Etre esclave au 18ème siecle par Sofia et Charline

Suite à un travail sur un extrait du documentaire de Bruno Ngatcha et des documents du manuel, les élèves de 4ème devaient rédiger un résumé organisé en 3 parties. La consigne était la suivante.

« Etre esclave, c’est être capturé, vendu à l’étranger et mis au travail forcé. Ecris ce que tu as retenu du cours en organisant ton résumé en 3 parties. »

Sofia et Charline (4°2) ont réalisé un bon travail : le informations sont précises (dates, lieux, personnages), les mots-clés sont expliqués et leur texte est cohérent. Au fil de l’année, vous apprendrez à construire une rédaction bien charpentée avec une introduction, un développement et une conclusion.

Bonne lecture !

 

« La  traite négrière qui consiste à vendre ou à échanger des esclaves noirs a duré du 16ème au 19ème siècle. Les noirs sont capturés par des négriers, le plus souvent c’étaient des Européens sous prétexte que l’esclavage permettraient de les civiliser car ils étaient considérés comme des des êtres inférieurs. Ces personnes devenues esclaves sont capturés chez elles, séparées de leur famille et enfermées dans des esclaveries (comme celle sur l’ile de Gorée) où ils vivent dans de mauvaises conditions pendant plusieurs semaines en attendant l’arrivée d’un bateau négrier qui les embarquera loin de chez eux d’où la plupart d’entre eux ne reviendront jamais.

    Quand le bateau négrier arrive, les esclaves sont inspectés puis échangés contre de la marchandise (alcool, armes, tissus, pacotilles…). Le voyage est long et difficile pour ces esclaves installés en fond de cale, mal nourris et enchainés les uns aux autres. Une fois arrivés sur les plantations, ils sont à nouveaux échangés contre des denrées coloniales introuvables en Europe (sucre, café, coton, or…).

C’est ce que l’on appelle le commerce triangulaire et c’est à partir de là que commence le travail forcé. Le travail forcé consistait à faire des tâches fatigantes et difficiles où toute liberté leur est enlevée car ils sont enchainés,fouettés et exposés à des temps de pluie, aux intempéries de l’air et de l’humidité dont ils seront les victimes. L’abolition définitive de l’esclavage en France sera en 1848. »

Sofia (4°2)

http://www-tc.pbs.org/wnet/secrets/files/2010/10/SSM35.jpg

« Au XVI° siècle, un nouveau commerce apparaît, celui de la traite négrière. Les Européens amènent des produits qu’ils ont fait (ex: alcool, armes.., etc) et qui seront ensuite échangés en Afrique contre des esclaves noirs. Ceux-ci sont capturés dans des conditions abominables chez eux et séparés de leurs familles. 

Après avoir été capturés ils étaient emmenés dans une île esclavagiste appelée l’île de Gorée. Ils attendaient pendant une période qui pouvait aller de 4 jours à 2 mois ou plus qu’un bateau les emmènent en Amérique. Avant le trajet, un par un, les esclaves étaient examinés par les négriers européens et selon leurs qualités physiques ils valaient plus au moins cher.

Après ceci les esclaves prenaient le bateau qui les emmenaient en Amérique en passant par l’Océan Atlantique pour travailler. Mais beaucoup mouraient pendant la traversée car celle-ci était très difficile physiquement. Arrivés sur le continent américain les noirs étaient mis au travail forcé dans des champs (ex: sucre, café, etc). Les produits récoltés par les esclaves étaient ensuite emmenés en Europe par les voies maritimes. Ceci était appelé le commerce triangulaire. En France, l’abolition définitive de l’esclavage se fera en 1848. La traite négrière aura donc duré 3 siècles.

Charline (4°2)

 

Suite à cette séance, nous avons regardé quelques extraits du documentaire « Les révoltés du Meermin », l’histoire d’un navire négrier hollandais. En 1766, le groupe d’esclaves emmené sur le Meermin se révolte sous l’impulsion de leur chef nommé Massavana, originaire de l’île de Madagascar et âge dé 26 ans. Cet exemple de résistance montre que les esclaves ne se sont pas laissés faire et qu’ils se sont battus pour leur liberté. Le parcours de Toussaint Louverture illustre aussi ce combat pour la dignité.

http://www.dailymotion.com/videoxl5jn9

 Source images : Les images viennent du documentaire « Les révoltés du Meermin » diffusé sur Arte en septembre 2011.

 

 

Connaître l’histoire de la traite atlantique et de l’esclavage

Le documentaire de Bruno Ngatcha « L’identité au cœur de la question noire » aborde l’histoire la traite atlantique et de l’esclavage. La traite négrière est le commerce d’esclaves noirs. Du XVI° au XIX°siècle, environ 11 millions d’esclaves africains ont traversé de force l’Atlantique. Ils sont encore plus nombreux à perdre leur vie lors des captures, dans les entrepôts ou lors du trajet. L’île de Gorée au Sénégal a été pendant trois siècles le lieu de transit d’esclaves le plus important de l’Ouest africain en direction de l’Amérique.

  1. Arriver à suivre un documentaire en prenant quelques notes
  2. Raconter la capture, le trajet et le travail forcé d’un groupe d’esclaves            

http://www.dailymotion.com/videox7u505

A lire pour aller + loin :

Aujourd’hui, le musée d’Aquitaine a consacré un espace à l’esclavage. Cette vidéo permet de faire le lien entre les deux premiers chapitres de l’année.

Paragraphe argumenté : La traite négrière et l’esclavage, des crimes contre l’humanité

Voici le paragraphe de Mélissa (4°3) : elle a su prélever des informations dans les vidéos vues en classe. Elle arrive à bien faire le lien entre les connaissances du chapitre d’Histoire et celui d’Education civique. Bonne lecture !

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L’histoire de la traite négrière commence au XVIème siècle et se termine au XIX ème siècle. 15 à 18 millions de personnes noires sont emmenées en Amérique.

Les Européens arrivent en Afrique  avec des marchandises (armes , bijoux …). Ils vont souvent à l’île de Gorée . C’est là où il y a le plus d’esclaves. Puis, les négriers repartent sans les marchandises en direction l’Amérique. Les esclaves africains étaient considérés comme du bétail. Ils montaient dans des bateaux négriers qui les faisaient traverser l’Atlantique.  Les enfants, les femmes et les hommes étaient emmenés à différents endroits : à Cuba, aux Antilles, au Brésil, …

Le commerce triangulaire est  très fort durant trois siècles. De la marchandise était échangée contre des hommes : les esclaves. Les négriers disaient  qu’ils étaient naturellement esclaves. Pour eux, l’esclavage permettait de les civiliser. Durant la traversée de l’ Atlantique, ils étaient entassés au fond des cales des bateaux négriers.  En 1999 , Christiane Taubira se bat pour faire voter une loi qui permet à la France de reconnaître son passé esclavagiste. Celle-ci  n’est pas approuvée par certains historiens.

Mélissa Montel 4°3

Sources :

L’illustration vient du site du Comité Pour la Mémoire de l’Esclavage.

L’esclavage, un crime contre l’humanité

En classe, l’extrait du documentaire d’Arnaud Ngatcha « Noirs, l’identité au cœur de la question noire«  (2006) nous a permis de faire le lien entre le cours d’Histoire sur le commerce triangulaire et la leçon d’Education civique intitulée : « Etre libre, c’est ne pas être esclave ».

Dans votre prochaine évaluation d’Histoire, l’étude de documents (texte+graphique) portera sur la traite négrière du XVI°s au XIX°s. Afin de comprendre pourquoi l’esclavage est qualifié de crime contre l’humanité, voici quelques liens intéressants à consulter pour aller plus loin. Ces informations enrichiront vos rédactions… et c’est surtout l’occasion de découvrir deux femmes militantes, Françoise Vergès et Christiane Taubira.  

Les vidéos

D’abord, un extrait du documentaire vu en classeFrançoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, explique à des écoliers ce qu’est la traite négrière.

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Christiane Taubira, interviewée dans le documentaire d’Arnaud Ngatcha, est la députée française à l’origine de la loi de 2001 qui fait de l’esclavage un crime contre l’humanité. En 1999, elle défend devant l’Assemblée nationale sa proposition de loi.  

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Les textes

Christiane Taubira expose en 1998 les motifs de sa proposition de loi. Son texte veut rompre le silence sur la traite des noirs et l’esclavage. La députée en appelle à la France, patrie des Droits de l’Homme, pour honorer la première « les victimes de ce crime orphelin« .

« Il n’existe pas de comptabilité qui mesure l’horreur de la traite négrière et l’abomination de l’esclavage. Les cahiers des navigateurs, trafiqués, ne témoignent pas de l’ampleur des razzias, de la souffrance des enfants épuisés et effarés, du désarroi désespéré des femmes, du bouleversement accablé des hommes. Ils font silence sur la commotion qui les étourdit dans la maison des esclaves à Gorée. Ils ignorent l’effroi de l’entassement à fond de cale. Ils gomment les râles d’esclaves jetés, lestés, par-dessus bord. Ils renient les viols d’adolescentes affolées. Ils biffent les marchandages sur les marchés aux bestiaux. Ils dissimulent les assassinats protégés par le Code noir. Invisibles, anonymes, sans filiation ni descendance, les esclaves ne comptent pas. Seules valent les recettes. Pas de statistiques, pas de preuves, pas de préjudice, pas de réparations. Les non-dits de l’épouvante qui accompagna la déportation la plus massive et la plus longue de l’histoire des hommes sommeillèrent, un siècle et demi durant, sous la plus pesante chape de silence.«  

L’article 1 de la loi de 2001 dit :

« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.« 

Les critiques

Pour être complet, il faut aussi mentionner qu’après 2001, des historiens ont critiqué cette loi affimant qu’elle réduit l’esclavage « à une opposition entre Blancs d’Europe et noirs, au mépris de la vérité historique« . Ils rappellent que les Européens ne sont pas les seuls à avoir pratiqué l’esclavage.  Durant l’Antiquité, l’esclavage existait déjà. Cela fait dire à Pierre Vidal-Naquet, grand historien français : «Est-ce que les Grecs d’aujourd’hui vont décréter que leurs ancêtres les Hellènes commettaient un crime contre l’humanité car ils avaient des esclaves ? Cela n’a pas de sens !» (Le Monde, 17 décembre 2005).

De plus, pour Vidal Naquet, « ce n’est pas à l’Etat de dire comment on enseigne l’histoire« . Dans un appel intitulé « Liberté pour l’histoire », 19 historiens rappellent que « l’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique. » Grâce à leur travail pour la vérité, ces historiens estiment qu’ils sont à même de convaincre leurs contemporains, sans avoir recours à des lois qui risquent d’établir des vérités d’Etat et de restreindre la liberté du chercheur. 

Sources images : 

Les captures d’écran viennent du site Curiosphère.tv.