présentation de la sélection 2017

Vous êtes cordialement invités à la présentation de la sélection 2017 du prix littéraire lycéen « la racine des mots est-elle carrée ? »
qui aura lieu le
MERCREDI 12 OCTOBRE à 15h30 
à la Médiathèque Centrale Emile ZOLA de Montpellier Métropole.
Lors de cette présentation, nous aurons le plaisir de vous présenter les ouvrages sélectionnés par le comité de sélection, et le dispositif pédagogique qui entoure cette action.
Tout lycéen peut participer au prix en tant que juré, et toute classe de lycée peut être engagée dans le travail autour des oeuvres pour explorer les liens féconds qu’entretiennent mathématiques et littérature.
Les ouvrages sélectionnés peuvent pour certains être abordés en fin de collège.
Nous espérons pouvoir accueillir en janvier Jérôme Ferrari (prix goncourt 2012) pour une rencontre-exposé sur Borgès et les mathématiques, mené conjointement avec un collègue enseignant chercheur de Lyon, Jérôme Germoni. Jacques Roubaud est pressenti pour la présidence du jury qui se réunira le mardi 14 mars 2017 à la faculté des sciences de Montpellier, lors de la semaine des mathématiques.

la sélection 2017

La sélection pour le prix 2017 est terminée. Le comité de sélection a discuté longuement pour l’établir et nous voilà avec une nouvelle liste d’ouvrages réunissant tous nos critères : actualité récente éditoriale, équilibre des genres, contenus mathématiques et qualité littéraire, lectures abordables et intéressantes pour des lycéens.

Nous vous souhaitons d’excellentes lectures et vous donnons rendez-vous sous peu pour expliciter le fonctionnement du prix 2017. Il y aura un peu de nouveauté pour les classes participantes.

Bel été à tous !

 

La sélection présentée à partir du réseau Babelio (laissez vos impressions de lecture…)

 

  • Un roman islandais, Lovestar, sorti en 2002 et traduit en français en 2015, editions ZULMA

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http://www.babelio.com/livres/Magnason-LoveStar/662161

  • une biographie de Pascal, parue en 2016, Une jeunesse de Blaise Pascal, editions Gallimard

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http://www.babelio.com/livres/Pautrel-Une-jeunesse-de-Blaise-Pascal/812237

  •  une BD, le mystère du monde quantique, parue en 2016, éditions Dargaud

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http://www.babelio.com/livres/Damour-Le-Mystere-du-Monde-quantique/828509 

  • un roman policier, La fractale des raviolis, paru en livre de poche en 2015, editions Folio

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http://www.babelio.com/livres/Raufast-La-fractale-des-raviolis/624564

  • une seconde biographie, d’Alexander Grothendiek, Algèbre, parue en 2016, éditions Allia

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http://www.babelio.com/livres/Pradeau-Algebre-Elements-de-la-vie-dAlexandre-Grothendi/808418

la sélection 2017

Elle est en route…

Le comité de sélection du prix 2017 a commencé à travailler au choix de quelques titres parmi une douzaine pré-selectionnés.

Nous travaillons à l’équilibre entre genres, à inclure des auteurs étrangers, à veiller à la qualité littéraire ou artistique et à la réception des oeuvres par des élèves de lycée.

Pour l’instant quatre titres se dégagent. Dès que la sélection sera terminée, elle sera disponible sur ce site.

Merci de nous suivre, et si vous voulez participer au prix, avec une classe ou des élèves organisés en club, n’hésitez pas à envoyer un mail à laracinedesmots(at)free.fr

Cette année nous vous proposerons des modalités de participation un peu différentes, notamment l’élaboration de critiques des oeuvres sous forme de capsules vidéos. Plus de détails à la rentrée…

Bonnes prochaines vacances !

Le comité d’organisation.

aleph zéro

Deux élèves du lycée de Pézenas ont présenté le roman de Jerôme Ferrari et voici leur texte, reproduit avec leur aimable autorisation :

Nous sommes deux élèves de Pézenas,

qui allons présenter avec audace,

le livre Aleph zéro,

qui associe math et philo.

Son auteur Jérôme Ferrari,

enseignant de philosophie, 

obtient en 2012 le prix Goncourt,

pour un roman qui vaut le détour.

Aleph zéro, son premier roman paru en 2002,

a pour but ultime de nous ouvrir les yeux.

Il met en scène un jeune professeur

qui refuse de vivre à 100 à l’heure.

Nous suivons un quatuor électrique,

qu’on peut nommer les 4 fantastiques,

chacun s’interrogeant sur l’existence,

dans un monde où règne l’indifférence.

Deux idées opposées s’offrent à eux,

vivre dans un moule de conformisme,

ou risquer et assumer ce qu’on est,

peu importe à quoi on est confronté.

Le narrateur quant à lui choisit

d’enchaîner des nuits pleines de folie

qui auront lieu dans la mezzanine,

accompagnées d’un brin d’adrénaline.

Est-ce que ce livre Aleph Zéro

parle de mathématiques ou de porno?

L’auteur Jérôme Ferrari,

à l’esprit plutôt perverti,

semble probablement l’avoir écrit

dans son lit en très bonne compagnie.

Il ne faut pas adopter une attitude

qui pourrait vous valoir d’être qualifiée de prude…

car cette histoire pourrait heurter

au plus profond votre sensibilité.

Pour vous donner notre avis,

peu importe votre envie,

c’est un livre déprimant mais brillant,

autant ahurissant que captivant.

En conclusion nous affirmerons

que nous nous sommes prises d’affection

pour une prose qui conduira Ferrari,

sans savoir qu’il flirte avec l’infini,

à la reconnaissance du lecteur

qui restera un grand admirateur.

Morgane et Marina.

Une interview de François Henri Désérable

Cette interview a été réalisée par des élèves du lycée Jean Moulin de Pézenas, lors de la venue de l’auteur en janvier 2016.

Interview de François- Henri Désérable

Le 12 janvier 2016

– Pourquoi écrire sur Evariste Galois ?

Le processus a été long. J’ai découvert ce personnage à l’age de 14 ans lorsque j’ai lu un roman intitulé Le dernier théorème de Fermat. A cette époque je lisais peu, passant mon temps à jouer au hockey sur glace, néanmoins ce livre ma fait découvrir le personnage d’Evariste qui m’a depuis lors fasciné. Après mon premier livre je voulais écrire sur un duel, j’ai alors pensé à trois duels différents celui d’Evariste, Poushkine, et Hamilton. Après avoir fait des recherches j’ai découvert que la biographie d’Evariste était parsemée de trous, ce qui fut intéressant pour mon travail de romancier. D’autant plus qu’Evariste était très peu connu du grand public. Je voulais le sortir d’oubli.

-Qu’elle réaction attendiez -vous du lecteur ?

Je ne pense pas au lecteur lorsque j’écris car la lecture est par-dessus tout subjective. Je pense avant tout aux écrivains que j’admire, notamment Victor Hugo, Albert Cohen, Dumas mais surtout les vivants comme Jean-Philippe Toussaint ou Emmanuel Carrère. J’écris dans le but de ne pas décevoir mes pères en littérature. Je me définis comme leur fils illégitime. Une citation que j’apprécie dit « Je supporte très bien les critiques a condition qu ‘elles soient positives » néanmoins je trouve que la critique est enrichissante et nourrissante pour mon travail. 

– Qu’est ce qui vous a donné envie d’écrire ?

C’est le compte de Monte Cristo qui au lycée m’a donné le goût pour la lecture. Mais c’est le livre de Romain Gary, La promesse de l’aube, qui m’a donné par-dessus tout l’envie d’écrire. Quand il est devenu célèbre, Romain Gary citait le nom d’un vieil homme rencontré enfant qui lui avait demandé de se souvenir de lui quand il serait un grand écrivain connu ; et il l’a fait : chaque fois que Gary prononçait un discours, il s’arrangeait pour parler de ce vieil homme. C’est ainsi que je vois la littérature : vouloir exhumer du tombeau certains hommes. Belle du seigneur de Cohen a également été un livre qui m’a poussé à écrire.

– Quel est le rôle de cette femme à qui vous vous adressez en disant Mademoiselle ?

Dans ce roman le narrateur s’adresse à une certaine Mademoiselle, et c’est tout d’abord par souci du rythme. Ce mot de quatre pieds me permettait de relancer mes phrases quand j’en avais besoin. Mais aussi pour créer une proximité avec le lecteur, pouvoir l’emmener de Louis le Grand en prison et dans la chambre de la dernière nuit. Et enfin on peut considérer cela comme un jeu séduction du narrateur par rapport à une femme appelée Mademoiselle !

– N’avez vous pas peur de vous restreindre dans l’écriture, à cause de cette relation que vous entretenez par rapport à vos pères spirituels ?

Ces grands auteurs ont placé la barre très haute ainsi j’ai l’ambition de les égaler même si je sais que je ne leur arrive pas à la cheville. Lorsqu’on fait de la littérature il ne faut pas se prendre au sérieux, mais prendre la littérature au sérieux. C’est pour cela que je passe la majeure partie de mon temps à lire car le style d’un écrivain se forge à partir de sa lecture. Je n’ai pas peur de me restreindre non, car par exemple j’aime prendre des libertés dans mon écriture en faisant s’exprimer un narrateur contemporain qui évoque Facebook ou les sextape !! On m’a d’ailleurs reproché d’avoir parlé de Twitter dans mon roman disant que dans 50 ans cela n’existerait peut-être plus, et je répondrais alors qu’il faut vivre avec son temps. 

– Comment faire pour écrire ce que l’on pourrait appeler une phrase parfaite ?

Je me relis avec un certain déplaisir, et je suis d’ailleurs de plus en plus déçu. Je voulais néanmoins que chaque mot soit le plus parfait possible, je voulais que chaque phrase soit LA phrase afin de pouvoir faire trembler la page, c’est pour cela que mon livre est assez court. J’ai donc mis 2 ans à écrire ce petit livre. Mon écriture est serrée, rythmée, courte, ce qui reflète le courte vie d’Evariste. 

– Pourquoi appelé Dieu Le vieux ?

Tout d’abord parce que Dieu ne s’appelle pas Dieu dans tous les pays, je voulais qu’on voit le visage d’un être suprême : un vieux avec une barbe blanche, qui présiderait notre destinée. Pour ma part je ne prétends pas que Dieu n’existe pas mais je ne prétends pas non plus qu’il existe, je l’espère seulement. 

– Qu’elles sont les étapes de votre écriture ?

La première étape a été d’abandonner l’histoire des deux autres duels sur lesquels je voulais écrire, ensuite j’ai fait 6 mois de recherche sur Evariste Galois: de courtes biographies, parfois même erronées. J’ai également eu la chance de pouvoir consulter le mémoire et la lettre de la dernière nuit d’Evariste, ce qui fut un grand honneur et une immense émotion pour moi. Sa dernière lettre est particulièrement émouvante, l’on ressent une écriture de plus en plus pressante, sa passion pour Stéphanie et ce manque de développement par manque de temps ; à 20 ans il n’avait déjà plus le temps… Après cela il a fallu que je fasse des recherches sur l’époque, au niveau politique et social ce qui ne fut pas simple car il y a peu d’ouvrages qui décrivent en détail cette période des Trois Glorieuses. Nous nous la représentons tous seulement à travers le tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple. J’ai tout de même dû lire une dizaine de livres sur la Restauration.

Et puis je devais faire des recherches sur les mathématiques mais je vous dirais Comment écrire un livre sur un mathématicien sans rien comprendre aux mathématiques ? Je savais donc que je devais écrire ce livre sans trop parler des mathématiques ou bien les faire découvrir à travers un narrateur n’y comprenant pas grand chose ; ce que j’ai fait. J’ai donc eu 6 mois de recherche puis un an et demi pour écrire le livre. Toutefois je n’écris pas de manière chronologique : j’ai seulement besoin de la première phrase. J’ai très vite écrit la fin, puis le chapitre avec la mort de son père en dernier car j’ai eu beaucoup de mal à trouver comment rédiger et formuler cette mort. Le chapitre sur le choléra m’a lui aussi pris beaucoup de temps, cette épidémie à Paris a été très marquante, et on peut même dire que Evariste est une victime indirecte du choléra. En effet à cause de cette épidémie il est transféré dans cette maison de santé où il rencontre Stéphanie ce qui le mène vers son duel. 

-Avez vous des rituels d’écrivain ?

Non je ne pense pas avoir de rituels à proprement parler. J’écris souvent dans mon lit mais je ne veux pas avoir de rituels, être un fonctionnaire de l’écriture ; je crois en l’inspiration donc je ne peux en avoir. Je passe parfois des journées entières devant une page blanche, vous savez Oscar Wilde a dit un jour   « J’ai travaillé toute la matinée à la lecture des épreuves d’un de mes poèmes et j’ai enlevé une virgule . Cet après-midi, je l’ai remise . ». Parfois l’on avance très peu, c’est pour cela que je me consacre totalement à l’écriture et la littérature. J’aime toute de même beaucoup écrire la nuit, dans le silence absolu, mais je ne considère pas cela comme un rituel.

A qui vous adressez- vous dans l’exergue de votre roman lorsque vous citez des prénoms de femmes et A toi ?

Alors Toi désigne ma fiancée et ensuite Anne Claire et Hélène sont mes sœurs . Hélène est la seule a avoir lu mon livre mais chapitre par chapitre en désordre. Mes sœurs ne l’ont pas lu ! Et A toi, eh bien c’est toi aussi !

– Quelle importance donnait-vous à la Revue Décapage ?

La revue Décapage est une revue littéraire très drôle, où j’ai commencé à écrire. Je raconte toutes sortes de choses amusantes, des anecdotes et des expériences . Par exemple une remise de prix littéraire : le prix de la vocation. J »étais alors en duel avec 2 amis écrivains, et nous avons fait le pari que le gagnant donnerait un partie de son gain à chacun des perdants. Mais quelques secondes avant le verdict, une de mes amies s’est retirée du pari pensant qu’elle gagnerait. Or c’est moi qui ait remporté le prix, j’ai alors donné une partie de mon gain seulement à mon autre ami écrivain qui avait maintenu le pari avec moi . Je raconte également certaines de mes aventures avec un grand ami Clément Bénech. On se fait des canulars. Par exemple il m’a fait croire que j’ étais invité à La grande Librairie à la télé. Et ensuite j’ai frappé un grand coup. Je lui ai inventé un faux rendez -vous avec Patrick Modiano, qui a eu le prix nobel de littérature cette année. Il est allé chez lui. Imaginez la tête de Modiano ! Cette revue m’amuse beaucoup, on y trouve des histoires légères et drôles.

quelques instants de la journée du 15 mars

jury

La réunion du jury dans le CDI du lycée

Le président Etienne Lecroart, attentif aux remarques des lecteurs lycéens,

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puis pendant son exposé sur son travail mêlant Oulipo et BD

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Les maîtres de cérémonie, élèves de BTS communication, déclarant ouverte la remise du prix

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Et le lauréat est … Ouverture de l’enveloppe par Mmes Michèle Bartolini, déléguée académique à l’action culturelle, et Hélène Hebenstreit, représentant la Médiathèque Montpellier Métropole Emile Zola

PRIX 2016

Le jury a travaillé, discuté, voté, revoté, choisi, décidé et la décision s’est jouée d’un cheveu. Le président du jury, Etienne Lecroart, a promulgué le résultat du prix La racine des mots 2016 en apportant son avis décisif.

Le lauréat 2016 est :

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Félicitations à son auteur et merci à tous nos lecteurs, ceux qui ont voté par correspondance, ceux qui sont venus jusqu’à nous, lycéens, étudiants et enseignants.

L’aventure continue l’an prochain, avec une nouvelle sélection, toujours aussi riche !

La remise du prix 2016

Les derniers livres sont en cours de lecture, les dernières impressions sont en train de s’échanger, le jury va bientôt se réunir…

Nous invitons tous les lecteurs, lycéens, étudiants et enseignants ayant lu les cinq ouvrages sélectionnés le

MARDI 15 MARS 2016 à 14h

Lycée Jean Monnet – Montpellier

pour la participation au jury du prix 2016

sous la présidence d’Etienne LECROART

 

Le jury se réunira à huis clos et procédera au vote après avoir échangé sur les 5 ouvrages. D’un premier tour de scrutin sortiront deux finalistes que le jury devra départager ensuite par un dernier vote.

Les votes par correspondance seront comptabilisés. Le bulletin sera disponible sur ce site et pourra être envoyé par courrier ou courriel.

 

  • A 15h Etienne LECROART échangera avec le public venu de plusieurs lycées autour de son travail d’auteur au sein de l‘Oulipo et de l’Oubapo.

 

  • A 16h les élèves de la 1S3 présenteront les cinq ouvrages  sous forme théâtralisée et le prix 2016 sera dévoilé !

 

Au plaisir de vous retrouver pour ce moment de cloture, lors de la semaine nationale des mathématiques.

les trésors de Galois

A la suite de la table ronde avec FH Désérable, Michel Alessandri nous a livré un exposé de grande qualité sur la théorie de Galois, en abordant le point de vue de l’ambiguïté et en regardant les équations algébriques d’un oeil géométrique. Ce tour d’horizon a été  éclairant sur beaucoup de points de la démarche de Galois. Résoudre les problèmes à la Galois, en recherchant ce qui fonde les relations entre les racines et leur manière de permuter à été très féconde et Grothendiek, un des plus grand génies mathématiques du 20eme siècle,  décédé en 2014,  s’en est inspiré et l’a prolongée.

Merci encore à Michel Alessandri de nous avoir permis de voir les choses de sa hauteur. L’exposé était exigeant, comme toutes bonnes mathématiques, et nous a fait pénétrer sur la pointe des pieds dans des problèmes ardus s’il en est, avec  modestie et brillance.

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