Contours du jour qui vient – Leonora Miano

2 09 2009

Je connais très mal l’Afrique et seulement à travers les livres. Celle que nous livre Léonora Miano est une Afrique dure, égoïste, éteinte, dans laquelle une petite fille trace, malgré tout, son chemin vers une lumière incertaine. Très sévère à l’égard de ses compatriotes, des églises évangéliques qui envahissent le présent et rendent aveugles et sourds les africains déjà détachés de leur passé. Quelle est donc cette lumière incertaine? La possibilité, pour une jeune génération, de forger une autre identité, réconciliée avec la tradition, avec le passé colonnial, qui tracerait sa propre voie. Voeu pieu ou souhait un peu naïf, Léonora Miano n’en propose pas moins une issue à cette situation apparemment désespérée.

Il y a aussi et surtout le chemin intérieur de l’héroïne, une façon de dire à chaque africain meurtri par le présent que c’est en étant en paix avec soi même qu’on aimera les autres, même ceux qui nous ont blessés. Ainsi, on ressortira plus forts dans la vie. Cela n’a rien de nouveau à priori, mais ça a son importance dans une société devenue l’ombre d’elle-même.

Son écriture est bien maîtrisée et n’a pas le poli d’un élève docile (un peu l’impression que m’avait laissé Hosseini dans le Cerfs volants de Kaboul). Ici au contraire, c’est la personnalité d’une écrivaine qui jaillit. Un contenu riche et érudit, ce que son site web confirme. Mais, de mon point de vue, une écriture toutefois  un peu “verbeuse”. Est-ce un hommage à la tradition africaine? Son roman est un flot ininterrompu de paroles parfois redondantes, un peu comme un “stream of consciousness” mâtiné de réflexions sur la société contemporaine. Certaines formulations sont très percutantes, certaines images sont très éloquentes, mais elles sont noyées dans ce flot si bien qu’on regrette de ne pas les avoir notées pour les en faire sortir.


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