Histoire des arts : La chasse à l’enfant, Jacques Prévert (1934)

Thème du programme d’éducation civique de la classe de 4ème, la justice des mineurs suscite depuis longtemps le débat. Comment remettre dans le droit chemin des jeunes qui commettent des infractions ? Entre les mesures éducatives et répressives, où faut-il placer le curseur. En 2011, des professionnels de la justice des enfants critiquaient vivement le gouvernement dans une tribune intitulée « C’est la justice des enfants qu’on assassine ». Ils contestaient surtout deux mesures : la création d’un tribunal correctionnel pour mineurs récidivistes de plus de 16 ans et la possibilité de placement en centre éducatif fermé (CEF) dès la première infraction des mineurs de 13 ans.

En 1934, l’affaire de Belle-Île-en-mer échauffe les esprits en France et inspire au poète Jacques Prévert  La chasse à l’enfant. « Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! », c’est par ces mots que débute cette chanson et notre étude sur la justice pénale des mineurs et son évolution dans le temps.

 

OBJECTIFS de la séance

  • Aborder la justice des mineurs à travers une chanson écrite par Jacques Prévert
  • Comprendre l’évolution de la justice des mineurs du XIX°s à aujourd’hui

Cliquez ici pour écouter « La chasse à l’enfant » de Jacques Prévert et Joseph Kosma (1934)

Les paroles de « La chasse à l’enfant »

Livre

Belle-Île-en-mer, 1934 : les faits
« C’est à un évènement qui se produit à Belle-Île-en-mer dans l’été 1934 que se rapporte cette chanson. A l’époque, les prisons pour enfants, bagnes pour mineurs et autres maisons de correction ou de redressement sont monnaies courantes en France. Pour un délit, un conflit avec les parents, avec une famille d’accueil pour les enfants de l’assistance publique, la justice et l’état n’hésitaient pas à envoyer des mineures, parfois très jeunes dans des centres qui tenaient plus de la prison que de la « rééducation. Ces centres sont souvent des zones de non droit, de brimades et d’humiliation que l’on aurait de la peine à imaginer aujourd’hui. »
« En août 1934, une révolte éclate sur l’île. Un des enfants, avant de manger sa soupe dans le silence absolu, a ce jour-là osé mordre dans un morceau de fromage. Les surveillants l’ont alors rosé de coups. A la suite de ces mauvais traitements administrés à leur camarade, une émeute éclate au sein de l’institution de Belle-Île-en-Mer, qui provoque l’évasion massive de 55 pupilles. Ce fait divers est suivi d’une campagne de presse très virulente, et va inspirer des intellectuels comme Jacques Prévert, qui écrit son célèbre poème « La Chasse à l’enfant ». Il y dénonce la « battue » organisée sur l’île, avec prime de 20 francs offerte aux touristes et aux habitants de Belle-île, pour chaque garçon capturé. »
  • 1810 :Dans le Code pénal (articles 66 et 67) apparaît la catégorie des mineurs de justice
  • 1850 : Loi sur «l’éducation et le patronage des jeunes détenus». Le système des colonies pénitentiaires privées devient le modèle de prise en charge des mineurs de justice. Dans le langage courant, on parle  de «maisons de correction» ou de «maisons de redressement». Elles sont situées à la campagne car on veut «sauver le colon par la terre, et la terre par le colon». Ce type d’établissement sera un modèle pour toute l’Europe pendant près de cent ans.
  • 1880 : Ouverture de la colonie pénitentiaire publique de Belle-Ile en Mer à vocation agricole et maritime.
  • 1906 : La majorité pénale passe de 16 à 18 ans : les jeunes sont consi- dérés comme des mineurs pénaux jusqu’à 18 ans. La majorité civile est elle à 21 ans.
  • 1934 : Révolte des colons de Belle-Ile en Mer qui sera suivie par une des plus importantes campagne de presse contre les «bagnes d’enfants».
  • 2 février 1945 : Ordonnance relative à l’enfance délinquante. Elle est devenue la référence en matière de justice des mineurs. Elle insiste sur la primauté de l’éducatif sur le répressif et permet la création des Tribunaux pour enfants sur tout le territoire ainsi que la fonction de Juges des enfants.

La justice des mineurs et ses évolutions

http://www.dailymotion.com/videoxp3p9y
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Au tribunal correctionnel : « les pirates du net »

La lutte contre le téléchargement illégal sur internet a évolué au cours de la décennie 2000. En 2005, un tribunal correctionnel s’est appuyé sur une loi sur la contrefaçon pour punir « un pirate du net ». Mais cette loi prévoit pour les contrevenants une peine d’emprisonnement de trois ans et 300000 euros d’amende, ce qui apparaît excessif pour le piratage sur Internet.  En 2009, la loi Création et Internet crée une nouvelle forme de sanction appelée la riposte graduée.

C’est en étudiant une procédure judiciaire lancée contre un téléchargeur illégal et que nous allons commencer notre chapitre intitulé « Comment fonctionne la justice française ?».

OBJECTIFS

  • Comprendre que la Justice protège, punit et arbitre les conflits
  • Etudier une procédure judiciaire (dossier p 426-427) pour connaître les principes de la justice
  • Connaître l’évolution de la loi et le débat atour de la propriété intellectuelle sur Internet
  • Réfléchir à un débat de société : piratage ou partage de la culture ?

« Les pirates du net » une enquête d’Envoyé spécial de 2004)

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Le téléchargement illégal en 2009 (sources : Le Figaro)

L’étude d’une procédure judiciaire : du procès en correctionnel à l’appel  (2004-2007)

Dossier p 426-427 du manuel

Ce que dit la loi en 2004

L’ article L. 335-2  du Code de la propriété intellectuelle

« Toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit.

La contrefaçon en France d’ouvrages publiés en France ou à l’étranger est punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. »

 Ce que rajoute la loi en 2009

La loi institue une « Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l’internet » (Hadopi) qui est chargée de « veiller à la prévention et à la sanction du piratage des œuvres ». Dans les faits, la peine de trois ans de prison n’est jamais prononcée mais elle demeure possible.

Le texte adopté par le Parlement prévoyait, en cas de persistance du « piratage », la prise de sanctions avec la possibilité pour la Haute autorité de suspendre l’abonnement à internet pour une durée allant de 3 mois à 1 an. Cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel au motif que c’est à la justice de prononcer une sanction lorsqu’il est établi qu’il y a des téléchargements illégaux. Le rôle de la Haute Autorité est d’avertir le téléchargeur qu’il a été repéré, mais pas de le sanctionner. Le Conseil considère que « restreindre l’exercice, par toute personne, de son droit de s’exprimer et de communiquer librement » (un des droits fondamentaux proclamés par la Déclaration des droits de l’homme) ne peut « incomber qu’au juge« .

Fin 2011 : quel bilan pour la loi Hadopi ?

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Aller + loin

La loi Hadopi : un thème de la campagne présidentielle 2012

Une playlist listant quelques prises de positions politiques sur Hadopi et la propriété intellectuelle sur Internet

Natura 2000 et le droit de chasse en France

En France, il existe une hiérarchie du droit. Le droit international est supérieur au droit national. Ainsi, puisque notre pays fait partie des 27 pays membres de l’UE, les directives européennes doivent être respectées en France. L’exemple de la directive européenne Natura 2000 montre que la mise en conformité du droit français avec le droit communautaire soulève parfois des polémiques. C’est ce que nous allons voir en étudiant l’adaptation du droit de chasse français à la législation européenne.

OBJECTIFS

  • Expliquer les rapports entre le droit européen et le droit français
  • Comprendre que la mise en application d’une directive européenne nécessite une concertation entre tous les acteurs

La directive Natura 2000 : les objectifs

« En 1992, au « sommet de la Terre » de Rio de Janeiro, en réponse aux inquiétudes croissantes concernant la diminution de notre patrimoine naturel, l’Union européenne s’est engagée à enrayer la perte de la biodiversité sur ses territoires en créant un réseau de sites écologiques nommé Natura 2000. Avec près de 25 000 sites terrestres et marins, il s’agit du plus vaste maillage de sites protégés au monde.

Ce réseau mis en place en application de la Directive « Oiseaux » de 1979 et de la Directive « Habitats »de 1992 vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe. Il est constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces de la flore et de la faune sauvage et des milieux naturels qu’ils abritent. »

sources : Ministère de l’Ecologie et du Développement durable

Natura 2000, l’historique du projet, ses enjeux et ses perspectives

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 2001, l’inquiétude des chasseurs français par rapport à la directive Natura 2000

Voir la vidéo de l’INA

« Activité sociale et culturelle toujours vivante en Bretagne, la chasse s’affirme parfois comme une forme d’attachement à un territoire. Plus qu’une tradition ou qu’un art de vivre, c’est pour les chasseurs un moyen d’être en contact direct avec la nature. Les chasseurs en Bretagne sentent leur activité de plus en plus menacée dans le contexte social et environnemental actuel, au-delà de la réglementation à laquelle elle est soumise. Les contestations au sujet des dates d’ouverture et de fermeture de la chasse ne sont qu’un pan des divergences existant avec les associations de protection de la nature, et une partie du grand public.

En 2001, l’inquiétude des chasseurs est renforcée au moment de la promulgation des premiers décrets qui dotent la France d’outils réglementaires pour la désignation des sites « Natura 2000 » (…). Une partie des chasseurs estiment qu’ils participent par leur activité au maintien de la biodiversité. Concrètement, les chasseurs remplissent une fonction écologique, aidant à la reconstitution de la population de la faune sauvage, à l’exemple du gibier. La loi chasse de 2001 définit d’ailleurs l’activité comme un mode de gestion durable de la faune sauvage. »

Natura 2000 en débat à l’Assemblée nationale

« Pourrons-nous continuer à pêcher et à chasser dans les zones Natura 2000 ?« . Le 5 mai 2010, le ministre de l’Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo est interpellé à l’Assemblée nationale par le député Jérôme Bignon.

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La réponse de Jean-Louis Borloo

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Le Droit à l’école : la loi sur l’absentéisme scolaire

Depuis 1959, la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. Aller à l’école est à la fois un droit et un devoir. C’est aussi la condition première de la réussite d’un élève. Pour le Ministère de l’Education nationale, « la lutte contre l’absentéisme scolaire doit donc mobiliser tous les membres de la communauté éducative. » Selon l’article L131-8 du code de l’éducation on parle d’absentéisme «lorsque l’enfant a manqué la classe sans motif légitime ni excuse valable au moins quatre demi-journées dans le mois ». D’après les chiffres de l’Education nationale pour l’année 2009-2010, l’absentéisme touchait 2,3% des collégiens, contre 4,9% des élèves en lycées généraux et technologiques et 14,2% en lycées professionnels. Pour apporter des solutions à ce problème, une loi visant à lutter contre l’absentéisme scolaire a été votée en 2010.

D’après Eric Ciotti, le député UMP à l’origine de cette loi, depuis que le texte est entré en vigueur au troisième trimestre 2011 « 32.000 familles ont été convoquées par les inspecteurs d’académie concernés, à cause de l’absentéisme de leurs enfants. Et plus de 99% des élèves ont repris, après cette convocation, le chemin de l’école de la République. » Malgré les résultats affichés par l’UMP, cette loi est contestée. Elle est aujourd’hui un des thèmes de la campagne présidentielle.

C’est en étudiant ce problème de société et la réponse apportée par la loi que nous allons commencer notre chapitre intitulé « La France : un Etat de droit ».

OBJECTIFS

  • Aborder le Droit à partir d’un texte de loi inscrit dans la vie quotidienne
  • Comprendre qu’aller à l’école est à la fois un droit et un devoir
  • Comprendre qu’un texte de loi peut provoquer un débat dans la société
  • Identifier les arguments pour et contre la loi puis exposer son opinion

La question de l’absentéisme scolaire posée au Journal télévisé de France 2

http://www.dailymotion.com/videoxfe3pq

Une interview d’Eric Ciotti, député à l’origine de la proposition de cette loi sur l’absentéisme scolaire

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Benoît Hamon, porte-parole du Parti Socialiste, dit que si François Hollande est élu, la loi Ciotti visant à lutter contre l’absentéisme scolaire en suspendant ou supprimant les allocations familiales serait abrogée.

http://www.dailymotion.com/videoxgpip8

Le regard de deux dessinateurs de presse sur la loi

par Lasserpe (31.01.2011)

par Man (08.07.2010)

Aller + loin

 

 

Les principes de l’éducation en France

Depuis 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant affirme que tous les enfants ont droit à l’éducation. En France, l’éducation repose sur quatre grands principes : la gratuité, l’obligation scolaire, la mixité et la laïcité. Ces principes sont définis par la loi et ont été mis en place dès la fin du XIX°siècle.

Pour mieux comprendre les principes de laïcité et de mixité, regarde ces deux vidéos disponibles sur le site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel).

La laïcité

La mixité

Des inégalités à combattre

Bien que le droit à l’éducation de tous les enfants soit inscrit dans la loi, il reste encore des inégalités. En 2008, la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) a réalisé un film pédagogique « pour informer les gens du voyage sur leurs droits et les recours en cas de discrimination ». Autre exemple : le documentaire « L’école du voyage » montre que les enfants du voyage peuvent rencontrer des difficultés à suivre une scolarisation normale.

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Comparons maintenant la situation française avec celle d’autres pays dans le monde grâce à cette carte et à cette vidéo.

La situation scolaire dans le monde

La difficulté de scolariser les filles dans certains pays en développement

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Aller + loin :

 

 

 

Entre les murs : les 4ème en action

La séquence d’Education civique sur l’exercice des libertés en France se terminera cette semaine avec la correction de l’évaluation. Au cours des séances, vous avez travaillé en groupe, en autonomie, à l’écrit, à l’oral (exposé, débat argumenté) sur deux sujets d’actualité.

Votre capacité à prendre des initiatives, à avancer avec le reste du groupe ou à exposer clairement votre travail/opinion était aussi importante que le contenu des séances. Travailler sur la liberté sans en faire véritablement usage aurait été dommage. Le débat argumenté a permis à chacun de s’exprimer tout en prenant conscience des exigences d’un tel exercice. Au final, chacun a compris que la liberté c’est faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.  Savoir, savoir-faire, savoir-être vont de pair pour s’affirmer comme un citoyen éclairé.

L’actualité fait écho au travail réalisé en classe. Le ministère de l’Education nationale vient de lancer une campagne contre le harcèlement en insistant sur un chiffre : 1 élève sur 10 est victime de harcèlement à l’école. Trois vidéos montrent les ravages de la cyber-intimidation et permettent une sensibilisation efficace.

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Pour illustrer ces deux semaines et demi de travail, voici quelques photos prises avec les 4°2 et 4°4. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler ainsi et je pense que vous aussi. Vous trouverez également le lien vers Youtube pour (ré)écouter le débat des 4°2 sur Facebook.

Pour terminer, j’ai scanné 3 copies d’élèves (Clara, Sofia, Jean-Baptiste) qui répondent aux questions : « Qu’as-tu retenu du débat « Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ? ». Quelle est ton opinion sur le sujet ?« . Elles nous permettront de voir comment bien argumenter (le fond et la forme).

Le débat argumenté des 4°2

Douce France, « les façons d’être français »

En 2009, le débat sur l’identité nationale avait provoqué une polémique. Face à cette initiative du gouvernement français, l’historien Pap NDiaye avait fait part de ses craintes : « Il y a tellement de façons d’être français qu’il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu’est être français. » A cette époque, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, évoquait une chanson dont l’air trotte encore dans la tête de nombreux Français : « La défense de notre modèle culturel et de la Douce France chantée par Charles Trenet, passent par la redéfinition de notre identité nationale« . La référence à ce monument de la chanson française mérite bien une petite explication.

Pour aborder ce thème, vous allez écouter et comparer deux versions de ce standard de la chanson française : celle de Charles Trenet et du groupe Carte de séjour.

Document3

En 1942, alors que les Allemands occupent le pays, Charles Trenet écrit « Douce France« . A l’époque, il est la nouvelle grande star de la chanson française : il s’intéresse au jazz, se proclame « zazou d’honneur » ce qui déplaît fortement au pouvoir en place. « Douce France » est une véritable déclaration d’amour à la France qui vit alors les moments sombres de son histoire. Plusieurs interprétations de la chanson existent mais pour l’INA « si les censeurs de Vichy font mine de prendre pour un acte d’allégeance à la révolution nationale pétainiste cette apologie du terroir et de ses valeurs ancestrales, la population n’est pas dupe et l’entend à l’inverse aussitôt comme l’hymne de cœur d’une sorte de résistance passive dans laquelle commence alors de s’installer une partie du pays. »

http://www.dailymotion.com/videox4yrv6

 

Questions :

1. Relève des paroles montrant que « Douce France » ressemble à une chanson d’amour.

2. Explique « Oui, je t’aime dans la joie et la douleur« 

3. A quoi ressemble la France de Charles Trenet ?


Document3 - copie

L’INA rappelle que « Carte de Séjour, jeune groupe fondé au tournant des années 80 et composé essentiellement de musiciens français issus de ce qu’on appelle alors la « seconde génération » de l’immigration maghrébine, n’est pas totalement inconnu lorsqu’il met à son répertoire en 1986 ce monument de la chanson française. Sa participation en 1983 au grand concert organisé Place de la Bastille en point d’orgue à la « Marche des Beurs » (cette imposante manifestation nationale « pour l’égalité et contre le racisme » faisant suite aux émeutes des Minguettes) en a déjà fait l’un des porte-drapeaux politique et artistique d’une jeunesse issue de l’émigration, et désirant prendre pleinement sa place au sein de la communauté nationale. Mais c’est incontestablement cette version arabisante de Douce France qui va marquer les esprits et servir de tremplin décisif, en pleine montée de l’extrême droite à travers les succès électoraux du Front National, aux revendications des jeunes beurs.« 

Ecoute maintenant la version de Carte de séjour en cliquant ici.


Image 1

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4. Quelles sont les influences musicales de cette version de Douce France ?

5. A ton avis, quel message veut faire passer le groupe ?


Résumé de la séance élaboré en classe

La version de Douce France interprétée par Charles Trenet évoque avec nostalgie et amour le territoire national (« Je t’ai gardée dans mon cœur », « Oui, je t’aime », …). La France apparaît comme un pays où il fait bon vivre alors qu’en 1942 la France est occupée.

Quand en 1986, Carte de séjour reprend ce titre, les artistes veulent montrer une autre facette de la France : un pays métissé et multiculturel. A cette période, le Front national se développe et les émeutes dans les cités sont très médiatisées.

En 2005, des émeutes ont embrasé certaines banlieues. Certains Français ne se sentent pas citoyens à part entière. Certains ne se sentent pas reconnus mais la violence n’est pas une solution. Il faut s’emparer de ses armes de citoyen : le droit de vote, l’association, l’art, …

Source image

Plantu, entre deux chaises, 1985, Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Débat argumenté : Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ?

En quelques années, Facebook a conquis l’Hexagone. En 2011, 25 millions d’utilisateurs français disposaient d’un profil sur le réseau social crée par Mark Zuckerberg. Encensé ou critiqué, Facebook ne laisse pas indifférent et soulève régulièrement des débats dans notre société.

OBJECTIFS :

  • Travailler en groupe et en autonomie
  • Formuler son opinion par écrit et à l’oral
  • Participer à un débat argumenté ayant pour thème : Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ?
  • Construire son identité numérique

GROUPES 1 et 2 : Facebook, un espace de libre expression

DOCUMENT 1 : Un article de Libération et deux dessins de presse expliquant le rôle des réseaux sociaux lors du printemps arabe.

DOCUMENT 2 : Des jeunes s’expriment librement

Une capture d’écran de la page « La dernière lettre » où une jeune internaute met régulièrement en ligne un chapitre de son livre.

DOCUMENT 3 : Facebook et les limites de la liberté d’expression

Un article du journal Le Monde, Facebook coopère avec la justice pour identifier un néonazi, le 30 décembre 2011.

DOCUMENT 4 : Qu’est-ce qu’on peut pas écrire ou dire sur Facebook ?

Une capture d’écran du site Facebook sur les abus et les infractions aux règlements

GROUPES 3 et 4 : Facebook, un réseau social en questions

DOCUMENT 1 : Qui dois-je accepter comme ami sur Facebook ? 

Un article de la p@sserelle, « Qui doit entrer dans la toile de mon réseau ? », 15 novembre 2012

DOCUMENT 2 : La cyber-intimidation : quelles solutions ?

Un article de France soir, Harcèlement sur Facebook : « nous avons été traumatisées », 6 mai 2011

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DOCUMENT 3 : Facebook, espace de vie privée ou publique ?

Un article du Monde, « Pourra t-on bientôt insulter son patron sur Facebook ? »,10 janvier 2012

http://www.dailymotion.com/videoxfozh2

DOCUMENT 4 : La relation profs-élèves sur Facebook

Deux avis d’enseignants sur la question publiés dans le journal Libération du 7 février 2011

D’autres pistes à creuser

Source images

La grève dans les aéroports : quand deux libertés s’affrontent

Comme nous l’avons vu en cours, la république française garantit des libertés individuelles (ex : se déplacer) et des libertés collectives (ex : faire grève). Mais il arrive qu’à un moment donné des libertés ne soient pas compatibles entre elles et que des conflits apparaissent. C’est ce qui est arrivé au cours du mois de décembre 2011 dans certains aéroports français où une grève des agents de sûreté a provoqué l’annulation de certains vols.

Droit de grève contre liberté de se déplacer : quand deux libertés s’affrontent, comment faire pour que l’intérêt général l’emporte ?

OBJECTIFS de la séance :

  • Travailler en groupe et en autonomie
  • Rédiger un résumé
  • Exposer ce résumé à l’oral
  • Prendre en compte le point de vue de chaque acteur du conflit pour se forger une opinion

Consigne : La classe est divisée en 4 groupes afin d’étudier le rôle et les réactions des 4 acteurs de ce conflit social :

  • les grévistes,
  • les entreprises,
  • les passagers,
  • l’état.

Chaque groupe travaille sur un dossier documentaire afin de rédiger un texte expliquant la position de chaque acteur dans le conflit. Il faudra ensuite le présenter à l’oral.

Suite à ce travail, nous mettrons en parallèle deux articles de lois car l’exercice des libertés est inséparable du droit.

* L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dit :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

* L’article 13 de la Déclaration Universelles des Droits de l’Homme de 1948 dit :

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état.« 

 

GROUPE 1 : Les grévistes

Document 1 : Comment et pourquoi faire grève ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : Le droit de grève en question

Un communiqué de presse de la CGT : « Avant de toucher au droit de grève, il faut négocier sur les revendications ! », 20 décembre 2011.

http://www.dailymotion.com/videoxn19qb

Document 3 : La résolution du conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 2 : Les entreprises et les aéroports

Document 1 : Que réclament les salariés aux entreprises ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : La réponse de la Brink’s (société qui emploie des agents de sûreté) au début du conflit

Un article d’Europe 1 : « La Brink’s accuse les syndicats », 18 décembre 2011

Document 3 : L’aéroport de Lyon dans le conflit

Une information donnée par l’Aéroport de Lyon le 17 décembre 2011 sur sa page Facebook

 

Document 4 : Un compromis pour résoudre le conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 3 : Les passagers

Document 1 : Une photographie prise à l’aéroport de Lyon publié dans Le Progrès du 17 décembre 2011

Document 2 : Un dessin de Plantu paru dans le Monde du 18 décembre 2011

Document 3 : Des avis de passagers sur la page Facebook de l’aéroport de Lyon, 17 décembre 2011

GROUPE 4 : L’état

Document 1 : Le droit de grève, un droit inscrit dans la constitution

Un article sur le droit de grève sur le site viepublique.fr

Document 2 : Trois ministres sur le terrain, « la liberté de se déplacer est aussi un droit constitutionnel »

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Document 3 : Une proposition de loi : le service minimum dans les aéroports

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Document 4 : L’avis d’un journaliste sur l’action de l’état

Un article du Monde : « Quand le droit de grève est pris en otage », 23 décembre 2012

[Présidentielles 2012] Les partis politiques en France

Parmi les acteurs de la vie démocratique française, les partis politiques jouent un rôle essentiel. Dans la Constitution française de 1958, le pluralisme politique apparaît comme un pilier de notre république :

« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. (…) La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.« 

Ce respect de la diversité des opinions garantit la liberté d’expression. Les partis permettent d’accéder démocratiquement au pouvoir pour porter leur projet de société. En France, les partis politiques sont suffisamment nombreux pour que chaque idée et chaque choix de société soient représentés. Il arrive qu’un(e) élu(e) ne se réclame d’aucun parti existant. On dit alors qu’il/elle est « sans étiquette ». Mais par commodité, on classe souvent les politiques suivant deux tendances :

  • la gauche
  • la droite

On fait souvent remonter cette opposition droite-gauche à la Révolution française de 1789 mais selon les historiens il faut attendre le début du XX° siècle pour que « la gauche » et « la droite » apparaissent.Il est difficile de définir ces deux courants de pensée sans caricaturer un peu. La gauche serait à la recherche du progrès social et de l’égalité pour tous alors que la droite serait plutôt conservatrice et libérale. C’est un peu ce que disent ces humoristes mais à leur façon…

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Les frontières des idées ne sont pas toujours clairement délimitées et les politiques jouent souvent avec les mots. En 2002, Lionel Jospin (candidat de gauche attendu au second tour de l’élection présidentielle) dit au journal télévisé : « Le projet que je propose n’est pas un projet socialiste. C’est un projet moderne, de rassemblement. » De son côté, Jacques Chirac refuse de se définir comme « un candidat de droite » et dira que « face au conservatisme de gauche, je veux incarner la réforme et le mouvement. » Il existe aussi à l’intérieur de chaque parti des courants de pensée différents. Chez les socialistes, des primaires sont prévues pour choisir le candidat qui représentera le parti à la rose rouge en 2012.

Pour se repérer dans le paysage politique français actuel, cette infographie du Monde datée de 2010 est très utile. La campagne présidentielle de 2012 va évidemment bousculer cet échiquier politique mais les informations restent en grande partie valables.


En 2007, le clivage droite-gauche avait été contesté par le Mouvement Démocrate emmené par François Bayrou. Qualifié de « troisième homme » et crédité de plus de 18% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, il a montré que le centre pouvait rivaliser avec les partis de gouvernement de gauche et de droite. Une ouverture dans laquelle s’engouffrent d’autres centristes comme le montre ce document du Nouvel Observateur.

D’ailleurs, le centriste Jean-Louis Borloo (Parti Radical) a occupé l’espace médiatique aujourd’hui (mardi 31 mai 2011) en déclarant qu’il faut réfléchir avant de se lancer à la conquête de cet Himalaya politique qu’est l’élection présidentielle. Il semblerait bien que son sac et son piolet soient déjà prêts…

http://www.dailymotion.com/videoxj0oku

Source image : PHOTOMONTAGE/20MINUTES.FR/DR