L’écriture et ses supports dans l’Antiquité

L’Antiquité est la première des époques de l’Histoire. Elle précède le Moyen-âge et les temps modernes. Pour chaque civilisation, l’Antiquité commence avec le développement ou l’adoption de l’écriture. Le passage à l’antiquité est donc relatif à chaque peuple ou nation. On considère communément que les premières traces d’écriture apparaissent vers 3500-3400 avant J.C.

Les premières traces d’écriture ont toutes une origine commerciale et comptable. Il s’agit d’identifier des contenances et surtout le nombre d’objets échangés. Les premiers signes n’indiquent pas la nature des objets ou denrées, mais leur nombre. Un autre usage de l’écriture est bientôt de composer des aide-mémoire administatifs.

Lorsque l’écriture se développe peu à peu, des écoles enseignent l’écriture à de futurs scribes. Ceux-ci sont majoritairement des étudiants issus de familles aisées. Les écritures anciennes nécessitent la connaissance d’un grand nombre de signes, ce qui explique leur statut élevé à l’époque.

Les supports de l’écriture

 

Les premiers signes (des encoches puis des pictogrammes à usage comptable) sont gravés sur des calculi. Ils servent à l’apprentissage du calcul sous forme de jetons modelés dans l’argile, qui peuvent prendre la forme d’un cône, d’un cylindre, d’un tétraèdre, existant depuis le VIIe millénaire avant Jésus-Christ, mais deviennent support à l’écriture à partir de la fin du IVe millénaire.

Pour éviter qu’au cours d’un transport des calculi disparaissent, ils sont enfermés dans une bulle-enveloppe en argile, de forme sphérique, sur laquelle est apposé un sceau cylindrique identifiant le propriétaire. Ainsi, par exemple, si la bulle de terre contient le dénombrement d’un troupeau confié à un berger, lorsque celui-ci le ramènera il suffira de briser la bulle pour vérifier qu’aucune bête ne manque. Ces bulles à usage commercial se retrouvent dans un espace géographique large, allant de l’Iran à la Syrie en passant par la Mésopotamie, ce qui témoigne de la grande activité de l’époque.

Bulle-enveloppe scellée et calculi_Suse, Iran, vers 3300 av. J.-C. Musée du Louvre, image de la BNF

Bulle-enveloppe scellée et calculi Suse, Iran, vers 3300 av. J.-C. Musée du Louvre, image de la BNF

Vers 3300 avant J.-C., on appose sur la sphère, à côté du sceau, un résumé de son contenu : on n’est plus obligé de la casser au moment du contrôle. Les jetons numériques deviennent alors inutiles, les sphères s’aplatissent, se transforment en tablettes et les premiers chiffres apparaissent : ce ne sont encore que des encoches plus ou moins fines, plus ou moins grandes selon la valeur attribuée, des empreintes en forme de cône ou de cercle. L’invention de la tablette d’argile provoque la disparition des calculi. On grave alors les signes sur la tablette, à l’aide de stylets faits de roseaux finement taillés en biseau, avec des roseaux à gros bout ronds pour noter les chiffres. On la laisse alors sécher ou on la fait cuire.

En Egypte, on grave la pierre, mais on écrit sur le papyrus dès le IIIe millénaire, avec de l’encre, grâce à un roseau taillé, le calame, ou bien encore sur des tablettes de bois et des ostraca (un ostracon, des ostraca_morceaux de poterie ou éclats de calcaire). C’est à compter de 460 av. J.C que les scribes commence à utiliser un nouveau matériau : le parchemin. Il s’agit de vélin, bien plus facile à manier et à engranger que les tablettes d’argile. Toutefois, le parchemin ne fait pas disparaître les tablettes d’argiles : ces dernières, moins onéreuses à fabriquer sont toujours usitées.

Ostraca de Thèbes, civilisation égyptienne

Ostracon de Thèbes, sous Ramsès II, civilisation égyptienne

En Grèce, on utilise aussi le bois, le papyrus, le cuir, la tablette de cire, le métal, mais on ne connaît pas la tablette d’argile.

Des pictogrammes à l’alphabet

 

Après une période d’utilisation de simples encoches sur les calculi, la première écriture est constituée de pictogrammes désignant des choses dont on saisit la signification, mais sous une forme que l’on comprend sans réellement la lire. A ce stade, le signe est indépendant du langage, mais bientôt, on passe d’une écriture de choses à une écriture des mots.

C’est en effet parce que les lignes courbes sont difficiles à tracer sur des tablettes, qu’un certain nombre de signes évoluent vers de nouvelles représentations faites de lignes horizontales et verticales, en forme de clous, nommés cunei en latin, donnant naissance à l’écriture cunéiforme.

Voici l’exemple de l’évolution du signe cunéiforme représentant un homme_image de la BNF

Voici l’exemple de l’évolution du signe cunéiforme représentant un homme Image de la BNF

Elle commence à apparaître en Mésopotamie vers 3400 avant J.C.
L’écriture cunéiforme représente aussi des sons correspondant à des syllabes. La découverte du phonétisme permettait donc d’exprimer des notions comme la vie ou la mort, qui jusque-là ne pouvaient être transmises par l’écriture.

Les hiéroglyphes apparaissent vers 3150 av. J.C. Comme pour l’écriture cunéiforme, l’écriture hiéroglyphique repose sur la mise en œuvre de nombreux signes et associe un usage idéographique et un usage phonétique : sur la célèbre « palette de Narmer », le nom du roi est ainsi noté par deux signés utilisés comme phonogrammes : le poisson nâr (silure ou poisson-chat) et le ciseau de sculpteur mer. Pour plus d’information, le site Horizons d’Aton (voir le site) permettra aux plus curieux de décrypter les informations qu’elle apporte sur la civilisation égyptienne de l’Antiquité.

L’invention d’alphabets est finalement simplificatrice; elle ramène à trentaine de signes nécessaires à l’écriture.

L’évolution de l’écriture s’est donc établie sur un laps de temps extrêmement long. L’écriture telle que nous la connaissons aujourd’hui résulte d’étapes complexes qui ont accompagné le développement des populations à travers le monde.

A. E

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