Archive for Ville de Firminy

L’aventure industrielle de Jacob Holtzer à Unieux

Dans le cadre des nouveaux programmes de 4ème, l’âge industriel doit être abordé à partir d’une étude de cas. Ce ne sont pas les exemples qui manquent dans la région stéphanoise. En effet, l’industrialisation a dynamisé ce territoire à partir de la décennie 1810. Resté jusque là à l’écart de la modernité, Saint-Etienne va devenir au XIX°siècle la 8ème ville française et la première région industrielle de France. Le ruban, l’acier et le charbon assurent l’envolée économique de la région. A Unieux, le maître des forges Jacob Holtzer et ses successeurs vont façonner ce village, le transformant en company-town (“ville” entièrement tournée vers l’industrie).

 

Dans la vallée de l’Ondaine (Loire), le nom de l’industriel Jacob Holtzer (1802-1862) résonne encore aujourd’hui. Un lycée de Firminy porte son nom et son empreinte sur le territoire est toujours visible.

 

Jacob Holtzer, un ouvrier devenu maître des forges


Jacob Holtzer est né en Alsace au début du XIX°siècle. Ouvrier dans une manufacture d’armes, il se retrouve au chômage quand son entreprise ferme. Alors qu’il n’a que 17 ans, il décide de rejoindre son cousin Jean qui travaille pour la Manufacture d’Armes stéphanoise.  Ensemble, ils créent d’abord une fabrique d’acier près du Chambon-Feugerolles dont la moitié de l’acier part pour les besoins de la Manufacture d’armes de St-Etienne. Les armes doivent être de bonne qualité pour éviter qu’elles n’explosent dans les mains des utilisateurs ! Ils produisent aussi des outils agricoles, des marteaux, des enclumes et emploient huit ouvriers, tous  originaires d’Alsace. Puis, en 1829, Jacob s’installe à Unieux, au lieu-dit Le Vigneron. En 1842, les deux cousins mettent fin à leur association. Jacob va pouvoir se consacrer à son usine d’Unieux. A proximité de son entreprise, il dispose d’atouts importants : il y a l’Ondaine, d’anciens moulins à eau, du charbon en abondance, peu cher et un savoir-faire métallurgique (clouterie). L’utilisation de la machine à vapeur (1843) et de nouvelles techniques font augmenter la productivité (produire + et + vite). En 1847, une  grande voie de communication reliant Firminy à Saint-Bonnet le Château passe le long de son usine ce qui facilitera l’approvisionnement en charbon. Une ligne de chemin de fer est ouverte en 1859 entre Saint-Etienne et Firminy.

Jacob Holtzer, un entrepreneur novateur et soucieux de ses ouvriers


Grâce à tous ces atouts, les forges et aciéries de Jacob Holtzer prospèrent. À sa mort en 1862, l’usine produit 10 tonnes de métal par jour et occupe 500 ouvriers. La guerre joue un rôle important dans le développement de l’entreprise. Déjà appelée à renouveler l’armement des Français pour la guerre contre la Prusse de 1870, l’entreprise Holtzer prend une autre dimension lors de la Première Guerre mondiale. Elle double son étendue pour livrer à l’armée des obus, des bombes, des mitrailleuses, des canons, des pièces d’artillerie,… Après-guerre, l’entreprise s’oriente vers la production d’acier pour l’outillage, l’automobile ou l’aéronautique.

Mais cet essor industriel doit beaucoup à la personnalité du maître des forges. Le self-made man est aussi “le bienfaiteur d’Unieux”. Décrit comme quelqu’un de simple et attentionné envers ses ouvriers, Jacob Holtzer aurait même été surnommé “le papa” dans son usine. Il a su créé autour de lui une véritable communauté de travail. Un historien, Joseph Jacquemond, décrit un industriel tourné vers l’avenir mais attaché aux détails du quotidien de ses travailleurs.


Resté très attaché à son pays natal, (…) il faisait venir des ouvriers alsaciens au fur et à mesure que son entreprise l’exigeait. Il se forme ainsi à Unieux une sorte de colonie alsacienne. (…) Il fit construire une grande maison pour y loger ses collaborateurs. C’était pour lui l’occasion de leur procurer un logement décent mais aussi de surveiller leur mode de vie et même la tenue de leur maison.

La cantine de l’entreprise Holtzer

Construits près de l’usine, ces logements ouvriers appelés “casernes” montrent le paternalisme du chef d’entreprise (ce programme sera complété par la construction de maisons avec jardin). Évidemment, une telle organisation de l’espace permet de contrôler les employés mais comme le note René Commère :

Jacob Holtzer eut à cœur de procurer à son personnel des occupations en dehors des heures de travail. Ainsi se donnait-il dans l’usine des fêtes alsaciennes réunissant patrons et ouvriers. (…) Une fanfare exista avant 1860. (…) Une bibliothèque s’ouvrit à tous avec une salle de lecture. Unieux fut le théâtre d’initiatives sociales peu courantes en leur temps : ouvroir, pouponnière, salle d’asile, salle de visite médicale, société de secours mutuel, système d’épargne dont on raconte que Madame Holtzer tenait les carnets des ouvriers. La tradition rapporte aussi qu’elle préparait la soupe pour les ouvriers célibataires et qu’elle apaisait les petits conflits de voisinage.

Cette politique sociale sera poursuivie par les successeurs de Jacob Holtzer, Jules Holtzer (son fils) et surtout Frédéric Dorian (son gendre) qui dirigera la société de 1861 à 1873. L’accent est mis sur l’instruction des enfants d’ouvriers. Au départ, il n’était pas nécessaire d’être très instruits pour devenir ouvrier. Mais, avec la volonté des Holtzer d’avancer toujours plus loin techniquement, il a fallu des gens formés pour faire fonctionner les machines. En plus de l’école maternelle fondée en 1840, la société finance la moitié de la construction d’une nouvelle école à Unieux en 1868. Quatre ans plus tard, deux écoles publiques et gratuites ouvrent pour les filles et les garçons d’ouvriers : l’entreprise Holtzer prend en charge le salaire des maîtres et l’achat du matériel.


L’empreinte de l’entreprise Holtzer sur le paysage

 

A Unieux et à Fraisses, la dynastie Holtzer a inscrit dans le paysage leur grande aventure industrielle. Un plan de l’entreprise Holtzer en 1840 montre  la maison familiale des Holtzer (a) dominant le complexe métallurgique. Le patron et sa famille partageaient donc la vie de l’entreprise et celle des ouvriers. Le développement de la société et l’arrivée d’une main d’œuvre plus nombreuse amènent une modification du paysage. Sur ce panorama datant de 1870, on voit très clairement que la hiérarchie sociale est respectée dans l’entreprise Holtzer. Le complexe industriel regroupe l’usine, la cité ouvrière et le château du directeur. La proximité de la caserne s’explique facilement : dans l’usine, le travail est réglé par le rythme des fours et quand il est chaud, il faut pouvoir mobiliser rapidement les ouvriers.


 

Symbole de la réussite, le château Holtzer domine la vallée industrielle, à bonne distance pour garder à la fois un œil sur les activités et une vie privée tranquille. Ironie du sort, Jacob Holtzer n’habitera jamais cette belle demeure terminée en 1864. Frédéric Dorian, le nouveau maître des forges et futur ministre des travaux publics, construit son château en 1863. C’est d’ailleurs là que séjournera Emile Zola en 1900, invité par la fille de Dorian à découvrir le fonctionnement de cette company-town qu’est devenue Unieux au cours du XIX°siècle. Dans son livre “Travail“, l’écrivain évoque l’univers des métallurgistes et ébauche un idéal de communauté industrielle probablement inspiré par les réalisations sociales de la dynastie Holtzer.


Sources :

 

- Les illustrations viennent du fonds de la Société d’Histoire de Firminy.

- Pour aller plus loin sur le sujet, trois publications des publications de l’université de Saint-Etienne.

  • René Commère, Mémoires d’acier en Ondaine : histoire d’un site métallurgique en région stéphanoise, 2000. A consulter, son blog L’Unieutaire, une référence sur l’histoire de la vallée de l’Ondaine.
  • Jospeh Jacquemond, La révolution industrielle dans la vallée de l’Ondaine (1815-1914), 1995
  • Nicole Verney-Carron, Le ruban et l’acier : les élites économiques de la région stéphanoise au XIX°siècle (1815-1914), 1999

- Des photos de la grande caserne, du château Holtzer et de Fraisses à retrouver sur le groupe Facebook de la passerelle

 

- …et pour accompagner votre balade, “Mains d’or” de Bernard Lavilliers

 

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Le patrimoine Le Corbusier à Firminy, le vert de l’espoir

Firminy noir, Firminy vert : d’un patrimoine à un autre

A deux pas du collège Waldeck Rousseau, l’église Saint-Pierre est finalement sortie de terre après des années d’abandon. Aujourd’hui, le patrimoine Le Corbusier est devenu un atout pour la ville de Firminy. La ville a en effet accusé le coup avec des fermetures d’usines installées dans la vallée de l’Ondaine. Le Corbusier offrira t-il le vert de l’espoir

C’est ce qu’espérait l’ancien maire de la ville, Dino Cinieri. En 2007, il est interviewé par Frédéric Morvan pour expliquer son projet pour valoriser l’héritage Le Corbusier à Firminy.

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  1. Grâce au patrimoine Le Corbusier, quelles activités souhaitait développer le maire ?
  2. Pourquoi est-ce un site exceptionnel selon le maire ?
  3. Comment était perçu le patrimoine Le Corbusier par des habitants de Firminy ?
  4. Qui est intervenu pour terminer l’église Saint-Pierre ?
  5. Pourquoi avoir déposé un dossier à l’UNESCO ?
  6. Quels événements vont se dérouler dans l’église Saint-Pierre ?

D’après un article paru l’année dernière, l’activité touristique autour du patrimoine Le Corbusier doit encore se développer. L’inauguration de l’église Saint-Pierre a permis une hausse de la fréquentation en 2007. Cependant, l’année 2008 a été moins réussie : aujourd’hui, l’objectif des 50 000 visiteurs par an à Firminy n’est pas atteint. Selon Benoît Rémy, le directeur de l’Office de tourisme de Saint-Etienne métropole, le bilan est “mitigé mais prometteur“. Un événement pourrait accélérer les choses. Aux dires de Benoît Rémy, l’arrivée massive de touristes “devrait avoir lieu en 2010 / 2011 avec l’inscription du site au patrimoine mondial de l’humanité.”

L’empreinte du Corbusier à Firminy, suivez le guide !

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Sources :

Un livre récent permet de comprendre l’histoire de l’œuvre du Corbusier à Firminy.Firminy, Le Corbusier en héritage” a été écrit sous la direction de Xavier Gillot. Avec le livre, deux DVD donnent la parole aux acteurs qui ont participé aux travaux de l’Eglise Saint-Pierre.

Firminy : l’histoire d’une ville ouvrière

Les ouvriers aux mains d’or…

vue-de-firminy1Au cours du XIX°s, la bourgade de Firminy est devenue une ville ouvrière avec une population métissée. Les mines, les aciéries ont attiré en ville des travailleurs qui espèrent trouver ici une vie meilleure. Pendant plus d’un siècle, l’industrie fait vivre une vallée jusqu’alors rurale.

Au départ, les ouvriers viennent des campagnes environnantes de la Haute-Loire et d’Ardèche. A partir de 1920, une main d’œuvre étrangère arrive pour travailler dans les mines et les usines de métallurgie. Des Polonais, des Italiens, des Espagnols et des Maghrébins s’installeront dans des cités ou des baraquements. Après 1950, Firminy attire des Siciliens, des Portugais, des Algériens et des Turcs.

Cependant, dans les années 1980, les dernières mines de la vallée ferment et la grande usine de Creusot-Loire fait faillite. Des monstres de métal comme la tour de trempe nous rappellent le temps du Firminy noir. Aujourd’hui encore, des usines de métallurgie perpétuent les savoir-faire des “métallos” de la vallée de l’Ondaine qui “forgeaient l’acier rouge avec leurs mains d’or“.

La situation économique de la ville reste difficile : avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (13,6% en 2006), des Appelous ont quitté leur ville pour trouver du travail ailleurs. “Des 25 060 habitants de 1975, il en reste 17 975 au dernier recensement” note un article récent du Progrès. Alors, on se tourne vers un autre patrimoine pour redonner de l’attrait à la ville, celui qui porte le vert de l’espoir…

Prochain épisode : Le patrimoine Le Corbusier à Firminy, le vert de l’espoir …

Mots-clés : une ville ouvrière / les ruraux / les urbains / les Appelous / l’immigration

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VIDEO : Firminy, une bourgade devenue ville

  1. Quel symbole du Firminy industriel apparaît au début de la vidéo ?
  2. Avant l’installation de l’industrie, à quoi ressemblait Firminy ?
  3. Au milieu du XVIII°s (vers 1750), quels étaient les métiers des habitants ?
  4. A quel siècle se développe l’industrie ?
  5. D’après M. Commère, quels sont les atouts de Firminy ?
  6. Qu’est-ce qui change avec l’installation de l’industrie à Firminy ?

Sources :

  • La vidéo est extraite du blog de Louis Brun, enseignant au lycée Jacob Holtzer de Firminy. Ce documentaire a été réalisé par des lycéens de 1ère.
  • L’article “Le chômage mine les «cités radieuses» de l’Ondaine” est paru dans l’édition de la Tribune-Le Progrès du 11 juillet 2009.
  • Des informations viennent du site officiel de la ville de Firminy.
  • J’ai écrit cet article avec comme bande-son une chanson signée Bernard Lavilliers, “Les mains d’or” (à écouter dans le lecteur Deezer)

Firminy : ma ville et son patrimoine

Firminy, un village devenu grand

Habiter à Firminy, c’est vivre dans une ville chargée d’histoire. Proche de Saint-Etienneet de l’Ondaine, la cité a grandi au XIX°s au moment où l’industrie s’est développée. Les travailleurs de la Haute-Loire voisine et de l’Ardèche descendent “bosser” dans la vallée, dans les mines ou les usines. Le village devient alors une ville qui attire une main d’œuvre étrangère. En 1820, la population s’élève à 2627 habitants. Un siècle plus tard, la ville accueille plus de 20000 habitants, venant d’un peu partout. Pour loger tout ce monde, on construit des habitations de façon désorganisée. Après la Seconde Guerre mondiale, le maire Claudius Petit et un architecte surnommé Le Corbusier vont repenser la ville : Firminy vert voit le jour…

 

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Le paysage pour point de départ

 

L’histoire de Firminy se voit. Sur la RN88 qui mène à Saint-Etienne, le patrimoine industriel de la vallée de l’Ondaine défile sous nos yeux. Un colosse noir règne sur la vallée, c’est la tour de trempe nommée aussi “la canonnière” : la connais-tu ? Cherche la sur la vue panoramique de Firminy… pic_0020

Pour que tu connaisses ta ville et son patrimoine, nous allons prendre de la hauteur.  Aller sur la colline de Montessus car de là-haut le paysage dévoile des indices pour comprendre l’histoire des Appelous. Pourquoi travailler là ?  Pourquoi construire ici ? Sur les traces du patrimoine industriel et du patrimoine Le Corbusier, l’histoire de Firminy prendra du sens. Des parties du paysage (que l’on appelle aussi “des unités paysagères”) se détacheront et, à ton tour, tu pourras conter l’histoire de ta ville avec le bout du doigt…

Le feuilleton paysager de Firminy commence, la suite dans le prochain épisode …

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Sources images :

J’ai pris en photo ce panorama de la ville de Firminy depuis le quartier de Montessus (octobre 2009).

La photo de la tour de trempe (du grand H et de l’Unité d’habitation) a été prise par René Commère. Son blog “L’Unieutaire” est une mine d’informations pour ceux qui s’intéressent au patrimoine industriel de la vallée de l’Ondaine.

Les copies d’écran viennent du site Géoportail / IGN


Histoire des arts : Le Corbusier à Firminy

Adulé, apprécié, surcoté ou détesté, Le Corbusier laisse rarement les gens indifférents. Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier est un artiste complet (architecte, peintre, sculpteur, designer et poète) qui a marqué l’histoire du XX°siècle. Quarante-six après sa mort, l’homme au nœud papillon et aux lunettes rondes cerclées de noir est toujours au centre de discussions animées. Courant après les commandes publiques, il propose ses services à des hommes en mesure de lui donner du travail : Blum, De Gaulle mais aussi Mussolini, Staline, Pétain. Cela entretient la confusion autour de l’homme et certains le disent extrémiste ou antisémite. Pourtant, seul Nehru (premier ministre indien) lui confiera une œuvre majeure à réaliser : Chandigarh. Le Corbu semble avant tout être un opportuniste, prêt à tout pour travailler. Bref, Le Corbusier alimente aussi bien les Unes des journaux (lire l’article du Matin, “Faut-il brûler le Corbusier ?) que le programme d’Histoire de la classe de 3ème.

Pour les habitants de Firminy, Le Corbusier fut aussi un sujet de polémiques. Au menu de l’épreuve de l’Histoire des arts, il devient pour vous un sujet d’étude passionnant et révélateur de l’histoire contemporaine de la cité appelouse. Pour guider vos pas sur le patrimoine Le Corbusier à Firminy, voici quelques informations utiles collectées après la visite des lieux en compagnie d’Yvan Mettaud, conservateur du patrimoine à Firminy.

Vous pouvez retrouver un fil de discussion et plus de photos de l’œuvre du Corbusier à Firminy sur le groupe La p@sserelle sur Facebook. Pour cela, cliquez sur le logo !

 

Le Corbusier : l’homme et l’architecte

1887 : Charles-Edouard Jeanneret naît à la Chaux-de-Fonds en Suisse. Il y étudie l’art.

1908 : Il découvre la technique du béton armé.

1907-1911 : Cet autodidacte continue sa formation en voyageant beaucoup (en Europe centrale et autour du bassin méditerranéen). Il est à la fois admiratif des grandes réalisations comme celle du Parthénon et à l’initiative d’un nouveau langage architectural.

1920-1925 : Il fonde la revue “L’Esprit nouveau”. Il écrit sous le pseudonyme de Le Corbusier. Pour lui, la maison est une “machine à habiter” et “l’écrin de la vie“.

1922 : Il fonde une agence d’architecture à Paris. Dans un projet pour la ville de Paris appelé le plan Voisin (du nom d’une marque automobile), il propose de raser la moitié de la ville ! A Paris, une partie de l’habitat est insalubre, indigne selon lui de la condition humaine. Il faut également adapter la ville aux nouveaux moyens de transport comme l’automobile. Il ne sera pas suivi…

1933 : Il énonce les 5 points d’une architecture nouvelle (les pilotis, l’ossature indépendante, le plan libre, la façade libre, le toit jardin) et les 4 fonctions de la ville (habiter, travailler, se cultiver le corps et l’esprit, circuler) qui seront repris dans la Charte d’Athènes de 1933. Cette charte est le fruit des réunions des CIAM (Congrès International d’Architecture moderne).

1946 : Le Corbusier rencontre Claudius-Petit, le futur maire de Firminy.

1954 : Il se voit confier la construction du centre civique de Firminy (Maison de la Culture, stade, piscine, église Saint-Pierre) puis la conception de trois Unités d’Habitation.

1965 : Il meurt noyé à la suite d’une baignade à la Roquebrune-Cap-Martin (Alpes maritimes) où il possédait un simple cabanon.

Le Corbusier et l’architecture moderne

L’œuvre de Le Corbusier s’inscrit pleinement dans le mouvement moderne, un courant architectural apparu après la Première Guerre mondiale (1918). Il est aussi connu sous le nom de Style international car ses principes se diffusent à l’échelle mondiale. C’est un retour à des choses simples et aux couleurs primaires. L’ornement et la décoration laissent place aux formes épurées, aux volumes, au jeu avec la lumière. Le modernisme né avec l’ère industrielle et la standardisation fait la part belle aux nouveaux matériaux : le métal, le béton et le verre. C’est une architecture fonctionnaliste : la forme d’un bâtiment dépend de sa fonction. Pour Le Corbusier, la maison est une “machine à habiter” : il construira aussi bien des villas blanches (villa Savoye, 1931) que de l’habitat collectif (les Cités radieuses). Cette architecture est une réponse au besoin de logements sociaux qui émerge après-guerre. La vision de Le Corbusier est résumée dans Les Cinq Points d’une nouvelle architecture (1926) :

  • les pilotis transforment le rez-de-chaussée en espace dégagé.
  • le toit-terrasse peut servir de jardin, d’espace sportif, de solarium, …
  • le plan libre libère l’espace dans les appartements.
  • l’ossature indépendante : un poteau remplace un mur portant. Les fenêtres sont d’un bout à l’autre de la façade pour plus de lumière.
  • la façade libre : ainsi la façade peut facilement être modelée par l’architecte (fenêtre en bandeau).

Autres grands noms de l’architecture moderne français : Jean Prouvé, Charlotte Perriand.

Le Corbusier à Firminy-Vert (1953-1965)

En Europe, c’est à Firminy que l’on trouve la plus grande concentration d’œuvres du Corbusier. Ce n’est pas rien pourtant le site n’attire pas encore des foules de visiteurs. Retour sur l’histoire d’une rencontre et d’une réalisation architecturale atypique…

 

Habiter à Firminy, c’est vivre dans une ville chargée d’histoire. Proche de Saint-Etienne et de l’Ondaine, la cité a grandi au XIX°s au moment où l’industrie s’est développée. Les travailleurs de la Haute-Loire voisine et de l’Ardèche descendent « bosser » dans la vallée, dans les mines ou les usines. Le village devient alors une ville qui attire une main d’œuvre étrangère. En 1820, la population s’élève à 2627 habitants. Un siècle plus tard, la ville accueille plus de 20000 habitants, venant d’un peu partout. Pour loger tout ce monde, on construit des habitations de façon désorganisée. L’essor industriel fonde des projections démographiques optimistes durant les Trente Glorieuses : on prévoit toujours plus de monde dans la ville…


En 1953, le maire Eugène Claudius Petit fait le point sur la situation économique et sociale de la ville : il y a des taudis, beaucoup d’Appelous n’ont pas accès à l’eau potable, les équipements scolaires, sportifs et culturels manquent cruellement. C’est sur la base de ce constat que le maire Claudius Petit lance le projet de Firminy-Vert. Avec une équipe d’architectes inspirés par le mouvement moderne, ils repensent la manière de vivre la ville au XX°s. L’idée est de réserver 80% de la surface aux espaces verts en misant sur la verticalité et l’économie d’espace (grands immeubles), de socialiser l’espace public et de suivre les principes édictés par Le Corbusier. 11 immeubles d’habitation et 7 bâtiments sortent de terre.


C’est en 1955 que le conseil municipal vote à l’unanimité le choix de Le Corbusier pour la réalisation d’un centre civique à Firminy-Vert. Un an plus tôt, l’architecte était déjà venu incognito à Saint-Etienne. Son séjour avait été discret car après la réalisation de la Cité Radieuse à Marseille, l’homme était sous le feu des critiques. On l’accuse par exemple de défigurer le paysage français (“La maison du fada”). Ainsi, il faut le soutien indéfectible de Claudius-Petit pour mener à bien le projet qui donnera naissance à cinq réalisations pensées par Le Corbusier.


  • La maison de la culture (1961-1965) est le seul bâtiment réalisé de son vivant.
  • Le stade (1966-1968) est construit par deux de ses collaborateurs : André Wogensky et Fernand Gardien.
  • La construction de la piscine (1969-1971) est aussi confiée à André Wogensky.
  • L’Unité d’habitation est pensée par Claudius-Petit et Le Corbusier (trois unités étaient prévues au départ). Cité-jardin verticale, on y retrouve les principes de Le Corbusier. Commencée en 1965, elle est achevée par Wogensky en 18 mois.
  • L’église Saint-Pierre (1970-2006) culmine à 33 mètres de hauteur. Le chantier s’interrompt en 1976 et ce n’est que dans les années 2000 que l’on décide de continuer les travaux.

Réponse au Firminy noir, l’œuvre de Le Corbusier n’a pas fait l’unanimité dans la population appelouse. Si les habitants de l’Unité ont conscience de vivre dans un immeuble pas comme les autres, l’idée d’appartenance et de collectif s’est atténuée au fil du temps. Conçu pour une cité en pleine expansion, l’équipement culturel et sportif de Firminy est aujourd’hui exceptionnel pour une ville de 17 000 habitants.

 

 

Quelques phrases de Le Corbusier

  • “La vie moderne demande, attend un plan nouveau, pour la maison et pour la ville.”
  • “La maison ne doit plus être faite au mètre mais au kilomètre.”
  • Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement“.
  • La maison a deux fins, c’est d’abord une machine à habiter (…). Mais c’est ensuite le lieu utile pour la méditation, et enfin le lieu où la beauté existe et apporte à l’esprit le calme qui lui est indispensable…
  • Le grand art est simple, les grandes choses sont simples. Mais n’oublions jamais que si le simple est grand et digne c’est qu’il n’est par définition que la synthèse du compliqué, du riche, du complexe.

L’oraison funèbre de Le Corbusier par André Malraux, ministre chargé des affaires culturelles (1965), est restée célèbre.

Le Corbusier a connu de grands rivaux, dont quelques-uns nous font l’honneur d’être présents et les autres sont morts. Mais aucun n’a signifié avec une telle force la révolution de l’architecture, parce qu’aucun n’a été si longtemps, si patiemment insulté.

Aller + loin

Waldeck 2011 – Cheese !

Une année scolaire se termine, certains la finissent avec le sourire, d’autres avec un brin de nostalgie. Comme promis, voici les photos prises jeudi et ce matin avec les 4°1, 4°3, 3°4 et 3°2. Cheese !

Waldeck 2011 – 4°1 -

Waldeck 2011 – 4°3 –

Waldeck 2011 – 3°2 et Mme Melgar –

Waldeck 2011 – 3°4 –

Waldeck 2011 – 6°1 -

Les vacances sont proches mais avant les 3ème ont un Brevet à décrocher… Bon courage à eux pour la dernière ligne droite ! Bons congés aux autres, revenez en forme !

[Plus de photos de Waldeck] L’année prochaine, des travaux de rénovation sont prévus et Waldeck Rousseau va changer de visage (CDI, salle info, vie scolaire, préau, passerelle). Pour garder une trace du Waldeck d’aujourd’hui, j’ai pris quelques photos du collège. A retrouver sur le groupe Facebook de la p@sserelle.

Firminy, la géo sur le terrain et dans la brume

La classe de 6°1 sur le terrain

Pour cette leçon de géographie sur le terrain, nous n’avons pas été vernis pour le temps. Brume et pluie étaient au rendez-vous… Qu’importe, sur les hauteurs de Montessus, on peut vraiment raconter l’histoire de Firminy du bout du doigt. Vous avez repéré quatre unités paysagères :

1. le Firminy industriel et son totem noir, la Tour de trempe

2. le centre-ville et ses lieux de pouvoirs, de culture, de culte, …

3 . Firminy-vert et sa ceinture végétale où trône l’Unité d’habitation du Corbusier

4. la vallée de l’Ondaine, sa rivière et ses voies de communication

Les détours faits en car pour voir de près l‘Unité d’habitation et la tour de trempe (appelée aussi la canonnière) peuvent vous servir pour raconter votre histoire : celle d’un travailleur immigré à Firminy au XIX°, XX° ou XXI°s. Pour illustrer votre histoire, servez-vous des images que vous gardez en tête après cette visite. J’amènerai en classe quelques photos et mettrai en ligne d’autres images si vous manquez d’inspiration.

Un détour par l'Unité d'habitation du Corbusier

Après la sortie, vous vous posiez encore des questions :

Amel / Combien il y a t-il d’appartements au Corbusier ?

Le Corbusier prévoit 414 appartements. Mais an maximum, 320 appartements seront occupés vers 1973.

Askhab / Commment est mort le Corbusier ?

Il meurt le 27 août 1965 au cours d’une baignade dans la Méditerranée.

Qui a fini l’Unité d’habitation à la mort de Corbusier ?

Construite entre 1965 et 1967, le projet sera confié à André Wogensky suite à la mort de Le Corbusier le 27 août 1965“. André Wogensky est un des élèves du Corbusier. (source)

Coline / Pourquoi a t-on fait un patrimoine qui faisait école et habitation à la fois ?

C’est le sujet d’un prochain cours…

Stella / Combien de rues comporte le Corbusier ?

Il y a 7 rues qui donnent sur 18 niveaux (les appartements sont en duplex, c’est-à-dire sur 2 niveaux).

Clément / Combien de temps s’est écoulé pour construire Firminy vert ?

Le projet de Firminy vert a duré une dizaine d’années, de la décennie 1950 à la décennie 1960.

Léo / Combien il ya t-il encore d’habitants dans le Corbusier ?

Il faut que je me renseigne.

Jérémy / Pourquoi la ville de Firminy s’est  agrandie ?

On l’a vu en cours. Regarde la leçon I du chapitre sur “Firminy, ma ville et son patrimoine”.

Madyan / Est-ce que nous voyons Saint-Etienne depuis Montessus ?

On aperçoit tout juste Saint-Etienne au bout de la vallée de l’Ondaine, dans la brume aujourd’hui.

Fabien / Pourquoi la tour de trempe a ce nom ?

La tour de trempe est aussi appelée “canonnière”. On y fabriquait des canons pour des navires de guerre ou encore des obus. Comme on trempait les canons dans deux fosses différentes (dans un four de chauffe et une fosse de trempe), le nom était tout trouvé.

Pourquoi a t-elle été abandonnée ?

La tour de trempe aurait arrêté de fonctionner vers la fin des années 1970. René Commère explique cet arrêt pour des raisons de coût, de sécurité et de changement de technique de trempe (horizontale).

Marjorie / Est-ce que des gens ont voulu détruire la tour de trempe ?

Ce type de tour est rare en Europe : peut-être aura t-elle un jour droit à une plaque “monument historique” comme celle que nous avons vu à l’Unité d’habitation. Il faut la conserver en tant que symbole du Firminy noir.

Façade de l'Unité d'habitation du Corbusier


Blocus des lycées à Firminy : vous bloquez, ils débloquent

Depuis jeudi 7 octobre, les blocus de lycée agitent quelques rédactions en France. Dans la Loire, la Une du quotidien La Tribune-Le Progrès (édition Ondaine) est occupée depuis deux jours par l’action lycéenne :

  • Les lycéens de la Loire à leur tour dans la rue” (8 octobre)
  • Manifestation des lycéens : dérapages à Firminy” (9 octobre)

L’enchaînement des événements paraissait couru d’avance : les jeunes bloquent leurs lycées, des incidents éclatent, le mouvement est en grande partie décrédibilisé. Alors que l’histoire commence, on a l’impression d’avoir déjà lu la fin.

Les jeunes dans la rue :  les médias sont friands de ce type d’information. Dans l’inconscient collectif, cela rappelle Mai 68, les barricades, les pavés, une jeunesse rebelle qui a soif de libertés. Jeudi, à Saint-Etienne, Firminy et Feurs, près de 1400 lycéens assistaient/participaient au mouvement de contestation de la réforme des retraites et du lycée. Empressé de diffuser l’information, Le Progrès commet une erreur dans un article diffusé jeudi sur son site internet en écrivant que ces actions dénonçaient “non pas la réforme des retraites mais celle du lycée”. Dans l’emballement, seule la contestation de la réforme du lycée était évoquée. Une erreur corrigée dans l’édition de vendredi mais très révélatrice. L’empressement à traiter l’événement montre que les raisons de la mobilisation sont vite dépassées par les possibles conséquences sur l’ordre public. Dans l’article du Progrès de jeudi sur Firminy, il n’est pas question de slogans, de banderoles qui indiqueraient la nature des revendications, seuls les troubles à l’ordre public sont mentionnés. C’est un mouvement d’humeur désorganisé, une sorte de grande récréation qui est décrite (lire ici).

D’après le journal, le mouvement est “initié par les jeunes communistes de la Loire, aucun syndicat n’étant associé au mouvement.En discutant avec des anciens élèves aujourd’hui à Albert Camus ou à Jacob Holtzer, j’ai l’impression que les instigateurs du mouvement ne sont pas clairement identifiés. Si la manifestation a effectivement au départ une coloration politique, tout semble se diluer par les canaux d’information utilisés par les jeunes. Avertis par SMS, MSN ou Facebook, ils relaient souvent l’information sans trop se demander qui en est à l’origine. L’avantage des réseaux, c’est que l’information passe vite. Le risque, c’est d’être instrumentalisé ou d’agir sans réfléchir aux conséquences que peut avoir un mode d’action tel que le blocus.

Le mode d’action : blocus, malus

En 2006, la lutte contre le CPE est marquée par de nombreux blocus en milieu scolaire (lycées, universités). Si à l’origine, “le blocage est une décision collective que les étudiants les plus mobilisés prennent au cours d’assemblées générales, en ayant soin de mettre cette décision au vote à la majorité absolue des personnes présentes“, on connaît aussi les limites de ce type d’action (le vote à main levée par exemple). Les blocus qui s’éternisent ont donné une très mauvaise image à ce type d’action. Priver les autres de la liberté d’étudier est aussi très problématique…

Pourquoi bloquer ? D’abord, parce qu’un blocus se monte à la vitesse d’internet. Il ne demande pas une longue réflexion : un appel est lancé (“AVIS A TOUS LES CAMUSIENS ! Demain blocus a camus, si vous aussi vous ne voulez pas bosser jusqu’a 70 ans, alors rejoignez nous !”) et s’il est relayé massivement, c’est gagné. Le blocus doit servir de déclencheur à un mouvement de protestation, de signal d’alerte pour les médias et l’opinion publique. Souvent improvisé, le mouvement semble se construire au fur et à mesure : la justification du mouvement s’échafaude souvent en même temps que l’événement.

Si les lycéens ont évidemment leur mot à dire, le blocus est-il le bon ? Avec un blocus, tout va trop vite. Ce mode d’action s’impose aux jeunes et séduit un bon nombre : mais sans véritable organisation, on crée les conditions du désordre et nombreux sont les lycéens déçus de la tournure que prennent les événements. Il faut préparer son coup pour rendre lisible la manifestation… Si jeudi le journaliste de la Tribune se trompe sur les raisons du blocus à Firminy :

  • soit il s’est précipité pour rendre compte le plus vite possible de l’information
  • soit les motivations du blocus n’étaient pas assez lisibles : mettre des poubelles tête bêche ne suffit pas à faire passer un message.

Le côté spontané de l’action à Firminy (manque de porte-paroles identifiés, mouvement peu organisé) peut laisser penser que pour certains le blocus est une fin en soi. On s’aligne sur quelques mots d’ordre, on participe à un grand charivari, on s’époumone, on existe. Rite initiatique, séchage de cours et vraie mobilisation se mêlent : qu’en restera t-il ? Je pense  qu’un blocus n’est jamais une bonne solution, il faut débattre, libérer la parole, chercher des actions alternatives pour faire entendre sa voix. Fermer des portes, monter une barricade et empêcher le bon déroulement des cours font basculer l’action dans quelque chose de négatif, qui laisse la place au débordement et à la bêtise. Surtout quand on a rien fait avant. Pour réussir une action, il faut gagner l’opinion publique. Surtout pour des lycéens en quête de crédibilité. Deux anciennes élèves me disaient hier après-midi qu’elles avaient vu applaudir une dame, très émue par l’action de ses jeunes compatriotes. Mais les propriétaires de véhicules stationnés près de Jacob Holtzer n’auront pas la larme à l’œil en voyant leur rétro cassé ou leur pare-brise abîmé. De plus, dans des villes comme Firminy où il y a eu récemment des flambées de “violences urbaines”,  il faut réfléchir sérieusement à la portée d’une telle action. Un mouvement peut vite se faire déborder : c’est ce qui ressort des derniers articles en date dans le Progrès :

La manifestation de 400 lycéens contre la réforme des retraites, ce matin à Firminy, a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Cinq manifestants ont été interpellés pour avoir lancé des projectiles sur les policiers.


Le reste de l’article de vendredi décrit une journée de heurts et le champ lexical utilisé laisse facilement imaginer la réaction des lecteurs :

  • “forces de l’ordre”
  • “gazer”
  • “dégradations’
  • “casseurs”
  • “gaz lacrimogènes”
  • “projectiles”
  • “dissimulation du visage”
  • “contrôle d’identité”
  • “meneurs violents”
  • “gardes à vue”

Les raisons de la colère disparaissent complètement de l’article, ne reste que le côté sombre. Les participants peuvent s’estimer léser par le journal mais le jeu médiatique est ainsi. Le blocus alerte les médias mais le traitement de l’information tourne rarement en la faveur des bloqueurs à moins de l’avoir organisé et jugulé. Dans l’édition d’aujourd’hui (samedi 9 octobre), il y a plus de recul dans le contenu des articles, des lycéens ont la parole et certains font entendre leur déception :

“Les casseurs nous empêchent de faire ce que l’on souhaite et donne une image négative de notre mouvement. Nous ne nous faisons pas entendre comme il faut, c’est dommage.”

Des propos sensés comme celui-ci, il doit y en avoir beacuoup. Mais comme toujours ne restera que : “Vous bloquez, ils débloquent”.  Puisqu’ils n’ont pas le bulletin de vote, comment les jeunes peuvent-ils se faire entendre sans systématiser le recours au blocus ? Cela pourra être l’objet de commentaires de votre part dans cet article. Une chose est sûre, il faut débattre de ces sujets d’actualité en cours et réfléchir aux armes que possèdent le citoyen pour faire entendre sa voix. Réfléchir avant d’agir. Aux professeurs de faire de la compréhension de l’actualité et de la citoyenneté des raisons d’être à l’école, au collège et au lycée.  L’ECJS (Education civique juridique et sociale) est faite pour ça. Que le blocus et ses répercussions deviennent un thème d’étude dans les lycées de Firminy : en voilà une revendication claire, utile et citoyenne.

Sources :

Les images viennent du site internet de La Tribune-Le Progrès (copyright Damien Nore, Yves Salvat) et la copie d’écran vient du site de l’UNL.

Les articles de la Tribune-Le Progrès

Jeudi 7 octobre : 600 jeunes dans la rue et quelques débordements

Vendredi 8 octobre : Firminy : affrontements entre lycéens et policiers

Samedi 9 octobre : Manifestations à Firminy : des casseurs se mêlent aux lycéens


Waldeck Rousseau, les apprentis reporters présentent l’éco-collège

Le blog scolaire Waldeck Info inauguré il y a un an et demi avait pour but est de former des apprentis reporters. Par leur travail, les élèves sont amenés à traiter des sujets d’actualité.… mais pas seulement. Citoyens en devenir, les élèves doivent s’impliquer dans la vie du collège et de leur ville. Avec le blog, ils donnent leur angle de vue sur des épisodes de la vie à Waldeck ou sur des d’autres sujets. L’objectif est que chaque élève prenne conscience qu’il a un rôle à jouer en société et dans le débat public. Avec ce reportage sur “Waldeck Rousseau, un éco-collège dans l’air du temps”, les élèves de 4°2 ont été responsabilisés et se sont bien investis… Voici le fruit d’un travail mené sur un mois et demi, en sachant que le montage vidéo a été réalisé par M. Florin faute de temps.

L’article en intégralité sur Waldeck Info, le blog qui débloque tous les sujets !

“Pour ce projet, nous allons parler de la conférence de Copenhague, une conférence sur le climat où il faudra mettre tout le monde d’accord au sujet du dérèglement climatique. Notre projet vidéo présente notre éco-collège et ses actions au moment où se tient le sommet. Nous avons réalisé deux vidéos.

Le “teaser” a pour but d’annoncer notre projet.

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Notre reportage de 10 minutes amène des réponses à cette question :

Pourquoi un éco-collège à Waldeck Rousseau ?

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Maintenant, à vous d’agir !

Ne laissons pas tomber la planète, elle est si fragile !”


Abd al Malik, la divine interview

CIMG7392-3Début novembre, une divine surprise attendait les élèves de Waldeck Rousseau… Profitant de la venue d’Abd al Malik à Firminy, M. Florin, enseignant d’anglais au collège Waldeck Rousseau, saisit sa chance  et contacte le manager du chanteur pour organiser une interview. Rendez-vous pris le 14 novembre…

Avant qu’Abd al Malik parte défendre sur la scène du Firmament son dernier album “Dante”, des élèves de 3ème ont eu le plaisir d’échanger avec l’artiste. Des questions bien senties sur son parcours, son art ou son attachement à la langue française. Abd al Malik livre aux élèves un état d’esprit positif et la genèse de “Dante”. Il parle d’un déclic pour l’écriture : une fois ses problèmes de dyslexie dépassés, Abd al Malik a “été pris d’une envie de tout lire et de tout écrire“. Une soif de connaissances qui aurait pu le mener vers l’enseignement… Depuis une salle de classe, il aurait sûrement transmis avec la même sincérité et simplicité les valeurs humanistes qu’il défend sur les planches.

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Plus d’infos :

Le site officiel d’Abd al Malik

Waldeck euro Tv news, le projet des 3ème euro du collège Waldeck Rousseau encadré par M. Florin

Le compte-rendu du concert d’Abd al Malik à Firminy