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Ecrire avec un clavier: savoir-faire fondamental

Jeudi 5 juin 2008

A l’ordinateur, une frappe laborieuse, yeux rivés sur leur clavier : quelle énergie gaspillée, qui serait utilement mise à profit à créer, réfléchir, formuler.

La maîtrise du clavier constitue un savoir-faire fondamental. Je souhaite que mes enfants l’acquièrent.

Cela leur fera gagner un temps fou tout au long de leurs études, de leur vie professionnelle et personnelle.

(sauf grave erreur d’appréciation. Il n’est pas certain que le clavier soit le périphérique d’entrée privilégié des prochaines décennies)

Deux inconnues, à ce point.

A. Qui va apprendre aux enfants la frappe au clavier. L’école l’enseigne-t-elle, de nos jours?

B. A partir de quel âge? Huit ans, comme le piano, m’a-t-on suggéré? Quand les mains sont assez grandes?

La réponse B est venue toute seule. Mimicha, 8 ans, CE2, a manifesté son intérêt.

(voir quelqu’un frapper rapidement tout en regardant son interlocuteur dans les yeux, ça impressionne)

Je lui ai expliqué que ça s’apprend. Avec un logiciel.

Qu’on positionne ses mains en touchant de l’index le truc rugueux de la touche f, et celui de la touche j. Qu’ensuite, le logiciel nous fait taper jk jk jk fd fd fd sans regarder, et petit à petit on connaît la place de chaque touche. Qu’on s’entraîne des mois et des mois (enfin, moi ça m’a pris des mois et des mois). Et qu’après le cerveau le fait tout seul : on est débarrassé. On tape super vite. On frime à mort. Cela la branche, elle voudrait bien apprendre.

Réponse B, donc : dans le cas de Mimicha, on commence à y pense quand l’enfant manifeste son intérêt.

Bien. Question A. Je n’ai pas entendu parler de la frappe rapide dans les débats sur les compétences fondamentales. Allez, parents, on assure l’intérim.

… et voilà, c’est malin. Maintenant, je cherche quelle méthode je vais bien pouvoir proposer à ma fille.

Livre: travail, mode d’emploi

Lundi 28 avril 2008

Du fait de ma participation à l’opération Masse critique organisée par le site Babelio, j’ai reçu il y a deux mois un petit livre que j’avais choisi parmi une large sélection, et en échange duquel j’avais promis, comme tous les autres participants, de cracher une critique dans le mois qui suit. Honte sur moi, je rends ma copie en retard, ne le dites pas à mes enfants.

C’est donc un petit livre bleu. Tout mince et tout petit. Un mini-livre.

Il doit raconter une partie de la vie d’une jeune femme qui rencontre quelques déboires au début de sa vie professionnelle - début qui s’éternise.

“[...] Si pour certains [le travail] est synonyme d’épanouissement, pour d’autres il rime avec précarité, chômage, licenciement, humiliations, ou tout simplement ennui [...]“, dit la quatrième de couverture.

Je m’imaginais que l’histoire recouperait celle de quelques amis, sortis (trop) diplômés de l’université, dans les années 1990-95, et condamnés à de longues années de galère, chômages, stages, re-formation, avant d’en trouver l’issue.

Histoire de lire en me disant, ah ouais, comment c’est trop vrai tout ça.

Ou alors, j’imaginais que l’auteur me raconterait les problèmes que rencontrent aujourd’hui ceux qui terminent leur scolarité, parce qu’ils sont des femmes, parce que leur nom n’a pas la bonne consonnance, parce qu’ils se sont trompés d’étude, parce que leur famille, l’école et la vie ne les ont pas formés au monde du travail.

Histoire que j’en tire des leçons pour mes enfants.

En fait non, le récit parle d’une femme, jeune, pas sous-diplômée, pas sur-diplômée, qui ne s’en tire pas si mal que ça, change de boulot pour cause de bougeotte, tombe parfois sur des cons, des connes et des machos. Pas grand chose de ce livre n’est resté gravé dans mon souvenir (car bien sûr, j’ai perdu le livre - il est si petit!). Serait-ce qu’il manque de caractère, ou que je n’ai pas su lui en trouver?

Je retiens surtout cela: le récit est raconté à la deuxième personne du pluriel. Vous. Voyons, je connais trois auteurs qui usent de ce procédé:

  • Georges Perec, me semble-t-il, dans le bouquin qui se passe dans le train Paris-Rome. Damned, je ne retrouve pas le titre, ça se trouve c’est même pas de lui. N’empêche, j’avais trouvé le bouquin carrément bien.
  • Nicole de Buron dans tous ses romans, d’ailleurs quand j’en ai lu un je les ai tous lu, mais ça repose et, éventuellement, ça me fait rire.
  • Mais surtout Michèle Rader, parce qu’elle a écrit Maman au secours!, qu’elle a édité chez Manuscrit.com, et j’aime beaucoup son oeuvre, vraiment, pas juste parce qu’elle écrit à la deuxième personne du pluriel. Interview. Livre.

Bien. Finalement, je retiens de ce livre qu’il m’a donné envie de relire Perec et Rader. Pas mal, en fait.

Aller au musée

Dimanche 30 mars 2008

Ce dimanche, nous sommes parents d’une famille de trois enfants (au lieu des cinq habituels). Sept ans, huit ans et un bébé.

Nous irons donc au musée.

Il faut choisir un musée. Voici mes critères:

  • que le musée soit ouvert ce dimanche de mars (!)
  • qu’il y ait des visites guidées ce dimanche de mars. Les musées sans guide, ça me gonfle.
  • que le musée et la visite soient adaptés aux enfants de primaire.
  • que je trouve sur internet toutes les informations sur les horaires, les visites, le contenu du musée. S’il y a un numéro de téléphone, je suis même prête à appeler.
  • que j’aie assez envie d’y aller (qu’on me donne envie d’y aller) pour que je donne envie à mes enfants.

Le musée que nous avons trouvé répond à tous les critères. Il est ouvert, visite guidée à 15h30, et le site web est complet et attractif pour les enfants:

  • j’ai lancé le seul film disponible sur le site. C’est un extrait de film grand public. Image de définition dégueulasse, son affreux des enregistrement typiques de vieux musées, carré vert d’origine inconnue au milieu de l’écran. Qu’importe: les enfants sont scotchés.
  • nous avons fait la visite des salles en animation 3D. Trop fort. Ils ont adoré. OK, ça les étonnait un peu qu’en cliquant sur la porte, on n’entre pas dans la salle suivante. Les exigences en matière multimédia d’enfants éduqués en compagnie de jeux vidéos sont larges, mais ils s’accommodent aussi bien de propositions plus simples.
  • ils ont aimé les puzzles numériques proposés par le site du musée.
  • Mimicha, huit ans, a répondu un questionnaire difficile mais peu interactif, simple transposition d’un questionnaire papier (du genre, tu retournes l’écran pour lire les réponses, presque)

Pour moi, le site manque de vidéos, et présentations un peu sexy qui seraient aussi sur Youtube et Dailymotion, donc diffusables à mes copines, en bonne définition d’image et sonorité correcte.

Si j’en tire une leçon, c’est que les enfants sont prescripteurs en (consommation) de musée et que donc, comme les industriels l’ont déjà bien compris, c’est vers eux qui devraient porter les efforts de communication.

Dictée bidi

Samedi 8 mars 2008

Vacances de février.
Roudoudou, CE1, a une bonne cinquantaine de mots invariables à réviser.

Je décrète une session spéciale “dictée de mots” élargie à Mimicha, CE2 et qui n’a, de mémoire de mère, jamais eu à retenir l’orthographe de quelconque invariable.

Ça couine dans la cuisine. Panique dans la volière. Mimicha: “hors de question, tout mais pas ça, je préfère encore faire mon solfège”.

Et là, la mère a une idée.

* Mimicha dictera les mots à Roudoudou.
* Puis ils corrigeront.
* Puis Roudoudou dictera les mots à Mimicha.
* Puis ils corrigeront.

…Et moi, pendant ce temps, je vais bloguer.

Les enfants adhèrent avec enthousiasme.

Et moi, pendant ce temps, je blogue.

(trop forte, suis vraiment trop forte)

Wikipédia pour un exposé

Lundi 28 janvier 2008

Un élève, chargé d’un exposé sur Jean de la Fontaine, aurait trouvé sur Wikipédia que

“Jean de la Fontaine est un poète du XVIIIème siècle”.

Information fausse qu’il reporta dans le texte de son exposé sans sourciller.

Je me demande ce qu’a dit le prof à cet élève:

1. Wikipédia, c’est vraiment n’importe nawak t’as qu’à voir, tu éteins cet ordi et tu retrournes chez Lagarde et Michard, ok? GO.

2. Faut croiser les sources, petit con va.

3. Tu vas aller corriger cet article sur Wikipédia pour participer à l’élaboration du savoir encyclopédique francophone numérique, et tu reviens me dire comment ça s’est passé.

Motricité

Jeudi 24 janvier 2008

Alors, m’enquiers-je auprès de Bergamote, 3 ans, tu as fait de la gym[nastique] aujourd’hui?

Mais non, maman, s’indigne Bergamote, à l’école on ne fait pas de la gym, on fait de la mo-tri-ci-té.

(dois-je me procurer un dictionnaire français-jargon?)

Le petit prince, finir en dictée

Dimanche 30 décembre 2007

Nous, dit Mimicha à un adulte dont elle a repéré à des accessoires de mode à l’effligie du Petit Prince, nous, avec Maman, on fait des dictées avec le livre du Petit Prince.

Pauvre Petit Prince, dit l’adulte, finir en dictée…

Mince, c’était donc une tellement fausse bonne idée de tirer des dictées d’un beau livre?

Classe ouverte à l’école de musique

Mercredi 5 décembre 2007

Mimicha fait du solfège à l’école de musique.

Là, les cours sont ouverts. Il y a souvent un ou deux parents, assis, sage, au fond de la salle.

D’après l’enseignante, un regard d’adulte sur son cours lui est précieux. Et elle souhaite avoir des remarques des parents qui y assistent, car les adultes peuvent exprimer ce que les enfants n’osent dire.

En tant que parent, je trouve précieux aussi de comprendre comment se déroule le cours, de voir comment les enfants s’y comportent.

Connaissez-vous des écoles, à part mon école de musique, qui encouragent les parents à venir s’assoir, sages, au fond de la classe?

J’achète un livre de lecture: Lire avec Léo et Léa

Mardi 27 novembre 2007

Je viens de recevoir Lire avec Léo et Léa, méthode d’apprentissage de la lecture (syllabique, purement syllabique).

Il paraît que je ne suis pas la seule.

(d’ailleurs, ce n’est pas non plus la seule méthode de lecture que je laisse traîner chez moi à portée des enfants)

Léo, léa

Dictée pas compliqué

Lundi 19 novembre 2007

Je cours après Mimicha (8 ans, CE2) pour lui faire faire une dictée.

(j’ai un sursaut d’énergie suite à macabre découverte: ils en ont fait zéro en deux mois et demie d’école)

(elle rechigne, mais ramène quand même son stylo plume à encre violette et une proposition de livre)

Dictée proposée par Mimicha: un livre d’enfant tout niais, Mimi souris. Genre:

Mimi fait du toboggan
Mimi mange une glace
Mimi joue dans le bas à sable.

Y’aurait comme le message.

On dirait qu’elle préfére cela aux extraits du Petit Prince.

Pourtant elle a adoré le Petit Prince, quand je lui ai lu.

OK, je vais, pour un temps, éviter de mélanger éveil littéraire à apprentissage de l’orthographe.

(et puis l’avantage, c’est que c’est un bouquin qui permet, à chaque page, de tirer des languettes et hop, Mimi souris descend du toboggan, ou tape sur son saut. Comme ça, pendant qu’elle écrit, j’ai de quoi m’occuper)