Firminy : l’histoire d’une ville ouvrière

Les ouvriers aux mains d’or…

vue-de-firminy1Au cours du XIX°s, la bourgade de Firminy est devenue une ville ouvrière avec une population métissée. Les mines, les aciéries ont attiré en ville des travailleurs qui espèrent trouver ici une vie meilleure. Pendant plus d’un siècle, l’industrie fait vivre une vallée jusqu’alors rurale.

Au départ, les ouvriers viennent des campagnes environnantes de la Haute-Loire et d’Ardèche. A partir de 1920, une main d’œuvre étrangère arrive pour travailler dans les mines et les usines de métallurgie. Des Polonais, des Italiens, des Espagnols et des Maghrébins s’installeront dans des cités ou des baraquements. Après 1950, Firminy attire des Siciliens, des Portugais, des Algériens et des Turcs.

Cependant, dans les années 1980, les dernières mines de la vallée ferment et la grande usine de Creusot-Loire fait faillite. Des monstres de métal comme la tour de trempe nous rappellent le temps du Firminy noir. Aujourd’hui encore, des usines de métallurgie perpétuent les savoir-faire des « métallos » de la vallée de l’Ondaine qui « forgeaient l’acier rouge avec leurs mains d’or« .

La situation économique de la ville reste difficile : avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (13,6% en 2006), des Appelous ont quitté leur ville pour trouver du travail ailleurs. « Des 25 060 habitants de 1975, il en reste 17 975 au dernier recensement » note un article récent du Progrès. Alors, on se tourne vers un autre patrimoine pour redonner de l’attrait à la ville, celui qui porte le vert de l’espoir…

Prochain épisode : Le patrimoine Le Corbusier à Firminy, le vert de l’espoir …

Mots-clés : une ville ouvrière / les ruraux / les urbains / les Appelous / l’immigration

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VIDEO : Firminy, une bourgade devenue ville

  1. Quel symbole du Firminy industriel apparaît au début de la vidéo ?
  2. Avant l’installation de l’industrie, à quoi ressemblait Firminy ?
  3. Au milieu du XVIII°s (vers 1750), quels étaient les métiers des habitants ?
  4. A quel siècle se développe l’industrie ?
  5. D’après M. Commère, quels sont les atouts de Firminy ?
  6. Qu’est-ce qui change avec l’installation de l’industrie à Firminy ?

Sources :

  • La vidéo est extraite du blog de Louis Brun, enseignant au lycée Jacob Holtzer de Firminy. Ce documentaire a été réalisé par des lycéens de 1ère.
  • L’article « Le chômage mine les «cités radieuses» de l’Ondaine » est paru dans l’édition de la Tribune-Le Progrès du 11 juillet 2009.
  • Des informations viennent du site officiel de la ville de Firminy.
  • J’ai écrit cet article avec comme bande-son une chanson signée Bernard Lavilliers, « Les mains d’or » (à écouter dans le lecteur Deezer)

Firminy, quand les élèves racontent l’histoire de l’immigration

La semaine dernière, craignant de ne pas pouvoir faire la sortie paysage à cause du mauvais temps, j’avais imaginé un travail au cas où…  Les élèves de 6ème devaient plancher sur un scénario réaliste : l’histoire d’un travailleur immigré qui arrive à Firminy (XIX° ou XX° ou XXI°s ).

Après avoir défini l’identité de leur personnage (période, nom, nationalité, métier, domicile), les élèves racontent son histoire. Ils peuvent décrire, dessiner ou coller une photo de ce qui surprend leur personnage une fois arrivé à Firminy. S’ils souhaitent raconter leur propre histoire familiale, carte blanche.

Finalement, nous avons pu contempler Firminy sous la brume et les histoires d’immigrés ont été racontées… Pour illustrer cet article, j’ai retenu trois récits, ceux d’Armand, de Bilel et d’Amel. Leurs textes sentent le vécu, l’authentique et décrivent en toute simplicité ce qu’a pu être la découverte de Firminy pour des travailleurs immigrés. Ils racontent Firminy, l’histoire d’une ville industrielle et métissée.


… merci à Mme Vérot, professeur de Français de la classe de 6ème 1 pour avoir épaulé les élèves dans leur travail ;)


Armand s’est connecté sur la p@sserelle et a tapé son article. L’histoire d’un habitant d’Yssingeaux (Haute-Loire) qui quitte la ferme familiale pour une nouvelle vie dans la vallée de l’Ondaine.


« Bonjour, je m’appelle Noël FOURNEL et j’ai 25 ans. Je vis à Yssingeaux, nous sommes en 1952. Je suis un paysan et je travaille à la ferme avec mes parents et mes deux frères. Je vais aller chercher du travail à Firminy.

Deux mois plus tard, je vis maintenant à Firminy. Dans ma petite cabane de baraquement de la rue Dorian, je rentre fatigué tous les soirs de la tour de trempe où je travaille maintenant.

Deux ans plus tard, j’ai rencontré ma femme et le mariage est prévu le 15 Mai 1955 à Yssingeaux. Avec ma femme , on a travaillé dur. Moi, à la tour de trempe et elle, elle a trié les morceaux de charbon et des pierres. Nous avons eu trois enfants un garçon et deux filles.

Nous avons économisé de l’argent pendant plusieurs années. Le Corbusier commence à se construire, pour que tous les employés et les immigrés soient mieux logés que dans leurs baraquements.

Mes parents sont morts. La ferme appartient donc à un de mes frères. Quelques années plus tard, le Corbusier est enfin construit en entier. Nous louons un appartement 6 ème rue numéro 299 et je suis très content de connaître ce modernisme. Mon travail a évolué, je suis devenu contremaître. Notre quotidien est devenu meilleur. Nous sommes devenus de vrais Appellous !« 



Bilel résume ainsi son histoire : « Mohammed B., métallurgiste, arrivé d’Algérie en bâteau, j’ai rejoint de la famille à Saint Etienne dans un foyer. » Un récit proche du témoignage…


« Je suis arrivé en avril 1968 pendant les célèbres grèves de mai 68. C’était difficile car l’économie française était au ralenti donc il n’y avait pas trop de boulot (plâtrier, peintre, maçon, …). En 1968, je suis rentré à Creusot-Loire Firminy jusqu’à ma retraite.

Ce qui m’a surpris, c’était les tours d’immeubles, en Algérie, il n’y avait pas ce type de logement à l’époque. Je vivais dans des maisons de pierre et de paille, de plain-pied. Et l’autre chose qui m’avait surpris c’était le confort dans les appartements ou dans les foyers comme les toilettes, la douche, le chauffage.

Aujourd’hui, je profite de ma retraite.« 


Amel raconte en quelques phrases l’histoire d’un immigré venu seul d’Oran et devenu commerçant à Firminy.

« Je m’appelle S. A. J’ai 25 ans. Je viens d’Oran. Je suis un immigré. Je vais à Firminy pour être commerçant. En 1970, je prends le bâteau et j’arrive à Marseille. Ensuite, le train, en direction de Saint-Etienne, mon oncle m’attendait à la gare. Je m’installe chez lui.

Le lendemain matin, je vais à la chambre du commerce pour me renseigner. Trois mois plus tard, j’ouvre mon magasin de vêtement, je me suis fait beaucoup d’argent. J’ai pu acheter une maison, j’ai fait venir ma femme et mes enfants pour vivre avec moi.« 


Dessins :

Les dessins de l’Unité d’habitation et de la tour de trempe ont été réalisés par Fabien (6°1).