.

G8 (1997)

Le 8ème pays est la Russie. Si Mikhaïl Gorbatchev avait été invité au sommet du G7 en 1991, il faut attendre 1997 pour que Boris Eltsine s’attable avec les leaders occidentaux. C’est au sommet de Denver (Etats-Unis, 1997) que la Russie est associée au groupe car pour les Occidentaux ce pays a achevé “une transformation historique en devenant un Etat démocratique à économie de marché”.

Le fonctionnement

- une réunion par an dans un des pays membres

- des thèmes de discussion qui reflètent les préoccupations du moment (l’économie, le terrorisme, le nucléaire, la géopolitique, l’environnement, …)

- des sherpas représentent chacun des 8 dirigeants et préparent en amont le sommet du G8

- des véritablesmesures ou des effets d’annonce ? C’est la question que se posent certains observateurs…

CONSTAT : Le G8 est formé de puissances économiques de l’hémisphère Nord qui composent la Triade. 14% de la population mondiale se partagent 65% des richesses. L’élargissement à 14 pays (Chine, Inde,  Afrique du Sud, Égypte, Brésil et Mexique) a été évoqué par Silvio Berlusconi, 1er ministre italien, qui accueillait ses homologues à La Maddalena pour le sommet de 2009. 

Le G20 (1999)

Le G20

Les pays du G20 regroupent des pays riches et des pays émergents. Ils représentent 90% du PIB mondial, 80% du commerce international et les 2/3 de la population mondiale.

Sur le site du G20, on trouve une vidéo expliquant comment est né ce groupe, qui en fait partie et quels sont ses objectifs.

http://www.dailymotion.com/videoxfbro6

D’après La Dépêche.fr, le G20 est né “à l’initiative du G7. Suite aux crises financières qui avaient éclaté successivement en Asie, en Russie et en Amérique latine, ce club de pays riches a voulu mettre en place une instance élargie où les principales puissances mondiales, y compris les pays émergents, pourraient travailler en commun à résoudre et éviter ces turbulences. Plus largement, le G20 sert aussi de forum sur les questions budgétaires et monétaires, de croissance, de commerce et d’énergie.”

En 2009, le G20 se réunissait à Londres pour trouver des solutions à la crise financière et économique. A l’époque, chacun s’accordait à dire que “les dysfonctionnements du capitalisme sont à l’origine de la crise” mais deux visions s’affrontaient comme le dit le journaliste Jean-Bernard Cadier. La maison brûle : faut-il éteindre le feu ou tout reconstruire ?

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En 2010, les 20 pays les plus industrialisés de la planète se retrouvent à Séoul (Corée du Sud). Le sommet a lieu en Asie, une preuve de la place prise par les pays émergents dans l’économie mondiale. Ce rendez-vous sera marqué par “la guerre des monnaies” (expliquée dans cette vidéo de France 24). La Chine est accusée de sous-évaluer sa monnaie pour doper ses exportations. La politique américaine est aussi critiquée car elle risque de fragiliser les économies européenne et asiatique.

Cette année, le G20 se réunit à Cannes. La crise grecque et le plan de sauvetage de la zone euro sont au centre de toutes les attentions. Le projet d’une taxe sur les transactions financières avance.

Robin des bois (un collectif d’associations comme Oxfam, Attac, …) demandait cette taxe bien avant le G20. Pourquoi ?

Une taxe Robin des Bois sur la finance permettrait de dégager des centaines de milliards d’euros chaque année pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique. Elle contribuerait à réduire la spéculation financière et à redistribuer les richesses. La France doit montrer l’exemple et la mettre en place en 2011 à l’occasion du G20.

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Sources :

Dessin de presse : G-8, Angel Boligan, 06/08/2007 / CagleCartoons.com

Images : Infographies du journal Le Monde et de Liberation

Aller plus loin

Un article de France 24, “Le G20, à quoi ça sert ?

Une leçon d’économie à la sauce Mozinor : le G20 vu par le docteur CAC de France 5 qui “explique avec simplicité et humour les grandes questions économiques.”
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L’industrie française de 1950 à 2010

Réalisée à l’occasion des états généraux de l’industrie de 2010, cette vidéo retrace l’histoire technologique industrielle en France de 1950 à aujourd’hui. Les grandes avancées techniques sont mises en image et le montage montre que la collaboration européenne a permis de relever de grands défis industriels.

http://www.dailymotion.com/videoxd4ky8

  • Cite des grandes réalisations industrielles françaises réalisées entre 1950 et 2010

Mais, la vidéo ne traite pas du phénomène de désindustrialisation (p 332 du manuel) qui commence à partir de la décennie 1970 et qui provoque une montée du chômage dans plusieurs secteurs (exploitation minière, métallurgie, textile, …). “L’industrie française existe t-elle encore ?” Provocatrice, cette question posée par un géographe français en 2003 avait surtout pour objectif d’expliquer les évolutions industrielles en France après une crise sévère dans plusieurs secteurs.

Il y a un an, Christian Estrosi (alors ministre chargé de l’Industrie ; il a été remplacé par Eric Besson) évoquait la nouvelle stratégie industrielle pour la France. Pour lui, la fibre optique, les nano-technologies et les bio-technologies sont les enjeux de demain.

http://www.dailymotion.com/videoxdcnw5

Etats-Unis : les défis à relever pour Barack Obama

Après l’étude du territoire, des aspects de la puissance américaine, il convient de terminer le cours en évoquant les défis à relever pour le 44ème président des Etats-Unis. Pour cela, nous allons d’abord écouter le discours d’Obama au moment de son élection (novembre 2008). D’après lui, que représente son élection ?

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Pour Obama,
le rêve américain n’est pas mort. « Tout est possible » ! La démocratie américaine fonctionne et la nation est ouverte aux différences. Cependant, il y a des dossiers difficiles à traiter.

Herrmann

Un article de France 24 évoque les sujets les plus épineux grâce à des reportages intéressants. A la veille d’une nouvelle élection présidentielle aux Etats-Unis, Obama a t-il été à la hauteur de l’espoir placé en lui ?

Cliquez ici – lien vers les vidéos de France 24

1. Le système de santé et la question de la dette publique

En 2008, les Américains pauvres mais aussi une partie de la classe moyenne ne bénéficient pas d’une couverture médicale efficace. La réforme du système de santé d’Obama a été contestée mais votée en mars 2010. Aujourd’hui, les Etats-Unis doivent faire des économies et ce programme risque d’être affecté.

2. Faire face à la crise

Il faut sauver les entreprises en difficulté (ex : l’état américain est venu en aide à Chrysler au bord de la faillite) et créer de l’emploi (2,5 millions d’emplois nouveaux). Un  plan de relance de 800 milliards de $ est mis en place. En 2011, des emplois ont été créés aux Etats-Unis.

3. Obama, la politique étrangère et le combat contre le terrorisme

Obama veut se rapprocher du monde arabo-musulman et retirer les troupes américaines d’Irak (courant 2011) en laissant une démocratie. La mort de Ben Laden est une victoire mais ne signifie pas la fin du terrorisme.


4. La question de l’environnement

En 1997, les Etats-Unis, 1er pollueur de la planète, ne signent pas  le protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre. En 2009, à Copenhague, le sommet sur le climat est décevant. La marée noire qui touche la Louisiane au printemps 2010 est un défi environnemental et économique à relever.

Obama oil

Sources dessins de presse :

L’Afrique du Sud : les cartes de la nation arc-en-ciel

Avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2010, Jean-Christophe Victor présente l’Afrique du Sud dans son émission “Le dessous des cartes”. Un exposé clair et renseigné sur la nation arc-en-ciel qui permettra d’effacer les clichés publicitaires évoqués dans l’article “Coupe du monde : quand la publicité se fait tacler”. Pourquoi est-elle appelée nation arc-en-ciel ?

D’abord, parce que sa population de 49 millions d’habitants est métissée. Près de 80% de la population est d’origine africaine, de souches Bantou, Khoi et San. La colonisation européenne (hollandaise et anglaise) puis la découverte de mines d’or et d’argent ont contribué au brassage des origines (métis, asiatiques).

Arc-en-ciel aussi parce que l’Afrique du Sud a levé depuis 1991 le nuage sombre de 43 années d’apartheid. L’apartheid est une politique raciste où la population noire pourtant majoritaire devait vivre à l’écart des Afrikaners (les blancs d’origine européenne). Aujourd’hui, le climat politique est plus apaisé et chacun a les mêmes droits. Mais, comme le rappelle l’émission, les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore refermées (townships du Cap).

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L’Afrique du Sud a des cartes en main. Représentant à elle seule 25% du PIB du continent africain, elle possède de sérieux atouts dans son jeu : une agriculture productive, un secteur minier important (1er producteur d’or par exemple) et une industrie agro-alimentaire, sidérurgique ou électronique. Ainsi, le pays occupe la 24e place dans l’économie mondiale.

La nation arc-en-ciel reste encore inégalitaire avec 30% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Quels seront les effets de la Coupe du monde sur la société sud-africaine ? L’histoire reste à écrire. Au pied de l’arc-en-ciel, n’y a t-il pas toujours un trésor ?

Sources : Les cartes de l’émission “L’Afrique du Sud : balle au centre” et leurs commentaires sont à retrouver sur le site d’Arte.

Jurassic Parking : Chrysler bon pour la casse ?

L’industrie automobile américaine est en crise. En décembre, les patrons du Big Three – General Motors, Ford et Chrysler – suppliaient le Congrès américain de leur accorder un crédit-relais de 25 milliards de dollars pour éviter le pire. Aujourd’hui, Chrysler se déclare en faillite. La Tribune de Genève relaie les propos du président américain qui commente cette décision. Pour lui, Chrysler n’est pas encore bon pour la casse. 

Personne ne doit se méprendre sur le sens” de cette procédure de faillite, a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche. “Ce n’est pas un signe de faiblesse mais plutôt un pas supplémentaire” sur la voie de “la renaissance de Chrysler“. “Pendant trop longtemps“, a souligné le président américain, “Chrysler a avancé trop lentement pour s’adapter (…), concevant et construisant des voitures qui étaient moins populaires, moins fiables et moins économes en carburant que ses concurrents étrangers.” 

Dépassées, les grosses cylindrées américaines sont en route pour Jurassic Parking. En attendant la dolce vita et le lifting à l’italienne ?

Sources :

Jurassic Parking, par Hajo de Reijger, avril 2009, Cagle cartoons

La galerie cartoons de Courrier International : le secteur automobile face à la crise 

Pour aller plus loin : Nano, une indienne dans la ville

Sainte Sigolène : les visages de la ruralité

Le samedi 25 avril 2009, l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie (APHG) organise une journée découverte sur “Les pays de Sainte Sigolène et de Retournac : entre société rurale et société industrielle”. Contribuant avec Maurice Bedoin et Denyse Pouly à l’organisation de la matinée à Sainte Sigolène, nous tâcherons de montrer les visages de la ruralité du XIX° au XXI°siècle à partir de deux thèmes forts :

  • Sainte Sigolène : une terre de chrétienté à l’heure de la République (1880-1906)
  • L’industrie à la campagne : la plasturgie et les enjeux d’avenir

Sainte Sigolène est la cinquième ville de Haute-Loire, un département auvergnat aux paysages d’une grande beauté. Située à l’est du département, dans l’arrondissement d’Yssingeaux, la cité sigolénoise fait partie d’un territoire nommé “le Pays de la Jeune Loire et ses rivières” par l’INSEE.  Cet espace “se singularise en Auvergne par son dynamisme démographique, la jeunesse de sa population et la présence d’un tissu industriel diversifié.“ C’est aussi mon pays natal, là où se trouve ma famille, bon nombre d’amis et un territoire rural que je sillonne avec toujours autant de plaisir. En 2001, l’attachement à cette terre et à son histoire me décide à consacrer une année de recherches à ce coin de Haute-Loire.

Le fil directeur de ce travail a été de saisir l’influence de l’Eglise dans la vie des Sigolénois(es) de 1800 à 1906. Au XIX°s, Sainte Sigolène est une terre de chrétienté, “une des meilleures paroisses du diocèse” dira l’évêque du Puy-en-Velay. Alors, quand la Troisième République cherche à limiter le rôle de la religion par les lois scolaires et la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, les Sigolénois, emmenés par leur curé et leur maire, préparent la parade. En 1906, la révolte des Inventaires illustre la foi vigoureuse et le caractère bien trempé des habitants de l’Yssingelais.

Avec la loi de 1905, les églises et les objets se trouvant à l’intérieur deviennent propriété de l’Etat et des communes. Pour connaître ces biens et les mettre gratuitement à disposition de l’Eglise pour la pratique du culte, des inventaires sont organisés mais un article (sur l’ouverture des tabernacles) soulèvera l’indignation de certains catholiques français. Pour eux, “un cambriolage légal de l’église” est organisé. A Sainte Sigolène, les paroissiens barricadent et défendent leur église comme une forteresse assiégée. Cet épisode se lit encore aujourd’hui sur les portes de l’édifice, marquées par les coups de hache et une plaque centenaire commémorant la farouche résistance des paroissiens. En 2009, l’empreinte religieuse marque toujours Sainte Sigolène (la procession des Pénitents, un seul collège…privé, …).

L’attractivité de Sainte Sigolène doit beaucoup à la plasturgie, un secteur aujourd’hui en mutation. Les passementiers sigolénois qui partageaient leur temps entre leurs métiers et leurs champs ont vu leur cité se transformer en “capitale du plastique souple“. Amorcé dans les années 1950, le passage du textile à l’industrie plastique a donné naissance à un bassin d’emplois fort de 3000 emplois directs et 2000 emplois indirects en 2006. Le débat autour du sac plastique et les conflits d’acteurs (industriels, grande distribution, associations écologistes) qu’il suscite ont attiré les médias dans la cité sigolénoise (Libération, France 3, …). Si l’on a pu focaliser sur le sac de sortie de caisse, la visite de l’entreprise Barbier et de son site internet montre la diversité des produits (agriculture, distribution, industrie) et les perspectives d’avenir. Serge Vassal, PDG de l’entreprise, présentera aux participants à la journée du 25 avril les réponses de sa société aux enjeux de demain. Son intervention sera axée sur de la prise en compte du développement durable dans la logique d’entreprise : sacs biodégradables (BIOPACK®), recyclage des plastiques agricoles usagés (éco-taxe à l’achat pour l’agriculteur, éco-service en retour) et des films plastiques, bilan Carbone® de l’entreprise, …

Les sources :

Les liens :

Les images : Photographie prise le 21 février 1906 lors des Inventaires à Sainte Sigolène / Le site de l’usine Barbier à la Guide (Sainte Sigolène)

Parachute doré et semelles de plomb

A 13 heures, tous les journaux télévisés ont ouvert sur un étonnant contraste : pendant que certains sont plombés par les plans sociaux, d’autres s’envolent avec des parachutes dorés.

Un plan social a pour but d’amortir les difficultés des salariés d’une entreprise qui s’apprête à licencier. Mars 2009, la crise financière laisse place à une crise économique qui touche de plein fouet certains salariés français. Pour se faire entendre et demander le meilleur plan social (indemnités de départ plus importantes, formations,…), des travailleurs touchés organisent des opérations coup de poing

La suppression de 110 postes dans la société 3M (chimie, production de médicaments) a décidé des salariés en colère à retenir/séquestrer leur directeur dans son bureau. Pendant ce temps, des ouvriers manifestent dans les rues de Paris et brûlent les pneus de leur employeur, Continental, qui compte fermer une de ses usines françaises.

C’est dans ce contexte brûlant que le parachute doré, prime de départ accordé à un dirigeant d’entreprise, fait polémique. Thierry Morin, PDG de Valeo (équipementier automobile), compte quitter son poste en s’envolant avec la somme de 3,2 millions d’euros alors que son groupe a perdu 287 millions d’euros l’année dernière. La gauche, la droite, le gouvernement, le MEDEF (organisation des patrons français), tout le monde est à l’unisson contre ce “golden parachute”. D’autant que l’Etat français avait apporté une aide de 19 millions d’euros à Valeo. 

La perspective d’une loi sur les rémunérations des grands patrons apparaît plausible surtout à un moment où l’Etat français parle de moraliser le capitalisme et l’économie. 

Dans ce contexte, la chanson d’Alain Souchon  “Parachute doré” (lecteur Deezer) colle parfaitement à son époque et à ce dessin de presse paru il y a déjà 7 ans. 

Adieu les traders, adieu joggings
Les briefings à l’heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l’usine, on délocalise

Les cours ont dégringolé
Les banques ont pu rigoler

La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J’ai le parachute… chut ! doré

Sources

Photo : agence Reuters (source)

Dessins : Golden Parachute par Daryl Cagle (7/11/2002)

Sous les parachutes dorés et troués, Titom, (6/11/2008)

Musique : Alain Souchon, Ecoutez d’où ma peine vient, 2008

 

Nano, une indienne dans la ville

Le Vif/L’Express publie aujourd’hui un article sur Nano, la voiture la moins chère du monde (1500 € soit 100 000 roupies). “La petite indienne”  part à la conquête des automobilistes au portefeuille dégarni par ces temps de récession économique. Les médias indiens ont d’ailleurs baptisé Nano “la voiture du peuple“. Si Tata Motors (fabricant automobile indien) a souffert durant les douze derniers mois, les observateurs voient l’entreprise comme l’exemple de puissance émergente indienne.  

“La presse automobile indienne a salué mardi le lancement la veille de la mini-voiture Tata Nano en y décelant “le triomphe de l’ingéniosité de l’Inde” et en la comparant aux légendaires Ford T ou Coccinelle. Ce véhicule “révolutionnaire” à 2.000 dollars est destiné aux classes moyennes émergentes de l’Inde, mais aussi à l’Occident en pleine crise économique.”

Pour Mohit Arora, responsable de JD Power Asia-Pacific, Nano va répondre à une nouvelle demande des consommateurs. Dans des propos relayés par Le Point , il affirme que  ”Nano va créer un nouveau segment et devenir le chaînon manquant entre la moto et la voiture d’entrée de gamme. Elle restera la première du genre“.

Cependant, l’entreprise n’est pas prête à livrer Nano en masse car une révolte paysanne au Bengale occidental a contraint l’entreprise à déménager son entreprise de fabrication (Nano, no ! No !”, avaient hurlé les manifestants, qui protestaient contre l’acquisition forcée de leurs terres par le gouvernement régional” / sources : Le Monde). Les automobilistes qui pourront conduire l’indienne dans la ville seront d’abord les heureux élus d’un tirage au sort… Comme le souligne Libération, cela soulage “les écologistes, terrifiés à l’idée de voir le parc automobile indien exploser avec l’arrivée de ce véhicule au prix imbattable.

Pour le Prix Nobel de la Paix 2007, Rajendra Pachauri, le succès possible de Nano est “un cauchemar pour ceux qui luttent pour protéger la planète. L’Inde ferait mieux de développer ses transports publics.” L’arrivée de la voiture “low cost” dans un pays peuplé par 1,1 milliards d’habitants pose évidemment la question de la sauvegarde de l’environnement… 50 à 100 millions d’Indiens sont susceptibles de se retrouver au volant de Nano.  

La transposition de la civilisation automobile (et du mode de vie occidental) au reste du monde est dangereuse pour la planète. Cependant, comment réprouver le désir d’hommes et des femmes voulant toucher du doigt le confort et la modernité dont notre société occidentale est le modèle ? Lors d’un salon de l’automobile à New Delhi, un représentant de Tata Motors avançait  ”que cette voiture changera la manière avec laquelle les gens se déplacent en Inde rurale. (…) Nous sommes un pays d’un milliard d’habitants, mais la plupart d’entre eux se voient nier la possibilité de la mobilité. » Progrès pour les uns, danger pour les autres, l’exemple de Nano nous amène à une réflexion sur l’évolution de nos modes de consommation pour les années à venir…car c’est à l’échelle mondiale que se joue la question du dérèglement climatique.

E.G

Sources images : 

- Reuters

- Cagle cartoons : Titre : Nano Car 
Artiste : Frederick Deligne, Nice-Matin, France
Date : 3/24/2009

Le chiffre : 61,1% des Terriens ont un portable

Un article de Télérama indique que 61,1% des habitants de la planète possèdent un téléphone portable. D’après un rapport de l’ONU, “le boom du mobile” est récent et concerne majoritairement les pays dits émergents.

“Ce sont, au total, plus de 4,1 milliards de comptes qui sont activés, soit huit ou neuf fois plus que le nombre de lignes de téléphone fixe. L’accélération a été particulièrement impressionnante depuis une trentaine de mois : mi-2006, 40 % de la population mondiale possédait un portable. Cette croissance folle – une moitié d’utilisateurs en plus ! – trouve sa source du côté des pays en voie de développement, et plus généralement des continents dits émergents.”

L’Europe reste le continent le plus équipé avec un taux d’équipement de 111% … puisqu’une partie des utilisateurs cumule un portable personnel et un téléphone professionnel.

En 2009, un Africain sur trois possède un portable. Son usage est détaillé par les enquêteurs de l’ONU :

“En Afrique sub-saharienne, où la qualité des lignes de téléphone fixe (quand elles existent) est déplorable, le portable a permis à de nombreuses communautés et familles dispersées de retisser des liens. « Seuls les très pauvres, dit le rapport, ne peuvent s’offrir un portable. Pour les moins pauvres des pauvres, il n’est pas rare de voir un même appareil passer de main en main dans un village. »

Cependant, l’accès à internet reste encore réservé à 23% population mondiale. C’est ce que l’on appelle “la fracture numérique” :  si la démocratisation du portable est incontestable, ce sont toujours les pays du Nord qui utilisent de façon intégrale les nouvelles technologies. Sur les 10 pays les plus avancés au niveau des technologies de l’information et de la communication, 9 pays viennent d’Europe du Nord.

Les sources

Dessin : Title Telefono Celular
Artist Ares   [ View more cartoons from this artist ]
Attribution Ares, Cagle Cartoons, www.caglecartoons.com

Date 9/2/2003

Photo : A Kampala, capitale de l’Ouganda. – Photo : FutureAtlas.com (licence CC by)

Graphique : rapport de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications)

Au petit bonheur la France…

Article rédigé le mercredi 3 décembre 2008

Demain, Nicolas Sarkozy dégaine son “arsenal anti-crise”. Un paquet de mesures pour relancer le “pouvoir d’achat” des ménages. Les jeunes foyers n’accèdent plus à la propriété, le gouvernement s”engage à renforcer le prêt à taux 0. Renault, Peugeot et Michelin patinent, la prime à la casse est réhaussée à 1000 euros pour relancer l’achat d’autos neuves. La crise économique a succédé au krach financier et le commandant en chef enfourche à nouveau son cheval de bataille électoral : “Je serai le président du pouvoir d’achat”. L’opposition (si l’en reste une…) critique cette promesse devenue chimère mais en le faisant, elle cautionne l’utilisation de deux indicateurs où seul l’achat fait le bonheur.
En 1955, Boris Vian chante La “complainte du progrès”, où le portefeuille devient une arme de séduction massive :     

“Autrefois pour faire sa cour, on parlait d’amour…Aujourd’hui, c’est plus pareil, ça change, ça change. Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille : Oh Gudule, viens m’embrasser et je te donnerai un frigidaire, un joli scooter…et une tourniquette pour faire la vinaigrette…”

1974 – 2008 : les quarante Piteuses ?

Boris Vian a tapé juste avec sa complainte témoin de la société de consommation naissante lors des Trente Glorieuses. Encore aujourd’hui, le “moral des ménages” se lit à la lumière de leur “pouvoir d’achat”, deux mesures utilisées par l’INSEE. Le mode de calcul du “moral des ménages” repose sur les critères suivants :

niveau de vie en France (évolution passée / perspectives d’évolution) ; situation financière personnelle (évolution passée / perspectives d’évolution) ; opportunité de faire des achats importants.

“Depuis 1987, jamais le moral des ménages français n’a été aussi bas” : cette rengaine entendue à la rentrée nous a offert une bonne bouffée de scepticisme et une louche d’horizon bouché. Nous ne sommes pas tous statisticiens à l’INSEE : avoir le moral atteint va au-delà de l’impossibilité de projeter “des achats importants”. Le bonheur en statistique est définitivement matériel. Il en est de même pour la baisse du “pouvoir d’achat”. Si l’INSEE dit que le moral des Français est au fond de leurs chaussettes, un autre graphique montre que depuis 2005 le pouvoir d’achat remonte. L’inflation n’explique pas tout :le désir d’achat est devenu frénésie et quand il y a privation, il y a frustration.


L’Europe du Nord-Ouest : l’espace le plus heureux au monde ?     

Des indicateurs plus parlants, il en existe : il y aurait en France environ 13% de pauvres. Selon l’INSEE, le taux de pauvreté en France est légèrement moins élevé pour 2006 qu’en 1996…mais celui-ci remonte depuis quelques années. Mais le mode de calcul du nouvel indicateur de pauvreté fait encore l’objet de polémiques. Tout commela courbe du bonheur sorti du chapeau de l’INSEE récemment qui réjouit le septuagénaire : la crise de la quarantaine, la joie du retraité. “Le travail, c’est la santé, rien faire c’est la conserver !” Le pouvoir d’achat céderait-il enfin la place à la délectation du repos bien mérité ?


Pierre Le Roy, un énarque, “fils de paysan pauvre et breton”, a lancé une revue nommée “GLOBECO : comprendre la mondialisation”. Il expose (aussi) un indice du bonheur bâti à partir de “40 données statistiques qui sont regroupées en quatre chapitres : la paix et la sécurité ; la liberté, la démocratie et les droits de l’homme ; la qualité de la vie ; l’intelligence, la communication et la culture.”     

Parmi les 15 pays qui arrivent en tête de l’indice du bonheur mondial en 2007, 13 sont européens (dont les 3 pays scandinaves). La France se classe 15ème.Malgré la réalité implacable et une crise économique à ses débuts, gardons à l’esprit qu’en habitant en Europe du Nord-ouest, nous vivons dans l’espace le plus riche et, semble t-il, le plus heureux au monde. Alors, au petit bonheur la France… 

E.G

La courbe du pouvoir d’achat de 1990 à 2007
http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/default.asp?page=dossiers_web/pouvoir_achat/graphiques_pouvoir_achat.htm

La courbe du bonheur
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC08n.PDF

L’indice du bonheur mondial de 2007
http://www.globeco.fr/public/index.php?a=Bonheur-mondial-edition-2007

Le pouvoir d’achat en chanson…

“La complainte du progrès”, Boris Vian
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaft8zD.html

“Le pouvoir d’achat”
http://vodpod.com/watch/458129-la-chanson-du-pouvoir-dachat

Clip de propagande ministérielle
http://www.wat.tv/video/clip-mesures-pouvoir-achat-ojel_kzrl_.html>