Prix Latulu 2013

Prix Latulu 2013

 

Invités : Carole Trébor pour Nina Volkovith et Max de Radiguès pour 520 km

 

Questions Lecteurs : Où trouvez-vous votre inspiration ?

 

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Je suis historienne de formation. J’ai utilisé les archives de Moscou et j’ai eu envie de raconter une histoire (imaginaire) en rapport avec l’Histoire. Un régime comme celui de Staline qui a existé en Russie après la seconde guerre mondiale peut instiller la peur dans le quotidien de toutes les familles. J’avais envie de créer un monde imaginaire et fantastique à partir de faits réels. Le Musée national d’Art occidental moderne a réellement existé et fut liquidé en 1948 : ses collections ont été dispersées entre le musée Pouchkine de Moscou et le musée de l’Ermitage à Leningrad. Des conservateurs ont été envoyés au Goulag comme la maman de Nina. Bonjour , je m’appelle Maxime en réalité. Je vis à Bruxelles. J’écris, je dessine et je colorise seul mes bandes dessinées. J’ai aussi une activité d’éditeur indépendant qui s’appelle « L’employé du Moi » et qui publie de la bande dessinée alternative. J’avais envie d’écrire quelque chose pour les ados. Pour moi, les adolescents ce ne sont pas forcément des personnes couvertes de boutons en crise avec leurs parents. C’est un âge où on s’intéresse à plein de choses. Pour 520 km, je me suis inspiré d’ »Oliver Twist » de Charles Dickens. Le héros se rend compte que les gens à l’allure débraillée qu’ils croisent (tziganes, brigands)ne sont pas si méchants et que les gens qui présentent bien (notables) peuvent n’être pas dignes de confiance.J’ai voulu parler de cela dans 520 km.

 

 

 

Questions Lecteurs : Pourquoi avoir choisi ce titre  et pas un autre ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Un titre doit donner envie de vendre.Nina Volkovitch est un roman écrit à la première personne donc le titre convient bien : le nom du personnage principal est le titre du livre. Simon fait 520 km dans le livre. Au départ, j’avais envie de choisir comme titre « 520 km de fugue » mais je me suis rangé à l’avis de mon éditeur : le titre aurait dévoilé une trop grande partie de l’histoire. Le titre retenu donne un côté un peu mystérieux. 

 

Questions Lecteurs : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir écrivain ou auteur de bande dessinée ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Au départ, je n’étais pas écrivain. J’ai enseigné l’histoire de l’art. J’ai lu plein de livres pour ados (j’ai un fils ado) et ça m’a beaucoup plu. On devient écrivain parce qu’on a des histoires à raconter. Je me suis sentie très libre en écrivant pour les ados tout en restant sincère. C’est comme si j’avais fait parler l’adolescente qui est en moi. Enfant, je passais tout mon temps à dessiner. Mon père voulait que je porte une cravate, que je sois un chef d’entreprise. J’ai fait plusieurs métiers, j’ai été libraire. Cela fait quatre ans que je ne fais que de la bande dessinée.

 

 

 

 

Questions Lecteurs : Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent devenir auteur ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Il faut essayer d’écrire tous les jours quelque chose (« Tiens aujourd’hui, je vais écrire sur ça »).Les retours, les conseils de votre entourage peuvent aussi beaucoup aider.Il faut écrire pour le plaisir car on ne gagne pas forcément bien sa vie en tant qu’auteur.

Cependant, les espaces dédiés à la littérature jeunesse se sont beaucoup développés. Les parents achètent des livres à leurs enfants car ils sont heureux qu’ils ne passant pas tout leur temps devant des écrans.

A votre âge, j’étais nul en dessin mais j’adorais dessiner. Il faut écrire, dessiner et ne pas avoir peur de se planter.

 

Questions Lecteurs : Combien de temps mettez-vous à écrire un livre ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Cela dépend des écrivains et des histoires. Il faut parfois une longue période de maturation. J’ai porté le projet de Nina longtemps et cela a été très vite ensuite. Je travaille sur d’autres histoires en parallèle . Si pendant un an, je n’avais écrit que 520 km, j’aurais eu envie d’étrangler Simon.

 

Questions Lecteurs : Dans quelles conditions écrivez-vous ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
J’emporte toujours un carnet avec moi. Il y a en a sur ma table de nuit au cas où la résolution d’une énigme se ferait jour à 5h00 du matin. J’ai écrit « Nina »entre 9h00 après le coucher des enfants et 3h00 du matin. Ce fut donc une écriture nocturne, noctambule même. Je travaille dans un atelier : en fait c’est un bureau mais comme on est des artistes, on aime bien appeler cela un atelier. Nous sommes 8 auteurs de bande dessinée et une architecte. C’est à 20 mn de chez moi à vélo. Si je reste chez moi, je ne vais pas travailler. Je vais jouer à la Wii ou ouvrir le frigo et manger n’importe quoi. J’ai toujours un carnet sur moi. J’aime écrire dans les lieux publics, les cafés ou dans le train.

 

 

Questions Lecteurs : Comment sont apparues les idées de vos personnages ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Le personnage principal a besoin de personnages secondaires qui l’aident, lui permettent de réaliser ce qu’il doit faire ou sont ses ennemis. C’est nécessaire à la construction du récit. Ils ne sont pas insignifiants. Le lecteur doit pouvoir s’y attacher.Y-a-t-il une suite à la trilogie Nina Volkovitch ?

-Un tome IV n’est pas exclu.

Mes personnages sont apparus dès le début de l’histoire.Y-a-t-il une suite à 520 km ?

-Oui, je commence à écrire l’histoire mais du point de vue de Louise (carnet de croquis circulant dans la salle).

 

 

Questions Lecteurs : Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous avez gagné le prix Latulu ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Je ne suis que 2ème mais très heureuse d’être là !Les prix qui font le plus plaisir sont ceux décernés par les collégiens ! Comme j’écris pour les ados, cela m’a fait énormément plaisir bien plus qu’une bonne critique de journaliste ou de professionnel du livre, ou de parent.

 

 

Questions Lecteurs : Pourquoi avez-vous décidé ou non d’utiliser des gros mots dans vos livres ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Les Russes sont toujours polis (lol). Il y a des gros mots car mes histoires ne sont pas destinées aux parents. 

 

 

 

Questions Lecteurs : Quelles ont été vos lectures préférées ?

Carole Trébor Max de Radiguès
J’ai adoré Méto d’Yves Grevet (gagnant du prix Latulu 2012), Tobie Lolness, Cherub, les romans de Marie-Aude Murail. Jeune, j’ai adoré lire « Le comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas. J’ai adoré les romans de Roald Dahl, de Jack London. J’aime les récits de survie.

 

Questions Lecteurs : Vos ouvrages sont-ils traduits dans d’autres langues ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Nina va  peut -être, être  traduit en Allemagne, en Suède, en Corée où on apprécie la littérature jeunesse venant de France. Il est très difficile d’être traduit en anglais et exporté aux Etats-Unis.J’ai écrit auparavant des pièces de théâtre. Nina Volkovitch est mon premier roman.

J’ai rencontré mon éditrice au festival de littérature jeunesse de Montreuil en Seine saint-Denis.

J’ai vécu en Irlande et aux Etats-Unis . J’ai écrit mon dernier album Orignal là-bas et il est paru en anglais.Question lecteurs : Pensez-vous que les adolescents ont un rapport privilégié avec la nature ?

-J’aime les grands espaces et j’aimais bien aussi l’idée de placer mes personnages dans un environnement peu familier voire franchement hostile pour voir comment ils s’en sortent en dehors du cocon familial. J’aime bien mettre mes personnages « dans la merde ».

 

 

Questions Lecteurs : Pouvez-nous nous expliquer le choix des couvertures de vos livres?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
La couverture reprend l’esthétique russe et soviétique. La poupée est très importante pour l’héroïne, d’où sa présence. Elle évoque également l’aspect mystérieux et fantastique de l’histoire. C’est la directrice de publication qui a crée la couverture. La couverture évoque la pensée des personnages. Le dessin est complètement faux du point de vue de la perspective. Je me suis inspiré de l’artiste David Hockney qui a beaucoup peint de piscines. Les couleurs sont celles de l’été.

 

Questions Lecteurs : Comment luttez-vous contre l’angoisse de la page blanche ?

 

Carole Trébor Max de Radiguès
Je vais faire la fête. Je passe à autre chose, d’autres activités.

 

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