Les vidéos du séisme en Haiti : comment démêler le vrai du « fake » ?

Aujourd’hui, la séance est organisée en deux temps. Avant de continuer les scripts pour la réalisation des vidéos, nous allons parler de la situation en Haiti.

Grâce aux journaux télévisés, vous suivez quotidiennement l’évolution de la situation grâce aux journalistes dépêchés sur place. Cependant, le traitement de l’information peut laisser à désirer comme le montre très bien cet article d’Arrêt sur images : « A son tour, l’émission 66 minutes (M6), diffuse des images filmées lors d’une secousse en Californie, en les faisant passer pour des images du tremblement de terre en Haiti. »

Image 1

Le 13 janvier, France 3 était déjà tombé dans le panneau


Vérifier les sources pour démêler le vrai du faux

Image de prévisualisation YouTube

A partir de cette vidéo, on arrive facilement à un site earthquakedog.blogspot.com où il est écrit « A 6.5 magnitude earthquake struck Northern California on Saturday 01.09.10 at 4:27 p.m. just offshore of Eureka on the Pacific Coast. This video was captured on surveillance cameras at the Times-Standard daily newspaper in Eureka.« 

Ces informations montrent bien que ces images ne viennent pas d’Haiti mais de Californie et que le tremblement de terre a lieu trois jours avant le 12 janvier 2010. En vérifiant les sources, on s’aperçoit rapidement que l’on a à faire à un « fake« , un terme courant sur le Web pour qualifier un montage vidéo ou photographique, une rumeur, bref une fausse information.

Remonter à la source : une compétence du B2i

En tombant de le piège du « fake », des journalistes de France 3 et de M6  montrent qu’ils n’ont pas su « relever des éléments permettant de connaître l’origine de l’information (auteur, date, source)« . Cette compétence est pourtant attendue des collégien(ne)s qui passent le Brevet et doivent valider le B2I (Brevet Informatique et Internet)… Si des professionnels tombent le panneau, c’est qu’il est devenu très facile de diffuser de fausses informations. D’où la nécessité de croiser les sources et de rester vigilants…


Pour aller plus loin : un article d’un journaliste du Nouvel Observateur intitulé « Séisme, mensonges et vidéo »

PS : Haiti s’écrit avec un i tréma mais comme le i tréma empêche le bon envoi des articles de la p@sserelle pour les abonnés, je l’ai supprimé sur les articles du blog (après avoir passé quelques dizaines de minutes à comprendre l’origine du problème…)


Ouvrons l’œil : le prof, ce héros ?

Hier, en feuilletant les pages de Télérama, je suis tombé sur une publicité mettant en scène un enseignant d’Histoire… Pas de logo de l’Education nationale sur cette campagne de communication. Alors, pour promouvoir le métier d’enseignant, on trouve une société privée spécialisée dans les cours particuliers, Acadomia.

Autant dire, que l’image et le texte m’ont interpellé. En classe, vous apprendrez à lire les images en suivant une méthode en trois temps (1. Je présente / 2. Je décris / 3. J’explique). J’aime particulièrement décrypter les images du quotidien. La méthode apprise en cours sert au jour le jour. D’ailleurs, j’ai déjà présenté le document dans le 1er § en répondant aux questions suivantes : quand ? où ? quoi ? qui ?

original17910

Sur cette publicité, notre prof’ d’Histoire a la tête dans les nuages : les vacances sont là (les résultats du bac tombent en juillet), il peut enfin s’installer à la terrasse d’un café et profiter du ciel bleu.  Pourtant, l’enseignant reste consciencieux. Pas de bermuda, ni de tee-shirt ici : même en vacances, le prof d’Histoire est sérieux (il lit sûrement Le Monde). S’il a déboutonné un peu son polo, il garde le veston (pourtant, il a l’air de faire chaud) et reste absorbé dans des rélexions qui n’appartiennent qu’à lui.

original17910-copie

L’image nous montre un prof habité  et rêveur : quelles pensées parcourent ce pédagogue, qui, après une année scolaire bien remplie, pourrait aspirer à un peu de repos ?

A son air ravi, on dirait qu’il pense très fort « C’est bon les vacances… » ou qu’il chantonne « Copies, c’est fini…« . Mais non, rien de tout cela… Ce ne sont pas les conclusions du G8 qui lui occupent l’esprit, ni même les résultats de l’EuroMillion. Non, il en a « un peu honte » mais il pense à Robin. Robin, l’élève dont les parents lui ont mis un peu de beurre dans les épinards. Un peu d’argent qui lui permettra, j’espère, de renouveler une garde-robe bien triste pour un début d’été : en plus, les soldes arrivent, chic…

oa

Le prof vu par Acadomia est sérieux, sobre, consciencieux. Il arrive à placer l’élève (Robin) au-dessus de la connaissance (G8)… Un prof qui fait cours pour l’élève et pas simplement pour lui… mais qui a du mal à s’avouer qu’il travaille pour l’élève autant que pour son appétit intellectuel …

« Il se dit qu’après tout il était prof » : avec cette phrase, Acadomia résume les doutes et interrogations qui entourent le métier d’enseignant. On entend parler de crise, de manque de vocation, d’élèves intenables, de « ton métier de toute façon, je ne pourrais pas le faire ». Le prof se cherche comme le montre l’autre publicité qui met en scène Marianne, enseignante en français.

original17912

Marianne a le même regard perdu que son collègue d’Histoire. Mais, ici Marianne se fait du souci…  Est-ce que mes élèves ont compris quelque chose à ce que je raconte ? Marianne, symbole de la République (le nom et l’échancrure de son corsage nous le rappellent), représente-elle cette école qui se fait « du souci » ? Si l’école républicaine ne permet plus à vos enfants d’avoir « envie apprendre », la publicité nous incite à penser qu’avec Acadomia ils le pourront… Après réflexion, Marianne dira alors « Garçon ! Un autre café serré. » Elle réglera sa note, s’en ira dans le bureau Acadomia le plus proche pour qu’enfin ses vœux deviennent réalité…

Pour finir, la question qui se pose est :

Qui Acadomia veut-elle séduire ? Des élèves ou des profs ?

Le prof de la campagne de pub d’Acadomia est un héros fragile, se questionnant sur son métier. Et si Acadomia me permettait de donner vraiment sens à ma vocation, qui s’évapore peu à peu par ces classes surchargées, ces élèves turbulents, des moyens qui disparaissent…

Une stratégie qui, peut-être, séduira Marianne. Mais, Marianne la républicaine se rappellera bien à un moment que l’idéal de partage et d’égalité est ailleurs. Dans sa classe sûrement…


PS : Il est bon de rappeler aux parents que des solutions gratuites et individualisées existent pour vos enfants. Le collège Waldeck-Rousseau propose l’accompagnement éducatif, le Prépabrevet en Histoire, le SOSMATHS, etc pour donner aux élèves les clés de la réussite.

+ d’info : l’excellent dossier d’Arrêt sur images où l’on en apprend plus sur le recrutement des professeurs d’Acadomia…

Images : Campagne de publicité de la société Acadomia