Entre les murs : les 4ème en action

La séquence d’Education civique sur l’exercice des libertés en France se terminera cette semaine avec la correction de l’évaluation. Au cours des séances, vous avez travaillé en groupe, en autonomie, à l’écrit, à l’oral (exposé, débat argumenté) sur deux sujets d’actualité.

Votre capacité à prendre des initiatives, à avancer avec le reste du groupe ou à exposer clairement votre travail/opinion était aussi importante que le contenu des séances. Travailler sur la liberté sans en faire véritablement usage aurait été dommage. Le débat argumenté a permis à chacun de s’exprimer tout en prenant conscience des exigences d’un tel exercice. Au final, chacun a compris que la liberté c’est faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.  Savoir, savoir-faire, savoir-être vont de pair pour s’affirmer comme un citoyen éclairé.

L’actualité fait écho au travail réalisé en classe. Le ministère de l’Education nationale vient de lancer une campagne contre le harcèlement en insistant sur un chiffre : 1 élève sur 10 est victime de harcèlement à l’école. Trois vidéos montrent les ravages de la cyber-intimidation et permettent une sensibilisation efficace.

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Pour illustrer ces deux semaines et demi de travail, voici quelques photos prises avec les 4°2 et 4°4. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler ainsi et je pense que vous aussi. Vous trouverez également le lien vers Youtube pour (ré)écouter le débat des 4°2 sur Facebook.

Pour terminer, j’ai scanné 3 copies d’élèves (Clara, Sofia, Jean-Baptiste) qui répondent aux questions : « Qu’as-tu retenu du débat « Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ? ». Quelle est ton opinion sur le sujet ?« . Elles nous permettront de voir comment bien argumenter (le fond et la forme).

Le débat argumenté des 4°2

Douce France, « les façons d’être français »

En 2009, le débat sur l’identité nationale avait provoqué une polémique. Face à cette initiative du gouvernement français, l’historien Pap NDiaye avait fait part de ses craintes : « Il y a tellement de façons d’être français qu’il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu’est être français. » A cette époque, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, évoquait une chanson dont l’air trotte encore dans la tête de nombreux Français : « La défense de notre modèle culturel et de la Douce France chantée par Charles Trenet, passent par la redéfinition de notre identité nationale« . La référence à ce monument de la chanson française mérite bien une petite explication.

Pour aborder ce thème, vous allez écouter et comparer deux versions de ce standard de la chanson française : celle de Charles Trenet et du groupe Carte de séjour.

Document3

En 1942, alors que les Allemands occupent le pays, Charles Trenet écrit « Douce France« . A l’époque, il est la nouvelle grande star de la chanson française : il s’intéresse au jazz, se proclame « zazou d’honneur » ce qui déplaît fortement au pouvoir en place. « Douce France » est une véritable déclaration d’amour à la France qui vit alors les moments sombres de son histoire. Plusieurs interprétations de la chanson existent mais pour l’INA « si les censeurs de Vichy font mine de prendre pour un acte d’allégeance à la révolution nationale pétainiste cette apologie du terroir et de ses valeurs ancestrales, la population n’est pas dupe et l’entend à l’inverse aussitôt comme l’hymne de cœur d’une sorte de résistance passive dans laquelle commence alors de s’installer une partie du pays. »

http://www.dailymotion.com/videox4yrv6

 

Questions :

1. Relève des paroles montrant que « Douce France » ressemble à une chanson d’amour.

2. Explique « Oui, je t’aime dans la joie et la douleur« 

3. A quoi ressemble la France de Charles Trenet ?


Document3 - copie

L’INA rappelle que « Carte de Séjour, jeune groupe fondé au tournant des années 80 et composé essentiellement de musiciens français issus de ce qu’on appelle alors la « seconde génération » de l’immigration maghrébine, n’est pas totalement inconnu lorsqu’il met à son répertoire en 1986 ce monument de la chanson française. Sa participation en 1983 au grand concert organisé Place de la Bastille en point d’orgue à la « Marche des Beurs » (cette imposante manifestation nationale « pour l’égalité et contre le racisme » faisant suite aux émeutes des Minguettes) en a déjà fait l’un des porte-drapeaux politique et artistique d’une jeunesse issue de l’émigration, et désirant prendre pleinement sa place au sein de la communauté nationale. Mais c’est incontestablement cette version arabisante de Douce France qui va marquer les esprits et servir de tremplin décisif, en pleine montée de l’extrême droite à travers les succès électoraux du Front National, aux revendications des jeunes beurs.« 

Ecoute maintenant la version de Carte de séjour en cliquant ici.


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4. Quelles sont les influences musicales de cette version de Douce France ?

5. A ton avis, quel message veut faire passer le groupe ?


Résumé de la séance élaboré en classe

La version de Douce France interprétée par Charles Trenet évoque avec nostalgie et amour le territoire national (« Je t’ai gardée dans mon cœur », « Oui, je t’aime », …). La France apparaît comme un pays où il fait bon vivre alors qu’en 1942 la France est occupée.

Quand en 1986, Carte de séjour reprend ce titre, les artistes veulent montrer une autre facette de la France : un pays métissé et multiculturel. A cette période, le Front national se développe et les émeutes dans les cités sont très médiatisées.

En 2005, des émeutes ont embrasé certaines banlieues. Certains Français ne se sentent pas citoyens à part entière. Certains ne se sentent pas reconnus mais la violence n’est pas une solution. Il faut s’emparer de ses armes de citoyen : le droit de vote, l’association, l’art, …

Source image

Plantu, entre deux chaises, 1985, Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Débat argumenté : Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ?

En quelques années, Facebook a conquis l’Hexagone. En 2011, 25 millions d’utilisateurs français disposaient d’un profil sur le réseau social crée par Mark Zuckerberg. Encensé ou critiqué, Facebook ne laisse pas indifférent et soulève régulièrement des débats dans notre société.

OBJECTIFS :

  • Travailler en groupe et en autonomie
  • Formuler son opinion par écrit et à l’oral
  • Participer à un débat argumenté ayant pour thème : Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ?
  • Construire son identité numérique

GROUPES 1 et 2 : Facebook, un espace de libre expression

DOCUMENT 1 : Un article de Libération et deux dessins de presse expliquant le rôle des réseaux sociaux lors du printemps arabe.

DOCUMENT 2 : Des jeunes s’expriment librement

Une capture d’écran de la page « La dernière lettre » où une jeune internaute met régulièrement en ligne un chapitre de son livre.

DOCUMENT 3 : Facebook et les limites de la liberté d’expression

Un article du journal Le Monde, Facebook coopère avec la justice pour identifier un néonazi, le 30 décembre 2011.

DOCUMENT 4 : Qu’est-ce qu’on peut pas écrire ou dire sur Facebook ?

Une capture d’écran du site Facebook sur les abus et les infractions aux règlements

GROUPES 3 et 4 : Facebook, un réseau social en questions

DOCUMENT 1 : Qui dois-je accepter comme ami sur Facebook ? 

Un article de la p@sserelle, « Qui doit entrer dans la toile de mon réseau ? », 15 novembre 2012

DOCUMENT 2 : La cyber-intimidation : quelles solutions ?

Un article de France soir, Harcèlement sur Facebook : « nous avons été traumatisées », 6 mai 2011

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DOCUMENT 3 : Facebook, espace de vie privée ou publique ?

Un article du Monde, « Pourra t-on bientôt insulter son patron sur Facebook ? »,10 janvier 2012

http://www.dailymotion.com/videoxfozh2

DOCUMENT 4 : La relation profs-élèves sur Facebook

Deux avis d’enseignants sur la question publiés dans le journal Libération du 7 février 2011

D’autres pistes à creuser

Source images

La grève dans les aéroports : quand deux libertés s’affrontent

Comme nous l’avons vu en cours, la république française garantit des libertés individuelles (ex : se déplacer) et des libertés collectives (ex : faire grève). Mais il arrive qu’à un moment donné des libertés ne soient pas compatibles entre elles et que des conflits apparaissent. C’est ce qui est arrivé au cours du mois de décembre 2011 dans certains aéroports français où une grève des agents de sûreté a provoqué l’annulation de certains vols.

Droit de grève contre liberté de se déplacer : quand deux libertés s’affrontent, comment faire pour que l’intérêt général l’emporte ?

OBJECTIFS de la séance :

  • Travailler en groupe et en autonomie
  • Rédiger un résumé
  • Exposer ce résumé à l’oral
  • Prendre en compte le point de vue de chaque acteur du conflit pour se forger une opinion

Consigne : La classe est divisée en 4 groupes afin d’étudier le rôle et les réactions des 4 acteurs de ce conflit social :

  • les grévistes,
  • les entreprises,
  • les passagers,
  • l’état.

Chaque groupe travaille sur un dossier documentaire afin de rédiger un texte expliquant la position de chaque acteur dans le conflit. Il faudra ensuite le présenter à l’oral.

Suite à ce travail, nous mettrons en parallèle deux articles de lois car l’exercice des libertés est inséparable du droit.

* L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dit :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

* L’article 13 de la Déclaration Universelles des Droits de l’Homme de 1948 dit :

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état.« 

 

GROUPE 1 : Les grévistes

Document 1 : Comment et pourquoi faire grève ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : Le droit de grève en question

Un communiqué de presse de la CGT : « Avant de toucher au droit de grève, il faut négocier sur les revendications ! », 20 décembre 2011.

http://www.dailymotion.com/videoxn19qb

Document 3 : La résolution du conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 2 : Les entreprises et les aéroports

Document 1 : Que réclament les salariés aux entreprises ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : La réponse de la Brink’s (société qui emploie des agents de sûreté) au début du conflit

Un article d’Europe 1 : « La Brink’s accuse les syndicats », 18 décembre 2011

Document 3 : L’aéroport de Lyon dans le conflit

Une information donnée par l’Aéroport de Lyon le 17 décembre 2011 sur sa page Facebook

 

Document 4 : Un compromis pour résoudre le conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 3 : Les passagers

Document 1 : Une photographie prise à l’aéroport de Lyon publié dans Le Progrès du 17 décembre 2011

Document 2 : Un dessin de Plantu paru dans le Monde du 18 décembre 2011

Document 3 : Des avis de passagers sur la page Facebook de l’aéroport de Lyon, 17 décembre 2011

GROUPE 4 : L’état

Document 1 : Le droit de grève, un droit inscrit dans la constitution

Un article sur le droit de grève sur le site viepublique.fr

Document 2 : Trois ministres sur le terrain, « la liberté de se déplacer est aussi un droit constitutionnel »

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Document 3 : Une proposition de loi : le service minimum dans les aéroports

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Document 4 : L’avis d’un journaliste sur l’action de l’état

Un article du Monde : « Quand le droit de grève est pris en otage », 23 décembre 2012

[Présidentielles 2012] Les partis politiques en France

Parmi les acteurs de la vie démocratique française, les partis politiques jouent un rôle essentiel. Dans la Constitution française de 1958, le pluralisme politique apparaît comme un pilier de notre république :

« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. (…) La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.« 

Ce respect de la diversité des opinions garantit la liberté d’expression. Les partis permettent d’accéder démocratiquement au pouvoir pour porter leur projet de société. En France, les partis politiques sont suffisamment nombreux pour que chaque idée et chaque choix de société soient représentés. Il arrive qu’un(e) élu(e) ne se réclame d’aucun parti existant. On dit alors qu’il/elle est « sans étiquette ». Mais par commodité, on classe souvent les politiques suivant deux tendances :

  • la gauche
  • la droite

On fait souvent remonter cette opposition droite-gauche à la Révolution française de 1789 mais selon les historiens il faut attendre le début du XX° siècle pour que « la gauche » et « la droite » apparaissent.Il est difficile de définir ces deux courants de pensée sans caricaturer un peu. La gauche serait à la recherche du progrès social et de l’égalité pour tous alors que la droite serait plutôt conservatrice et libérale. C’est un peu ce que disent ces humoristes mais à leur façon…

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Les frontières des idées ne sont pas toujours clairement délimitées et les politiques jouent souvent avec les mots. En 2002, Lionel Jospin (candidat de gauche attendu au second tour de l’élection présidentielle) dit au journal télévisé : « Le projet que je propose n’est pas un projet socialiste. C’est un projet moderne, de rassemblement. » De son côté, Jacques Chirac refuse de se définir comme « un candidat de droite » et dira que « face au conservatisme de gauche, je veux incarner la réforme et le mouvement. » Il existe aussi à l’intérieur de chaque parti des courants de pensée différents. Chez les socialistes, des primaires sont prévues pour choisir le candidat qui représentera le parti à la rose rouge en 2012.

Pour se repérer dans le paysage politique français actuel, cette infographie du Monde datée de 2010 est très utile. La campagne présidentielle de 2012 va évidemment bousculer cet échiquier politique mais les informations restent en grande partie valables.


En 2007, le clivage droite-gauche avait été contesté par le Mouvement Démocrate emmené par François Bayrou. Qualifié de « troisième homme » et crédité de plus de 18% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, il a montré que le centre pouvait rivaliser avec les partis de gouvernement de gauche et de droite. Une ouverture dans laquelle s’engouffrent d’autres centristes comme le montre ce document du Nouvel Observateur.

D’ailleurs, le centriste Jean-Louis Borloo (Parti Radical) a occupé l’espace médiatique aujourd’hui (mardi 31 mai 2011) en déclarant qu’il faut réfléchir avant de se lancer à la conquête de cet Himalaya politique qu’est l’élection présidentielle. Il semblerait bien que son sac et son piolet soient déjà prêts…

http://www.dailymotion.com/videoxj0oku

Source image : PHOTOMONTAGE/20MINUTES.FR/DR

Tunisie : le combat pour la liberté


"Liberté !". La Tunisie en route pour la démocratie (dessin de Sondron, 17.01.11)


Depuis vendredi 14 janvier, le combat pour la liberté mené par le peuple tunisien fait les gros titres des médias français et internationaux. Ce soulèvement populaire contre le régime du président Ben Ali est historique. D’abord, parce que la révolte s’est transformée en révolution, chose rare dans le monde arabe. Elle est appelée « révolution du jasmin » car cette fleur blanche et parfumée symbolise la Tunisie, « la pureté, la douceur de vivre et la tolérance« . C’est aussi une révolution numérique : l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux (Facebook, Twitter) a joué un rôle essentiel pour amplifier la révolte et mener les Tunisiens sur le chemin de la démocratie.

L’étude de « la révolution du jasmin » en Tunisie présente plusieurs intérêts pour l’étude du chapitre d’Education civique « Etre libre ». Vendredi, vous travaillerez à l’aide de cet article et d’une fiche pour atteindre les objectifs suivants.

Objectifs de la séance :

  • Comprendre le combat pour la liberté mené en Tunisie
  • Repérer les symboles de la lutte et de la liberté
  • Croiser des documents de nature différente
  • Rédiger un texte/réaliser un dessin sur le combat mené par les Tunisiens




1. Un article « d’1 jour, 1 actu » résume simplement les raisons et les revendications de la révolte tunisienne

« Après un mois de révolte, les jeunes Tunisiens ont obtenu le départ du président Ben Ali. Ce dernier a quitté le pouvoir après vingt-trois ans passés à la tête du pays, et s’est enfui de Tunisie vendredi dernier avec toute sa famille.

À l’origine de cette révolte tunisienne : le suicide d’un jeune de 26 ans, qui vendait des fruits et légumes pour survivre. Mais en décembre 2010, la police a détruit son stand, le privant ainsi de travail et donc d’argent. De nombreux Tunisiens se sont reconnus en lui. En Tunisie, un jeune sur trois est au chômage, malgré les diplômes obtenus. La population doit en plus faire face à un autre problème : la vie coûte de plus en plus cher et les gens n’ont pas les moyens de s’acheter les produits de base, comme le pain et la farine.

Ils réclament de meilleures conditions de vie. Pour cela ils veulent du travail et la baisse du prix des aliments. Ils souhaitent aussi pouvoir s’exprimer librement, ce qui n’était pas le cas quand Ben Ali était au pouvoir. D’autres pays d’Afrique, comme l’Algérie par exemple, prennent exemple sur la Tunisie et commencent eux aussi à se révolter contre la vie chère et leurs mauvaises conditions de vie.« 

2. Deux dessins de presse, deux raisons de se révolter


1987-2011 : Ben Ali est resté plus de 23 ans à la tête de la Tunisie. En 2009, il est élu pour la 5ème fois consécutive avec 89,6% des voix. (dessin de Hic, 2009)

 

Les émeutes de la faim en Tunisie (dessin de Haddad, 2011)


3. Les moyens de se faire entendre

- La manifestation

 


La Une du journal Libération du samedi 15 janvier 2011


- La musique

Un article du Monde intitulé « Le rap est le porte-parole de la jeunesse tunisienne«  montre le rôle et l’impact de la musique sur le mouvement tunisien. « Style musical populaire chez les jeunes et largement implanté dans le pays, le rap est par essence contestataire, (…). Diffusée sur les réseaux sociaux comme Facebook, cette musique se partage rapidement et parvient à contourner les canaux de la parole officielle. (…) Jeudi 6 janvier, Hamada Ben Amor, 22 ans, est arrêté puis relâché trois jours après. Dans un clip diffusé sur Internet, il interpellait le chef de l’Etat Ben Ali : « Président, ton peuple est mort.« 

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- Internet et les réseaux sociaux

Un récent article de Libération explique que les réseaux sociaux ont été une pièce maîtresse de la révolution tunisienne. Extraits :

« Plus que Twitter, c’est sur Facebook que s’est faite la cyberrévolution. Ce réseau est utilisé par 1,5 à 2 millions de Tunisiens soit un habitant sur cinq. «Twitter sert exclusivement pour diffuser des informations en temps réel, des chiffres, alors que Facebook permet surtout de partager des photos et des vidéos» (…). Et si le régime a bien tenté une censure par piratage et fermeture de comptes, Facebook restait difficile à museler complètement. (…) «C’est grâce aux gens qui sont descendus dans la rue, dans tout le pays, qui ont pris des vidéos, les ont postées sur leur compte Facebook, que nous avons pu relayer l’information. Ce sont eux les véritables soldats sur le front», souligne un informaticien de métier, âgé de 34 ans. (…) «Comme les journalistes étaient empêchés de faire leur travail, ce sont les citoyens qui sont devenus journalistes et qui ont couvert l’événement», analyse Selim Ben Hassen. «Il y avait un besoin très fort d’informations. »

Autre exemple : le mot d’ordre « Dégage », que l’on retrouve en Une de Libération, est passé d’Internet à la rue.

4. Une révolution contagieuse ?

 

Dessin de Hic paru dans El Watan (01.2011)

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5. Quelques symboles de la révolte tunisienne

Les "Marianne tunisiennes" (Une du journal L'Humanité du 17 janvier)

Twitter, les gazouillis de la révolution

Informations, vidéos, flash-mobs ont été diffusés sur le réseau social Facebook

Le poing levé et le rouge de la révolution tunisienne


Sources :


De l’abstention à l’action : aux urnes citoyens !

« Voter, ce n’est pas précisément un des droits de l’Homme : on vivrait très bien sans voter, si l’on avait la sûreté, l’égalité, la liberté. Le vote n’est qu’un moyen de conserver tous ces biens. (…) Quand je vote, je n’exerce pas un droit, je défends tous mes droits. Il ne s’agit donc pas de savoir si mon vote est perdu ou non, mais bien de savoir si le résultat cherché est atteint, c’est-à-dire si les pouvoirs sont contrôlés, blâmés et enfin détrônés dès qu’ils méconnaissent les droits des citoyens. »

Alain (Emile Chartier), 1926


carte électeur français

La carte de l’électeur français est un condensé de citoyenneté. Elle porte les symboles de notre république (la devise, le drapeau, Marianne) et la phrase : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ». Cette formule a pourtant la vie dure. Aux dernières élections européennes, 60% des inscrits n’ont pas voté. Cette année, il y a eu presque autant d’abstentionnistes que de votants pour les régionales.  A se demander si Marianne porte un bonnet phrygien ou un bonnet d’âne…

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Comme le montre ce graphique, de plus en plus de Français(es) renoncent à s’exprimer avec leur bulletin de vote. On voit bien que certaines élections mobilisent moins que d’autres. Selon des sondages, la désillusion peut en partie expliquer l’abstentionnisme (les politiques ne tiennent pas leurs promesses et n’ont pas de réponse face à la crise). Mais il est trop facile de faire des politiques les seuls responsables de cette crise de la citoyenneté. Chaque voix compte et chaque Français peut agir et faire changer les choses. Certains l’ont compris à 20H, le 21 avril 2002, après le premier tour des élections présidentielles.


Le 21 avril 2002, un tsunami politique

Le 21 avril 2002 est un « tsunami politique » en France. Pour le comprendre, clique ici pour regarder cette vidéo.

tsunami politique

2002-2007 : de l’abstention à l’action

L’étude comparative de deux chansons du groupe No one is innocent permet d’aborder le paysage politique français de la décennie 2000 (candidats, partis) et l’importance du vote dans notre démocratie. Le questionnement se fera prochainement dans un cours mêlant Education civique et Histoire.


L’impact du 21 avril 2002 est grand et une prise de conscience s’opère chez certains abstentionnistes. En 2004, le groupe No one is innocent revient sur ce « scrutin d’avril » avec le titre « Où étions-nous ? ». A la plage, à la pêche mais pas aux urnes… Pendant ce temps, l’avenir du pays se joue.

« Ou étions nous ce jour, nous les langues si fertiles
Perdu dans le message de ce scrutin d’Avril
Quelle est triste la rosé, minée de l’intérieur
Et quand la flamme est trop vive, elle consume la fleur
A l’arrivée, c’est le grand ballottage
Ni toi, ni moi n’avons cru autant dans le naufrage
Canadair, canadairs arrosés.
Ni même le sondage n’avais prévu l’orage.
« 

http://www.dailymotion.com/videox2lbgq

« Tirer les leçons du 21 avril » est une expression devenue courante dans le monde politico-médiatique. No one is innocent le fait en chanson avec son titre « La peur » sorti en 2007 sur l’album « Gazoline ». D’une élection présidentielle à une autre,  de l’abstention à l’action. Ne pas voter, c’est laisser les autres choisir à sa place. Voter, c’est choisir le meilleur candidat… ou le moins pire.

« Ca va être dur, tu crois,
Entre untel ou celui-là,
Mais encore plus que le choix, on a surtout l’embarras.

On avance, on avance
Sans savoir où l’on va,
Par dépit, faut choisir pour contourner le pire. (…)

Ca va être dur mais je sais déjà, ceux qui n’auront pas ma voix« 

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Les leçons du 21 avril retenues, la mobilisation a été plus forte pour les élections présidentielles de 2007 : plus de 83% des Français ont voté. Trois ans après, le réveil démocratique est-il déjà tombé en panne ?

Sources :

« America’s army » : le danger de la réalité virtuelle

Depuis le milieu de la décennie 1990, les jeux vidéos font partie intégrante du paysage culturel des adolescents et des jeunes adultes. Dans la continuité de la séance « Traiter l’information en temps de guerre », nous allons parler du jeu vidéo America’s Army, le jeu officiel de l’armée américaine.

« Sorti le 4 juillet 2002, il fait du joueur un soldat américain. L’armée affiche clairement ses intentions, expliquant que ce jeu a pour vocation d’attirer le plus grand nombre de jeunes vers une carrière militaire. De fait, pour jouer, il faut s’inscrire sur le site de l’armée. Plus d’un million de personnes l’auraient déjà fait, dont environ 600 000 auraient terminé les missions d’entraînement[1]. »


America's army

Quel danger représente le passage du monde virtuel au réel ?

Notions : réel / réalité virtuelle / esprit critique

Des images du jeu

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Le jeu officiel de l’armée américaine

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« Les vrais héros » américains

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Source : Stéphane Pilet, Le jeu vidéo comme arme de propagande, article paru dans Le Monde Diplomatique, septembre 2003, http://www.monde-diplomatique.fr/

Images : Captures d’écran du site America’s army

Ouvrons l’œil : Le traitement de l’information en temps de guerre

Dans le cadre du chapitre sur « Les enjeux de l’information » (Education civique / 4ème), nous avons présenté les médias, insisté sur la déontologie des journalistes et le pluralisme. Pour évoquer les notions de désinformation, de censure et de mise en scène de l’information, j’ai sélectionné deux médias originaux et inattendus : une chanson et une pochette d’album.

Objectifs :

  • Etudier une œuvre artistique pour comprendre le traitement de l’information en temps de guerre
  • Comprendre une guerre à travers deux angles de vue différents (objectif leçon)
  • Comprendre que la Guerre du Golfe de 1990-1991 marque un tournant pour le journalisme

Notions : média / désinformation / « guerre spectacle » / « guerre propre » / « frappe chirurgicale » / manipulation par l’image

LE DOCUMENT : Revolution.com est un album de No one is innocent, un groupe de rock français engagé. Il est sorti en 2004.

  1. Ecoute de la chanson « Us festival« 
  2. Travail sur la pochette
  3. Le fond vert amène au traitement médiatique lors de la guerre du Golfe de 1991 : les « pool », censure et désinformation, « guerre spectacle », mise en scène de l’information, manipulation par l’image).
  4. SEANCE SUIVANTE : Réflexion sur le jeu vidéo America’s army (notions de réel et de réalité virtuelle) à l’aide d’images et d’un article sur le « jeu vidéo comme arme de propagande » (autre article à venir)

US festival, No one is innocent (2004)

Des GI’s à l’affiche, c’est la tournée mondiale En vedette américaine dans tous les festivals Voici les stars, s’invitent à domicile Attention au départ, elles ont la détente facile.

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Y’a des dollars à se faire dans l’Humanitaire Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver Les cartouches ont bonne mine mais elles gardent la foi Un coup d’éclat et puis s’en va Kaboul, Santiago et Panama.

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Avaler la pilule, la frappe est chirurgicale Sans anesthésie générale ni même locale, mon Général ! C’est juste préventif, ça ne peut pas faire de mal Toujours le même remède au chevet du malade. Kaboul, Santiago et puis Bagdad

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Le fond vert et l’incrustation d’images

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Une guerre spectacle qui éloigne les téléspectateurs d’une vraie analyse

http://www.dailymotion.com/videox8ap6l

La vidéo de l’INA visionnée lors de l’IDD où un journaliste français raconte comment les médias ont été manipulés (clique sur la phrase)

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Source image : Photographie de Laurent Serroussi, Revolution.com, No One is innocent (2004)

Webographie :

Préparer le cours : traiter l’information en temps de guerre

Cette semaine, nous allons décrypter la façon dont a été traitée l’information durant une guerre. Grâce à cette vidéo des Dessous des cartes, tu vas pouvoir deviner de quelle guerre il s’agit et quels pays s’affrontent… Ce travail est une façon d’avoir des munitions pour bien aborder le cours.


CONSIGNE : Regarde la vidéo jusqu’à la 4ème minute. Pour t’aider à trouver, voici quelques indices …

  • ce pays est l’un des 6 états qui était en guerre lors de la décennie 1990 et l’était toujours 10 ans plus tard.
  • cette guerre a lieu après les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre en Afghanistan.
  • en 2003, la première puissance mondiale lui déclare la guerre

http://www.dailymotion.com/videox1q2fc


Tu as trouvé ? Ecris sur ton cahier le nom de cette guerre et l’année où elle commence.


Tu sais maintenant de quelle guerre nous allons parler. Mais sais-tu pourquoi cette guerre a eu lieu ? Pour être à l’aise lundi , cherche les raisons de cette guerre en allant sur ce lien (clique sur la phrase précédente)… Tiens, tiens, il semblerait bien que tout le monde n’ait pas dit la même chose…