Recueil de textes publiés par un auteur roumain, professeur de littérature à la Nouvelle Orléans. Son style est indescriptible de drôlerie tendre, de causticité bienviellante et il sait ressortir l’essence même de cette ville, de son atmosphère, de ses habitants. A lire absolument, même si c’est en anglais.

Récit d’une épopée méconnue en France. La révolte d’une bonne partie de l’Inde contre la puissance britannique et le parcours d’une femme d’exception (pas la plus exceptionnelle de cette histoire, paraît-il, mais quand même). Une jeune épouse d’un maharajah participe un par le jeu des circonstances à l’organisation et à la révolte de son royaume contre les anglais. Passionnant, quoiqu’un peu long et assez romancé.

janvier

25

Le Dernier Sultan – Michel de Grèce

Roman à la première personne sur le dernier Sultan de l’empire Ottoman (dont la capitale était Constantinople, Istamboul dans la Turquie actuelle). Le Sultan en personne raconte son avènement au pouvoir, ses difficultés à maintenir un empire que tentent de dépecer Anglais et Russes, aussi fourbes l’un que l’autre, et la fin de son règne. Très intéressant, remarquablement écrit et poignant.

Après La Cathédrale de la mer, on ne peut qu’être déçus par ce deuxième roman historique consacré à la révolte des musulmans convertis revoltés 100 ans après la « Reconquête » espagnole. Une intrigue longuissime, tirée par les cheveux, un héros sans saveur, des caractères qui ne prennent pas vraiment vie, seul le décor ressort bien : les montagnes des Alpujarras et la Plaza del Potro de Cordoue (que je ne saurais trop conseiller de visiter en vrai).

Comme pour le premier roman, une mise au point se trouve à la fin pour expliquer les sources de quelques éléments de l’histoire. Mais on voit qu’il a voulu faire une histoire de ce patchwork d’informations disparates et c’est malheureusement peu réussi.

Ce roman n’est pas récent, mais je l’ai lu récemment, ne connaissant pas du tout l’auteur (il a pourtant eu son heure de gloire, et au moins un romanHors de moi a été adapté au cinéma en 2011).

Il s’agit de l’histoire improbable d’un enfant recueilli par des gitans à Marseille. Au moment où il va se marrier, il est contrôlé par la police, et son faux passeport avec sa fausse carte de séjour sont périmés…Résultat, ils le renvoient « chez lui », c’est-à-dire dans le pays du passeport, où il n’a jamais mis les pieds. Un fonctionnaire de l’Intérieur est envoyé de Paris pour l’accompagner, vu que le gouvernement de l’époque se targue de faire de l’expulsion « intelligente » ou « responsable ». Le fonctionnaire, naturellement, veut savoir où, au Maroc, il faut aller. Il s’ensuit une histoire rocambolesque qui finit de manière absurde, mais le tout est très jouissif et plein d’humour. Je recommande fortement!

 

Une jeune femme fraîchement veuve se rend régulièrement sur la tombe de son ex-amour. Elle remarque un visiteur également régulier, qui vient lui se recueillir sur la tombe d’à côté. De cette commune pratique va naître un amour assez impossible entre cette animatrice culturelle en bibliothèque et ce cultivateur. Ce livre est écrit dans un style très frais, avec des situations cocasses qui font bien rire. Un grand moment de plaisir, en dépit de cette impasse amoureuse.

Un adolescent japonais décide de quitter son père et se réfugie dans une bibliothèque. L’amour des livres est très pregnant, mais cette histoire est marquée par le voyage intérieur des personnages, leur histoire émotionnelle, leurs rencontres. Récit peut-être initiatique, en tout cas onirique où l’on côtoie la mort comme un monde à part.

Ce récit nous replonge dans une adolescence où, tout juste sevrés du cocon familial, on découvre l’amour, la mort et on croit encore à la magie des événements et des lieux.

Roman épistolaire qui focalise son attention sur un petit cercle d’amis sur l’île de Guernesey. Ceux-ci écrivent à une chroniqueuse anglaise et lui racontent des événéments de la guerre (1940-45).

Ce premier et dernier roman d’une américaine ayant été bibliothécaire et libraire, est très bien construit et il est difficile de s’en détacher, tant l’auteure a le talent d’égréner des mystères que l’on veut découvrir à tout prix. L’auteur voue manifestement un amour inconditionnel pour les livres. Les personnages sont attachants et les liens qui se tissent entre eux, et dont les livres sont un véhicule privilégié, sont très forts. Bien que les événements décrits soient souvent cruels, la fin paraît presque trop belle pour être vraie.

Un bon livre de vacances, aussi intéressant qu’instructif sur la vie dans l’occupation à Guernesey.

novembre

20

Des hommes – Laurent Mauvignier

Un style sobre, des phrases courtes, ce qui ne réussi pas à Tanguy Viel est ici une recette efficace. Peut-être parce que les personnages ont du corps, peut-être parce qu’ils ont une profondeur spéciale. Ayant lu peu de roman sur la guerre d’Algérie, je ne peux comparer. Mais les retours en arrière sur des épisodes de la guerre, sur le vécu des soldats, celui des habitants, ce que tout ça fait quand tout le monde se retrouve en France. Chaque retour en arrière éclaire un peu plus les personnages et les événements d’aujourd’hui. Tout est très bien amené et le dénouement inattendu.

Un roman bref, fort, à lire absolument, une tranche d’humanité française.

Sans doute un livre utile pour qui se cherche encore, ou pour ceux qui ne sont pas heureux de leur vie et ne savent pas pourquoi. Bref, un livre de développement personnel, ça saute aux yeux, même si on n’a pas vu que l’auteur était, en effet, un spécialiste du domaine.

Les deux-trois choses à savoir, les deux-trois techniques utiles ne suffisent pas, à mes yeux, à faire un bon roman. Le fait même que l’expression « développement personnel » apparaisse dans le texte constitue une faiblesse de style, selon moi. Bref, si vous avez une vie à vivre plutôt qu’une vie à vous trouver, vous pouvez faire l’économie de cette lecture.