Historique…

Petite commune rurale

du Nord de la France,

âgée de 1099 ans !…

peut-être ?…

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Montigny = du latin mons, montis = mont, butte, croupe, colline…

y ” qui signifie ” acus, acum ” = idée de dépendance, d’appartenance.

“Sur la croupe du coteau d’où descend le riot dit de la Bruyère…”

“… appartenant au Chapitre de Notre-Dame de Cambrai, qui en était le seigneur ou propriétaire.”

Il existe en France plus de cinquante villages du nom de Montigny, il y en a deux dans le Nord et un dans le Pas-de-Calais.

Les uns ont vu dans Montigny un nom de situation, d’autres un nom d’homme, quelques-uns les deux réunis. Suivant les régions, il a pour signification :

Dans l’Aisne : “habitation sur une hauteur, du latin mons, mont, hauteur, éminence, et ignis, feu, pris au figuré pour foyer, maison.”

En Côte-d’Or ou dans l’Yonne : “sont nommés dans les chartes latines Mons ignitus, comme s’ils devaient signifier mont brûlé, incendié. Un autre Montigny est désigné en latin par Mons Igniaci, Mont d’Ignace ou d’Igny, qui a été aussi un nom d’homme.”

D’après Ad. de Valois, Montigny s’est formé d’un nom propre romain, Montanus, fort en usage au 6e et 7e siècles. Il y a même un saint de ce nom, Saint-Montain, patron de l’église de la Fère.

Remarquons que le nom de Montigny se prononce en patois Montainy, comme si nos paysans voulaient rester fidèles à l’origine du mot.

 

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La valse des toponymes

909appelée Montiniacus ou Montiniacum

911on disait Montiniacum d’après Baldéric

911 : on trouve Muntiniacum d’après la Cartulaire de l’église de Cambrai (n° 346)

1058 : les références font apparaître Montigniacum d’après Carpentier

1071 : on retrouve Montiniacum toujours d’après Carpentier

1114 : nouvelle orthographe Moentignae

1148 : c’est Monteini d’après la Cartulaire de l’église de Cambrai (n° 216)

1152 : il y a trace de Montegni d’après la Cartulaire de l’église de Cambrai (n° 346)

1179 : l’orthographe est Monteni d’après la Cartulaire de l’église de Cambrai (n° 346)

1181 : on retrouve Montegni d’après la Cartulaire de l’église de Cambrai (n° 346)

1211 : on rencontre enfin Montigny

1275 : toujours Montegni d’après la Cartulaire des Guillemains de Walincourt

1322 : on donne Montegny  et Montigni d’après les Archives de Saint-Jean

1349 : apparaît Montigny d’après le Pouillé du diocèse de Cambrai

1744 : on observe Montignies

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Ses habitants

les “Montiniaciens” ou “Montigniaciens“,

et plus familièrement,

les “Mont’ny” ou “Gros g’noux” ou “Montigny carottes

503 habitants en 1778,

1223 âmes en 1884,

600 administrés en 2008.

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Historique du village

909 : Première mention du village de Montigny faite en écriture…

911 : Ancien village qui appartenait autrefois à l’église de Cambrai, en vertu d’un diplôme du roi Zuentebold : cette pièce ayant été détruite dans un incendie, l’évêque Etienne s’adressa à Charles-le-Simple, qui lui expédia un nouveau diplôme de confirmation en date du 20 décembre 911. (d’où la probabilité de l’existence du village depuis des temps bien plus anciens ?!…)

1144 : L’hiver avait été si pluvieux et la récolte si modique, que la plupart des habitants furent obligés de quitter le pays pour échapper aux horreurs de la famine.

1256 ou 1266 : Seigneurie peut-être possédée par Allard de Montigny, cadet de Walincourt ?… qui a peut-être été à l’origine des armes de Montigny (écusson).

1498 : Pluies suivies de fortes et longues gelées. “La pluye tomba pendant tout le jour et la nuit de Noël ; et à minuit, il fit un si grand vent et il gela tellement qu’on ne savoit aller par les rues ni par les champs. Les arbres furent abattus et rompus.”

1521 : Neige en quantité. “En celuy an 1521, n’avoit point gellé tout l’hiver, mais environ le 12 de janvier commencha à geller s’y fort que merveille. Et neigea huict jours sans cesse.”

1523 : Blés gelés, vie plus chère. “Audit an 1523, il fit IV ou V jours de grande et véhémente gellée, que tous les bleds qui estoient en terre furent engellez, desorte que nul bled ne creut cette année. Dont pour cette cause, environ le my apvril l’an 1524, le bled valut XX patars le mencault, et l’année de devant ne valoit que X patars.”

1527 : La famine sévit, on mange du pain de colza, des écorces d’arbres, des tiges d’oeillettes triturées dans l’eau. Puis apparaît la ” trousse-galant ” ou ” choléra-morbus “.

1528 : Froid vif en avril et en mai. “… et faisoit si froid le mois d’apvril et de may qu’on ne scavoit et par ce furent toutes choses attargiées que c’étoit grand pitié.”

1537 : Hiver tardif. “Il n’avoit point gellé tout l’hiver et commencha à geller en may, et furent les vignes et gaugiers engellez.”

1549 : Froid et pluies fréquentes en mai et en juin empêchent le blé de mûrir. “… il faisoit si froid et se pluvoit tous les mois de may, juing, que les bleds ne sçavoient meurir… “

1564 : La gelée débute le 16 décembre et dure 7 semaines et 2 jours. “Le XVIe de décembre 1564 il commencha à geller et continua si très fort qu’il gella en aulcunes boves et caves et continua ladite gellée VII sepmaines et II jours, dont toutes les vignes furent gellées et fut faute de vin l’année en suivante.”

1606 : Hiver très rude, 6 à 7 semaines. L’eau gèle dans les puits. “La dite année l’hiver fut si très rude et la gellée si très forte qu’il y avoit aux environs de Cambray des glaces qu’elles avoient deux pieds et demi de profondeur. Et dura ladite gelée l’espace de six à sept sepmaines : et vous puis assurer que mettant dans un vase des eaux devant le feu, le milieu se glaçoit. Les puits qui n’étoient pas des plus profonds, l’eau y étoit encore des glaçons qui avoient plus de deux pieds d’épaisseur. Les anciens disoient n’avoir jamais vu rien de semblable.”

1615 : Hiver rude de 6 semaines, et dégel qui a vu monter les eaux comme jamais auparavant. “L’hiver fut fort rude et fort abondant en neige… laquelle gelée dura près de six semaines, au bout desquelles vint tout à coup un dégeau tellement que jamais de ma vie je n’ai vu les eaux si hautes et si grandes.”

1709 : Le cruel hiver qu’on nomma “la chère année“. “La veille des Roys, dit une chronique du temps, il fit une très grande pluye qui continua bien avant dans la nuit ; le matin on fut bien étonné de voir une gelée très forte, la continuation de cette gelée prognostiquoit beaucoup de misère aux pauvres. Elle fit cesser tout à fait le commerce ; les gens de mestier ne pouvoient pas travailler ; ce n’étoit qu’à force de feu dans les caves qu’ils pouvoient faire leur travail ordinaire. Une si grande froidure causa beaucoup de ravages : plusieurs voyageurs moururent dans les chemins… une grande partie des arbres fruitiers, principalement les noyers et les vignes furent exterminés ; le gibier en souffrit beaucoup… Il tomba cet hiver une énorme quantité de neige… Enfin l’air plus doux tant attendu d’un chacun, arriva le 18me jour de mars : il dégela une bonne fois. Les neiges fondues inondèrent plusieurs endroits. Les campagnes étant délivrées de toutes les neiges, les laboureurs faisant une revue de leurs terres, s’aperçurent que la racine des grains étoit pourrie. Peu de terres furent à l’abri de ce malheur.” Il s’en suivit une affreuse disette.

1727 : Traces de la plus ancienne cloche du village (350 kg).

1740 : Hiver rigoureux du 6 janvier au 9 mars. “La gelée commença le 6 janvier, le même jour que celle de 1709 ; elle dura jusqu’au 9 mars. Elle ne fut pas moins rude ni moins opiniâtre que celle cy, on a même remarqué qu’elle la surpassa pendant quelques jours, principalement le samedy 9 de janvier, le dimanche et lundy suivant. Le 10 de ce mois il fit un si grand vent de bise qu’il étoit presque impossible d’y résister. Plusieurs voyageurs sont morts de froid. Cette gelée fit cesser le travail des ouvriers et causa beaucoup de misère.”

1744 : Construction du presbytère.

1750 : Contruction de l’église à nef simple (longueur 14 m et largeur 13 m).

1788 : Le 13 juillet, la grêle détruit en quelques heures toutes les récoltes du nord de la France.

1789 : Fin de la Seigneurie possédée par le chapitre de Notre Dame qui datait d’une donation faite par charte de Charles-le-Simple (898-923) jusqu’à cette année 1789 (Révolution Française). Premières mentions d’une mairie à Montigny.

1803 : Le 19 avril, un violent incendie activé par le vent consume 27 maisons, 12 granges, 14 écuries et étables. 35 familles sont réduites à la mendicité.

1807 : Le 2 août, un orage enflamme au Tronquoy, 2 granges et plusieurs maisons.

1816 : L‘agriculture eut à déplorer de nouveaux désastres. Des pluies continuelles firent germer les blés sur pied ; le prix du pain devint exorbitant.

1826 : Le 27 juin, le feu qui a pris dans un grenier, se propage aux toits de chaume et dévore 85 habitations. Les 3 et 4 août, violents orages qui mettent le feu à une grange pleine de récoltes, les flammes s’attaquent aux charpentes des maisons en reconstruction, et bientôt, le village présente l’aspect d’un foyer ardent.

1832 : Apparition du choléra.

1838 : Les 3 et 4 mai, de violentes pluies orageuses forment un torrent qui emporte les récoltes et renverse des chaumières.

1842 : Vestiges d’habitations romaines trouvés près de l’église, ustensiles de fer oxydés, monnaies d’Antonin-le-Pieux, de Posthume.

1887 : Découverte récente de tombeaux avec vases en terre noire ou blanche à cols étroits et panses évasées.

1889 : Transfert de l’ancien cimetière, situé autour de l’église, vers le cimetière actuel.

1890 : L’hiver rigoureux détruit les semailles.

1900 : Construction du temple Irvingien, culte né à Glasgow, en Ecosse, vers 1835, d’un homme nommé Irving.

1914 : 9 Anglais sont tués à Montigny en août et sont inhumés au cimetière.

1918 : 30 Anglais, 2 Allemands et 1 Russe tués lors de la bataille du Cateau (retraite allemande) en octobre, reposent également au cimetière de Montigny.

1922 : Le monument aux Morts de la Grande Guerre est érigé à l’ancien cimetière.

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Sources : “Montigny en Cambrésis” de l’abbé Abel Duthoit (1965) - “Note historique du canton de Clary” de M. E. Polvent et M. J. Gosselet (1887) - “Département du Nord, arrondissement de Cambrai” volume 1 chez Res Universis (1991 réédition du volume “Statistique archéologique du département du Nord” de 1867 par la Commission historique du Nord) - “Etudes éthymolgiques, historiques et comparatives, sur les noms des villes, bourgs et villages du département du Nord” par E. Mannier (1861).

Légende des photographies : l’ancienne mairie et école des garçons devenue l’école maternelle(photos de Mr Robert Lasselin) - vue aérienne du village avant 1965.

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