Archive for Histoire des arts

Wall Art #5 : Ella & Pitr à Waldeck !

Accueillir Ella&Pitr au collège Waldeck-Rousseau : pour tous, c’était le moment fort et attendu du projet Wall Art. En invitant des street artistes au collège, nous voulions donner corps au projet et vous faire découvrir l’envers du décor. Derrière les collages qu’essaiment Ella&Pitr, il y a une démarche artistique faite de talent et de beaucoup de générosité. Les deux complices n’habillent pas les murs par hasard et leur fantaisie offre aux habitants un autre regard sur la ville et notre quotidien.  

Avec les pinceaux en main, vous êtes passés à l’action et deux cadres ont vu le jour. L’encre sèche dans la salle de M. Valette, on s’occupera des cadres à la rentrée (et pourquoi ne pas aller en coller un en ville ?)  Côté profs, on s’est bien régalé et vu vos mines réjouies sur les photos, je pense qu’il en est de même pour vous. 

E&P, un grand merci et à bientôt !

 

 

+ d’infos

 

Histoire des arts : La chasse à l’enfant, Jacques Prévert (1934)

Thème du programme d’éducation civique de la classe de 4ème, la justice des mineurs suscite depuis longtemps le débat. Comment remettre dans le droit chemin des jeunes qui commettent des infractions ? Entre les mesures éducatives et répressives, où faut-il placer le curseur. En 2011, des professionnels de la justice des enfants critiquaient vivement le gouvernement dans une tribune intitulée “C’est la justice des enfants qu’on assassine”. Ils contestaient surtout deux mesures : la création d’un tribunal correctionnel pour mineurs récidivistes de plus de 16 ans et la possibilité de placement en centre éducatif fermé (CEF) dès la première infraction des mineurs de 13 ans.

En 1934, l’affaire de Belle-Île-en-mer échauffe les esprits en France et inspire au poète Jacques Prévert  La chasse à l’enfant. “Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !”, c’est par ces mots que débute cette chanson et notre étude sur la justice pénale des mineurs et son évolution dans le temps.

 

OBJECTIFS de la séance

  • Aborder la justice des mineurs à travers une chanson écrite par Jacques Prévert
  • Comprendre l’évolution de la justice des mineurs du XIX°s à aujourd’hui

Cliquez ici pour écouter “La chasse à l’enfant” de Jacques Prévert et Joseph Kosma (1934)

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Les paroles de “La chasse à l’enfant”

Livre

Belle-Île-en-mer, 1934 : les faits
“C’est à un évènement qui se produit à Belle-Île-en-mer dans l’été 1934 que se rapporte cette chanson. A l’époque, les prisons pour enfants, bagnes pour mineurs et autres maisons de correction ou de redressement sont monnaies courantes en France. Pour un délit, un conflit avec les parents, avec une famille d’accueil pour les enfants de l’assistance publique, la justice et l’état n’hésitaient pas à envoyer des mineures, parfois très jeunes dans des centres qui tenaient plus de la prison que de la « rééducation. Ces centres sont souvent des zones de non droit, de brimades et d’humiliation que l’on aurait de la peine à imaginer aujourd’hui.”
“En août 1934, une révolte éclate sur l’île. Un des enfants, avant de manger sa soupe dans le silence absolu, a ce jour-là osé mordre dans un morceau de fromage. Les surveillants l’ont alors rosé de coups. A la suite de ces mauvais traitements administrés à leur camarade, une émeute éclate au sein de l’institution de Belle-Île-en-Mer, qui provoque l’évasion massive de 55 pupilles. Ce fait divers est suivi d’une campagne de presse très virulente, et va inspirer des intellectuels comme Jacques Prévert, qui écrit son célèbre poème “La Chasse à l’enfant”. Il y dénonce la “battue” organisée sur l’île, avec prime de 20 francs offerte aux touristes et aux habitants de Belle-île, pour chaque garçon capturé.”
  • 1810 :Dans le Code pénal (articles 66 et 67) apparaît la catégorie des mineurs de justice
  • 1850 : Loi sur «l’éducation et le patronage des jeunes détenus». Le système des colonies pénitentiaires privées devient le modèle de prise en charge des mineurs de justice. Dans le langage courant, on parle  de «maisons de correction» ou de «maisons de redressement». Elles sont situées à la campagne car on veut «sauver le colon par la terre, et la terre par le colon». Ce type d’établissement sera un modèle pour toute l’Europe pendant près de cent ans.
  • 1880 : Ouverture de la colonie pénitentiaire publique de Belle-Ile en Mer à vocation agricole et maritime.
  • 1906 : La majorité pénale passe de 16 à 18 ans : les jeunes sont consi- dérés comme des mineurs pénaux jusqu’à 18 ans. La majorité civile est elle à 21 ans.
  • 1934 : Révolte des colons de Belle-Ile en Mer qui sera suivie par une des plus importantes campagne de presse contre les «bagnes d’enfants».
  • 2 février 1945 : Ordonnance relative à l’enfance délinquante. Elle est devenue la référence en matière de justice des mineurs. Elle insiste sur la primauté de l’éducatif sur le répressif et permet la création des Tribunaux pour enfants sur tout le territoire ainsi que la fonction de Juges des enfants.

La justice des mineurs et ses évolutions

http://www.dailymotion.com/videoxp3p9y
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Histoire des arts : Education for death (1943), un dessin animé de Disney

Pour étudier le régime totalitaire soviétique, nous avons embarqué avec « Tintin au pays des soviets ». En 1930, cette bande dessinée de Hergé est publiée en Belgique. Tintin, reporter du Petit Vingtième, part enquêter en Russie soviétique pour informer « ses lecteurs de ce qui se passe à l’étranger ». L’enquête de Tintin et les documents du manuel nous a permis de caractériser le régime totalitaire soviétique.

Dans l’URSS de Staline, la jeunesse est embrigadée comme le montre l’histoire du jeune Pavel Morozov. En Allemagne aussi, la société et les enfants sont sous le contrôle du parti au pouvoir. Dans un dessin animé de 1943, les studios américains Disney racontent l’embrigadement de la jeunesse allemande à travers l’éducation du jeune Hans. Ce cartoon, qui s’intitule Education for death, va nous servir d’introduction pour l’étude du régime totalitaire nazi. Si certains passages doivent être nuancés, Education for death montre bien que le contrôle de la population se met en place dès le plus jeune âge.

CONSIGNES

  • 1. Regarde le dessin animé
  • 2. Réponds aux questions du quiz

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Education for death, un dessin animé de Walt Disney (1943)

Coche la ou les bonne(s) réponse(s) et lis attentivement les informations données après avoir répondu ! Départ Félicitation – vous avez complété Education for death, un dessin animé de Walt Disney (1943). Vous avez obtenu %%SCORE%% sur %%TOTAL%%. Votre performance a été évaluée à %%RATING%%
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Une question se pose : comment l’Allemagne en est arrivée là ? Pour le savoir, suis les consignes ci-dessous. Bon travail !

  1. Réponds aux questions 1 à 5 p 77
  2. Raconte et explique la mise en place du pouvoir nazi en écrivant un article ou en dessinant une planche de bande-dessinée.

1938. Tu es reporter à La passerelle, un journal d’investigation français. A l’image de Tintin, enquête sur la mise en place du nazisme en Allemagne et révèle la vérité sur ce régime totalitaire.

 

Pour aller + loin

Histoire des arts : le dessin animé de propagande

Dès que l’on évoque le dessin animé, nos regards se portent presque immédiatement de l’autre côté de l’Atlantique. Pourtant, Walt Disney n’a que 7 ans lorsque le cartoon fait son apparition. C’est en 1908 que le Français Emile Courtet (dit Emile Cohl) invente le dessin animé cinématographique en peignant sur des cartons transparents des personnages qui se déplacent sur des fonds de décor.

 

Cet artiste complet âgé de 51 ans met ses talents de caricaturiste au service du cinéma d’animation et marche ainsi dans les pas de George Méliès, “l’inventeur du spectacle cinématographique” en 1896. Fantasmagorie, son premier dessin animé projeté à Paris, est un petit bijou de candeur et de poésie. En France, le cinéma d’animation prendra son essor avec des dessinateurs attirés par le 7ème art comme Paul Grimault.

 

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Le cinéma d’animation est utilisé à des fins publicitaires, pédagogique et pour mettre en mouvement les bandes dessinées comme Les aventures des Pieds Nickelés (1917). Durant la Première Guerre mondiale, il est utilisé à des fins de propagande. En 1918, l’Américain Winsor McKay réalise The Sinking of the Lusitania. Le Lusitania est le paquebot britannique torpillé par les Allemands en 1915 qui fut une des causes de l’entrée en guerre des États-Unis aux cotés de la Triple Entente.

 

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Comme le note Sébastien Roffat, auteur d’un livre de référence (“Animation et propagande : les dessins animés pendant la Seconde Guerre mondiale”, L’Harmattan, 2005), The Sinking of the Lusitania est bien un film de propagande :

 

Pour renforcer la cruauté allemande, la dernière image est celle d’une mère qui maintient son enfant à la surface avant de couler tous les deux. Le texte de conclusion déclame : ‘L’homme qui a déclenché le tir a été décoré pour cela par le Kaiser ! Et ils nous disent qu’il ne faut pas haïr le Boche !‘”.

 

Le dessin animé, une arme psychologique

 

La guerre joue un rôle décisif dans le développement du dessin animé de propagande. En 1934, Goebbels, ministre de la Propagande et de la culture populaire de l’Allemagne nazie,  estime que le cinéma est « l’un des moyens de manipulation des masses les plus modernes» et il veut rivaliser avec la force de frappe des studios américains. En Allemagne, Mickey et les dessins animés Disney ont la cote. Même si la montée du nazisme et de ses principes sont parfois la cible des productions américaines, il semblerait qu’Hitler et Goebbels affectionnaient particulièrement les cartoons américains.

 

 

Entre 1939 et 1945, les Etats-Unis produisent à Hollywood 125 cartoons par an. En 1943, 65% des dessins animés font référence à la guerre. L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) marque un tournant dans l’utilisation faite par les Américains de cette arme psychologique qu’est le cinéma. Le gouvernement encourage les studios hollywoodiens à participer à l’effort de guerre et à mobiliser l’arrière. Le dessin animé fait vibrer la fibre patriotique et contribue à forger une représentation du bien et du mal dont le message politique est aisément assimilable.

 

 

Dans “The Thrifty Pig”, le Grand Méchant Loup porte l’uniforme nazi. Il en est de même dans le pastiche des Trois petits de cochons réalisé par Tex Avery (Bliz Wolf, 1942) où le loup est directement associé à Hitler. C’est sous l’apparence d’un canard qu’Hitler est représenté dans “The Ducktators”. A peine sorti de l’œuf, ce canard déjà fanatique s’exclame “Heil !”. L’endoctrinement des jeunes allemands est dénoncé avec force et dramaturgie dans “Education for Death” (1943).

 

 

Au vu de la richesse et de la diversité de ces réalisations, la Seconde Guerre mondiale constitue un âge d’or pour le cinéma d’animation. Instrument au service du politique et du militaire, le dessin animé a eu un impact tout relatif durant ce conflit. Comme le note Sébastien Roffat “les dessins animés ne peuvent intégrer l’actualité immédiate et ils n’ont été que très peu projetés”. Reste que ce programme de persuasion par l’image est exceptionnellement riche pour comprendre cette période de l’Histoire. Le dessin animé a permis de caricaturer ou ridiculiser l’ennemi tout en alertant les civils sur la nécessité de se mobiliser. Une arme psychologique dans une guerre intégrale où l’art est convié à faire sa part du travail.

 

 

Dans cette playlist Youtube, j’ai sélectionné plusieurs dessins animés sur la Deuxième Guerre mondiale. Cette source de documents est particulièrement intéressante à exploiter avec les élèves dans le cadre de l’Histoire des arts en 3ème.

 

 

Aller plus loin :

 

 

Ressources pédagogiques

 

Wall Art #2 : la guerre des post-it à Waldeck

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Histoire des arts : Les joueurs de skat par Otto Dix

Cette peinture d’Otto Dix est notre porte d’entrée pour illustrer la violence de masse et le bilan humain de la Première Guerre mondiale. Nous en profiterons aussi  pour fixer précisément les exigences de connaissances et de savoir-faire attendus pour l’épreuve d’Histoire des arts.


L’artiste : Otto Dix, le peintre soldat

1891 : Otto Dix naît en Allemagne.

1914-1918 : Après des études artistiques, Otto Dix s’engage dans l’armée allemande. Depuis le front, il dessine la guerre sur ses carnets la qualifiant de “retour à l’animalité”.

1920-1924 : Otto Dix consacre une série d’œuvres à la Première Guerre mondiale. Avec ce témoignage, il raconte son expérience de soldat et la sauvagerie du conflit. Il critique la guerre, ne ménage pas les anciens combattants et cherche à se sortir ces images d’horreur de la tête.

1933 : Hitler arrive au pouvoir en Allemagne et les œuvres d’Otto Dix sont qualifiées d’« art dégénéré » et en partie détruites. En 1937, ses œuvres sont retirées des musées allemands.

1944-1945 : Otto Dix retrouve le champ de bataille et sera fait prisonnier par les Français.

1969 : Otto Dix meurt, c’est un artiste reconnu pour son talent et son témoignage fort contre la guerre.

Le courant artistique : l’expressionnisme

L’artiste expressionniste livre sa vision de la réalité. Il laisse libre cours à son inspiration et exprime ses sentiments. Son travail interpelle, interroge ou choque. Ce mouvement est né en Allemagne au début du XX°siècle. C’est une peinture agressive qui n’hésite pas à critiquer la société comme le fait Otto Dix avec “Les joueurs de skat”.

 

Une œuvre célèbre du pionnier de la peinture expressionniste

Le cri du peintre norvégien Edvard Munch, 1893

L’œuvre : Les joueurs de skat ou invalides de guerre jouant aux cartes

(1920)

Il s’agit maintenant d’étudier cette œuvre d’Otto Dix. Le travail est à réaliser sur la fiche distribuée en cours. La méthode de travail reste la même :

  1. Je présente
  2. Je décris le tableau et les techniques utilisées
  3. J’explique

Pour vous aider

1. La meilleure analyse de ce tableau me paraît être celle de Sophie Delaporte disponible sur le site d’un peintre contemporain nommé Mik art.

2. La série 1 minute au musée consacre un vidéo à La partie de skat d’Otto Dix

Une autre œuvre sur les “gueules cassées”

Défilé des mutilés, 14 juillet 1919, de Jean Galtier-Boissière.

 

Littérature et cinéma : la chambre des officiers

Le roman de Marc Dugain “La chambre des officiers” (1996) a été porté au cinéma par François Dupeyron cinq ans plus tard. Le tableau d’Otto Dix (1920) et “La chambre des officiers” nous renvoient à la même question :

Comment supporter son regard et celui des autres quand on est une gueule cassée  ?

La bibliothèque de Médecine de Paris a consacré une exposition virtuelle sur les “gueules cassées” : “La blessure au visage a fait d’eux des êtres hors normes qui suscitent chez l’autre des sentiments ambivalents : pitié, dégoût, sympathie, reconnaissance, peur.

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Sources :

Le portrait d’Otto Dix en 1922 est disponible sur le site du musée Thyssen de Madrid.

Histoire des arts : la caricature révolutionnaire

Lors de la Révolution française, le rire est utilisé comme une arme politique. Pour discréditer ou ridiculiser un ennemi, rien de tel que la caricature. Facile à comprendre, à réaliser et à diffuser, la caricature connaît un véritable succès populaire lors des événements révolutionnaires. 1500 gravures satiriques seront publiées entre 1789 et 1792. A cette époque, la France compte 26 millions d’habitants groupés en trois ordres.

 

La noblesse possède le quart des terres et des privilèges, largement impopulaires (…). Le clergé, fort de 130 000 prêtres dont 3000 nobles, a encore ses lois propres et d’énormes privilèges fiscaux. C’est pourquoi, dans les cahiers de doléances rédigés pour les états généraux, le tiers état réclame plus de justice.

 

La société d’ordres inégalitaire va rapidement devenir la cible des dessinateurs. La caricature met en scène les trois ordres autour de personnages familiers et aisément reconnaissables :

 

  • l’ecclésiastique
  • le noble
  • le représentant du tiers état

 

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/archim/0019/dafanch06_n201929n00001_2.jpg

Une estampe intitulée “Le temps passé”, et représentant le Tiers Etat, la noblesse et le clergé. 1789-1790

 

Pour incarner le tiers état, le caricaturiste fait souvent appel à la figure du paysan. Associé aux révoltes du XVII°s, le paysan est dépeint comme combatif…même s’il n’a que la peau sur les os.

 

Dans la caricature étudiée en classe (2 p 52), le tiers état est également représenté par un paysan. Ce pauvre homme qui s’appuie sur sa houe a l’échine courbée et l’air souffrant. Les clés de lecture de l’image sont simples. Chaque personnage porte les attributs de son ordre. Le noble est par exemple reconnaissable au luxe de ses habits  (chapeau à plumes, fraise), à ses distinctions (la médaille) et à son épée.

 

Avec un prélat et un noble sur le dos, le dessinateur fait allusion aux impôts qui pèsent sur les campagnards. S’il n’y a pas encore de bulles, les papiers qui s’échappent des poches des personnages viennent en appui de l’image.

 

MM les Eclésiastiques et les Nobles non seulement ne payoient rien, mais encore obtenoient des graces, des pensions qui épuisoient l’état, et le Malheureux cultivateur pouvoit apeine fournir à sa subsistance.

 

Le peuple écrasé par les privilégiés “â faut esperer q’eu s’jeu la finira ben tôt. Un païsant portant un Prélat, et un Noble.” Eau-forte en couleurs, [Paris, 1789

 

Cette image est-elle le reflet exact de la société française ? Le paysan est en effet écrasé par le poids des impôts ou de la misère. Richelieu parle des laboureurs comme des "baudets de l'état". Mais il ne faut tomber dans la caricature : il existe des privilégiés au sein du tiers état (le négociant, l'officier de justice). Tous les nobles et tous les clercs ne sont pas logés à la même enseigne. Il existe une noblesse d'épée (celle qui occupe une fonction militaire) et une noblesse de robe (celle qui occupe des fonctions de gouvernement dans la justice ou la finance). Un hobereau (noble des campagnes) ne séjourne pas à la cour du roi… Un curé de campagne vit modestement et partage la vie du commun des mortels. Il est loin du train de vie d'un évêque.

 

Lire une caricature c'est faire preuve d'esprit critique. Il faut être capable de nuancer et de prendre du recul car caricaturer c'est déformer la réalité.

 

En tout cas, la caricature révolutionnaire montre le basculement de la société d'Ancien régime. Sur cette caricature ("Le temps présent"), le squelette du tiers état endosse "l'habit de héros (la garde française) et peut enfin sermonner le noble au garde- à-vous et le prélat…devenu squelette à son tour (allusion à la nationalisation des biens du clergé)". Comme le mentionne l'auteur, "c'est ici que les premiers sont les derniers"

 

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/archim/0019/dafanch06_n201930n00001_2.jpg

Estampe intitulée "Le temps présent" et représentant le Tiers Etat, la noblesse et le clergé. Non datée [1789-1790

HISTOIRE…ARTS PLASTIQUES

Puisque nous avons travaillé sur des caricatures de catégories sociales en Histoire, M. Valette a concocté un travail où vous devez caricaturer des figures/catgéories sociales plus contemporaines : l'ado,le geek,  l'écolo, le trader, le rappeur, l'électeur, …

 

Cette vidéo de l'IDD 'Cette semaine j'ai appris" résume le travail fait autour de la caricature en Histoire, Français et Arts Plastiques.

 

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+ d'infos sur la caricature

 

Un site : Une rapide histoire de la caricature sur le site de la BNF

Un pearltree : Une sélection de sites sur la caricature et le dessin de presse. [Coup de crayon] sur le pearltrees de la p@sserelle.

Deux articles de la p@sserelle :

Un livre sur la caricature révolutionnaire (dont j’ai extrait quelques passages) : “De la révolution à travers la caricature“, Antoine de Baecque, Presses du CNRS, 1989.

Wall Art #2 : à vos post-it !

 

Eté 2011. Paris. Les employés de la société Ubisoft, réputés pour leur créativité  dans le développement de jeux vidéos, se lancent un nouveau défi : la bataille des post-it. Et les Space Invaders, Pac Man, Mario, Astérix se mirent à fleurir sur les vitres…

 

 

Le principe est simple : des salariés lancent un défi à ceux d’une entreprise située en vis-à-vis, en dessinant sur leurs fenêtres un ou plusieurs personnages de jeux vidéo avec des post-it. Si ces derniers ripostent avec une autre figure, la guerre est déclarée.

 

 

Le premier duel oppose Ubisoft à PNB Parisbas. En pleine période de congés, la post-it war fait le buzz et d’autres entreprises leur emboîtent le pas. Cette vidéo résume l’origine de cet élan artistique fort sympathique.

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ACTIVITÉ : A vos postes/post-it !

Consigne : La salle 201 (M. Valette) et la salle 208 (la mienne) se font face. Cet heureux hasard va vous permettre de rivaliser d’imagination pour afficher sur les vitres des deux salles vos créations en post-it. Avant de déclarer la drôle de guerre, il faut réfléchir à la façon de s’y prendre.

Post-it generator est un logiciel qui peut vous aider à réaliser vos envies. Comme le montre ce tutoriel, il faut des images simples (logos par exemple).

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Aller + loin

  • Le site Post-it war
  • Des exemples de vidéos stop-motion réalisées avec des post-it

Sources images

 

 

Wall Art : fais le mur à Waldeck !

 

Le street-art à Waldeck, c’est pour bientôt… Le projet Wall Art démarre la semaine prochaine avec un groupe d’élèves volontaires de 4ème et de 3ème. Le vendredi de 13h à 14h, tu vas participer à…

  • … un projet artistique où tu crées et exposes tes œuvres
  • … un projet vidéo où l’on filme ce que l’on fait pour le diffuser sur internet
  • … un projet pour rencontrer Ella&Pitr, les papiers-peintres
  • … un projet où plaisir et liberté sont les maîtres mots

 

Wall art#1 : si tu regardes un vieux mur…

Introduction

Pour commencer, nous allons nous intéresser aux techniques du street-art en présentant par la même occasion un rapide historique et quelques grands noms de ce mouvement artistique.

Activité : à la manière de…

1. Dans sa salle, M. Valette a un mur complètement décrépi. L’idée est d’utiliser ce support comme un espace créatif à la manière de l’artiste stéphanois OakOak qui s’amuse à égayer les murs des villes. Adepte du détournement urbain, OakOak transforme le banal et l’anime le temps de quelques regards.

A consulter : le site d’OakOak

évadé (2)

OTARIE AU BALLON (2)

Cette façon de travailler, partagée par de nombreux street-artists, rappelle une citation du Traité de la peinture signé Léonard de Vinci :

Si tu regardes des murs souillés de beaucoup de taches, faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelques scènes, tu y trouveras l’analogie de paysages au décors de montagne, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toutes sortes. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses que tu pourras ramener à une forme nette et compléter

 

2. Les artistes de rue adorent détourner le mobilier urbain… Et si vous faisiez revivre du vieux mobilier scolaire ? Les tabourets de la salle 201 sont des antiquités qui vont bientôt être remplacés. Nous vous proposons d’y mettre une touche humoristique ou créative. Tous les élèves de Waldeck passent par la salle d’Arts plastiques : c’est l’occasion de montrer à tous vos premières réalisations.

 

[Histoire des arts…de rue#6] Le tape-art, l’art au bout du rouleau

Avec du scotch, on rapièce, recolle, raccommode, répare. Inventé en 1925 par l’Américain Richard Drew pour le compte de la société 3M, le ruban adhésif (adhesive tape) devait faciliter le travail des carrossiers qui peignaient les voitures de deux couleurs différentes. Jusqu’alors, ils utilisaient des journaux pour protéger la partie déjà peinte mais le décollage abîmait la peinture.

Ce ruban collait seulement sur les deux bords et les employés de 3M, “pensant qu’il s’agissait d’une économie de colle, le surnommèrent ruban écossais (scotch tape), à cause de la réputation des écossais d’être économes“. Le scotch était né. La ménagère, les écoliers et les bricoleurs allaient trouver là un allié efficace dans leurs menus travaux.

Produit de consommation courante, le scotch est une matière première qui séduit aussi les artistes. Au bout du rouleau, ils créent des œuvres originales et saisissantes dans des styles complètement différents. Depuis un an, c’est Max Zorn (artiste allemand né à Amsterdam) qui scotche la Toile avec ses vidéos. Armé d’un scalpel et d’un ruban de scotch marron, il fixe des visages et des paysages sur des surfaces vitrées.

Sa jeune fille à la perle est un vrai petit bijou. Pour mettre en lumière ses productions, il arpente les rues et grimpe le long des lampadaires. Pour découvrir son travail, 3 vidéos sont à visionner dans le lecteur Youtube ci-dessous.

Mais le tape-art (art du ruban adhésif), n’est pas apparu avec Max Zorn. Beaucoup d’autres artistes ont saisi les rouleaux pour modeler leur imaginaire. L’artiste américain Mark Jenkins moule des centaines de mètres de scotch pour donner vie à des personnages qu’il met en scène au coin d’une rue.

 

Installées dans l’espace public, les trottoirs, les squares, ces sculptures en Scotch donnent à l’oeuvre de Jenkins tout son potentiel. La rencontre du matériau mort et des formes humaines déconcerte les passants qui croisent ces personnages inertes. Disposés dans des positions souvent incongrues – en suspension sur le toit d’un immeuble, dans un fast food, la tête dans un plateau, sortant d’une bouche d’égout ou la tête emmurée – les mannequins sans vie, habillés et coiffés de perruques créent l’interaction.” (extrait d’un article de Libération de mars 2012 / Mark Jenkins, ou l’art de scotcher le passant)

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Plus coloré, le collectif slovène ORTO réveille le paysage urbain et chasse la grisaille comme le montre cette vidéo en stop-motion.

 

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Avec un sac bourré de scotch multicolore, le new-yorkais Aakash Nihalani déroule des formes géométriques pour créer une illusion d’optique simple mais efficace.

 

A mesure que les rubans se déroulent, l’imagination des artistes déborde et s’empare de nouveaux supports. Ainsi, Erika Iris Simmons fait jaillir d’une K7 obsolète l’âme voodoo de Jimi Hendrix. On n’a pas fini d’être scotché.

 

+ de liens

 

Mark Khaisman, un artiste qui s’inscrit dans l’univers de Max Zorn

 

Khaisman
Quand deux marques de street-wear s’emparent du tape-art

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