La Douleur

La Douleur d’Emmanuel Finkiel sortira le 24 Janvier 2018.  Il est présenté 2 fois dans le festival des Oeillades :
– le Mardi 21 Novembre 2017 à 9h15 en séance scolaire au cinéma des Cordeliers.
– le Jeudi 23 Novembre 2017 à 21h au cinéma des Cordeliers

   

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Il est tiré du livre de Marguerite Duras La Douleur et il a déjà été monté au théâtre par Patrice Chéreau
Marguerite Duras a choisi ce titre La Douleur pour montrer à quel point elle souffre, physiquement et mentalement, elle attend désespérément le retour de Robert.L, son mari. Elle est épuisée, elle ne mange plus et a de la fièvre et des migraines. Elle se torture en imaginant que son mari est peut être mort ou qu’il va mourir, elle imagine qu’il souffre et ces images lui sont insupportables. Robert.L aussi souffre, il est en camp de concentration, il est affamé. Lorsqu’il revient il ne semble même plus humain, son corps ne supporte même plus la nourriture, c’est à peine pensable qu’il soit en vie, cella montre la souffrance et la douleur qu’il a dû endurer. La douleur est partout.
Marjorie

Le film d’Emmanuel Finkiel est très fort: on ressent bien la douleur de la narratrice avec les nombreux gros plans sur son visage, sa bouche, ses yeux ou le grain de sa peau qui frissonne. L’écriture de Marguerite Duras se retrouve dans la voix off omniprésente, le réalisateur a gardé les passages où la langue est la plus poétique. On voit bien son angoisse intérieure avec les nombreuses séquences tournées à l’intérieur dans l’obscurité de son appartement où elle n’ouvre plus les fenêtres. On comprend mieux son dilemme: elle aime Dionys, son amant et elle attend Robert Antelme, son mari, elle se doit d’être là pour celui qui a été déporté et qui revient sans force. Elle culpabilise car son amour de femme va à Dionys mais elle, en tant que résistante, se doit d’aider son mari. D’ailleurs, Dionys lui dit qu’elle s’est détachée de Robert en l’attendant avec tant de force, elle ne le supporte pas, elle le gifle, il n’a peut-être pas tort.Dionys lui dit qu’elle aime cette douleur car elle lui renvoie une image moralement correcte d’elle-même.
Il y a beaucoup de scènes floues de Paris ou des êtres comme si Marguerite, par sa douleur, ne voyait plus le monde comme il est, beaucoup de scènes qui se reflètent dans des miroirs. Parfois, elle se dédouble, elle écrivant son journal se regardant attendre Robert.
La structure en deux parties du livre se retrouve en un flash-back (épisode avec Rabier en 1944) et l’on revient à la fin du film à l’arrivée de Robert chez lui en 1945. D’ailleurs , on ne voit pas les retrouvailles, tout le film est centré sur l’attente, la douleur, les sentiments de Marguerite.
Très beau personnage de madame Katz qui attend sa fille handicapée déportée, elle ne sait pas qu’elle a été gazée de suite à son arrivée, personne ne peut le lui dire.

 

 

Une petite vidéo: c’est le premier film du festival !

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L’avis de Célia P.
Pierre Rabier est un responsable de la Gestapo, il a procédé à l’arrestation de Robert L. (Antelme). Il est Allemand, et vit en France. C’est un traître car même sa femme et son enfant ne sont pas au courant du métier qu’il exerce. Il est un peu solitaire, il n’a pas vraiment d’ami, il passe son temps dans les cafés, bars ou restaurants pour rencontrer la narratrice. Il adore la littérature et possède un ouvrage de Marguerite Duras qu’il a pris sur la table, lorsqu’il est passé chez elle, arrêter son mari. Il rêverait d’ouvrir une librairie.Il l’attend toujours à distance. Il est relativement jeune et se déplace en vélo. Il se fait tuer suite à son procès dans lequel témoigne la narratrice, après la libération.
Quand elle rencontre Pierre Rabier la narratrice a peur car non seulement c’est un agent de la Gestapo, mais il a aussi arrêté son mari; elle l’a vu de ses propres yeux sortir d’une pièce en portant une femme dans ses bras à qui il venait de faire subir le supplice de la baignoire. Etant, tout comme son mari, une résistante, elle a peur qu’il l’arrête à son tour. Son comportement avec elle est spécial, il a l’air un peu « psychopathe ». Il détient certaines des nouvelles qu’elle a écrites car il les a emportées le jour où il est venu persécuter son mari chez elle.

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