A Versailles, le 28 juin 1919, cinq gueules cassées assistent à la signature du traité de paix qui met fin à la Grande guerre. Cinq Français mutilés conviés à la clôture d’un conflit qui a brisé leur vie et celles de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Au moment de signer, chaque dirigeant peut croiser le visage de ces hommes portant les cicatrices de la violence militaire. Une façon de rappeler la barbarie de ce premier conflit mondial ? Une illustration vivante du “Plus jamais cela !“, le mot d’ordre des combattants et des civils à la fin de la guerre ? Pas sûr…
Le traité est signé en France, chez un des vainqueurs. Le chef du gouvernement français Georges Clemenceau entend montrer que la victoire a été remportée au prix de sacrifices exceptionnels. Entrant en premier dans la galerie des glaces, Clemenceau va directement saluer les gueules cassées et leur dit en montrant le traité de paix du doigt :
“Vous avez souffert mais voici votre récompense”
La récompense d’une souffrance infinie : la France a mérité d’être dans le camp des vainqueurs. D’ailleurs, “on ne note la présence d’aucun blessé allié ou ennemi. (…) La présence des mutilés revêt aussi le sens d’une mise en accusation de l’Allemagne.” Selon le site L’Histoire par l’image, les mutilés français “avaient été placés là pour choquer les délégués allemands, leur faire honte.” Cette mise en scène fait écho aux articles du Traité de Versailles, excessivement durs pour l’Allemagne. Les clauses de ce traité sont à lire dans le manuel à la page 203.
Sur ce tableau de William Orpen, on voit la délégation allemande “signant la mort dans l’âme” le traité “sous le regard dominateur de Wilson (Etats-Unis), Clemenceau (France) et LLoyd George (Angleterre)“. Cependant, le peintre anglais écrase dans sa composition les vainqueurs du conflit sous l’imposante galerie des glaces, voulant “minimiser la superbe du trio des dirigeants alliés“. Cliqueicipour regarder l’animation présentant le tableau.
Le traité qui devait refermer les cicatrices de la guerre n’est-il pas responsable du conflit suivant en 1939-1945 ? C’est à cette question que répond de manière nuancée l’historien Jean-Jacques Becker.
Prochain article étiquetté HISTOIRE DES ARTS :
La violence de guerre à travers l’étude de “La partie de cartes” d’Otto Dix et de “La chambre des officiers” de Marc Dugain (adaptée au cinéma).
Aller plus loin :




























Compteur