Mélancolie nord – Michel Rio
11 08 2009Je ne fais pas honneur à mon auteur préféré en écrivant ici une critique rapide à la Dogbouq. D’un autre côté, ne pas parler d’une des étoiles de la littérature française contemporaine – oui, je suis parti pris – serait un crime, non?
Mélancolie Nord est le deuxième livre que j’ai lu de Michel Rio. Ecrit par un passionné de navigation, amoureux du détail et de la précision (sans aller jusqu’à la manie de Balzac, cependant), Michel Rio nous emmène dans un voyage audacieux entre la Bretagne et la Norvège, sur un cotre (un petit bateau à voile – ah oui, il faut s’armer d’un bon dico, parce que le vocabulaire marin est utilisé là où il faut) qui prend l’eau.
C’est la langue qui m’a séduit tout d’abord. Faire des phrases complexes, utiliser un vocabulaire riche, ce n’est pas dans l’air du temps (même Amélie N. fait des phrases assez simples). Parler de ses réflexions sur le monde, la vie, l’amitié, ça peut paraître assez réac. Michel Rio fait tomber tous ces préjugés, à mon avis, avec son écriture à la fois riche et percutante, posée et profonde.
Les éléments, l’effort physique sont dominants dans ce très court roman d’une grande force sensuelle. Et à travers une description très réaliste des efforts desepérés du héros pour ne pas sombrer, ce sont les errances philosophiques de sa pensée qui sont développées avec beaucoup d’habileté. L’histoire est emprunte d’une atmosphère d’amitié masculine intellectuelle internationale que l’on retrouve à plusieurs reprises dans d’autres romans mettant en scène les mêmes personnages. Mais chaque roman tient tout seul et s’entoure d’une atmosphère particulière.
Parmi les romans où l’on retrouve les mêmes personnages, Archipel rappelle l’éveil adolescent, il a été mis à l’écran, le Principe d’incertitude qui m’a semblé révéler la manie de tout mesurer de l’auteur, Alizée est exotique, Tlacuilo est jouissif et Manhatan Terminus forme une apothéose magnifique, où tous se réunissent et où est exposée la thèse principale de l’auteur. Mais je n’en dirai pas plus. A côté de ceux-là , il y a bien sûr l’un de ses romans les plus puissants : Merlin (oui, sur le fameux enchanteur). Et des romans captivants comme Faux-pas.
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