La Sombra del viento (L’ombre du vent) – Carlos Ruiz Zafon

20 06 2009

Manifestement, ce roman suscite ou l’enthousiasme ou l’indifférence. Je pense savoir pourquoi. Je ne reviens pas sur l’intrigue qui est une sorte d’allégorie de passage à l’âge adulte d’un jeune homme à Barcelone au début du 20ème.

Le style de l’auteur est des plus classiques pour un roman espagnol, disons, d’il y a deux générations. Dans un espagnol assez académique, l’intrigue se noue à partir d’un lieu où l’on rend un hommage marqué à la magie des vieux livres et aux bouquinistes. On pense tout de suite au Nom de la Rose pour le côté labyrinthe et mystique. Le passage de relais entre le père et le fils n’est pas sans rappeler « Los Cipreses creen en Dios » (José María Gironella). Mais en dehors du plaisir – pour ceux qui connaissent – que donne l’évoquation de certains quartiers de Barcelone, cela reste assez convenu.

On baigne dans une atmosphère de sécurité totale, même dans les moments de dangers : on sent que le héros est entouré de gens qui l’aiment ou qui lui veulent du bien. On est sûr qu’il sera protégé de la déchéance quoi qu’il arrive et que, au final, les méchants seront punis.  Ce qui participe de cette atmosphère, c’est le décor : on a l’impression que ces quartiers de Barcelone ont été reconstruits quelque part pour y faire jouer nos protagonistes. Rien ou presque ne peut situer avec certitude le roman à une période de l’histoire de cette ville : son ancienne splendeur industrielle, son régionalisme exacerbé, par exemple, sont pratiquement absents. Non, l’auteur nous a plongé dans un passé virtuel, une Barcelone plongée dans un passé intellectuel où les livres sont les plus importants.

Tout cela fait que quand on lit ce livre, on pense à sa grand-mère, à un tiède après-midi à ne rien faire, à un doux sentiment d’enfance, et on se laisse (pour les admirateurs) ou pas (pour les indifférents) bercer par cette histoire agréable à lire et sans vilaine surprise.


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