Archive pour Non classé

Le Traité de Versailles et les cicatrices de la guerre

A Versailles, le 28 juin 1919, cinq gueules cassées assistent à la signature du traité de paix qui met fin à la Grande guerre. Cinq Français mutilés conviés à la clôture d’un conflit qui a brisé leur vie et celles de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Au moment de signer, chaque dirigeant peut croiser le visage de ces hommes portant les cicatrices de la violence militaire. Une façon de rappeler la barbarie de ce premier conflit mondial ? Une illustration vivante du « Plus jamais cela !« , le mot d’ordre des combattants et des civils à la fin de la guerre ? Pas sûr…

Georges Clémenceau (1841-1929)
« Ministre de l’Intérieur puis président du Conseil, il dirige l’un des plus longs gouvernements de la IIIe République. Il réprime la révolte des viticulteurs du Midi, ce qui lui vaut le surnom de « premier flic de France ». De nouveau au pouvoir en 1917, en pleine guerre, il s’emploie à remonter le moral des troupes avant de devenir après l’armistice, aux yeux de tous les Français, le « Père la Victoire ». Principal négociateur du traité de Versailles, où il subit l’influence américaine, il se présente en janvier 1920 à la présidence de la République. Son échec marque son retrait définitif de la vie politique. »
[Source Larousse]

Le traité est signé en France, chez un des vainqueurs. Le chef du gouvernement français Georges Clemenceau entend montrer que la victoire a été remportée au prix de sacrifices exceptionnels. Entrant en premier dans la galerie des glaces, Clemenceau va directement saluer les gueules cassées et leur dit en montrant le traité de paix du doigt :

« Vous avez souffert mais voici votre récompense »

La récompense d’une souffrance infinie : la France a mérité d’être dans le camp des vainqueurs. D’ailleurs, « on ne note la présence d’aucun blessé allié ou ennemi. (…) La présence des mutilés revêt aussi le sens d’une mise en accusation de l’Allemagne. » Selon le site L’Histoire par l’image, les mutilés français « avaient été placés là pour choquer les délégués allemands, leur faire honte. » Cette mise en scène fait écho aux articles du Traité de Versailles, excessivement durs pour l’Allemagne. Les clauses de ce traité sont à lire dans le manuel.

Sur ce tableau de William Orpen, on voit la délégation allemande « signant la mort dans l’âme » le traité « sous le regard dominateur de Wilson (Etats-Unis), Clemenceau (France) et Lloyd George (Angleterre)« . Cependant, le peintre anglais écrase dans sa composition les vainqueurs du conflit sous l’imposante galerie des glaces, voulant « minimiser la superbe du trio des dirigeants alliés« . Clique ici pour regarder l’animation présentant le tableau.

Le traité qui devait refermer les cicatrices de la guerre n’est-il pas responsable du conflit suivant en 1939-1945 ? C’est à cette question que répond de manière nuancée l’historien Jean-Jacques Becker.

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Aller plus loin 

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La leçon d’anatomie du professeur Tulp, des élèves et des bulles

Pour enseigner l’histoire des arts, il faut tendre des passerelles entre les disciplines. Chaque matière apporte son regard et c’est au croisement des chemins que les élèves peuvent donnent du sens à l’expression artistique. Au détour d’une leçon d’histoire, nous avons étudié « La leçon d’anatomie du Professeur Tulp ». Ce chef d’œuvre de Rembrandt reflète la société européenne du XVII°s et montre comment les bourgeois d’Amsterdam se veulent des hommes modernes, curieux de tout. Cette œuvre, réaliste et mystérieuse à la fois, montre le travail d’un génie précoce sur la lumière et le mouvement.

En Arts plastiques, l’analyse s’accompagne d’une réalisation personnelle. Il y a deux ans, M. Valette avait demandé aux élèves de revisiter l’œuvre de Rembrandt à l’image de Picasso qui « pénètre par effraction dans l’espace pictural des tableaux des autres, aménage l’endroit pour qu’il soit plus vivable et fait comme chez lui« (voir article de la p@sserelle). Cette année, il a demandé aux classes de 4ème de donner la parole aux personnages du tableau. Quand les élèves font des bulles, place au détournement et à la BD…
Voici quelques travaux d’élèves de 4ème du collège Waldeck Rousseau. Avec en bonus, une parodie en chair et en os (et en tendons aussi…).



Pour les élèves de Mme Dumas, le travail continue en Français sur la construction d’un point de vue (après Rembrandt, place à Renoir et au déjeuner des canotiers)…

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Les Zik’Zagueurs, coming soon…

Zik’

Zag

?

Cette semaine, les Zik’Zagueurs débarquent sur Waldeck info, le blog qui débloque tous les sujets…

[Firminy, collège Waldeck Rousseau, IDD 2010-2011]


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11 septembre 2010 : « The war on errorism »

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, George W. Bush, alors président américain, lançait une guerre contre le terrorisme (The war on terrorism). Neuf ans plus tard, c’est une guerre pour combattre l’erreur (The war on errorism) qu’il faut mener. Les erreurs conjugués d’un pasteur recherchant le « quart d’heure de gloire » et de médias en quête de sensationnel pouvaient faire craindre une flambée de violences. Un emballement médiatique a eu lieu autour de cet acte isolé mais réfléchi (évoqué dans l’article « l’idiot du village planétaire »). Les raisons de la surmédiatisation sont identifiables :

  • Terry Jones a lancé son idée durant les vacances, moment où les médias n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent.
  • Il choisit de faire sa « performance » lors de la date anniversaire du 11 septembre 2001, événement qui a changé le cours de l’Histoire.


  • Depuis quelques mois aux Etats-Unis le projet de construction d’une mosquée proche de Ground zero (emplacement des deux tours jumelles) crée la polémique. Le monde est inflammable et le pasteur a surfé sur l’atmosphère d’islamophobie qui existe aux Etats-Unis pour exister médiatiquement.

  • La brève d’un site internet méconnu sur le projet du pasteur est reprise par Yahoo puis la chaîne américaine ABC l’invite sur son plateau. L’emballement médiatique commence, les politiques s’en mêlent.

Dans son livre « Le cauchemar médiatique« , Daniel Scheidermann écrit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Si les médias parlent d’un sujet, c’est que le contexte s’y prête (ici la date anniversaire du 11 septembre et la polémique sur la construction d’une mosquée à New-York). « Mais  l’emballement commence quand la fumée obscurcit si bien l’horizon, et terrifie si bien les observateurs, que chacun en oublie d’aller vérifier l’importance du feu » (page 21). Notons ici que les médias américains ont commencé leur mea culpa et la chaîne CNN a affirmé qu’elle ne diffuserait aucune image de l’autodafé (acte de brûler des livres en public) s’il avait lieu.

Pour les médias, combattre l’erreur, c’est de ne pas transformer une simple étincelle en un feu de forêt. Pour les citoyens, c’est de mettre en marche son esprit critique pour repérer l’emballement médiatique. Un tel geste fait l’affaire de tous les extrémismes. Sur ce dessin de presse, Terry Jones est représenté en apôtre d’Al Qaida et de Ben Laden. A qui profite le crime ? A ceux qui prêchent la violence et souhaite une campagne promotionnelle à peu de frais. The War on errorism, work in progress


Aux dernières nouvelles, Terry Jones aurait renoncé à son projet mais parions qu’il voudra  prolonger son quart d’heure de gloire. Aux médias et à nous d’en décider…


Sources :

Mon titre est emprunté à un album du groupe de punk-rock américain, NOFX (2003). En écoute, la chanson American Errorist (I hate, hate, haters)

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Les images ont été prises sur le site caglecartoons et sur la galerie de courrier international intitulée « Un quart d’heure de gloire »

Dans l’ordre

Pastor Terry Jones, Emad Hajjaj, Jordan (8/09/2010)

Burning the Koran, Christo Komarnitski, Bulgaria (10/09/2010)

L’homme préhistorique découvre le feu. [Dove World Outreach Center est le nom de l’Eglise de Jones.] Dessin de Corrigan paru dans The Toronto. Star

What would Jesus burn, John Darkow, Columbia Daily Tribune, Missouri (9/09/2010)

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