C’est le cœur qui meurt en dernier

De Alexis Durand-Brault
Avec Denise Filiatrault, Gabriel Sabourin, Sophie Lorain..
Genre: drame
Nationalité:  québecois

De job en job, à 47 ans, Julien vivote encore, éternel « mésadapté ». Mais voilà qu’il vient de publier un récit autobiographique relatant ses souvenirs et sa relation particulière avec sa mère. Révélations troublantes d’une vie familiale où ont pesé de lourds secrets. Et ce roman C’est le cœur qui meurt en dernier connait un grand succès.

Sa mère, avec qui il a, depuis des années, coupé les ponts, prisonnière d’une Villa Soleil, ignore encore que son fils ait pu oser raconter l’impensable dans son livre. Sans savoir, elle va chercher à le revoir, renouer contact, racheter le temps perdu, et lui demander de l’aider à «lever le flye», à «achever», ne se doutant pas qu’elle fera ainsi revivre les souvenirs enfouis.

Presse
Adapté par Gabriel Sabourin, qui tient également le rôle principal, C’est le cœur qui meurt en dernier nous fait revivre de douloureux souvenirs d’enfance, enfouis, jusqu’à ce qu’un roman autobiographique vienne tout chambouler. Avouons d’emblée qu’à partir de cette thématique récurrente dans de la cinématographie québécoise, Alexis Durand Brault parvient à nous donner un quatrième long métrage abouti, sans être irréprochable, qui repose surtout sur la verve de Denise Filiatrault et l’intériorité du personnage de son fils, incarné par Gabriel Sabourin. Ce petit air de déjà vu est donc vite mis de côté, car force est de constater le bel équilibre du récit, alternant entre mélodrame et comédie, sans que l’un ne souffre de la présence de l’autre.

Au rang des satisfactions, notons une réalisation tout en retenue, et assez loin de l’esbroufe de La petite reine, qui se promène entre les époques par un jeu de va-et-vient monté de façon adroite et fluide. Certes, la facture reste très conventionnelle, mais par son traitement en demi-teintes, le film arrive à toucher autant qu’à faire rire et atteint même par moments un certain état de grâce. On oubliera de ce fait quelques longueurs et insistances (toujours cette volonté de ne pas perdre le spectateur !), ainsi qu’une séquence finale qui manque de luminosité, à l’image d’un ensemble finalement assez morose. Dommage aussi que les nombreux personnages secondaires, portés par des comédiens de grande qualité, soient pour la plupart trop souvent dans l’ombre. Quoi qu’il en soit, bien servi par son scénario, Durand Brault à réussi à capturer l’humanité qui se dégage de ces relations tendues, sans sombrer dans le sentimentalisme. C’est déjà beaucoup. C’est le cœur qui meurt en dernier s’avère donc un émouvant regard sur des rapports mère-fils teintés de passion, d’abandon et de rédemption. Son charme suranné saura sans aucun doute toucher un large public.

 

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