Archive for Street art

Wall Art #5 : Ella & Pitr à Waldeck !

Accueillir Ella&Pitr au collège Waldeck-Rousseau : pour tous, c’était le moment fort et attendu du projet Wall Art. En invitant des street artistes au collège, nous voulions donner corps au projet et vous faire découvrir l’envers du décor. Derrière les collages qu’essaiment Ella&Pitr, il y a une démarche artistique faite de talent et de beaucoup de générosité. Les deux complices n’habillent pas les murs par hasard et leur fantaisie offre aux habitants un autre regard sur la ville et notre quotidien.  

Avec les pinceaux en main, vous êtes passés à l’action et deux cadres ont vu le jour. L’encre sèche dans la salle de M. Valette, on s’occupera des cadres à la rentrée (et pourquoi ne pas aller en coller un en ville ?)  Côté profs, on s’est bien régalé et vu vos mines réjouies sur les photos, je pense qu’il en est de même pour vous. 

E&P, un grand merci et à bientôt !

 

 

+ d’infos

 

Wall Art #4 : La chasse aux trésors

Que fait un artiste de rue sinon semer aux quatre coins de la ville ou de la planète ses réalisations ? Offertes aux passants au hasard des rues, elles réveillent et colorent leur quotidien. Chacun est alors libre de continuer sa route ou de réinventer ce qu’il voit.

 

Ce que nous vous proposons pour cette nouvelle activité c’est de vous mettre dans la peau de ces artistes qui cherchent à nous surprendre. Votre terrain de jeux ? le collège Waldeck Rousseau que vous connaissez comme votre poche.

Consigne

  1. Crée et place ta réalisation (ton “trésor”) dans un endroit du collège. Les surfaces et le mobilier peuvent être investis, à toi de réfléchir à ce que tu veux offrir aux autres. Fais turbiner ton imagination !
  2. Ta réalisation et son emplacement doivent rester secrets. Travaille dans l’ombre !
  3. Tu peux travailler seul ou à deux.
  4. Une fois les réalisations terminées, la chasse aux trésors commence. Tu devras retrouver les oeuvres de tes camarades et les cartographier.
  5. Par la suite, pourquoi ne pas proposer aux autres élèves de se lancer dans la chasse aux trésors.

Pour trouver l’inspiration, tu peux consulter les réalisations ci-dessous et les sites des artistes.

- Les articles précédents de Wall Art

- L’art de la miniature avec Slinkachu

- Le scotch : + d’infos dans cet article de la p@sserelle

- Clique sur l’image pour voir plus de réalisations utilisant des lego

 

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- Consulte les sélections du site Street art utopia

La sélection 2012

La sélection 2011

 

Wall Art : fais le mur à Waldeck !

 

Le street-art à Waldeck, c’est pour bientôt… Le projet Wall Art démarre la semaine prochaine avec un groupe d’élèves volontaires de 4ème et de 3ème. Le vendredi de 13h à 14h, tu vas participer à…

  • … un projet artistique où tu crées et exposes tes œuvres
  • … un projet vidéo où l’on filme ce que l’on fait pour le diffuser sur internet
  • … un projet pour rencontrer Ella&Pitr, les papiers-peintres
  • … un projet où plaisir et liberté sont les maîtres mots

 

Wall art#1 : si tu regardes un vieux mur…

Introduction

Pour commencer, nous allons nous intéresser aux techniques du street-art en présentant par la même occasion un rapide historique et quelques grands noms de ce mouvement artistique.

Activité : à la manière de…

1. Dans sa salle, M. Valette a un mur complètement décrépi. L’idée est d’utiliser ce support comme un espace créatif à la manière de l’artiste stéphanois OakOak qui s’amuse à égayer les murs des villes. Adepte du détournement urbain, OakOak transforme le banal et l’anime le temps de quelques regards.

A consulter : le site d’OakOak

évadé (2)

OTARIE AU BALLON (2)

Cette façon de travailler, partagée par de nombreux street-artists, rappelle une citation du Traité de la peinture signé Léonard de Vinci :

Si tu regardes des murs souillés de beaucoup de taches, faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelques scènes, tu y trouveras l’analogie de paysages au décors de montagne, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toutes sortes. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses que tu pourras ramener à une forme nette et compléter

 

2. Les artistes de rue adorent détourner le mobilier urbain… Et si vous faisiez revivre du vieux mobilier scolaire ? Les tabourets de la salle 201 sont des antiquités qui vont bientôt être remplacés. Nous vous proposons d’y mettre une touche humoristique ou créative. Tous les élèves de Waldeck passent par la salle d’Arts plastiques : c’est l’occasion de montrer à tous vos premières réalisations.

 

Histoire des arts… de rue #4 : Vhils

Burin et marteau, perceuse et marteau-piqueur, Vhils ne travaille pas comme les autres. De son vrai nom Alexandre Farto, ce Portugais sculpte les murs pour en faire émerger des portraits saisissants. Ce street-artist a commencé jeune dans la banlieue de Lisbonne. Dès l’âge de 13 ans, il tague les les murs puis les trains, s’essaye au pochoir. Vhils se penche ensuite vers sa boîte à outils pour mieux jouer sur le contraste. Quelques coups de bombe pour révéler les ombres du visage puis un mano a mano s’engage avec la surface. Sous l’épiderme de pierre et de brique jaillissent ses créations.

 

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Son art de la destruction est en fait plein de vitalité et de force. Une fois le travail terminé et le visage mis à jour, les murs parlent et les âmes endormies de la ville s’éveillent. Tel l’archéologue, Vhils gratte les couches du passé et change notre perception de la réalité urbaine. Il nous rappelle que la ville est comme le palimpseste, un parchemin où les hommes réécrivent sans cesse leur histoire. Les murs, la ville, l’homme : tous composés de différentes strates qu’il est parfois bon de remettre à la lumière.

 


Son travail est encore plus détonnant quand Vhils place des charges d’explosifs sous la surface des murs.
Boum art. Quand il travaille sur le papier, c’est à l’acide ou à l’eau de javel. Vhils, ça décape. Avec lui, le temps passe plus vite et souvent nous rattrape…

 

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Durant l’été 2011, le fabricant de jeans Levis a embauché Vhils pour immortaliser quatre “pionniers” qui contribuent à faire de Berlin un des centres culturels les plus vivants d’Europe. Pas de logo, ni le nom de la marque pour cette campagne de publicité new-look mais deux slogans qui appellent à aller de l’avant : “Go forth” et “Now is your time”.

 

Joe Hatchiban, un Irlandais qui organise avec son vélo customisé des karaokés mobiles sur l’amphithéâtre de Mauerpak à Berlin.

 

Réponse à la pollution visuelle des publicités en ville, le street-art devient ici une alternative pour faire connaître  son entreprise autrement. Levis innove, emmagasinant par la même occasion un peu de street credibilty, et quatre talents de Berlin (Fadi Saad, Various&Gold, Joe Hatchiban et Sven Marquardt) ont maintenant leur portrait sur les murs de la ville. En réinventant les rapports du street-art et de la publicité, Vhils montre que l’art de rue est en constante ébullition.


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Durant l’été 2012, Vhils a participé au festival Walk&Talk. Il y a réalisé une œuvre («abraçar a ruína») tout simplement grandiose où l’on voit une jeune femme, qui, telle une madone, prend les ruines d’un château dans ses bras. Cette belle au bois dormant ressuscite les veilles pierres et renouvelle notre regard sur un patrimoine en sommeil.

 

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Source : image 1 et image 2 /image 3 : merci Véronique ! / image 4 : copyright Luck cat

 

Aller + loin :


Histoire des arts… de rue #5 : l’art dans la friche

Produit de la crise et des cycles économiques, la friche industrielle a longtemps repoussé. Face à cet espace mort, mieux valait démolir pour écrire une autre histoire. Pourtant, il y a une alternative à la table rase et depuis vingt ans des friches industrielles situées en milieu urbain ont connu une nouvelle vie.

 

Entre la mort et la résurrection du site, les premiers à explorer ces lieux abandonnés sont les tagueurs. Ils cultivent la friche industrielle, la colorent et d’une certaine façon la ramène à la vie. Nouveau territoire de l’art, la friche peut connaître une parenthèse culturelle après des années d’activité industrielle.

 

A Saint-Etienne, nombreux sont ceux qui ont investi le site de la Stéphanoise de Construction Mécanique, pour le meilleur et pour le pire… En se baladant, on découvre un magnifique Gainsbourg, DSK qui sort du bain, la fresque “Rock’n'Hop”, d’autres pépites et beaucoup de brouillons. En plus des graffeurs stéphanois comme Oni, le parisien Brusk et l’artiste chilien Inti ont laissé leur trace sur le site.


 

 

 

En 2005, la Stéphanoise de Construction Mécanique fermait ses portes. Depuis plus d’un siècle, cette entreprise de Saint-Etienne était spécialisée dans l’étude et la fabrication de matériels de manutention de produits en vrac. Dans les années 1970, elle employait jusqu’à 600 personnes. Un an avant sa liquidation, il restait une cinquantaine d’employés sur le site de Plaine Achille. Aujourd’hui, le site est en pleine restructuration grâce au projet “Manufacture Plaine Achille”. Les locaux de l’ancienne usine accueilleront prochainement la Comédie de Saint-Etienne. Trois salles de 700, 300 et 100 places garniront cet espace. Le graffiti a fait vivre cet espace en transition pendant quelques années, le spectacle continue…

 

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Autre exemple frappant, le “bâtiment des douanes” de Pantingrand vaisseau en friche qui domine le bassin de Pantin, sur les berges du canal de  l’Ourcq, est devenu, au fil du temps un formidable «  terrain de jeu » pour de nombreux artistes graffeurs par ailleurs très actifs sur toute cette portion du canal.

 


Cet ancien site d’entreposage, deviendra bientôt le siège d’une grande agence de publicité au cœur d’un nouveau quartier exemplaire de la renaissance urbaine du canal de l’Ourcq.

 


Dans le cadre de l’édition 2012 de l’Eté du canal, Les artistes du collectif PoDaMa s’empareront des murs extérieurs du bâtiment pour célébrer, au travers d’un œuvre collective, la fin joyeuse de sa vie transitoire de spot artistique et sa nouvelle vie, signal de la renaissance de la Ville sur l’Ourcq.”

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L’album photo sur les graffitis de la friche Plaine Achille sont visibles sur le groupe Facebook de la p@sserelle.

Histoire des arts…de rue #3 – Dolk –

As du pochoir, Dolk commence à investir la rue en 2003. Drôle et subversif, cet artiste vient de Bergen, la deuxième plus grande ville de Norvège et un haut-lieu du street-art scandinave. Son style provocateur présente des similitudes avec le maître du genre, le génial Banksy. D’une situation banale, un bébé pleure face à son père désemparé, il fait surgir l’objet décalé (le mégaphone) qui fait monter à nos oreilles les revendications appuyées des tous petits…

Dolk peint des instantanés bourrés d’humour. Ce prisonnier s’exerçant au lancer de poids avec ardeur ne tardera pas à se rappeler sa triste condition…

Les icônes en prennent pour leur grade : Dolk peint un Che Guevara goguenard et narcissique. Imprimé à l’infini sur les t-shirts du monde entier, le visage du révolutionnaire a fini par se délaver. Le Che a perdu son regard fier et ténébreux pour s’esclaffer et prendre la pose cigare au bec. Dolk se moque d’une figure romantique devenue une simple image marketing, raillant du même coup ceux qui affichent un esprit rebelle bon marché.

Dolk livre aussi sa vision de notre société et ses messages sont clairs. Ce pochoir ramène l’être humain à la condition animale : un gorille, massif et patibulaire, retire sa peau d’homme pour rappeler nos bas instincts. Le sauvage n’est pas celui qu’on croit.

En 2008, Dolk débute avec l’un de se compatriotes (Pobel) un projet collaboratif sur les îles Lofoten, célèbres pour ses ports de pêche et les controversées chasses à la baleine. Durant l’été, ils décident de réaliser de grandes fresques sur des façades de maisons pittoresques sur le point d’être démolies. Dans un paysage nordique saisissant, des contes de fée surgissent au milieu de nulle part. Superman, héros usé sous perfusion, a même pris ses quartiers dans ce coin reculé de Norvège.

Le documentaire “Living decay” relate cette aventure où l’art des villes prend un grand bol d’air. En investissant d’autres lieux, Dolk contribue à ouvrir des perspectives novatrices pour un art en constante ébullition.

http://www.dailymotion.com/videoxd6w8b

Sources : Les images viennent du site officiel de Dolk, du Flickr de nulliversi et du site The Giant.org

Histoire des arts…de rue #2 – Roadsworth –

Natif de Toronto (Canada), Peter Gibson alias Roadsworth a fait ses premiers pas dans le street-art de façon plutôt inédite. En 2001, il trouve qu’il n’y a pas assez de pistes cyclables à Montréal. Il crée alors un pochoir avec un vélo qu’il va bomber à travers toute la ville. Une forme originale d’activisme, un pied de nez au tout automobile et une façon d’exister dans un espace urbain uniforme et contrôlé. L’artiste s’amuse à réinterpréter le conventionnel marquage au sol. Les lignes blanches, les passages piétons ou bien les places de stationnement en bataille s’éveillent après sa venue. Roadsworth détourne les codes de la route pour y inviter l’art sans interdit. Le bitume prend vie et la poésie s’empare des rues.

Roadsworth joue avec les ombres et le mobilier urbain.

L’artiste trace son sillon en ville et les idées germent. Un coup de frein lui inspire un trompe l’œil.

Son œuvre sur l’asphalte de Montréal lui amène la notoriété… et des soucis avec la justice. Peindre à même la chaussée sans demander l’autorisation de la ville et détourner la signalisation routière n’est pas sans conséquences. En 2004, Roadsworth se fait épingler pour vandalisme et inculper de plus de 50 chefs d’accusation. Un débat naît avec l’arrestation du Peter Gibson : est-ce de l’art ? A qui appartient l’espace public ? Un mouvement de soutien sans précédent de la population de Montréal montre la sympathie pour l’artiste au pochoir qui égaye les rues. Finalement, les accusations sont abandonnées en échange de 40 heures de travaux d’intérêt général. Comme le note un journal canadien :

« la Ville [de Montréal] départage clairement pour la première fois les simples graffitis, qu’elle qualifie de vandalisme, d’un travail stylisé comme celui de Roadsworth, qui entend redonner une forme d’humanité aux signes urbains ».

La municipalité de Montréal offre même du travail à Peter Gibson pour donner un supplément d’âme à certains quartiers. Cette fois, il est muni d’un permis et accompagné parfois d’agents de sécurité… De l’ombre à la lumière, l’histoire de Roadsworth questionne aussi sur les rapports que le street-art entretient avec les pouvoirs publics. Un artiste à qui une mairie passe commande peut-il rester libre et subversif ? Pour que l’art soit accessible partout et pour tous, cette collaboration n’est-elle pas plus productive que le jeu du chat et de la souris ?  Dans un univers où toute idée de récupération politique est bannie, Roadsworth contribue à écrire une nouvelle page du street-art.

Sources :

Gaëtan, rond point à double sens

Elcin, obligation de rêver

Loïc, sens interdit

Romain, attention traversée d'ivrognes

Plus d’infos sur Roadsworth sur le groupe Facebook de la p@sserelle




Histoire des arts…de rue #1 – Blu -

Pour quelques articles, la p@sserelle part en virée dans l’univers du street-art… Premier arrêt à Bologne, à la découverte d’un artiste surréaliste et engagé, Blu.

Blu est un artiste originaire de Bologne (Italie). Depuis 2000, ses fresques gigantesques s’étalent sur les murs des bâtiments du monde entier. Perché sur un échafaudage, une grue ou une échelle téléscopique, il déploie dans les villes son univers onirique et ses messages environnementaux et politiques. En Italie, il réalise à l’occasion du Fame festival un manifeste écologiste illustré sur une façade d’immeuble : notre planète, présentée sous la forme d’un gâteau, porte dans ses entrailles les déchets les plus toxiques. Une terre que l’on grignote où nous nous sommes déjà taillés la part du lion…

A Berlin, un sablier montre que temps est compté dans la lutte contre le dérèglement climatique.

A Lisbonne, une fresque évoque la lutte entre David et Goliath. Blu dénonce l’exploitation des ressources naturelles par des multinationales qui règnent sans partage sur la planète.

En octobre 2011, Blu se rend dans une Grèce en crise. Il y dépeint un phare de la civilisation européenne en mode warning : la dette ronge le pays jusqu’à son passé prestigieux.

Blu joue beaucoup avec le thème de la métamorphose. Comme dans un conte fantastique, ses créatures naissent et se transforment. Les cycles de la vie sont rejoués par ce sorcier des rues. A la croisée du street-art et de l’animation, Blu poste sur Internet des vidéos aux allures de bandes dessinées urbaines. La vidéo  en stop-motion intitulée MUTO déborde de créativité, les personnages se démultipliant à l’infini… La rue devient un laboratoire où les plans de Blu le savant-fou prennent vie.

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Sources :

Ella et Pitr, fabrique de beaux papiers


Il était une fois deux papiers peintres nommés Ella & Pitr. Leur rencontre s’est faite autour d’un pot de colle, depuis ils ne se lâchent plus d’une semelle. À Saint-Etienne, le duo décide de monter une fabrique de beaux papiers, peinturlurés, sobres ou colorés. Avec la rue pour décor, les complices habillent les murs des villes de fantaisie et d’humour. De cette nouvelle peau, surgissent leurs personnages et des histoires à raconter.

Leurs créatures s’offrent à ceux qui veulent bien les regarder et collent aux lieux. Chacun est libre de continuer sa route ou de réinventer ce qu’il voit, laissons parler les p’tits papiers… Quand le pouls de la cité bat trop fort, il est agréable d’avoir ces créatures comme compagnons de promenade, ces recoins de poésie éphémères dans un itinéraire trop bien tracé.


Le talent est un formidable passe-muraille et la manufacture d’Ella&Pitr marche à plein régime. Ils trottent et collent maintenant autour du globe. Alors, quand on apprend que la municipalité de Riorges (Loire-42) les invite à tapisser des murs, on a envie d’y aller…

http://www.dailymotion.com/videoxi7ut5

Avant d’aller parcourir les rues de la ville, on se rend au château de Beaulieu pour se procurer un plan des œuvres d’Ella&Pitr et voir leur exposition. Un employé municipal nous explique que la mairie a décidé de bannir la publicité de la ville depuis longtemps et que la venue des artistes stéphanois s’inscrit dans cette démarche d’offrir autre chose aux habitants que des affiches publicitaires. Les enfants de la ville ont aussi participé à l’opération, apportant leur pierre à l’édifice de papier.

Puis, on sillonne la ville de Riorges, à pied et en voiture. La pyramide de mamies qui font des tags est à l’entrée de la ville. Un géant de papier se dresse sur la façade du collège. Au parc du prieuré, on suit le feuillage laissé par celui qui se prenait pour un oiseau.

On se prend à escalader un improbable montage…

Surréaliste, poétique, interactif, pertinent aussi. L’Homme aux sacs est placardé sur une façade du supermarché Leclerc, un temple de la consommation. Le télé-acheteur enfourne des chips pendant que le monstre aux déchets s’apprête à l’engloutir. Un regard sur notre société de l’accumulation et du gaspillage que je vois bien faire étudier à mes élèves dans un prochain cours d’Histoire des arts.


Dernier détour par Chez Mamie, une des icônes d’Ella&Pitr.
Le long d’une avenue passante et bruyante, une maison appartenant à la mairie a été tapissée de rouge pour accueillir le tableau de chasse d’une Mémère assoupie. Le fusil à portée de main, elle dort d’un œil et attend de nouvelles proies (vous ?). Alors que je photographiais l’étonnante façade, une grand-mère de Riorges se gare, sort de sa Fiat Panda, m’accoste et me dit : “Vous ne trouvez pas ça triste tous ces canards morts ?“. A peine le temps de répondre qu’une vénérable nonagénaire ouvre les volets de la maison mitoyenne, souriante. On discute au bas de sa fenêtre car le collage amène des curieux. “Allez va te coucher Mamie !” lui lance soudain la première. La seconde ferme ses volets. Il est 17h30, chez Mamie, deux grands-mères sont parties roupiller…


D’autres photos d’Ella&Pitr à Riorges sont disponibles sur le groupe Facebook de la p@sserelle. Cliquez sur le logo !

Pour découvrir les œuvres d’Ella&Pitr

- La galerie de photos des papiers peintres sur Flickr



Banksy : Mr Brainstorm Vs Mr Brainwash


Sur la toile, des graffitis et des collages, des hommes en capuche sur des toits et dans la rue. La nuit, pendant que les murs de la ville s’encollent et s’animent, Thierry Guetta, un vendeur de vieilles fringues à Los Angeles filme l’histoire du street-art qui s’écrit. Pendant longtemps, il filmait tout et rien. Là, il fixe son objectif : faire un documentaire sur l’art de rue. L’histoire de la peinture à la bombe, c’est forcément explosif. Aérosol, adrénaline, acrobatie. Ses grands noms, leurs arrière-boutiques et leurs œuvres sur des kilomètres de bande. Cet art éphémère est capturé par un chasseur d’images “un peu cinglé” qui compile ses cassettes produites à la chaîne dans des boîtes qui prendront bien vite la poussière. Impossible à monter. Mais l’essentiel est ailleurs. Thierry Guetta veut rencontrer Banksy, l’icône absolue du street-art, celui qui vit la célébrité dans l’anonymat, l’engagement dans la subversion. Le réseau s’actionne et le miracle arrive un jour. Il l’aide et devient son ami. Et quand Thierry lui présente le documentaire, il lui conseille de faire autre chose, du street art par exemple. Thierry devient alors Mr Brainwash, rigolo, un brin mégalo et artiste auto-proclamé. Monsieur lavage de cerveau récupère, copie, colle et top chrono, ça rapporte gros.


Résumer “Exit through the gift shop” de Banksy ? Mr Brainstorm Vs Mr Brainwash. Les Britanniques aiment bien les histoires de Mr Jekyll et Mr Hyde ou celle de Frankenstein… Dans le cerveau de Banksy, une tempête de créativité et d’idées. Dans celui de Guetta, celles des autres. L’ombre et la lumière. La rue et le salon. La contestation pleine et la célébrité creuse.
Fait maison ou à la chaîne. Création, récupération. L’Art et la Tentation. L’un et l’autre ? Mr Brainwash, la créature du marionnettiste Banksy… hum, celui qui tire les ficelles et tient la caméra a bien raison de ne pas répondre. Dans ce film sur la condition d’artiste, Banksy a pris soin de camoufler sa ligne de fuite. En tout cas, une façon passionnante de se regarder dans la glace

http://www.dailymotion.com/videoxfq2en

Quelques liens

Le site du film “Exit through the gift shop”, Banksy (2010)

Signé Banksy

Une “biographie” signée Véronique Servat “Les murs de Banksy”