En plein débat sur l’identité nationale, le cours d’Education civique sur “Nation et citoyenneté” prend plus d’épaisseur. Récemment, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a mentionné une chanson dont l’air trotte dans la tête de tous les Français : “La défense de notre modèle culturel et de la Douce France chantée par Charles Trenet, passent par la redéfinition de notre identité nationale“. La référence à ce monument de la chanson française mérite bien une petite explication.
Pour aborder ce thème d’actualité, vous allez écouter et comparer deux versions de ce standard de la chanson française : celle de Charles Trenet et du groupe Carte de séjour.
En 1942, alors que les Allemands occupent le pays, Charles Trenet écrit “Douce France“. A l’époque, il est la nouvelle grande star de la chanson française : il s’intéresse au jazz, se proclame “zazou d’honneur” ce qui déplaît fortement au pouvoir en place. “Douce France” est une véritable déclaration d’amour à la France qui vit alors les moments sombres de son histoire. Plusieurs interprétations de la chanson existent mais pour l’INA “si les censeurs de Vichy font mine de prendre pour un acte d’allégeance à la révolution nationale pétainiste cette apologie du terroir et de ses valeurs ancestrales, la population n’est pas dupe et l’entend à l’inverse aussitôt comme l’hymne de cœur d’une sorte de résistance passive dans laquelle commence alors de s’installer une partie du pays.”
Questions :
1. Relève des paroles montrant que “Douce France” ressemble à une chanson d’amour.
2. Explique “Oui, je t’aime dans la joie et la douleur“
3. A quoi ressemble la France de Charles Trenet ?

L’INA rappelle que “Carte de Séjour, jeune groupe fondé au tournant des années 80 et composé essentiellement de musiciens français issus de ce qu’on appelle alors la « seconde génération » de l’immigration maghrébine, n’est pas totalement inconnu lorsqu’il met à son répertoire en 1986 ce monument de la chanson française. Sa participation en 1983 au grand concert organisé Place de la Bastille en point d’orgue à la « Marche des Beurs » (cette imposante manifestation nationale « pour l’égalité et contre le racisme » faisant suite aux émeutes des Minguettes) en a déjà fait l’un des porte-drapeaux politique et artistique d’une jeunesse issue de l’émigration, et désirant prendre pleinement sa place au sein de la communauté nationale. Mais c’est incontestablement cette version arabisante de Douce France qui va marquer les esprits et servir de tremplin décisif, en pleine montée de l’extrême droite à travers les succès électoraux du Front National, aux revendications des jeunes beurs.“
Ecoute maintenant la version de Carte de séjour en cliquant ici.

4. Quelles sont les influences musicales de cette version de Douce France ?
5. A ton avis, quel message veut faire passer le groupe ?
Résumé de la séance (classe de 3°3)
La version de Douce France interprétée par Charles Trenet évoque avec nostalgie et amour le territoire national (« Je t’ai gardée dans mon cœur », « Oui, je t’aime », …). La France apparaît comme un pays où il fait bon vivre alors qu’en 1942 la France est occupée.
Quand en 1986, Carte de séjour reprend ce titre, les artistes veulent montrer une autre facette de la France : un pays métissé et multiculturel. A cette période, le Front national se développe et les émeutes dans les cités sont très médiatisées.
En 2005, des émeutes ont embrasé certaines banlieues. Certains Français ne se sentent pas citoyens à part entière. Certains ne se sentent pas reconnus mais la violence n’est pas une solution. Il faut s’emparer de ses armes de citoyen : le droit de vote, l’association, l’art, …
Publié le 30 novembre 2009 par Emmanuel GRANGE dans
3ème,
Actualités,
Dans le cartable…,
Education civiqueTags ::
Carte de séjour,
Charles Trenet,
débat sur l'identité nationale,
Douce France,
la p@sserelle