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Histoire des arts : Education for death (1943), un dessin animé de Disney

Pour étudier le régime totalitaire soviétique, nous avons embarqué avec « Tintin au pays des soviets ». En 1930, cette bande dessinée de Hergé est publiée en Belgique. Tintin, reporter du Petit Vingtième, part enquêter en Russie soviétique pour informer « ses lecteurs de ce qui se passe à l’étranger ». L’enquête de Tintin et les documents du manuel nous a permis de caractériser le régime totalitaire soviétique.

Dans l’URSS de Staline, la jeunesse est embrigadée comme le montre l’histoire du jeune Pavel Morozov. En Allemagne aussi, la société et les enfants sont sous le contrôle du parti au pouvoir. Dans un dessin animé de 1943, les studios américains Disney racontent l’embrigadement de la jeunesse allemande à travers l’éducation du jeune Hans. Ce cartoon, qui s’intitule Education for death, va nous servir d’introduction pour l’étude du régime totalitaire nazi. Si certains passages doivent être nuancés, Education for death montre bien que le contrôle de la population se met en place dès le plus jeune âge.

CONSIGNES

  • 1. Regarde le dessin animé
  • 2. Réponds aux questions du quiz
http://www.dailymotion.com/video/x26d973

                                                                                               

Education for death, un dessin animé de Walt Disney (1943)

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Une question se pose : comment l’Allemagne en est arrivée là ? Pour le savoir, suis les consignes ci-dessous. Bon travail !

  1. Réponds aux questions 1 à 5 p 77
  2. Raconte et explique la mise en place du pouvoir nazi en écrivant un article ou en dessinant une planche de bande-dessinée. Tu peux axer ta production sur l’embrigadement des jeunes ou l’antisémitisme. 

1938. Tu es reporter à La passerelle, un journal d’investigation français. A l’image de Tintin, enquête sur la mise en place du nazisme en Allemagne et révèle la vérité sur ce régime totalitaire.

 

Pour aller + loin

Histoire des arts : le dessin animé de propagande

Dès que l’on évoque le dessin animé, nos regards se portent presque immédiatement de l’autre côté de l’Atlantique. Pourtant, Walt Disney n’a que 7 ans lorsque le cartoon fait son apparition. C’est en 1908 que le Français Emile Courtet (dit Emile Cohl) invente le dessin animé cinématographique en peignant sur des cartons transparents des personnages qui se déplacent sur des fonds de décor.

 

Cet artiste complet âgé de 51 ans met ses talents de caricaturiste au service du cinéma d’animation et marche ainsi dans les pas de George Méliès, « l’inventeur du spectacle cinématographique » en 1896. Fantasmagorie, son premier dessin animé projeté à Paris, est un petit bijou de candeur et de poésie. En France, le cinéma d’animation prendra son essor avec des dessinateurs attirés par le 7ème art comme Paul Grimault.

 

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Le cinéma d’animation est utilisé à des fins publicitaires, pédagogique et pour mettre en mouvement les bandes dessinées comme Les aventures des Pieds Nickelés (1917). Durant la Première Guerre mondiale, il est utilisé à des fins de propagande. En 1918, l’Américain Winsor McKay réalise The Sinking of the Lusitania. Le Lusitania est le paquebot britannique torpillé par les Allemands en 1915 qui fut une des causes de l’entrée en guerre des États-Unis aux cotés de la Triple Entente.

 

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Comme le note Sébastien Roffat, auteur d’un livre de référence (« Animation et propagande : les dessins animés pendant la Seconde Guerre mondiale », L’Harmattan, 2005), The Sinking of the Lusitania est bien un film de propagande :

 

« Pour renforcer la cruauté allemande, la dernière image est celle d’une mère qui maintient son enfant à la surface avant de couler tous les deux. Le texte de conclusion déclame : ‘L’homme qui a déclenché le tir a été décoré pour cela par le Kaiser ! Et ils nous disent qu’il ne faut pas haïr le Boche !‘ ».

 

Le dessin animé, une arme psychologique

 

La guerre joue un rôle décisif dans le développement du dessin animé de propagande. En 1934, Goebbels, ministre de la Propagande et de la culture populaire de l’Allemagne nazie,  estime que le cinéma est « l’un des moyens de manipulation des masses les plus modernes» et il veut rivaliser avec la force de frappe des studios américains. En Allemagne, Mickey et les dessins animés Disney ont la cote. Même si la montée du nazisme et de ses principes sont parfois la cible des productions américaines, il semblerait qu’Hitler et Goebbels affectionnaient particulièrement les cartoons américains.

 

 

Entre 1939 et 1945, les Etats-Unis produisent à Hollywood 125 cartoons par an. En 1943, 65% des dessins animés font référence à la guerre. L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) marque un tournant dans l’utilisation faite par les Américains de cette arme psychologique qu’est le cinéma. Le gouvernement encourage les studios hollywoodiens à participer à l’effort de guerre et à mobiliser l’arrière. Le dessin animé fait vibrer la fibre patriotique et contribue à forger une représentation du bien et du mal dont le message politique est aisément assimilable.

 

 

Dans « The Thrifty Pig », le Grand Méchant Loup porte l’uniforme nazi. Il en est de même dans le pastiche des Trois petits de cochons réalisé par Tex Avery (Bliz Wolf, 1942) où le loup est directement associé à Hitler. C’est sous l’apparence d’un canard qu’Hitler est représenté dans « The Ducktators ». A peine sorti de l’œuf, ce canard déjà fanatique s’exclame « Heil ! ». L’endoctrinement des jeunes allemands est dénoncé avec force et dramaturgie dans « Education for Death » (1943).

 

 

Au vu de la richesse et de la diversité de ces réalisations, la Seconde Guerre mondiale constitue un âge d’or pour le cinéma d’animation. Instrument au service du politique et du militaire, le dessin animé a eu un impact tout relatif durant ce conflit. Comme le note Sébastien Roffat « les dessins animés ne peuvent intégrer l’actualité immédiate et ils n’ont été que très peu projetés ». Reste que ce programme de persuasion par l’image est exceptionnellement riche pour comprendre cette période de l’Histoire. Le dessin animé a permis de caricaturer ou ridiculiser l’ennemi tout en alertant les civils sur la nécessité de se mobiliser. Une arme psychologique dans une guerre intégrale où l’art est convié à faire sa part du travail.

 

 

Dans cette playlist Youtube, j’ai sélectionné plusieurs dessins animés sur la Deuxième Guerre mondiale. Cette source de documents est particulièrement intéressante à exploiter avec les élèves dans le cadre de l’Histoire des arts en 3ème.

 

 

Aller plus loin :

 

 

Ressources pédagogiques