Archive for Ouvrons l’œil

Quand une catastrophe naturelle balaie la limite Nord-Sud

Nous abordons cette semaine les inégalités dans le monde et nous sommes confrontés à la question de “la limite Nord-Sud”. Dans notre esprit, comme sur cette carte, la ligne qui serpente sur le planisphère a vite fait de devenir étanche. Le risque de ce découpage, c’est de collectionner les stéréotypes (une idée toute faite) et de caricaturer le monde. La revue M@ppemonde note avec justesse “que cette ligne représente bien plus que les écarts de développement, elle révèle un rapport historique entre nations dominantes et nations dominées, entre anciennes métropoles et anciennes colonies ou pays assimilés.

Nord_Sud

Notre perception des pays du Sud est marquée par des stéréotypes : la pauvreté, l’enfant noir affamé, la guerre, les épidémies marquent l’inconscient collectif. Dans un article précédent, j’avais décortiqué un magasine destiné aux collégiens et j’avais relevé les clichés dont est victime l’Afrique :

Les photos publiées (manifestation, attentat, sécheresse, censure, génocide, chars d’assaut, pirate, rebelles) sont révélatrices d’une vision catastrophiste du continent africain. Pour que les journaux télévisés évoquent en profondeur l’Afrique, il faut le plus souvent une guerre, une famine ou un scandale (Affaire Elf, L’arche de Zoé). En boucle, les mêmes images imprègnent notre rétine : des habitants chétifs, des armes, des pleurs. Il en va de même pour des films sortis récemment comme Lord of War ou Blood Diamond : leur titre suffit à planter le décor.

Ainsi, les pays du Nord deviennent l’exact contraire, terres de richesses et de prospérité. L’étude de la carte par anamorphose du manuel montrait clairement que cette perception est en partie exacte.

carte par anamorphose

Mais, en étudiant de plus près chaque pays du Nord, on s’aperçoit que le niveau de développement peut-être bien différent. Il en va de même pour les pays du Sud. Alors, pour ne pas tomber dans le panneau, on parle “des Sud” et “des Nord”, mais est-ce vraiment suffisant ?

Pour savoir si votre perception du monde n’est pas caricaturale, comparons deux catastrophes très médiatisées. L’une a frappé la première puissance mondiale, l’autre touche un des pays les pauvres au monde.

  • en 2005, l’ouragan Katrina s’abat sur le sud des Etats-Unis
  • en 2010, un séisme ébranle Haiti

Par définition, une catastrophe touche tout le monde mais on peut estimer qu’un pays riche a des ressources pour affronter au mieux l’adversité. En répondant aux consignes suivantes, vous vous poserez fatalement ces questions :

  • un pays riche est-il vulnérable ?
  • dans un pays développé, la richesse des uns fait-elle oublier la pauvreté des autres ?

Consigne : Regarde les deux vidéos

Clique ci-dessous pour visionner la première vidéo (France 3 / Etats-Unis)

 

retrouver ce média sur www.ina.fr

Clique ci-dessous pour visionner la deuxième vidéo (France 24 / Haiti)

Capture d’écran 2010-03-03 à 13.31.20

CONSIGNES :

  1. Trouve les points communs et les différences entre les deux catastrophes
  2. Quel rôle joue les Américains en Haiti ?
  3. Le traitement médiatique de la catastrophe est-il le même dans un pays pauvre et dans un pays riche ?
  4. Quel stéréotype brise l’image ci-dessous ?

Ouragan Katrina

CONSTAT

La limite Nord-Sud est pratique mais n’est elle pas caricaturale ?

Pour aller plus loin :

Le séisme en Haïti mobilise les dessinateurs de presse
Séisme en Haïti : comment démêler le vrai du “fake” ?
CNN en Haïti : le monopole du cœur ?

Les Trente Glorieuses : la consommation, une arme de séduction massive ?

Cette publicité réalisée en 1959 par Moulinex (fabricant français d’électroménager) illustre à merveille la société de consommation née des Trente Glorieuses.

Les publicitaires nous offrent une scène de ménage heureux. Dans une cuisine, où une ménagère est toute à sa préparation culinaire, arrive un homme au complet rayé. Il rentre du bureau et se glisse derrière sa belle et tendre pour lui offrir un cadeau. Cette femme est le stéréotype de la cuisinière modèle : tablier ajusté, cuisine étincelante, plats mitonnés avec amour.

Aux anges, elle semble dire à son mari : “Mais quelle merveille m’as tu encore apporté ? J’apprends tout juste à utiliser le merveilleux robot-charlotte et tu me couvres encore de cadeaux !“. Les mains jointes en signe de rêve exaucé, elle est sûre que son cher mari a pensé à la dernière nouveauté de chez Moulinex : le batteur électrique qui lui allégera bien la tâche pour monter ses œufs en neige…

Le mari a le beau rôle : il travaille et assure le bien être de sa petite famille. En 1959, les indicateurs (PIB, PNB) sont au vert et il peut compter sur une promotion professionnelle (le costume) et sociale (une belle résidence, les cadeaux). Généreux, il n’en reste pas moins intéressé dans ses offrandes puisque son regard oblique clairement vers les tomates farcies. Son regard approbateur montre que la cuisine de sa compagne le met en appétit. Il continuera à l’équiper pour leur plus grand plaisir car comme le dit le slogan :

“Pour elle, un Moulinex

Pour lui, des bons petits plats”

Cette publicité offre une vision assez machiste (l’homme travaille, la femme cuisine) d’un couple de Français. On y voit clairement que l’achat fait le bonheur dans une société de consommation. Dans une époque où le portefeuille devient une arme de séduction massive, le chansonnier Boris Vian écrit la “complainte du progrès (les arts ménagers)”, une satire pétillante de la consommation de masse. Ecoutez bien cette chanson écrite en 1955 : il semble bien que les publicitaires de Moulinex aient écouté Boris Vian pour vanter les mérites de leurs mixers, batteurs et des robots géniaux.

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“Autrefois pour faire sa cour, on parlait d’amour…Aujourd’hui, c’est plus pareil, ça change, ça change. Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille : Oh Gudule, viens m’embrasser et je te donnerai un frigidaire, un joli scooter…et une tourniquette pour faire la vinaigrette…”

NB : Cette publicité a été analysée en classe (manuel - 2 p 174-) selon la méthode habituelle (1. Présenter 2. Décrire 3. Interpréter) que je reprends d’ailleurs ici.

Pour aller plus loin :

- “Au petit bonheur la France” : une réflexion sur le pouvoir d’achat et les indicateurs du bien-être aujourd’hui :

- Boris Vian (1920-1959) est un chanteur, trompettiste de jazz, écrivain, un artiste touche à tout. Nous pourrons aborder une autre de ses chansons “Le déserteur” évoquant son refus de combattre pendant les guerres coloniales françaises (1954 : guerres d’Indochine et d’Algérie)

 

Ouvrons l’œil : Marianne 2.0

Elle est française, célèbre, universelle, libre et moderne. 2011, c’est l’année de son come-back, le retour fracassant de l’icône féminine préférée des Français. Copiée, recyclée, Marianne resurgit de l’imaginaire collectif pour illustrer le printemps des peuples arabes. Tunisienne ou égyptienne, elle tend les bras vers la démocratie tant espérée et inonde les Unes des journaux tricolores. Son retour en force dans l’imagerie médiatique des révolutions arabes s’explique :

Depuis le 15 janvier, l’image de la jeune femme insurgée envahit les Unes des journaux de gauche en France (Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs). En effet, depuis la fuite de Ben Ali, les mots « dictature » et « révolution » ont fleuri dans les médias. Et s’il y a une révolution, il faut une figure emblématique, un symbole reconnaissable par tous. Les Français l’ont depuis belle lurette : c’est Marianne, l’allégorie de « La Liberté guidant le peuple », le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Alors, pour marquer la rupture de langage (de régime autoritaire à dictature / de révolte à révolution), les photographes vont se mettre à la recherche d’une Marianne…

Photographier un peuple qui se révolte donne souvent lieu aux mêmes images. C’est ce qu’explique très bien  ce document du Monde. Marianne poing levé est « une figure de la contestation » appréciée des photographes car elle est proche de nous et de notre histoire… Marianne est le symbole de notre république et ces clichés en Une des journaux français tissent ce lien affectif entre notre propre histoire et « la révolution du jasmin ». Ces Marianne répondent à « un besoin médiatique de reconnaissance visuelle« . Des images compréhensibles par tous, universelles.” (voir article “Ouvrons l’œil : les Marianne tunisiennes”)

Sous la mine du dessinateur de presse, Marianne condense l’autre facette des révoltes du XXI°s : le rôle d’Internet, cette formidable caisse de résonance à échelle mondiale. Les artistes piochent dans le même fonds culturel et détournent cette fois “La Liberté guidant le peuple” à la mode des réseaux sociaux. Facebook, Twitter sont les armes des révolutionnaires. Marianne 2.0 lève bien haut l’étendard d’Internet et un symbole du XVIII°siècle s’acclimate à notre temps.


Ce recyclage de Marianne par les photographes ou les dessinateurs amène à tirer quelques enseignements. Nous comprenons l’Histoire du temps présent à travers ce que nous avons déjà vécu. Le risque, c’est de n’avoir qu’une vision bleu-blanc-rouge des événements. La vérité d’un territoire ne s’écrit pas de façon systématique et il faut avoir un regard neuf sur ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. D’autre part, certains symboles semblent éternels parce qu’ils véhiculent des valeurs universelles et qu’ils ont été magnifiés par des artistes de grand talent. Aujourd’hui comme hier, la liberté guide le peuple. Fière et câblée, Marianne 2.0 nous montre qu’avec les armes du moment et un véritable engagement les peuples peuvent s’affranchir de l’oppression…

Source images :

Dessin d’Oliver Schopf paru le 11 février 2011 dans un journal allemand

“Le nouveau monde arabe”, dessin de Patrick Chappatte paru le 5 mars sur le site Globe Cartoon

Ouvrons l’œil : les Marianne tunisiennes

2011, l’histoire est en marche en Tunisie. Dans cette “révolution du jasmin”, le peuple est l’acteur principal du combat pour la liberté et la démocratie. Depuis une semaine, les médias français ont choisi une figure symbolique de la révolte contre la dictature de Ben Ali : la jeune manifestante tunisienne . Debout et déterminée, à la tête d’une nation insurgée (drapeau tunisien en arrière-plan), elle envoie un message cinglant au régime autoritaire (“Ben Ali, dégage”). Passé des réseaux sociaux à la rue, ce mot d’ordre incarne la modernité et la soif de liberté de tout un peuple. C’est autour de cette idée que le journal Libération a composé une magnifique Une, avec le mot Liberté écrit en français et en arabe.

Une de Libération du 15 janvier

Une de L'Humanité du 16 janvier 2011

Une du Nouvel Observateur du 20 janvier 2011

Depuis le 15 janvier, l’image de la jeune femme insurgée envahit les Unes des journaux de gauche en France (Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs). En effet, depuis la fuite de Ben Ali, les mots “dictature” et “révolution” ont fleuri dans les médias. Et s’il y a une révolution, il faut une figure emblématique, un symbole reconnaissable par tous. Les Français l’ont depuis belle lurette : c’est Marianne, l’allégorie de “La Liberté guidant le peuple”, le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Alors, pour marquer la rupture de langage (de régime autoritaire à dictature / de révolte à révolution), les photographes vont se mettre à la recherche d’une Marianne…

 

Une allégorie permet d'exprimer une idée (la liberté) à l'aide d'une image, d'un personnage (Marianne)

Photographier un peuple qui se révolte donne souvent lieu aux mêmes images. C’est ce qu’explique très bien  ce document du Monde. Marianne poing levé est “une figure de la contestation” appréciée des photographes car elle est proche de nous et de notre histoire… Marianne est le symbole de notre république et ces clichés en Une des journaux français tissent ce lien affectif entre notre propre histoire et “la révolution du jasmin”. Ces Marianne répondent à “un besoin médiatique de reconnaissance visuelle“. Des images compréhensibles par tous, universelles.

Cliquez sur l'image pour accéder à ce document sonore du Monde

 

Sihem Bensedrine

 

Anonymes sur nos couvertures de journaux, ces femmes tunisiennes qui se battent pour conquérir la liberté sont nombreuses. Sihem Bensedrine, journaliste défendant les droits de l’Homme en Tunisie depuis 20 ans, en fait partie. Le Nouvel Obs de cette semaine consacre quelques lignes à son histoire :


Arrêtée, torturée, elle n’a jamais été réduite au silence. Exemple, cette lettre de décembre 2009 : “Monsieur le président, partez, les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent“.

Une Marianne bien réelle qui guide son peuple vers cette Liberté en Tunisie que nous espérons tous.

Aller plus loin :

Cette vidéo du Canal éducatif explique la naissance de l’icône féminine de “la Liberté guidant le peuple”

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“America’s army” : le danger de la réalité virtuelle

Depuis le milieu de la décennie 1990, les jeux vidéos font partie intégrante du paysage culturel des adolescents et des jeunes adultes. Dans la continuité de la séance “Traiter l’information en temps de guerre”, nous allons parler du jeu vidéo America’s Army, le jeu officiel de l’armée américaine.

Sorti le 4 juillet 2002, il fait du joueur un soldat américain. L’armée affiche clairement ses intentions, expliquant que ce jeu a pour vocation d’attirer le plus grand nombre de jeunes vers une carrière militaire. De fait, pour jouer, il faut s’inscrire sur le site de l’armée. Plus d’un million de personnes l’auraient déjà fait, dont environ 600 000 auraient terminé les missions d’entraînement[1].”


America's army

Quel danger représente le passage du monde virtuel au réel ?

Notions : réel / réalité virtuelle / esprit critique

Des images du jeu

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Le jeu officiel de l’armée américaine

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“Les vrais héros” américains

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Source : Stéphane Pilet, Le jeu vidéo comme arme de propagande, article paru dans Le Monde Diplomatique, septembre 2003, http://www.monde-diplomatique.fr/

Images : Captures d’écran du site America’s army

Ouvrons l’œil : Le traitement de l’information en temps de guerre

Dans le cadre du chapitre sur Les enjeux de l’information” (Education civique / 4ème), nous avons présenté les médias, insisté sur la déontologie des journalistes et le pluralisme. Pour évoquer les notions de désinformation, de censure et de mise en scène de l’information, j’ai sélectionné deux médias originaux et inattendus : une chanson et une pochette d’album.

Objectifs :

  • Etudier une œuvre artistique pour comprendre le traitement de l’information en temps de guerre
  • Comprendre une guerre à travers deux angles de vue différents (objectif leçon)
  • Comprendre que la Guerre du Golfe de 1990-1991 marque un tournant pour le journalisme

Notions : média / désinformation / “guerre spectacle” / “guerre propre” / “frappe chirurgicale” / manipulation par l’image

LE DOCUMENT : Revolution.com est un album de No one is innocent, un groupe de rock français engagé. Il est sorti en 2004.

  1. Ecoute de la chanson “Us festival
  2. Travail sur la pochette
  3. Le fond vert amène au traitement médiatique lors de la guerre du Golfe de 1991 : les “pool”, censure et désinformation, “guerre spectacle”, mise en scène de l’information, manipulation par l’image).
  4. SEANCE SUIVANTE : Réflexion sur le jeu vidéo America’s army (notions de réel et de réalité virtuelle) à l’aide d’images et d’un article sur le “jeu vidéo comme arme de propagande” (autre article à venir)

US festival, No one is innocent (2004)

Des GI’s à l’affiche, c’est la tournée mondiale En vedette américaine dans tous les festivals Voici les stars, s’invitent à domicile Attention au départ, elles ont la détente facile.

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Y’a des dollars à se faire dans l’Humanitaire Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver Les cartouches ont bonne mine mais elles gardent la foi Un coup d’éclat et puis s’en va Kaboul, Santiago et Panama.

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Avaler la pilule, la frappe est chirurgicale Sans anesthésie générale ni même locale, mon Général ! C’est juste préventif, ça ne peut pas faire de mal Toujours le même remède au chevet du malade. Kaboul, Santiago et puis Bagdad

Qu’importe la manière, qu’importe la manière Avec le Nouveau Testament dans la poche revolver.

Le fond vert et l’incrustation d’images

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Une guerre spectacle qui éloigne les téléspectateurs d’une vraie analyse

http://www.dailymotion.com/videox8ap6l

La vidéo de l’INA visionnée lors de l’IDD où un journaliste français raconte comment les médias ont été manipulés (clique sur la phrase)

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Source image : Photographie de Laurent Serroussi, Revolution.com, No One is innocent (2004)

Webographie :

Chappatte, coups de crayon et traits d’esprit


Un dessinateur de presse dans un face-à-face avec un public, des rires… Cela ressemble à un one-man show, un exercice de style réservé d’habitude aux humoristes. Pourtant, sur les planches de cette émission, c’est bien un cartoonist qui est en scène. L’un des meilleurs : Patrick Chappatte est suisse, travaille pour plusieurs journaux et recense sur le site Globecartoon quelques uns de ses meilleurs dessins.

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I am a newspaper cartoonist”, c’est ainsi que Patrick Chappatte commence sa conférence intitulée “The power of cartoons”. Accompagné de son accent francophone et par ses dessins, il démontre que face à une page blanche ou sur scène, il n’a pas de panne d’inspiration. Après avoir épinglé Internet et son impact sur notre société, Chappatte aborde son métier, la liberté qui guide sa plume et l’utilisation politique qui peut être faite du cartoon. S’il rappelle que “le dessin de presse peut être utilisé comme une arme“, il montre que la liberté laissée au caricaturiste est proportionnelle à celle offerte aux citoyens. Ce qui ressemble à un stand-up est en fait un plaidoyer pour la liberté d’expression. Comme pour un dessin, Patrick Chappatte passe d’abord par le registre de l’humour pour mieux faire passer son message. Le caricaturiste est “un journaliste qui sait dessiner“. C’est aussi un ardent défenseur de la liberté d’expression : à coups de crayon et de traits d’esprit, ainsi vit notre démocratie.

Pour aller plus loin

Globe cartoon : le site du dessinateur Patrick Chappatte

Un article de la p@sserelle : Le caricaturiste, “un journaliste qui sait dessiner

Les décodeurs de l’info : prochainement sur les écrans…

collège idd projet vidéoQuelques aléas ont retardé le montage de la vidéo sur les décodeurs de l’information. Ce projet d’IDD devrait être finalisé pendant les vacances et présenté pour la rentrée.

Ici, Romain explique la désinformation lors de la guerre en Irak de 1991 et le traitement fait par la chaîne américaine CNN.

Ci-dessous, Nicolas explique que l’on peut facilement manipuler une image en utilisant un fond vert. Il illustre cela à partir de la pochette d’album du groupe No one is innocent étudiée en Education civique.

collège idd projet vidéo

Je viens de regarder une nouvelle fois quelques rushes (= les prises de vue avant le montage), c’est assez drôle ;) On les garde et on vous les donnera en fin d’année…

Pour finir, je vous signale que votre travail de manipulation de l’image mené avec M. Valette a été repris par une collègue niçoise, S. Rambour, qui a “trouvé excellents ces travaux d’Arts Plastiques” et invite ses élèves à se lancer dans des créations. Son article est intitulé “Quand la manipulation devient de l’art…”.

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Manipuler l’image : les décodeurs de l’info passent à l’acte

Un des objectifs du cours d’Education civique et de l’IDD “Les décodeurs de l’information” était de vous apprendre à lire et à décrypter une image. Les exemples des guerres en Irak et du séisme en Haiti montrent l’importance de l’image et la nécessité de rester vigilant face au flot d’informations qui se déverse quotidiennement sur nos écrans et journaux.

Cette démarche s’est prolongée naturellement en cours d’Arts plastiquesM. Valette vous a appris qu’une image se construit. En apprenant à manier l’outil informatique, on peut facilement travestir (= changer) la réalité. Quand on sait décoder une image, il faut aussi apprendre à la construire. Voici les consignes données par M. Valette, professeur d’Arts plastiques au collège Waldeck Rousseau, pour sa séance intitulée HYBRIDE :

Demande : créez un être hybride tenant de l’humain, de l’animal, du végétal, de l’inanimé ; donnez du sens et de la cohérence plastique aux associations que vous effectuerez. Utilisez l’outil informatique, le logiciel « Photofiltre Studio » et sa gestion des « calques ». Une base d’images est mise à votre disposition dans un répertoire du réseau du Collège.

Les références montrées lors de la verbalisation seront puisées dans les visions cauchemardesques de Jérôme Bosch (XV°siècle) et dans les “self- hybridations” d’Orlan (artiste contemporaine).


Thomas et Quentin

Thomas Bacyk et Quentin-Gauthier Stehlin

Camélia et Tiffany


Camélia & Tiffany

Romain et Nicolas

romain C et nicolas

Nahel et Zachary

nahel et zack les fou bou

Manuel et Lamine

MANUEL LAMINE

Bastien

bastien


Pour faire le lien entre l’Education civique, l’IDD et les Arts plastiques, les élèves ont ensuite travaillé sur la notion de désinformation toujours à partir de Photofiltre. Des exemples avaient été vus en cours : par exemple, ce montage datant de la guerre en Irak de 2003 réalisé par le photographe Brian Walski lui a valu d’être licencié du journal américain, The LA Times.

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En salle informatique, les élèves ont laissé libre cours à leur imagination…

Manuel et Lamine

lamine manu

Tiffany et Camélia

Caméliia & Tiffany =D

Bastien

bastien guerre a firminy

Rayane et Adel

rayane et adel

Quentin et Thomas

Quentin STEHLIN-GAUTHIER et Thomas BACYK

Sources : toutes les images sont des productions d’élèves de la classe de 4°3 du collège Waldeck Rousseau de Firminy.

PS aux élèves dont le travail est publié : si vous souhaitez me communiquer le titre de votre œuvre, n’hésitez pas. Je mettrai à jour l’article.

CNN en Haïti : le monopole du cœur ?

Depuis le 12 janvier, les projecteurs sont braqués sur Haiti. Sur notre petit écran, les images de la catastrophe défilent : les médias filment les larmes de ceux qui ont tout perdu, les corps des victimes et les violences pour arracher à manger et à boire. Images chocs tournées par des vautours (“Comment vous sentez-vous, coincé ici dans les décombres ?”) ou nécessaire information pour mobiliser la planète ?

Face à une catastrophe, la déontologie du journaliste est mise à rude épreuve. Dans le quotidien sénégalais Le Soleil, Modou Mamoune Faye pose le débat : “Les caméras des chaînes européennes, asiatiques, américaines… se bousculent pour avoir les « meilleures » images à servir à leurs téléspectateurs. Mais il y a quelque chose qui choque dans cette course effrénée vers le scoop (…). Au nom de la liberté d’informer, a-t-on le droit de tout montrer au point de verser carrément dans le journalisme macabre ? Quelle est la valeur informative de ces milliers de cadavres exposés au regard quelque peu… voyeur de milliards de téléspectateurs ?

Journaliste et super-héros ?

Un journaliste peut-il rester insensible à ce qui se passe autour de lui ? Bien sûr que non. Cette semaine, un reportage de la journaliste française Maryse Burgot montrait comment une équipe de France 2 avait aidé à faire hospitaliser Jerry Lafrance, un petit garçon blessé. Jerry doit être adopté prochainement par une famille habitant à côté de Nantes. Avant de diffuser ces images, France 2 avait pris soin d’avertir la famille adoptive de Jerry pour qu’elle ne découvre pas par hasard ce sujet tourné à Port-au-Prince.

Lundi, le journaliste de la chaîne américaine CNN, Cooper Anderson, s’illustre lui aussi, mais un registre beaucoup plus spectaculaire.

Image de prévisualisation YouTube

Sur cette vidéo de CNN, on voit Cooper Anderson traîner un enfant ensanglanté, puis, après l’avoir rassuré, repart avec lui et le porte. Ensuite, l’enfant part avec un autre homme. Le site Eco89 fait le récit de cette scène : “Anderson Cooper raconte avoir entendu des coups de feu alors qu’il tournait un sujet avec son équipe ; des policiers tiraient en l’air pour effrayer les pillards. Quelques minutes plus tard, il aperçoit un homme qui lance des blocs de béton sur la foule amassée en bas d’un magasin pillé :

« Il a touché un petit garçon à la tête. Je l’ai vu s’effondrer (…) L’enfant était blessé et ne pouvait pas se lever. Il a essayé avant de retomber. Du sang coulait sur son visage. Il était conscient mais il ne pouvait vraiment pas bouger. J’ai eu peur que quelqu’un ne le voit couché là (…) J’ai eu peur qu’il se fasse tuer.

Sur son blog, Cooper Anderson raconte en détail son geste de bravoure, le tout accompagné d’un reportage photo saisissant. Mais, ne tombe t-on pas dans le sensationnel avec ce type d’images ? L’information est là : la situation critique en Haiti pousse certains à des extrémités pour s’en sortir, les plus faibles sont malmenés. Néanmoins le journaliste endosse ici volontairement l’étoffe des héros… alors qu’il a sous les yeux de multiples exemples de courage, d’abnégation et de dignité au quotidien. Les héros ordinaires sont sûrement moins télégéniques…

CNN semble s’être fait une spécialité de ce “journalisme émotionnel” : Eco89 explique “qu’une autre vedette de CNN, Sanjay Gupta, chirurgien et journaliste médical de CNN, couvre également la catastrophe pour la chaîne, qui ne diffuse pas seulement ses analyses, mais également ses opérations.

Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, la chaîne américaine CNN possédait le monopole des images. Avec le séisme en Haiti, CNN recherche t-elle le monopole du cœur ?


Sources images