Les corrigés des élèves

Tous les corrigés publiés sur la p@sserelle seront l’œuvre des élèves du collège Waldeck Rousseau. Après chaque évaluation, (une ou) deux productions élèves seront choisies pour la qualité des informations apportées et le respect des règles du paragraphe argumenté. Une fois centralisés, les corrigés permettront une révision plus efficace dans l’optique des Brevets blancs et du Diplôme national du Brevet.

Pour que le corrigé soit publié, il faut que les règles suivantes soient respectées :

 

  • le respect de la langue française : écrire sans faute d’orthographe, formuler correctement ses phrases.
  • respecter les règles de ponctuation.
  • signer le corrigé (Prénom NOM en bas de page)

 

Au petit bonheur la France…

Article rédigé le mercredi 3 décembre 2008

Demain, Nicolas Sarkozy dégaine son « arsenal anti-crise ». Un paquet de mesures pour relancer le « pouvoir d’achat » des ménages. Les jeunes foyers n’accèdent plus à la propriété, le gouvernement s »engage à renforcer le prêt à taux 0. Renault, Peugeot et Michelin patinent, la prime à la casse est réhaussée à 1000 euros pour relancer l’achat d’autos neuves. La crise économique a succédé au krach financier et le commandant en chef enfourche à nouveau son cheval de bataille électoral : « Je serai le président du pouvoir d’achat ». L’opposition (si l’en reste une…) critique cette promesse devenue chimère mais en le faisant, elle cautionne l’utilisation de deux indicateurs où seul l’achat fait le bonheur.
En 1955, Boris Vian chante La « complainte du progrès », où le portefeuille devient une arme de séduction massive :     

« Autrefois pour faire sa cour, on parlait d’amour…Aujourd’hui, c’est plus pareil, ça change, ça change. Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille : Oh Gudule, viens m’embrasser et je te donnerai un frigidaire, un joli scooter…et une tourniquette pour faire la vinaigrette… »

1974 – 2008 : les quarante Piteuses ?

Boris Vian a tapé juste avec sa complainte témoin de la société de consommation naissante lors des Trente Glorieuses. Encore aujourd’hui, le « moral des ménages » se lit à la lumière de leur « pouvoir d’achat », deux mesures utilisées par l’INSEE. Le mode de calcul du « moral des ménages » repose sur les critères suivants :

niveau de vie en France (évolution passée / perspectives d’évolution) ; situation financière personnelle (évolution passée / perspectives d’évolution) ; opportunité de faire des achats importants.

« Depuis 1987, jamais le moral des ménages français n’a été aussi bas » : cette rengaine entendue à la rentrée nous a offert une bonne bouffée de scepticisme et une louche d’horizon bouché. Nous ne sommes pas tous statisticiens à l’INSEE : avoir le moral atteint va au-delà de l’impossibilité de projeter « des achats importants ». Le bonheur en statistique est définitivement matériel. Il en est de même pour la baisse du « pouvoir d’achat ». Si l’INSEE dit que le moral des Français est au fond de leurs chaussettes, un autre graphique montre que depuis 2005 le pouvoir d’achat remonte. L’inflation n’explique pas tout :le désir d’achat est devenu frénésie et quand il y a privation, il y a frustration.


L’Europe du Nord-Ouest : l’espace le plus heureux au monde ?     

Des indicateurs plus parlants, il en existe : il y aurait en France environ 13% de pauvres. Selon l’INSEE, le taux de pauvreté en France est légèrement moins élevé pour 2006 qu’en 1996…mais celui-ci remonte depuis quelques années. Mais le mode de calcul du nouvel indicateur de pauvreté fait encore l’objet de polémiques. Tout commela courbe du bonheur sorti du chapeau de l’INSEE récemment qui réjouit le septuagénaire : la crise de la quarantaine, la joie du retraité. « Le travail, c’est la santé, rien faire c’est la conserver ! » Le pouvoir d’achat céderait-il enfin la place à la délectation du repos bien mérité ?


Pierre Le Roy, un énarque, « fils de paysan pauvre et breton », a lancé une revue nommée « GLOBECO : comprendre la mondialisation ». Il expose (aussi) un indice du bonheur bâti à partir de « 40 données statistiques qui sont regroupées en quatre chapitres : la paix et la sécurité ; la liberté, la démocratie et les droits de l’homme ; la qualité de la vie ; l’intelligence, la communication et la culture. »     

Parmi les 15 pays qui arrivent en tête de l’indice du bonheur mondial en 2007, 13 sont européens (dont les 3 pays scandinaves). La France se classe 15ème.Malgré la réalité implacable et une crise économique à ses débuts, gardons à l’esprit qu’en habitant en Europe du Nord-ouest, nous vivons dans l’espace le plus riche et, semble t-il, le plus heureux au monde. Alors, au petit bonheur la France… 

E.G

La courbe du pouvoir d’achat de 1990 à 2007
http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/default.asp?page=dossiers_web/pouvoir_achat/graphiques_pouvoir_achat.htm

La courbe du bonheur
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC08n.PDF

L’indice du bonheur mondial de 2007
http://www.globeco.fr/public/index.php?a=Bonheur-mondial-edition-2007

Le pouvoir d’achat en chanson…

« La complainte du progrès », Boris Vian
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaft8zD.html

« Le pouvoir d’achat »
http://vodpod.com/watch/458129-la-chanson-du-pouvoir-dachat

Clip de propagande ministérielle
http://www.wat.tv/video/clip-mesures-pouvoir-achat-ojel_kzrl_.html>

 

« Obama makes history » : la fabrique d’un événement historique

Article rédigé le 5 novembre 2008

Toutes les Unes de journaux le montrent : l’élection d’Obama est un événement historique. On parle d’événement en histoire quand un fait a la capacité de projeter une vision du futur, qu’elle soit négative (le 11 septembre 2001, l’horizon d’une guerre) ou positive (le 5 novembre 2008, l’espoir partagé d’un monde meilleur). L’événement existe aussi en fonction de ce qui a existé par le passé. Obama élu président des Etats-Unis d’Amérique c’est la concrétisation du rêve de Martin Luther King mais aussi du rêve américain. C’est également la conséquence des mandats calamiteux du républicain G.W Bush et d’une campagne électorale rondement menée : la nomination du premier président noir/métis des Etats-unis était un événement annoncé et comme le titre aujourd’hui l’AFP « le monde retombe amoureux des Etats-Unis ».

 

On reconnaît un événement à sa portée et aux émotions qu’il suscite : la joie et l’espoir qui entourent l’élection d’Obama sont amplifiées par notre monde de l’information instantanée et l’identité métisse d’Obama : né d’un père kenyan et d’une mère du Kansas, ses racines sont à chercher en Afrique, en Asie, en Amérique. Obama est devenu un symbole, une icône, une star(C dans l’air titrait son émission « Obama : La 51ème étoile ») à l’échelle planétaire. Ce phénomène médiatique porte un nom : l’Obamania.

On en oublierait presque qu’il n’a été élu que par le peuple américain tellement le statut d’homme providentiel lui colle à la peau. Le Monde avait titré après le 11 septembre « Nous sommes tous Américains » : la même Une serait d’actualité. Les défis qui attendent Barack Obama sont de taille et un politologue américain a raison de rappeler qu’il « n’est pas un nouveau messie et ne va pas résoudre tous nos problèmes ». Aux Etats-Unis, alors qu’un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c’est un Hispanique sur 36 et un Afro-américain sur 15 qui sont en prison. La crise financière, la guerre en Irak et en Afghanistan, Guantanamo : autant de dossiers épineux l’attendent dans le bureau ovale. La force du symbole ne remplacera pas les compétences personnelles d’Obama que le peuple américain attend nombreuses.

 

Obama crée un autre événement historique : son élection est un des rares exemples de communion entre les habitants du Nord et du Sud. Les valeurs d’égalité, d’espérance et de fraternité sont universelles. Sa victoire fait du bien à tous car chacun peut se projeter dans ce symbole et l’interpréter à sa guise. « A cœur vaillant, rien d’impossible. »

EG

 

4 août 1961 : naissance d’Obama. Les lois ségrégationnistes (Jim Crow) sont toujours en vigueur aux Etats-Unis

1963 : 100 ans après l’abolition de l’esclavage par Lincoln, ML King lance « I have a dream » face à 250 000 personnes massées à Washington.

1964 : Abolition des lois Jim Crow par le Civil Rights Act

4 avril 1968 : Assassinat de ML King

2 novembre 1983 : Reagan signe une loi créant le Martin Luther King Day, jour férié aux Etats-Unis.

juillet 2004 : Obama électrise la convention démocrate en prêchant le « Rêve américain »

juin 2008 : Obama est officiellement nommé candidat démocrate à la Maison blanche

5 novembre 2008 : Obama, 1er président noir/métis des Etats-Unis d’Amérique