
1915, Blaise Cendrars, l’auteur de cette nouvelle, est grièvement blessé au front. Amputé d’un bras il est transporté dans d’atroces souffrances physiques et morales dans un hôpital loin des combats. De son lit, il va observer les autres soldats, dont certains sont dans un état désespéré, les infirmières, les femmes bénévoles, en particulier Adrienne qu’il admire pour son dévouement et son acharnement à aider les blessés et à contrer la mort à chaque instant.
Mon avis :
Un récit court mais dense et émouvant !
Extrait :
Ce pauvre petit berger des Landes était un petit soldat de rien du tout, un bleut de la classe 15 qu’un obus avait criblé d’éclats avant même qu’on lui eût désigné sa cagna, avant qu’il eût le temps de déposer son sac et de se retourner un peu pour voir ce que c’était que ces fameuses tranchées du front dont on parlait tant dans le pays. Très brun de cheveux et de sourcils, le front étroit, les yeux sombres, le teint mat, son visage était hâve et ses joues creuses. Couché la tête en bas, la figure de cet adolescent disparaissait presque en entier dans les oreillers. Ses traits étaient crispés par la souffrance et quand la douleur lui faisait pousser un hurlement je voyais ses lèvres se tendre, découvrir ses dents de jeune loup, une veine qui se gonflait à la racine du nez lui barrer le dront, ses narines se pincer. Il fermait les yeux et une sueur d’angoisse lui mouillait le cou et les tempes.
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