Alabama Song – Gilles Leroy
25 07 2009Nous voici plongés dans une façon de journal intime, avec des dates d’écriture : 1929, 1940. Zelda est une jeune provinciale américaine dont l’apparence délurée va tromper beaucoup de monde et finir par la perdre. Devenue femme du célèbre Francis Scott Fitzeralg, elle croque la vie, le strass, la célébrité à pleines dents et finit, assez vite, par être internée pour désordres psychiques par son ivrogne de mari.
Je ne sais pas s’il est à la hauteur d’un Goncourt (2007), je ne suis pas jury de ce prix. Mais ce roman est remarquablement bien écrit. D’abord, on y croit : le texte semble à certains moments avoir été traduit de l’anglais tant l’histoire s’insère à merveille dans la réalité américaine. La compréhension que Gilles Leroy a eu de ce personnage et qu’il nous présente ainsi est si convainquante – sans doute grâce au fait qu’il s’est beaucoup documenté pour ça – que l’on n’a pas envie de croire autre chose. Même s’il nous explique à la fin qu’il a inventé des éléments importants.
La seule chose que je n’ai pas réussi à décrypter, ce sont justement les prétendues dates d’écriture : à certains moment, elle écrit en 1940 sur des événements d’avant et c’est inséré dans la chronologie, donc on s’y retrouve. Et puis, on ne sait plus trop exactement de quelle époque il s’agit, mais c’est peut-être le but, puisque ce doit être à l’image de la perte de repère de l’héroïne? De la même façon, le découpage en chapitres reste mystérieux, parfois deux pages, parfois plus, mais sans que je comprenne bien pourquoi. Autre chose : le roman d’un auteur gay est-il un roman gay? Je pense que non, même si sa vision du monde est différente. Donc, je ne le classe pas dans cette catégorie.
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